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  1. Aujourd’hui
  2. C'est de la folie certains ronchonneront forcement ! Depuis hier, au moins trois fois par jour le crieur du relais des voyageurs parcourt les ruelles et rues commerçantes d' Heidel. << Oyé Oyé les amis ! Ce dimanche! Le 23, c'est l'anniversaire du relais ! Alors on vos invites à venir festoyer avec nous pour nos quatre ans de vie en Heidel! C'est fou ! Un grand bal vous demandant de mettre vos belles étoffes enchantera les locaux pour la soirée! Sous un thème de saison, vous pouvez déjà aussi participer à la lottery ! Les tickets sont en vente au comptoir du relais ! Moi en tout cas j'ai acheté mon ticket! À moi le repos tout frais payé à Velia ! Haha! N'oubliez pas, c'est Dimanche soir à partir de 21h ! >>
  3. Chapitre XX : "Insomnie." Il s'était bien souvent, par dépit, ou par circonstances insolites, retrouvé à passer des nuits dans des lieux incongrus. Mais celle-ci était une première en son genre. Au dessus de sa tête, il pouvait observer, d'un oeil distrait, les énormes poutres portantes d'une toiture millénaire. Les illustres ouvrages de bois grinçaient sous les coups répétés de la pluie et du tonnerre qui s'échouaient sur les tuiles usées du bâtiment. Par endroits, un interstice minuscule laissait filtrer un rayon de lune à travers le grenier et dans son halo, un filet de pluie semblait descendre sur un tapis argenté. L'endroit était à la fois ordinairement calme, et intensément bruyant. Cette demi-mesure il la connaissait bien, c'était le reflet du statu quo de son existence toute entière. Le compromis permanent qu'il semblait avoir fini par adopter, entre tout et son contraire. Cette fois ce fut le silence morne d'un grenier, et les complaintes hurlantes d'un vent puissant qui venait faire trembler les fondations vieillissantes de l'Orphelinat. À l'autre bout de la pièce, qui n'en était pas vraiment une plus qu'une sorte de capharnaüm antique, il pouvait discerner par moments succincts, sous les impulsions lumineuses de quelques éclairs violents, les silhouettes de ses collègues allongés. Eux non plus ne dormaient pas, sans doute partageaient-ils ce moment hors du temps, bercé par les plaintes du bois meurtris et des vieilles briques, pour faire quelques bilans silencieux de leurs vies respectives. Il se plaisait à penser qu'il n'était pas seul à jouir de moments d'introspection si intenses dans des circonstances si peu adéquates. Bien que l'idée de se trouver, une fois de plus, du côté des anormaux ne lui déplaisait pas non plus. L'impact mât et régulier de quelques gouttes qui s'échouaient sur la surface moite du plancher rythmaient son souffle atone et blanchâtre et envoyait à travers l'obscurité un minuscule nuage de poussière fantomatique. Sous ses épaules, un monde entier sommeillait désormais, tant d'âmes ingénues, allongées si près, dans leurs dortoirs, côte à côte, les yeux clos. Tant d'esprits purs, encore inviolés par les affres occultes auxquels ils étaient les seuls à faire face. Tant de visages ronds, et d'yeux étoilés, tant de joues cramoisies, tant de fossettes, tant de sourcils arqués par un sommeil profond et plein de rêves. Tant d'aubes, tant de passés encore à construire, tous rassemblés quelques mètres plus bas, sous sa garde. La sienne. Celle de la créature qu'il était. Celle du monstre dont il croisait chaque matin le reflet morne et pâle. Comment, après toutes ses années à haïr le genre humain pour ce qu'il avait fait de lui, s'était-il trouvé là, sous la toiture misérable d'un orphelinat, caché comme un clandestin au milieu des vieux bancs et des meubles déliquescents d'une vie ou deux, à monter la garde sur une quarantaine de ces créatures qu'il avait appris à mépriser ? Il ne pouvait pas dormir, pas parce qu'il lui était impossible de trouver le sommeil dans de si lugubres circonstances, elles lui étaient en réalité plus familières qu'il n'aurait souhaité l'admettre, mais parce qu'à chaque fois qu'il fermait les paupières, cette image revenait hanter son esprit. Elle était là depuis quelques semaines déjà, imprimée sur la surface de sa rétine comme si elle avait été marquée au fer rouge pour le punir, lui rappeler toujours l'impie dévotion à laquelle il s'était abandonné jadis. Son visage impérieux le fixait à chaque fois qu'il sourcillait, son visage ne le quittait plus, ces traits anguleux, ces yeux verts bouteille si intenses et durs, ces lèvres charnues qui ne souriaient jamais, cette voix rocailleuse qui l'avait tourmenté mille fois. Et pourtant, pourtant quelque chose de doux l'accompagnait toujours, quelque chose de si apaisant qu'il semblait pouvoir se