Narasen

Maison Berangia.

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La Maison Bérangia.

 

La Maison Bérangia n'a connu que récemment la noblesse.

D'abord issue de la haute bourgeoisie marchande de Calpheon, elle s'est illustrée dans le travail des tissus rares et exotiques, mais aussi au travers des commandes de soie rouge carmin. S'étant rapidement fait un nom de père en fils au travers de son patriarche, Giaccomo Bérangia, elle atteint ses marques de noblesse par l'alliance qu'il contract avec une jeune femme de 15 ans en seconde noces, Raiza de la Maison Barsavi.

Forte de ses  succès commerciaux à travers le territoire et des contrats conclus avec la nouvelle République, Giaccomo a permis à sa Maison de garder une fortune conséquente avant de mourir à l'âge de 69 ans.

Il laisse derrière lui son fils, Jodra, à la tête de son entreprise, et sa veuve Raiza.

 

 

 

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Raiza Bérangia.

Saisissante, parfois troublante, Raiza ne semble pourtant pas vouloir jouer de ses charmes pour avancer dans les rues et les salons de Calpheon. La jeune femme autrefois soumise à son père, Ludovico Barsavi, puis à son époux, Giaccomo Bérangia, semble à présent jouir pleinement de sa liberté de jeune veuve. Elle place avant tout l’intellect comme vertu première et ne se prive en aucune façon d'émettre ses avis  quand bien même la parole d'une femme n'aurait que peu de valeur.

Après avoir observé le temps nécessaire au deuil de son époux et avoir porté le noir de convenance, la jeune femme s'est mise à voyager. Elle n'est que très récemment revenu à la Capitale pour s'y installée, non pas à l'oeuvre de sa famille, mais à son propre compte en tant qu'embaumeuse. Métier qui lui attire d'ailleurs un certain nombre de regards outrés.

Elle évoque son métier comme le ferait un peintre ou un artiste, parlant des peaux comme de toiles, des visages comme des supports bruts, et de son travail comme une seconde vie. Aussi ne sera t il pas rare de l'entendre dire qu'elle offre aux famille une peinture plus vivante de leur défunts et plus parfaite qu'il ne l'était.

Raiza possède également la passion du luxe arborant le plus souvent possibles, des robes de soies rouges, n'hésitant pas non plus à payer une fortune les différents produits et matériaux lui servant à sa profession, le tout sous l'oeil bienveillant de son beau-fils, avec qui elle entretient des liens assez ténus pour laisser fantasmer les commères sur leur potentielle liaison.

 

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Jodra Bérangia.

Fils unique de Giaccomo Bérangia et de Lucia Bérangia, il est actuellement le maître véritable de la Maison, bien que du haut de ses 30 ans, il paraisse se reposer d’avantage sur l'avis de sa belle mère, qu'être lui même présent sur le devant de la scène.

Il ne cache pas son aversion pour les salons et les jeux de jambes propres aux puissants et préfère le plus souvent l'ambiance de ses ateliers de production et son travail de tailleur dans lequel il excelle particulièrement.

C'est un homme grand à la chevelure claire et on dit souvent qu'il a le regard de son père et le caractère de sa mère. Intransigeant en affaire, il s'évertue à faire prospérer la fortune familiale et n'hésite pourtant pas à céder à tous les caprices de Raiza.

Il n'est pas marié, il repousse même assez souvent les avances que lui font les femmes et certains hommes, bien qu'il ne cache pas son gout pour la chaire quelque soit le sexe. Il se veut libre, patient et assez occupé pour ne pas avoir à gérer une épouse et encore moins la délaisser.

 

 

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Quelques lumières suffisent pour les petites pièces et les alcôves où l’innommable se déroule, où la pureté fréquente l’obscène et le dégouttant.

