Dulcia

Dulcia

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« Que Dieu m'en soit témoin…

Que Dieu m'en soit témoin ! Ils ne me jetteront pas à terre.

Je survivrai à tout ça et quand ce sera terminé, je ne connaîtrai jamais plus la faim. Non, ni aucun des miens !

Dussé-je mentir, voler, tricher ou tuer… Que dieu m'en soit témoin, je ne connaîtrai jamais plus la faim ! »

 

 

 

  • Nom: Da Monti
  • Prénom: Dulcia
  • Sexe: Femme
  • Âge: 16 ans
  • Lieu de naissance: Serendia
  • Profession: Courtisane

 

 

HISTOIRE

On sait peu de chose sur le passé de Dulcia et les conditions qui l'ont emmené à devenir courtisane, et elle n'en parle jamais elle même. Il est possible néanmoins de retracer une partie de son histoire. Elle est probablement née au sein de la famille Da Monti. Le particule ici, ne fait nullement référence à une quelconque noblesse et vient selon toute vraisemblance du nom des coteaux de vignobles sur lequel était installé sa famille. Il est fort probable que ses parents aient été des propriétaires terriens, vivant confortablement des produits du vin sérendien, jusqu'à la guerre. Elle tiens sans doute à sa condition moyenne, ni pauvre ni riche, d'avoir au moins pu accéder à la lecture d'ouvrages ainsi que la musique, ce qui va par la suite, considérablement influencer le choix de son cheminement

La seule mention que Dulcia ait faite de sa famille concerne l'existence de deux frères et une sœur, bien qu'elle n'ait jamais précisé qu'ils soient encore en vie.

Quoi qu'il en soit, il est probable que la sérénité de son enfance ait pris fin soit avec la guerre contre Calphéon, soit par l'entremise des rebelles sérendiens. Le flou autour de cet événement reste complet. Mais il semble clair qu'il ai jeté la jeune femme dans la misère. Si on n'a aucune idée sur les membres de sa famille ayant potentiellement survécu à cet épisode, on sait de la jeune femme, qu'elle a fait le serment devant Elion, de se sortir de sa condition misérable par tous les moyens, ce qui va teinter le reste de la vie de Dulcia de cette couleur de lutte permanente, ce bras de fer qu'elle livre entre elle et le cour des choses.

Refusant l'idée de se marier pour se retrouver à la solde d'un époux afin de pouvoir manger (ce qu'elle décrit elle même comme la seule véritable prostitution des femmes), elle choisit à seize ans, de devenir courtisane, considérant que son érudition lui permet une toute autre liberté que les simples liens du mariage.

Avec son amie Valentinna (même si elle n'a pas toujours conscience de l'affection réelle qu'elle porte à sa "soeur", pouvant parfois se montrer dure avec elle), une autre courtisane de son âge, elle vont se promettre mutuellement de grimper les marches de la fortune et de la gloire, seules façon pour les deux filles de prendre leur revanche sur la vie.

 

 

PSYCHOLOGIE

 

Dulcia est une jeune adolescente serendienne dont la caractéristique première est de posséder une passion dévorante de la vie et un amour profond de la liberté et de l'indépendance. Tantôt insouciante, tantôt capricieuse et manipulatrice, elle est d'un tempérament enjoué qui peut aisément passer d'une douceur sereine à une explosion de colère intempestive, propre au caractère rebelle des gens de la région.

Elle est surtout animée d'une détermination farouche, que l'on retrouve parfois dans comportement des gens ayant été marqués par la guerre. Dulcia se montre excessive en toute chose, avançant sur les objectifs qu'elle se fixe avec entêtement, sans attendre personne.

 

Cette façon, parfois égoïste de voir les choses, est néanmoins l'une des force de son amitié. Car si la jeune femme, n'agit pas toujours dans l'intérêt des autres ou par la marque d'une affection débordante, sa capacité à se sauver elle même et à se relever sans cesse de ses mauvais pas, la pousse à tirer derrière elle ceux qui lui sont attachés, avec une volonté insatiable.

Dulcia n'aide pas ses proches par des gestes de bontés mais par sa capacité à encaisser les épreuves pour eux avec une constance surprenante.