laisser partir en paix sitôt qu'il fermait les yeux. Il en éprouvait un dégoût profond pour lui-même, lui qui avait tant lutté pour s'en défaire. Qui avait malgré-lui exposé tant d'esprits si affûtés à la folie misérable de son fort intérieur pour y parvenir et qui, ce soir, comme tous les précédents, ne pouvait s'empêcher de songer à son bourreau avec une forme d'affection si profonde et si douloureuse qu'elle semblait capable de lui faire jaillir les tripes à tout moment. Entre chaque coup de tonnerre, elle venait se glisser sournoisement à son oreille, encore et encore, cette maudite voix, ce maudit murmure, le souvenir damné de cette caresse d'un soir, du revers d'une main glacée qui l'avait fait souffrir autant qu'elle l'avait apprivoisé. ~
  4. Hier
  5. Hélas (ou non) pour elle, la personne qui s'est ainsi aventurée de nuit dans les bois n'aura été confrontée qu'aux périls naturels de ce genre d'endroits (déjà bien redoutables cela dit pour un individu seul) : meutes de loups en chasse, ours ou sangliers furieux d'être dérangés... sans compter le fait d'arriver à retrouver son chemin dans l'obscurité au milieu d'une vaste forêt que l'on arpente sans guide. Soulagement ou déception, aucune menace surnaturelle ne s'est manifestée à cette occasion et le mystère demeure... Le jeune père Cesare Cavaroni, fraîchement nommé à Olvia et connu pour son interprétation rigoureuse des doctrines d'Elion, s'est fendu d'un prêche enfiévré le matin même, condamnant avec virulence l'orgueilleuse présomption de ces aventuriers solitaires qui les conduit à aller se jeter dans les situations les plus périlleuses au mépris des conséquences, enjoignant ses ouailles à se garder de suivre leur dangereux exemple.
  6. La dernière semaine
  7. En fin de soirée, l'on raconte qu'un fermier aurait aperçu une personne qui se dirigeait dans l'obscurité des bois, alors qu'il rentrait chez lui. Incertain de savoir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, il ajoute néanmoins que, aussi courageuse qu'imprudente soit cette personne inconnue, c'est sans doute pour connaître les origines de cette "bête" dont on entend parler depuis plusieurs jours, afin de démêler le vrai du faux semble t-il.
  8. Les morts attribuées à ce que les locaux surnomment "la Bête" se poursuivent dans la région de Balenos-Ouest et alimentent l'angoisse et la colère des habitants de la région. Nul chasseur envoyé la traquer ne l'a aperçue...ou n'est revenu vivant pour en parler. Les rumeurs les plus folles ne cessent de courir, d'enfler et de circuler de territoires en territoires : ours géant enragé, abomination occulte, tueurs sanguinaires et cannibales, cultistes hérétiques en quête de corps et d'âmes à sacrifier pour de sombre rituels, on aurait même entendu le nom d'une créature liée aux divinités elfiques corrompue ! Une chose est certaine : suite à la multiplication de victimes, une vive tension est palpable. Les villageois d'Olvia comme les propriétaires fermiers des environs exigent une intervention des soldats du Poste de Garde Ouest et font tout ce qu'ils peuvent pour dissuader toute personne de s'aventurer dans les bois...
  9. Bonjour @Yrilda Désolée pour la réponse un chouïa tardive. Alors non, je ne compte pas jouer d'assassin dans BDO, ça s'était sur TESO. Par contre, il est vrai que j'aimerais exploiter le côté sombre du jeu avec ses enchères illégales, son marché noir, de l'espionnage, des vols plus ou moins importants, du chantage, etc. Mais je suis d'accord avec toi, peu sont les personnes jouant cet archétype en jeu, mais j'ai fini par en trouver Parfaitement par hasard. Quant à ta proposition, je continue de paufiner le background de l'avatar que je vais incarner (j'ai besoin de ça pour savoir ce que je peux faire de ce que je ne peux ou veux pas) et à ce moment je reviendrais sûrement vers toi / ton groupe pour discuter d'un potentiel greffage, plus ou moins permanent. Merci de ta proposition en tout cas
  10. Salut. Si tu veux jouer des archétypes assassins. Il va falloir que tu te contentes de PNJs principalement. Tu n'as pas une grosse population sur BDO qui puisse te permettre de t'épanouir pleinement en jouant des marginaux taillés sur le fil. Cependant de notre coté, nous sommes un petit groupe de joueurs actifs (7) qui entretenons une trame qui s'inscrit dans le lore et se joue sur des plans à la portée de personnages comme le tiens. Nous ne sommes pas fermés aux gens de bonnes volontés, peut-être y a t-il moyen que tu puisses exprimer le véritable caractère et fonction de ton perso en nous croisant ou même à t'opposant à notre bande le temps d'une soirée ? N'hésite pas à nous contacter.