Ses doigts graciles et blanc, immaculés, se préparent doucement au contact de la chaire dure et froide, quand elle les laisse parcourir les écrins contenant ses outils. Elle s'assure que les encens soient prêts, la table confortable et les onguents à portée de la main. Puis elle inspire doucement nouant ses cheveux au sommet de sa tête et lance le gramophone emplissant l'air ambiant de sons enivrants.

L'artiste est prête quand elle s'empare avec souplesse de son scalpel.

D'abord la caresse de sa main sur le corps de son chef d'oeuvre, suivit de la ligne fine de son incision... la peau cède, s'entre ouvre sans se déchirer dévoilant l'intime et le magique.

Elion qu'elle aime à voir cette couleur carmin de la vie. Elle se souvient de cette partie de chasse où son père l'avait emmenée enfant, le corps éventré de ce pauvre homme trouvé dans un fourré par les chiens de meute et cette impression de toucher du regard l'oeuvre de Dieu. La mécanique parfaite où chaque chose était à sa place pour fonctionner, un seul grain de sable pour dérégler le tout.

Elle pose son regard un instant sur le visage de l'homme endormi, lui murmurant des mots qu'elle souhaite sympathiques, presque rassurant quand elle lève la cage thoracique et qu'elle vient saisir les pièces de la machine humaine.

Elle s'imagine sa vie, elle la devine à l'état de ses composants. Aucun dégoût pourtant... elle sourit même à l'idée que de ne parler de ce qu'elle fait rend les gens mal à l'aise. Ils cherchent à deviner la vie, s'imaginent qu'ils sont le fruit de la volonté divine, mais elle sait...

Elle sait que l'humain est fait de chaire et de sang, d'organes et de viscères, pourtant il a fallut probablement une volonté puissante pour rendre le tout si parfait.

Elle termine son travail préparatoire, de légères piqures comme on en fait sur le cuir de qualité, discrètes.. 

Puis c'est la danse des pinceaux, de la couleur sur la peau blafarde et des teintes de la vie retrouvée et figée. Et ses yeux rivés sur elle quand un indexe ami bat la mesure...

 

"C'est toujours un réel plaisir de te voir à l'oeuvre....Mère."

 

Le jeune homme, un verre de vin rouge dans la main, observe la jeune femme de son fauteuil au velours bleu royal. Il dévore des yeux cette cruauté impie redevenir perfection et douceur. Il en frémis presque de voir à quel point elle est capable de rendre cet amas de chaire presque plus beau et vivant qu'il ne l'était quand le corps lui a été amené deux jours avant.

 

"Évite d'être à ce point cynique Jodra. Notre hôte pourrait s'en sentir outré tu ne penses pas?"

 

Le jeune homme sourit en coin avant de ramener sa jambe sur son genoux opposé.

 

"Il se dit que tu as fait ta petite impression lors de la soirée de la Sainte Trinité, aurais tu décidé de sortir de l'ombre de ton laboratoire pour te frotter à la soie bon marché de nos concitoyens?"

 

"Nécessité fait force de loi mon cher "enfant"je comptais sur l'aide d'un client pour mon affaire mais il ne semble pas avoir les reins solides...de fait autant prendre les devants et faire notre place autrement. Pas que nous ayons besoin d'eux mais tu sais ce qui pèse sur nos épaules."

"Le fameux prix de la liberté, âpre comme le vin mais tellement satisfaisant au final."

"Exactement. Alors soyons sociaux, sourions à ces gens et devenons la main dans laquelle ils viendront picorer."

 

Elle retourna le corps inerte, son fils l'aidant à le vêtir, ajustant le colle pour que le petit trou à la base de sa nuque ne soit pas visible. Une dernière touche de carmin sur ses lèvres et le baisé mortel de la satisfaction pour signer le tableau. L'enterrement aura lieu le lendemain.

 

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Dieu quelle folie...

Nous savions quel prix il en coûtait de porter le titre et la charge, mais nous étions loin d'imaginer à quel point la pomme était pourrie.