 

La précocité de son âge et l'immaturité qui en découle, deviennent des remparts derrière lesquels l’adolescente avance, muée par une insouciance aveugle qui lui permet d'aller au devant des problèmes sans les craindre. Dulcia est typique de ces gens passionnés qui, vagues après vagues, s'écrasent contre les murs jusqu'à les faire céder à leur volonté, ouvrant les brèches béantes pour ceux qui la suivent, dans son désir permanent d'avancer, que rien ni personne ne saurait freiner.

 

Son entêtement et les revers de la vie, ne lui accordent pas toujours le temps de se rendre compte de l'affection réelle qu'elle porte à ceux qui lui sont proches, mais la pugnacité de sa lutte contre la fatalité en font une personne attachante et parfois touchante.

La réalité est que Dulcia est encore une enfant que chaque pas rapproche d'un âge adulte dans lequel elle à été jeté trop tôt et qui lui font prendre conscience, à chaque revers, de l'importance véritable des gens qu'elle aime.

 

INSPIRATION DU PERSONNAGE

Ou la naissance d'une courtisane

(Vous aurez du coup, reconnu la citation du début)

 

 


 

Révélation

 

Pour ceux qui ne parlent pas anglais...mais c'est moins bien. :$

 

 

wAAACH5BAEKAAAALAAAAAABAAEAAAICRAEAOw==

 

 

 

 

 

 

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LA POÊTESSE

Dulcia est aussi connue, au delà de sa vie de courtisane, pour ses diverses œuvres qu'elle commence à publier à l'âge de seize ans, dès 285, sous le nom Da Monti alors même que Calphéon est secouée par l'affaire dites "Cortesi" à laquelle la jeune courtisane semble avoir été mêlée. C'est dans ce climat de scandales et de règlements de comptes, dans le Calphéon de cette époque, que la jeune femme composera principalement des poèmes et des œuvres musicales, bien qu'elle s'essaiera à l'écriture de pièces de théâtre ou d'essaie plus politiques.

L'un des exemple de l'oeuvre de Dulcia, est SERENDIA, composé en 285 et figurant dans le recueil dit "Da Monti".

La jeune femme, par des vers aux pieds calibrés, y fait l'éloge de son pays natal et de l'éloignement auquel la contraignait sa vie de courtisane, bien que certain y voient là, une allégorie traitant en vérité d'un amant qu'elle aurait rencontré à Serendia. Certains partisans de cette théorie avancent le nom de Lhyon d'Arakyr dont elle était la maîtresse officielle à ce moment. D'autres théories moins crédibles dédient ce poème à Crucio Da Montgart, bien que ces spéculations soient totalement farfelues et qu'aucun élément crédible ne vienne étayer la thèse que Dulcia, alors âgée seulement de seize ans ait pu être la maîtresse du roi de Serendia.

 

 

SERENDIA

(De Dulcia)

 

" S'en sont donc elles allées, les joies de ce pays ?

Sans son, ses chants s'en vont s'abreuver d'autres puits.

Sans ce dessein de nous vouloir libres et aux vents,

Sont ce nos rires seuls qui nous on fait vivants ?

 

Son sang vif et jaloux dont je porte le verbe,

Songeant à mon passé, s'épand tout contre l'herbe.

Cent champs et sur lesquels nous nous sommes embrassés

Séchant encore des lèvres qui les ont embrasés.

 

Chaussant aux pieds rebelles, ces bas de la beauté

Au sang chaud qui des laines, a souillé la piété.

Songeasse qu'elle eu put être cette vie si cruelle,

Sans jeux, sans rêves, sans trêves, pour alléger ses ailes.

 

Sans "je" pour toi mon coeur et sans "tu" pour mon être.

Sens-tu au corps ces laisses dont nos liens se font traîtres ?

Laisse moi donc partir, seule et d'un pas hanté,

Lasse moi même des maux que nous avons portés.

 

Sérendia puisqu'il faut confesser que je fus,

Sereine encore hier, aujourd'hui reine nue,

Ce sein rendu brûlant et que je t'ai donné,

S'est ceint de tant de peine que je lui ai pardonné.

 

Sérendia puisqu'il faut confesser que je fus,

Sirène aujourd'hui, demain cœur à l’affût.