  11. Retour vers l'Est. « Ceux qui n’accomplissent pas d’actes de vertu et se contentent de pratiquer les procédés magiques n’obtiendront jamais la Vie Éternelle. » — Ge Hong, Baopuzi Si l'on peut s'épargner des désagréments, si l'on peut choisir le chemin le plus sûr et saisir les opportunités nous éloignant du danger. Il n'est malheureusement pas impossible de subir les ennuis d'autrui. Si proche des terres merveilleuses de Kamasylve, effleurant du bout des doigts la conclusion d'une traversée continentale, l'artiste martiale connue sous le nom d'Yrilda a été contrainte de rebrousser chemin. Revenir sur les pas de sa destiné sous la poids de la fatalité. Accompagnée par des individus très différents et colorés, vibrants de personnalités explosives et prononcées, l'hasoïte zen et effacée se retrouve obligée à vivre des aventures qu'elle n'aurait jamais envisagées. Celle qui s'efforce de ne laisser aucune vague dans son sillage se retrouve à revisiter des étapes de sa vie dans des contextes bien moins emprunts de neutralité. Fugitive de Keplan, némésis de bandits, cible d'un groupe obscur d'alchimistes... La folie des hommes et l'hystérie religieuse semble avoir eu raison de sa tranquillité, la contraignant à devoir résoudre des problématiques en s'émancipant de la voie de la paix. La sagesse que l'on lui attribue ne devrait-elle pas l'éloigner de ce groupe qui contrarient ses aspirations ? Pourquoi se laisse t-elle entrainer dans une telle épopée ? Le solstice d'été approchant dans les terres arides orientales, la sécheresse environnante aura t-elle raison de la santé de cette femme qui semble déborder de vitalité ?
  12. Coucou @Lilou et merci beaucoup C'est gentil à toi ! Bonjour @Ikhlas, merci bien ! J'ai justement une piste concernant le RP que je recherche, c'était pas si dur à trouver finalement ^^ Mais la petite nouvelle que je suis passera sûrement au Relais un de ces quatre. PS : Non faut pas le voir comme ça, en vrai je suis une toute petite timide qui ouvre seulement son coeur
  13. Bienvenue à toi !
  14. Salut Mona ! Bienvenue parmi nous ! Puisses tu trouver chaussures à ton pieds sur BDO et, surtout, t'amuser Concernant la pègre, il doit y avoir des niches par ci par là, mais il faut les trouver ( ce qui est logique d'un côté ). Sinon, il existe aussi des organisations à l'éthique discutable ou des groupes plus ou moins marginaux. Comme le stipule ma collègue au dessus, quelques sorties en tavernes pour commencer et rencontrer des gens, c'est une bonne idée. Et justement, Lisyel tient le Relais sur Heidel, qui est une taverne mais proposant aussi régulièrement des événements à thèmes, ce qui est plutôt intéressant pour faire des rencontres autour de sujets plus ou moins ciblés. Voilà ! En espérant que cela t'aideras d'une manière ou d'une autre ! PS : Une déclaration directe ? Que c'est cavalier ! Merci !
  15. Bonsoir @Lisael et merci ! Oui c'est vrai mais ce que je voulais dire par là c'est que j'espère trouver chaussures à mon pied au fil du temps. J'ai aussi commencé le RP en taverne justement ^^ Je sais faire les efforts qu'il faut pour me mêler aux autres contrairement à ce que je peux laisser transparaître avec mon premier message. Merci d'avoir pris le temps de venir m'accueillir !
