Vitto

FICHE : Charles Keziah "Le Boucher"

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Identité:

  • Nom: Keziah
  • Prénom: Charles
  • Surnom: Le Boucher
  • Sexe: Homme
  • Âge: 37
  • Lieu de naissance: Heidel, Royaume de Serendia
  • Profession: Boucher
  • Allégeance: Serendia 

 

Présentation physique:

Charles est un homme costaud, aux manières bourrues, il porte sa grosse moustache avec fierté, le crâne rasé. Une cicatrice hachure son arcade jusqu'à sa joue, l'oeil qui s'y cache reflète d'avantage la lumière, sans doute en verre. Il arbore de nombreux tatouages sur les phalanges. Une dent en or est visible lorsqu'il sourit.

 Un chapeau haut de forme généralement porté par les Nobles, coiffe son crâne, dénotant avec son grand manteau noir abîmé.

 

Histoire de votre personnage:

La Famille Keziah tient une boucherie depuis plusieurs générations. Charles a ainsi pris la relève quand fut venu son temps.

 

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Le son du feu crépitait doucement dans l'encadrement de pierre de la cheminée et, seul éclairage de la pièce, il jetait sa lumière vacillante sur les murs lambrissés de bois. Aux odeurs de l'âtre se mêlaient celle de la cire fraîche servant à entretenir les meubles et le paquet sombre et dans cette atmosphère, le parfum d'ambre gris qui se dégageait de l'adolescente avait peine à laisser éclore son parfum capiteux. Dulcia était rentrée à Calphéon à la faveur de la nuit, émergeant de son carrosse et elle n'était pas parvenue à trouver le sommeil depuis. Aussi contemplait-elle l'hypnotique danse des flammes depuis plusieurs heures déjà, s'émerveillant en silence de la complexité de ces mouvements aléatoires mais qui dessinaient pourtant une sorte de logique dans ces dessins voluptueux.

« J'ai perdu... » Finit-elle par murmurer doucement.

Il y avait dans cette voix, encore à peine brisée par la mue de l'adolescence, un forme de constat rationnel et appliqué.

« J'ai défait Vittorio Cortesi et ses projets, contré la prise de pouvoir d'Awen, mis en échec la main noire, défié l'inquisition et la Sainte Egide. J'ai vaincu par deux fois Thalmarea et contré ses plans sur la capitale, détruit la lignée des Lionnoir. J'ai devancé le « corbeau » et ses plans, survécu à cinq tentatives d'enlèvements… mais cette fois, pour la première fois, j'ai perdu la partie. »

Elle fronça légèrement les sourcils, fixant la cheminée, tandis que Giaccomo l'observait en silence.

« Charles Keziah, m'a battu à mon propre jeu. »

Les yeux clair de la jeune femme s'ouvrirent un peu plus, comme si elle réalisait enfin le constat de son échec. Ces dernières semaines avaient été éprouvantes et, obligée de mener de front la guerre de la laine, l'affaire Valken, sa lutte contre Keziah, la volonté du pouvoir serendien de l'exiler, sans compter les affres de la Lague, qu'elle avait contracté à Heidel, elle avait eu peu de temps pour réfléchir au calme. Le constat était pourtant clair, elle en avait conscience. Elle se mit a sourire doucement.

« Charles Keziah…. »

Comme Giaccomo s'appuyait sur le mur, en croisant ses bras, elle tourna son regard vers lui pour s'exprimer sous le sceau de la confidence et les prunelles de la jeune fille brûlaient d'une forme d'admiration juvénile dont l'éclat passionné rendait à l'âtre tout le terne de son chatoiement las.

« J'ai connu de nombreux hommes emprunts de cette idée de pouvoir sur moi, qu'ils ne parvenaient qu'à caresser de loin sans jamais s'en accaparer les rênes et j'ai moqué, dans la cruauté de la jeunesse qui était la mienne, leur incapacité de se trouver assez pourvu d'intellect pour prétendre à me mettre en échec. Dans mon orgueil de jeune fille, j'ai opposé à ces pauvres âmes un mépris constant. Dieu...il y a quelques jours encore, notre plan semblait si fonctionnel. Se dérober dans cette stratégie de digue brisée et le laisser se déverser dans notre camps jusqu'à drainer sa passion de victoire à l'aune du piège que nous lui tendions. Puis, forts de la plus grande équipe jamais réunie, frapper ! » – Sa main s'était abattue sur la surface du bureau – « ...l'écraser lui et les siens en neutralisant de surcroît toute possibilité légale des autorités serendiennes de recourir à la loi pour nous en dissuader. »

Sa voix se teinta soudainement d'une forme de calme, comme un murmure alors que les yeux de l'adolescente, fouillaient par à-coups, les ombres mouvantes de la pièce.

« Mais voilà… Charle Keziah s'est montré plus intelligent, plus vif d'esprit, plus calculateur et capable d'anticiper nos coups et de les retourner contre nous. Il m'a ramené à l'état de jeune fille de dix sept ans, a mouché ma morgue de la plus flamboyante des façons.»

Elle inspira, déhanchant sa démarche dans la pièce et leva son nez vers le plafond pour accompagner ses bras qui se dressaient dans une forme de plainte déprécative.

« Ô Dieu... je hais cet homme ! Du plus profond de mon âme. Je hais ce qu'il est... ce qu'il représente et l'idéologie dont il est l'expression et que mon coeur appelle de tous ses vœux à combattre pour le salut de ce que nous nommons la Raison humaine ! »

Sa voix s'était muée un instant en un grondement passionné puis se coupa soudainement alors que ses bras retombaient mollement pour buter contre ses hanches dans une sorte de résignation agrémentée d'un sourire admiratif.

« Mais il faut reconnaître à Charles Keziah un forme de génie, murmura-t-elle. Cette étincelle d'intelligence, cette flamme qui fait défaut à bien des hommes… Aucun d'entre eux ne m'a jamais comblé d'un tel sentiment d'échec et d'émerveillement. »

Giaccomo observait toujours la jeune femme qui revenait lentement se porter près de l'âtre pour en observer la lumière. Le son du feu crépitait toujours doucement dans l'encadrement de pierre et ses odeurs se mêlaient encore à celles de la cire fraîche des meubles et du paquet tandis que le parfum d'ambre gris qui se dégageait de l'adolescente se dissipait à nouveau lentement, dans le sillage qu'elle avait imprimé.

« J'ai perdu, Giaccomo, souffla t-elle doucement. Et Ô comble de mon orgueil féminin, je crois que j'ai aimé cela... »

 

 

Modifié par Dulcia

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