Assassins que nous sommes des verbes que l'on sème

Pourras t'on dire un jour, enfin combien l'on s'aime. "

 

Dulcia Da Monti, Poême extrait du "Recueil Da Monti", 285 Calphéon.

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"Une créature rusée, ingénieuse et intelligente, qui se cache sous le visage de l'innocence" - Sevrus Kropt

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[HRP : Après réflexion, je mets ce texte en suspend jusqu'à après le procès de l'affaire en cour, afin d'éviter d'influer sur celui-ci.]

 

 

 

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LA FUITE VERS VALENCIA

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A la fin du printemps 285, la situation à changé à Calphéon et elle se trouve défavorable aux partisans d'une expression intellectuelle et d'idées l'humanistes. Des meurtres à répétition se succèdent dans la ville et plusieurs fait divers ébranlent la capitale occidentale. A cela s'ajoute la tension des bas quartier et la monté de l'inquisition, le tout sur fond de déchirements au sein du sacré collège. Dulcia prend très vite la mesure de l'ambiance délétère qui règne à Calphéon et écrit :

"La ville n'est plus qu'une succession de meurtre et d'enquêtes aussi sordides les unes que les autres. On y retrouve des cadavres avec des têtes de chats, des cadavres de Valkyrie, des cadavres de pauvres gens, des cadavres de miséreux, quand ce ne sont pas les cadavres laissés par ceux qui traquent ceux qui les ont engendré. (...) Tout n'est plus qu'une forme d'idéalisation de la violence fantasmée ou les esprits faibles gagnent le sentiment d'être fort par le simple fait de survivre dans un monde détestable. C'est le lit des pragmatiques, des soit disant réalistes, des fanatiques, xénophobes et de tous ceux qui érigent l'intolérance comme fondement moral, révélateur de leurs névroses qu'ils exorcisent dans ce reliquat de société impitoyable.

(...) il en est même qui se réclament, assassins et espions et prétendent par le meurtre, servir l'intérêt de tous, se salissant les mains avec l'excitation d'adolescents attardés pour ensuite s'imaginer en défenseurs des opprimés.

(...) Qui dans ce lieu qui sombre, comme Heidel avant lui, se soucie encore de poésie, de danse, d'amour de littérature et de tout ce qui fait les lendemains plus doux ?"

Extrait d' "Il Falso Principe", Dulcia Da Monti, 285. 

A cette époque, la jeune femme est épuisée par l'affaire Vittorio et les diverses pressions pour lui faire abandonner ses accusations contre le puissant fils Cortesi. Peu avant le début de l'été, le danger se confirme quand plusieurs témoins relatent des individus louches venant errer aux alentours des quais du quartier des artisans [lieu prétendu où se trouvait le salon des courtisanes] ainsi que l'entrée en jeu d'organisations criminelles pour museler les jeunes femmes avec la complicité passive de certains fonctionnaires de Calphéon. L'historien Pierre Coste tire cette analyse des fait :

"Dulcia était une femme à abattre et il ne fait aucun doute qu'elle était devenu un élément d'expression gênant pour certains car sa lutte intellectuelle pour la condition humaine mettait en péril l'image qu'ils voulaient véhiculer de leur propre intérêt aux arts tout en menaçant leur conception violente du monde. Ses prises de positions contre la corruption des institutions et la dénonciation de l'hypocrisie de ceux qui se réclamaient servir le bien de tous, était devenu un frein à la mise en spectacle de certains. En cela, son combat judiciaire contre la maison Cortesi est un parfait exemple de ce qu'elle nommait : "la capitulation de la cause intellectuelle."

Extrait du "Combat des femmes à travers l'histoire", Pierre Coste. 

Dulcia prend alors la décision de s'exiler provisoirement vers Valencia, au début de l'été 285, avec plusieurs de ses soeurs, afin d'y poursuivre son combat intellectuel. Plusieurs raisons expliquent ce choix.