  16. Bonsoir, bienvenue parmi nous et le monde des rôlistes. Si tu as des questions n'hésites pas, j'aurais juste un petit conseil qui vaut ce qu'il vaut mais, parfois pour pouvoir faire le Rp que l'on souhaite il est nécessaire de côtoyer sur le départ les villes, ou les tavernes qui même si ça parle du beau temps et que ce n'est pas notre tasse de thé est surement le meilleur moyen que tu auras pour former ton Rp futur et un éventuel groupe qui entourera ton personnage, en tout cas sur le départ. Ça reste mon avis bien-sur. Bonne découverte et aventure.
  17. Je suis Mona et je vous salue Débutante en roleplay, mon expérience ne se résume qu’à un rôle d’espionne / assassin / vilainetoussa sur TESO où je n’ai trouvé que trop peu de vils partenaires parmi une ribambelle de nobles, chevaliers et autres personnages de haute lignée. De ce fait je n’ai que peu pratiqué le RP et je n’ai pas eu l’occasion de m’entraîner via le JdR sur papier ou simplement sur d’autres MMORPG. Grande grande débutante donc ! Je tente ma chance sur BDO espérant pouvoir faire mon nid et progresser dans mon jeu de rôle que je veux simple, sans pouvoirs mais potentiellement pas très porté sur la légalité. Enfin je verrais en fonction de ce que je trouve en jeu, bien que pour le moment ce qui est proposé à Heidel ou Calphéon ne m’attire pas spécialement (style magouille de nobles ou philosopher sur le temps qu’il fait). Pastaper ^^ J’ai rien contre mais ce n’est simplement pas ma tasse de thé malgré que je ne sois pas une experte, je sens d’avance ce qui me plaît ou non. Et sinon me concernant, je n’aime pas trop me dévoiler sur internet donc sachez simplement que j’approche doucement de la trentaine et que ma vie est en mouvement en ce moment donc difficile de dire vraiment ce que je fais. Pour le moment je peux jouer la journée, l’après-midi notamment et la soirée jusqu’à 22h environ, mais cela risque de vite changer. Voilà, ce sera tout pour moi. Si vous voulez savoir autre chose ou juste papoter, je vous en prie, mon post ou mon mp sont là pour ça. Je mords, oui, mais gentiment PS : Hello @Ikhlas on ne se connaît pas mais je suis amoureuse de ton personnage. Voila, ça c’est dit. Bisous Autrement, voici un petit aperçu mes personnages mais j’ignore si je vais toutes les jouer, j’imagine que ça dépendra des events et trames en cours.
  18. Les institutions Chimères existent encore bel et bien Rp parlant, je reste active (la seule à l'heure actuelle) et disponible pour tous les Rp qui concernent les coursiers et le relais voyageurs. Cependant, j'annonce pour éviter les pm que je reçois encore concernant les éventuels recrutements que je ne recrute plus. N'ayant plus d'activités de guilde à offrir, je préfère vous préserver de ça. Bon jeu à tous
  19. The development roadmap for the second half of 2019 has been published on the Black Desert Online site. In it, readers are provided with basic information about what the dev team will be working on for the balance of the year. Some of the areas in development include improvements to a variety of buffs, NPC interactions, and class balance. New content will include the Odylita region and more work on PvP Territory War & Raid Party. Afficher l’article complet
  20. The development roadmap for the second half of 2019 has been published on the Black Desert Online site. In it, readers are provided with basic information about what the dev team will be working on for the balance of the year. Some of the areas in development include improvements to a variety of buffs, NPC interactions, and class balance. New content will include the Odylita region and more work on PvP Territory War & Raid Party. Afficher l’article complet
  21. Après avoir déjà été distribué sur PC et Xbox One, Black Desert Online s'annonce sur PlayStation 4, en vue d'un lancement cette année. Les pré-inscriptions sont ouvertes. Afficher l’article complet
  22. Pearl Abyss has announced that Black Desert is heading to PlayStation 4 and that pre-orders will open on July 2, 2019. Those who pre-order will receive a number of in-game rewards and will be able to participate in an early access period ahead of the game's launch on PS4. The PS4 version will be available in NA, EU, Japan and South Korea on launch. Afficher l’article complet
  23. Avant
  24. Pearl Abyss has announced that Black Desert is heading to PlayStation 4 and that pre-orders will open on July 2, 2019. Those who pre-order will receive a number of in-game rewards and will be able to participate in an early access period ahead of the game's launch on PS4. The PS4 version will be available in NA, EU, Japan and South Korea on launch. Afficher l’article complet
  25. [Fait avéré] : Plusieurs corps mutilés et à moitié dévorés de personnes disparues ont été découverts dans les forêts des montagnes de Balenos sous la surveillance du Poste de Garde Ouest. [Rumeurs et interprétations] : Beaucoup disent qu'une bête dangereuse rôde dans les bois de la ceinture des montagnes de Balenos Ouest. Certains prétendent qu'il s'agirait d'un gros ours enragé au vu des empreintes trouvées. D'autres affirment qu'il s'agirait d'un tueur fou, cannibale pour certains, qui rôderait dans les bois... Dans tous les cas, on recommande la plus grande prudence à ceux qui s'y aventureraient seuls ou même à plusieurs.