Une simple affaire de charité se changeant en une course au pouvoir, tout n'est que manœuvre et apparence, et nous aimons trop lever les voiles. Maquiller ce qui est laid pour l'embellir, dissimuler des visages contractés par trop d’orgueil et de stupre et jouer de son influence.

 

Le fait du Prince. Voilà une bien étonnante manière d'aboutir à ses fins. Etre présent quand d'autres en ont besoin en se gardant bien de demander une faveur en retour...pour l'instant. Voilà le propre de la méthode, s'assurer d'une dette pour la rappeler à l'avenir, cela est bien commode ma foi. Mais quel intérêt pouvons nous représenter quand nous ne demandons rien qu'on ne puisse obtenir par nous même? L'on en vient à venir chez vous pour parler avec un sourire complice qui dissimule une menace à peine couverte.

Oh certes, nous savons que nos positions sont à contre courant, que notre vision de la noblesse l'est tout autant et que nous sommes probablement les seuls à voir une monarchie qui dissimule son nom sous de faux atours. Certes, le pouvoir ne peut être concentré dans le cadre d'une République où les jeux d'influences servent de garde fou aux extrêmes et pourtant... Pourtant nous, nobles, qui avons presque tout perdu à l’avènement, qui avons dû tout reconstruire pour survivre, nous voilà devant le choix impossible à faire de fermer les yeux ou de nous rebeller.

Contre la République? Certes non, mais contre la dictature affichée de nos paires qui visent les sommets pour devenir des Rois et des Reines avec ce qu'offre la nouvelle ère. Et tous foncent tête baissée comme des agneaux ignorants vers le couteau du boucher. L'histoire sert de modèle et la mémoire peut paraître bien courte.

Notre Maison s'est toujours défendue de viser le pouvoir par mesure de sûreté car si l’ascension est aisée, la chute n'est souvent que plus rapide et il convient de faire preuve de plus de patience et de calme pour se maintenir. Voilà la vrai difficulté, lutter contre l'instinct qui nous pousse à toujours vouloir plus avec la crainte de tout perdre. Un faux pas est suffisant.

Aujourd'hui l'on en vient à nous reprocher d’œuvrer par nous même dans l’intérêt de la noblesse et dans celui de la République déjà bien en mal avec les apparences. L'échec Sérendien avec la rébellion qui menace encore, la situation des Bas Fonds qui laissent entrevoir un marasme exceptionnel avec une violence extrême comme seule réponse.... et la menace pour toute personne essayant de proposer une solution. J'ai conscience que notre appuie du Parlement ne partage pas ces idées et notre seule alliance nous garantie comme par le passé, un équilibre entre monnaie et foi. Fort heureusement d’ailleurs que nous ayons cette dette là, pour ne pas dépendre encore d'arrivistes philosophistes.

Non, la Maison Bérangia ne courbe pas l'échine, non elle ne rougie pas de ses idées et ne cède ni aux menaces ni aux pressions. Mais nous refusons d'être pris pour plus idiots que nous ne le sommes, grand bien en soit fait à d'autres maisons qui préfèrent se plier à la volonté d'une autre eusse t elle été dans l'erreur. Nous ne les envions pas, nous ne prétendons pas faire mieux, nous ne prétendons pas renverser qui que ce soit pour servir nos intérêts. Ils sont tout autres de toutes façons et la république aura bientôt elle aussi fait son temps.

Quand le fruit est pourrit par manque de soin et de bons conseils, que peut il rester d'autre que la guerre et la force brute pour garder un semblant de dignité? Les actes de charité, les actes désintéressés de ceux qui ont tout, marquent plus les esprits sur le long terme que les manigances sous couverts d'écart de cuisse et de beaux sourires. L'utile n'est que temporaire et bientôt c'est le poignard dans le dos qui attend celui qui se défausse. Une autre forme d'usure sans nul doute. Nous préférons ne pas faire crédit.

 

"Nous aimons à nous repaître de ceux qui voudraient nous soumettre."

 

Ainsi parle la chimère, ainsi parlons nous.

 

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