  • La première est qu'à cette époque la jeune femme à amassé une somme d'argent conséquente. Si on ignore exactement le montant de sa fortune, certaines sources peuvent nous éclairer sur celle ci. Bastiano, le comptable des courtisanes fait état entre le début du printemps 285 et sa fin, de l'entrée de plus de 8 milions de pièces d'argent de la part de seulement quatre des protecteurs de Dulcia, ce qui laisse entrevoir les bénéfices financiers dont à été comblé la jeune femme en tant que courtisane
  • La deuxième est que transparaît dans divers écrits de Dulcia, son admiration pour le rêve Valencien ce qui peut parfaitement s'expliquer pour une jeune adolescente ayant grandit à Serendia, qui constitue l'un des carrefours des cultures occidentales et orientales.
  • La troisième explication, tirée de l'analyse de Pierre Coste, c'est que Dulcia, dans l'ensemble de son parcourt, ne cesse de de se déplacer de lieu en lieu. L'historien y voit ici, ce qui caractérise la recherche de la jeune femme pour la cité idéale et y voit là l'influence de la pensée erasmienne, qui constitue l'un des pilier de la réflexion de Dulcia dans son oeuvre.
  • La quatrième explication viens de la nécessité que la jeune femme avait de trouver un nouveau cadre, loin de la juridiction de Calphéon, pour pouvoir composer et écrire librement contre les dérives de la société occidentale et mener sa lutte intellectuelle à l’abri des pressions diverses.
  • Une cinquième explication, qui tient plus de la légende, veut que ce fut à l'initiative sa sœur et ennemie Naheeda que les deux femmes décidèrent d'aller à Valencia pour y chercher la réconciliation et la paix de leur âme, lors d'une rencontre secrete. Cette vision romantique et fantasmée de la concurrence entre courtisanes est sans doute loin de la réalité. Elle est  l'objet entre autre d'un tableau du 8 eme siècle : "Les soeurs ennemies"

A ce propos, Fabrice Guilardo remet en doute la possibilité que les deux femmes aient pu jamais se connaitre. Selon lui, cette idée relève du roman et de la construction du mythe des courtisanes. Il s'appuie sur les allégations contradictoires qui placeraient les deux soeurs tantôt amies, tantôt ennemies, preuve pour lui que l'on est plus dans la mythe que dans la réalité. Pour Guilardo, il est peu probable que Naheeda et Dulcia ne se soient jamais rencontrée ayant près de vingt ans d'écart voire quarante selon certaines estimations.

 

LES DÉTRACTEURS DE L’IDÉE ROMANCÉE DU COMBAT INTELLECTUEL

Romain Durel, historien et auteur du livre : "Courtisanes; la déconstruction d'un mythe" fait partie de ceux qui remettent en question l'idée d'un exil intellectuel. Durel milite pour une remise en perspective de la situation de la jeune femme à l'été 285 et y voit surtout une fuite plus qu'un exil romantique.

"(...) Si il est vrais qu'il existe une idéalisation de la violence, il existe en contre partie, de la part de certains historiens, une forme de fantasme béat de la lutte intellectuelle tout aussi fausse et l'on prête à Dulcia cette image de femme de caractère qui satisfait l'idée de la lutte des femmes à travers l'histoire, transformant son exil en combat contre l'oppression. Ce serait oublier que la jeune courtisane n'est alors qu'âgée de seize ans, ce que nous avons tendance à oublier, à notre époque.

(...) L'oeuvre de Dulcia, dont une partie ne lui est d'ailleurs pas attribuée avec certitude, est indissociable de l'idée de peur et des angoisses qui sont celles d'une jeune fille de son âge. Dulcia fuit vers Valencia le traumatisme de son époque plus qu'elle ne cherche à le combattre et il faut se remettre dans la peau d'une jeune adolescente, sans famille, prise aux pressions de la justice, du clan Cortesi et des cartels de Calpheon pour comprendre que la thèse, aussi romantique soit elle, d'une jeune femme en lutte ne peut raisonnablement tenir la route."

Extrait de "Courtisane; la déconstruction d'un mythe", Romain Durel. 

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« Dulcia et Valentinna se tenaient de nuit, sur le sommet d'une colline, à la frontière du monde occidental, lorsque la terre et les roches tremblèrent.

Les deux femmes tombèrent alors à genoux de frayeur et deux esprits d'Elion leur apparurent, de ceux qui gardent le cité céleste entre ciel et terre, portant chacun une lanterne à la main dont la lumière chassait les ténèbres.

L'un portait le visage d'une femme et le corps maigre et se nommait « Culpabilité »

L'autre portait la barbe de la sagesse et se nommait « Pardon »

Et à travers leur voix parlait le père du ciel.