  26. Il s'est installé il y a quelques mois dit-on, et il soigne les gens des fermes aux environs de Duvencrune. Sa venue est un soulagement pour les familles peu aisées et l'on loue son altruisme. Il ne se présente pas, alors les locaux l'ont appelé « Le moine des montagnes ». Si vous êtes dans le besoin, peut-être que votre route croisera la sienne, car le hasard fait souvent bien les choses.
  27. Histoires liées

    ( Deux petits textes RP ça fait longtemps, sur deux rôleplays différents dont l'un des deux est plus ou moins sérieux.) - « C'est pas moi. » - Les regards impitoyables des gardes d'Heidel se posèrent sur ce cavalier qui s'apprêtait à sortir de ville. Ils les suspectaient d'être Martigan, sans en être certains. Jamais aucun avis de recherche n'avait été apposé sur le moindre mur, sur le moindre arbre. Jamais aucune plainte n'avait été recensée contre lui ; Uniquement des bruits. Uniquement des rumeurs. Des suppositions. On laissait faire ses actes dans la plus grande des indignations sans jamais espérer un sursaut de justice. L'on imaginait que ce « mage » sénile qui l'accompagnait effaçait les mémoires de ses victimes. Il était libre comme l'air et l'on dit qu'il avait dérobé tant de bourses qu'on se demandait à quoi lui servirait tout cet argent. Il chevauchait un gigantesque destrier nacré dont le poil était aussi doux que le plumage d'un oiseau, tant racé que l'on supposait une lignée ancienne que seul les grands seigneurs et les bourses bien remplies pouvaient se permettre d'acquérir. Et ce malandrin piètre cavalier était hissé là-dessus, sur cet être pur, et le faisait participer aux pires infamies. L'on dit que cette apparition céleste était devenue aussi malfaisante qu'un vautour en compagnie de ce vagabond, et que c'est parfois lui qui prenait l'initiative. « J'arrête la narration. Je suis l'être pur et c'est ce canasson qui me pervertit. » s'offensa le maroufle tandis que l'animal tentait de le désarçonner. Il s'agrippa à l'encolure comme un singe après une branche et ronchonna. « Martigan par-ci, Martigan par-là. Je n'ai rien demandé moi, je suis aussi blanc et pur que l'agneau qui vient de naître. Aussi blanc que la colombe qui... Bon vous savez quoi ? J'arrête tout. » Oui, il parlait seul. « Je vais redistribuer l'argent que j'ai volé, et je vais aider mon prochain. L'autre jour j'ai rêvé de la rousse là, Farnese, et elle causait d'Elion et compagnie. C'est pas bien d'embêter les innocents. Moi si j'étais innocent j'aimerais pas ça. Même que là je suis innocent par exemple et, par exemple et bien j'aimerais pas qu'on m'embête. » Alors qu'il faisait cette incroyable déclaration au beau milieu de la route, un honnête marchand passant par là dépassait le destrier dans un petit trot tressautant. « Kerold NON ! » se scandalisa Martigan. Au passage du marchand sur sa bête de somme, le destrier ouvrit une large bouche et se jeta entièrement sur lui. Il attrapa le pauvre homme hurlant son effroi par l'épaule et le jeta à terre. Son poitrail et toute sa masse déséquilibrèrent le cheval du marchand. L'homme et la pauvre bête chutèrent. L'on entendit avec peine, entre deux insultes du commerçant, Martigan se confondre en justifications : « Vous voyez c'est ce cheval qui est complètement dérangé ! C'est un malentendu ! C'est... » A d'autres ! – - Les spectres du passé - Mirella traînait les pieds en direction de la demeure familiale, espérant y disparaître entre deux tapisseries, souhaitant trouver refuge auprès d'une minuscule araignée qui la guérirait de son ennui, et que l'Intendant -l'un des derniers employés de la Maison- aurait oublié là. Il y régnait toujours cette ambiance funèbre liée aux multiples disparitions et drames ayant ravagé la famille Cambiaso. Ils étaient moins nombreux que les doigts d'une main, et leur Nom ne reposait plus que sur un bâtard qui avait été adopté peut-être un an plus