« Voilà que vous quittez l'ouest pour vous rendre en orient, firent-ils. Me trahirez vous pour vous convertir à Aal ? »

« Non ! » Répondirent-elles. « Nous sommes tes enfants fidèles. Mais c'est par amour pour toi que nous sommes pourchassées. Ta lumière qui éclaire le monde s'éteint dans le coeur des Hommes et voilà qu'on vante celui qui vit par la haine et qu'on traque celui qui vie par l'amour. »

Mais Elion se mit en colère contre les deux femmes et ses serviteurs grondèrent.

« Qui des Hommes ou de Dieu décide qui meurt et qui vit ? »

« C'est toi Père. » Répondirent les femmes de concert.

« Qui des hommes ou de Dieu sépare l'ivraie du bon grain ? »

« Toi, encore » Répondirent-elles à nouveau.

Aussi, comme elles se couvraient le visage de crainte, Dieu parla avec plus de douceur à travers les esprits de sa voix et voici ce qu'il leur dit.

« Celui qui fuit et cède à la peur, ne m'aime pas. Mais celui qui garde foi, malgré les persécution et qui se bat en mon nom, celui là, en vérité, m'aime d'un amour immense. »

Et Dieu ajouta ce commandement :

« Retournez à Calphéon. Ne craignez ni vos bourreaux, ni la honte, ni l'opprobre. Ne craignez ni le fouet ni la corde. Ne craignez ni l'insulte, ni la vindicte. Ne craignez plus celui qui a soumis vos corps par la force, ni celui qui les soumettra par la loi. Ne craignez ni les couteau dans la nuit, ni le feu des faux prophètes. Car celui qui détourne les yeux se déshonore. Celui qui condamne en de faux termes trahit mon nom. Celui qui recherche son propre bien au détriment des autres délaisse ma foi. Mais celui qui lutte pour ma lumière, celui qui pardonne, celui qui souffre par amour pour moi, celui là mérite de servir mon nom. »

Extrait d'un récit apocryphe sur les révélations de Dulcia et Valentinna.

 

LA VOLTE FACE ET LA LUTTE POUR CALPHEON

 

Le récit apocryphe de la révélation de la colline reste difficilement crédible mais il illustre l'un des tournant de la vie de Dulcia et de sa soeur, concernant un évènement qui se serait déroulé sur une colline, à la frontière entre Serendia et Mediah. Cette colline est identifiée aujourd'hui comme étant la colline aux géants, du nom des superstitions faisant état de géants de pierre qui dormaient à son pied.

Les versions diffèrent quant à la raison pour laquelle les deux adolescentes vont faire demi tour pour revenir à Calphéon et affronter leurs bourreaux. Certains y ont vu un fait mystiques quand d'autres se montrent plus pragmatiques ne pensant pas que les deux femmes aient jamais quitté la capitale. Aucune de ces versions ne peut être étayée de fait concrets mais une chose est certaine, c'est a ce moment que les deux femmes prennent conscience de la nécessité de la lutte pour la république et pour Elion.

Selon Pierre Coste, s’opère alors une transition épistémologique sur la notion de liberté telle que défendu par Dulcia et la conceptualisation de la courtisane en tant qu'entité libre cède progressivement la place à l'idéal d'une société éclairée. La transposition de cette lutte d'un plan personnel à celui des masse marque le début d'une forme de maturité politique chez la jeune femme.

Romain Durel tempère cet événement dans le processus de changement chez l’adolescente. En effet, selon lui, les lettres de changes retrouvées dans les archives, concernant des sommes d'argent à l'attention de Lhyon d'Arakyr, antérieure à l'épisode de la colline, laisse a penser que Dulcia aurait dès la fin du printemps commencé à racheter sa liberté auprès de ses protecteurs et la jeune femme aurait été dans un processus politique bien plus mûrit. Ainsi ne voit il dans la fuite qu'une mise en scène servant à la constitution d'une iconographie qui va servir les intérêt de ceux désirant combattre le fanatisme et la corruption qui étaient alors galopant dans la nouvelle république.

 

Il s'appuie, pour cette théorie, sur l'une des description fait de la jeune femme :

 

« (…) une créature rusée, ingénieuse et intelligente, qui se cache sous le visage de l'innocence »

Propos prêté à un certain Sevrus Kropt

 

Pierre Coste réfute néanmoins ce témoignage.

« Les tenants du pouvoir Cortesi, d'abord mis en échec par la jeune fille de seize ans ont lancé une propagande calomnieuse contre Dulcia Da Monti, car c'était le seul moyen de pouvoir renverser l'opinion publique de leur côté et de faire passer les courtisanes du statut du victime, à celui de coupable. Et dans un Calpheon en proie à l'inquisition et aux mœurs patriarcales, une partie des gens eu tôt fait de voir dans ces jeunes filles, la main de la corruption. »

 

 

 

LA THEORIE DE VALENCIA

Fabrice Guilardo, remet quant à lui en doute le retour des deux courtisanes à Calphéon. Guilardo soutient que les deux femmes se sont bien rendu à Valencia et ont disparu d la circulation et le procès en hérésie ainsi que le procès judiciaire contre les Cortesi, serait un mythe destiné à servir la propagande des partisans d'une ligne politique dure à l'égard des habitants de Calphéon.

On trouve la trace d'une Dual'chaïah Jabal à Valencia, à la même époque. (Jabal signifiant montagne)

C'est pour lui la preuve que Dulcia et Valentinna ont bien continuée leur voyage jusqu'à Valencia et s'y sont installées.

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"Les gens, pour qui la conception du désir féminin manque de subtilité, insultent les courtisanes que nous sommes en nous traitant de prostitués. J'entends la facilité de leur insulte et il serait bien hypocrite, en vérité, de leur donner totalement tord. 

Pourtant, dans l'indigence de ce raisonnement, j'entrevoie malgré tout une différence que la fierté de notre condition porte dignement.

Les prostitués servent aux hommes à prendre leur revanche sur les femmes. Les courtisanes servent aux femmes à prendre leur revanche sur les hommes."

Extait de "Corpus et Anima Feminarum" de Dulcia Da Monti, 285

 

 

 

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LES ERRANCES DE CES JEUNES FILLES LIVRÉES A ELLES MÊME

 

Au delà de l'apparence parfaite que la jeune adolescente entretient d'elle même dans l'hypocrisie de sa condition, il se murmure qu'elle ferait importer de l'opium qu'elle consommerait avec des décoctions de mélisse. Certains prétendent que sa consommation de ces produits aux vertus encore peu connues augmenterait doucement. On raconte que ce serait une courtisane Valencienne qui aurait initié la jeune femme à ces pratiques sur lesquelles les érudits sont partagés quant aux effets réels sur l'âme, qu'ils auraient néanmoins tendance à apaiser.

Certains médecins encourageraient la jeune adolescente à une consommation plus régulière de ses pratiques, jugeant qu'il est toujours bon pour une femme d'équilibrer ses humeurs par l'effet apaisant de ce genre de médecine.

 

...De toute façon, on est pas sérieux quand on a dix sept ans.

 

Révélation

 

 

 

 

 

Modifié par Dulcia

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Révélation

HRP : Chapeau à l'artiste pour la mise en page, les illustrations, l'écriture, toussa toussa !

 

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Révélation

Ca donne vraiment un cachet que j'apprécie aussi. Même si c'est parfois écrit un peu petit, c'est super à voir :)

 

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Révélation

 

Tu nous avais caché ce talent au dessin (au début, j'pensais que c'était produit par Onofrio :P).

Rendu plaisant, pour le coup. Comme Aastrée, je trouve la police trop petite sur mon écran (pas bien grand, certes).

 

 

Modifié par Lynandra

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Révélation

Non. Les dessins sont de moi. xD Onofrio aurait fait bien mieux encore.
Après c'est vrais que l'écriture est petite. Comme tout est écrit à la main avant d'être scanné, j'ai tendance à écrire les long textes en plus petit afin de les écrire plus rapidement, car plus on écrit gros et plus il faut s'appliquer. Sur la première et la seconde, j'ai essayée de grossir les textes que j'avais écrit en petit et je n'ai pas été très convaincu car le trait parait trop épais, ce qui donne l'impression d'avoir été écrit avec un feutre. :$