tôt, et qui avait déjà disparu dans la nature. C'était une famille à l'agonie qui avait finit par attirer la pitié des autres nobles, laissant leur matriarche, veuve et endettée par d’innombrables dons à l'église à son gâtisme et à sa sénilité. Ils passaient l'éponge, mais tout le monde savait qu'à son décès, Cambiaso ferait parti du passé, et que leurs biens seraient vendus aux enchères. Quant à la fille cadette Mirella, allez savoir ce qu'elle deviendrait ; au mieux on lui souhaitait d'épouser un marchand qui pourrait l'entretenir car la pauvrette ne savait rien faire de ses dix doigts. Elle restait jolie et l'on préférait éviter d'imaginer le pire au sujet de son avenir. Elle enfouit son visage dans un oreiller quand la voix de sa mère retentit dans les murs. « Mon petit poussin ! C'est mon petit poussin ! » La jeune femme resta immobile sur son lit, s'imaginant que la vieille se réjouissait d'un courrier qu'aurait pu lui envoyer Jack, dont on n'avait aucune nouvelles depuis plusieurs mois. La vieille arriva en trombe et pour la première fois, fit fi des manières et ouvrit en grand la porte de la chambre. Elle tenait entre ses doigts osseux une lettre qu'elle agitait aussi rapidement que les ailes d'un papillon prêt à prendre son envol. « Mère... Qu'il y a-t'il... ? Vous avez une nouvelle de Jack ? » demanda, perplexe, la jeune femme. « Mirella, c'est une lettre de Luca ! » bégayait la vieille vacillante au bord de l'apoplexie. « Luca... ? Mais... Il est mort. » articulait lentement la brunette sans trop comprendre. Une usurpation ? Ça ne pouvait être que ça. Pourtant... C'était sa signature. Comment lui répondre ? Il n'y avait aucune adresse. Pourquoi Drieghan ?
  28. Une semaine. Sept jours. 168 heures. Le peu qu'il avait fallu pour que sa vie vole en éclat à nouveau, éparpillant des morceaux d'âme sans vergogne ni pitié. Elle avait cru un instant, oh, un si court instant, pouvoir échapper aux péripéties de la destinée, mais l'apreté de cette dernière l'avait finalement rattrapée. Bien des combats l'avaient éprouvée, malmenant chair et psyché jusqu'aux confins du possible, mais rien ne l'avait préparée à cela. D'aucuns n'auraient compris ses doutes, se seraient même joué de ces situations d'une ironie mordante, mais pas elle. Non, elle ne le pouvait pas, sa nature même en était incapable, alors que pourtant... Pourtant, il aurait suffit d'un seul mot, d'un seul geste, pour clore la situation où plutôt, de l'ouvrir à nouveau. Aussitôt la porte fermée, ignorant même le regard en cet instant désespéré de son fidèle familier, elle se laissa glisser au sol, cédant pour une fois à la douleur qui s'insinuait dans son être, étant de celle qu'aucun de ces hommes-médecines n'aurait pu soigner. Elle qui traversait normalement vents et marées sans se retourner n'avait pas la force d'affronter cette tempête intérieure. L'idée de fuir lui effleura l'esprit, tentante et audacieuse, douce séductrice aux bras enveloppants. Mais cela n'aurait pas résolu ses tourments, juste repoussé une échéance qui se voulait déjà dénuée de sens. Une semaine, sept jours, 168 heures. Elle ne comprenait pas comment trois sphères avaient ainsi pu se téléscoper, venant exploser autour d'elle dans ce débordement de questions qui la laissaient totalement désemparée et épuisée. On aurait pu lui chuchoter qu'elle portait déjà en elle l'ombre infime d'une solution qu'elle ne l'aurait pas cru, ne pouvant se résoudre aux dernières paroles prononcées, regrettant ces dernières une fois échappées sournoisement de ses lèvres vermillons sans qu'elle n'aie le temps de les soupeser et encore moins, d'en prendre toute la mesure. Une semaine, sept jours, 168 heures. Si on se demande pour qui sonne le glas, il vient certainement de la toucher en plein cœur. Mémoires de Saan'Dana, extrait du Livre des Passions: "Scindée".
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