Du coup j'ai laissé en petit et au fond, l'idée que ça soit plus difficilement déchiffrable me plait un peu. C'est vrais qu'on s'est habitué aux écrits par informatiques qui nous offrent une lecture facile mais qui n'est jamais tombé sur ces très vielles cartes postales de nos aïeux et n'a pas penché la tête pour essayer d'en déchiffrer l'écriture, sortie d'une autre époque. Il y a je crois, au delà de son caractère indéchiffrable, quelque chose d'harmonieux et de poétique dans l'écriture manuelle et ce qu'elle décrit de sentiments, dans ses formes penchées, ses façons de poser, ici ses boucles, ici ses point sur les "i" ou ses traits, transporte parfois tout autant que ce qu'elle raconte. <3

Au fond, l'exercice essaie ici, de rendre Dulcia [Et ceux dont elle parle] réelle plus par la forme et la sensibilité de son écriture, les soubresauts et les hésitations de sa plume, que par ce qu'elle raconte d'elle même et des autres.   ^_^

 

Merci a vous cependant de vos remarque, qui me touchent beaucoup. <3

 

Modifié par Dulcia

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Révélation

 

<Et un jour Dulcia laissa traîner son carnet ouvert sur sa table de chevet...>

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<...on se demande encore qui c'est amusé à griffonner sur une page.>

Modifié par Néron

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MUSIQUE

 

 

 

Le soleil bondissait à l'horizon dans sa course matinale et la lumière de sa roue éclatante bousculait la grâce paisible et silencieuse du désert. L'astre tordait déjà les ombres des dunes et le sable, encore frais, éveillait les parfums égarés de son manteau soyeux. Dans l'aube valencienne, un jour nouveau poussait son cri silencieux auquel répondait le hennissement furieux des chevaux en cavale. Dulcia chevauchait en compagnie de jeunes seigneurs Valenciens, et sous les cris et les rires insouciant des princes du désert, c'était l'orgueil du monde même qui tremblait d'un bonheur irréel.

La jeune adolescente arrêta son cheval, caracolant sur la crête d'une dune, afin de contempler un temps, ce paysage majestueux, respirer l'air d'une liberté nouvelle. Masrur, stoppa sa monture à ses coté. La façon qu'il avait, d'exciter la fouge de l'animal, piétinant le sable d'une fierté souveraine, fascinait la jeune femme, tout comme ce regard clair et arrogant, que posait sur le monde, ce jeune seigneur valencien.

«Ne t'égare pas, fille de l'ouest » Lança-t-il en riant.

Dulcia se prit à sourire de cette attention et répondit d'une voix qui trahissait son admiration.

« Egarée, je le suis déjà et ton monde est si vaste que je ne saurais marcher dans quelque direction que ce soit sans errer loin des chemins de la connaissance. »  

Elle reporta son regard sur l'horizon flamboyant et sur les dunes, prises dans le conflit que se livraient l'ombre et la lumière. Masrur fit tourner son cheval autour d'elle, dans une danse pleine d'orgueil. Le jeune noble avait été bon avec elle et ils s'étaient très vite pris d'une sincère amitié. Masrur, quand il ne chassait pas, occupait son temps à étudier les sciences et tous deux avaient trouvé goût à de longue discussion. Il lui arrivait de la laisser parler, de longues heures durant, écoutant avec plaisir les théories du monde occidental et lui même développait les siennes.

« Je t'apprendrai, fille de l'ouest. Tout ce qu'il y a à savoir sur le ciel et sur la terre, et l'entre deux où s'égarent les poètes du monde. »

Elle sourit et baissa la tête, touchée par l'attention de son ami.

« Dans quelques jours, je te ferai entrer au palais et tu chanteras pour mes amis et d'ici là, je t’emmènerai, toi et les tiens, chasser un vrais lion. »

Elle se laissa aller à rire, rougissant et dût contenir un temps l'excitation de sa jument. Comme le noble Valencien, glissait sur son côté il ajouta :

« Tu liras des livres et tu compteras les étoiles innombrables. Et lorsque, ivre de savoir, tu penseras tout connaître du monde, je t'apprendrai à tout oublier, fille de l'ouest. »

Elle plissa les yeux un instant, en le regardant intriguée.

« Tout oublier ? Pourquoi voudrais je oublier ce que j'ai appris. »

Masrur devait s'attendre à cette réponse car son sourire s'étira pour dévoiler une fine ligne de dents blanches.

« Tu es encore jeune et pétrie de certitudes, douce amie. Vous autres gens de l'ouest pensez que la connaissance apporte la grandeur… Le savoir n'est que l'eau qui remplie un vase vide, Dulcia et la fumée que le vent dissipe. Reste avec nous, ici, et tu comprendra ces choses. »

Masrur partit alors d'un rire plein de flammes. Déjà raisonnait au loin les cris des jeunes seigneurs qui s'éloignaient dans les dunes et il fit tourner sa monture pour les rejoindre au galop. Dulcia inspira en secouant la tête, devant l'attitude des Valencien et elle talonna sa jument à son tour pour le suivre. Pourtant, ce faisant, elle ne fut pas certaine qu'elle trouverait un jour la force de rentrer vers l'ouest.

Valencia appelait au rêve, la jeune adolescente qu'elle était et invitait, dans la langueur de ses journées embaumées, à baisser la garde pour s'y abandonner.

 

 

 

Tous les hommes voudraient cheminer sur la route de la Connaissance.

Cette route, les uns la cherchent, d'autres affirment qu'ils l'ont trouvée. Mais, un jour, une voix criera: "Il n'y a ni route ni sentier!"

 

Nous tomberons sur le chemin de l'Amour. Le Destin nous piétinera.

Ô jeune fille, ô ma coupe enchanteresse, lève-toi et donne-moi tes lèvres, en attendant que je sois poussière!

 

Omar Khayyam, XIIeme siècle.

 

 

 

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Révélation

 

<Un jour la dormeuse apprendra à cacher son carnet.>

Révélation

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" Certains ont dit de moi, que sous l'innocente apparence de la femme que j'étais se cachait un coeur cruel et insoumis qui ne savait pas aimer sans faire souffrir. Je confesse avoir été, à l'instar de bien des courtisanes, dure et d'avoir malmené le sentiment d'hommes qui n'aspiraient qu'à m'aimer. Mais comment leur expliquer, la somme de mes erreurs, de mes caprices, de mes fausses routes, sans avant toute chose, invoquer le traumatisme de la guerre et les misères qu'elle engendre

Que d'enfances volées par l'amertume qui fut la notre, jeunes filles écloses de vies simples, offertes en patûres à l'ambitions des violences humaines, nous qui étions innocentes des rivalités du monde ? Comme tous les enfants, nous avons eu des rêves avant que ne s'impose, pour chacune de nous, le sombre voile d'un destin cruel. Et ce qu'il faut de cris pour combler la sêcheresse d'âme brisées, nous les avons poussés. Sur les ruines de nos demeures calcinées, sur les corps de nos proches emportés et sur ces hommes venu d'ailleurs qui ont violenté nos âmes intactes et vengé sur nous des offenses dont nous n'étions pas coupables. Dès lors,que pouvions nous bien pleurer, nous qui n'avions plus de larmes qui n'aient déjà été versées ?

Alors nous avons fait ce qu'impose l'esprit meurtri, quand il ne parvient plus a saisir la réalité de ce à quoi on le confronte. Nous avons crée la notre !  Nous y avons enfermé, si profondément cachés, nos rêves de jeunes filles, les fragilités de notre jeune âge, nos doutes et la tendresse de notre innocence, que nous les avons perdu, quelque part en nous.

Cette douceur de mon enfance, je l'ai cherché et je la cherche encore, ainsi que mes rêves oubliés. Je l'ai cherché également avec bien des hommes sans qu'aucun d'eux ne parviennent réellement à rendre à l'amour le coeur qui fut le miens. Peut être un jour, viendra celui qui me ramènera au chemin de ma tendresse et de l'amour et ce jour là sans doute, cesserais je d'être courtisanes pour retrouver mes rêves perdus. 

Offerte à moi même, je pourrais sans peine révéler, la vérité de la jeune courtisane que je fus. Je pourrais enfin expliquer, et la somme de mes erreurs, et celle de mes caprices ou de mes fausses routes Et tous comprendront alors que, derrière l'apparence de ce coeur cruel et insoumis qui ne savait pas aimer sans faire souffrir, s'est simplement caché une femme, trop jeune encore, pour en être une."

Dulcia Da Monti

 

Révélation

 

 

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