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23 résultats trouvés

  1. « Celui qui s'est préparé tôt pour la nuit n'est pas surpris par les ténèbres. » Les lueurs vacillantes des lampes à huile donnaient à ce recoin du bazar des allures de coupe-gorge. Le vent chargé de sable faisait claquer les tentures et malmenait les diverses flammèches comme autant de feuilles prises dans une tempête. C’était lugubre. Autour d’elle des bruissements, tintements, grognements et autres craquements dispersaient ses sens, l’empêchaient de se concentrer, elle en avait bien besoin pourtant. La sorcière était abasourdie, littéralement sur le cul, et en même temps elle se sentait tout sauf prise de court. Tout ce qu’elle avait pu voir et entendre ce soir avait des relents de choses déjà vécues, voire éculées tant elle n’était pas surprise de voir les schémas de Siari réapparaitre de nouveau. La vieille avait décidément eu un problème avec les Elfes. Ou bien était-ce les Elfes qui avaient eu un problème avec elle ? Elle rumina sur cette réflexion pendant un long moment. C’était similaire, c’était la même chose, et en même temps son exécution était très différente. Les magies à l’œuvre étaient différentes, toujours était-il que l’imitateur avait forcément trouvé le schéma quelque part. Siari le lui aurait donné ? Ou bien est-ce que ça venait de cette femme qu’ils n’avaient jamais pu attraper ? Peut-être était-ce la mère de Llianne ? Et qu’est-ce qu’elle était partie faire dans le désert celle-là ? Derrière quoi courait-elle ? A défaut de réponse, chaque question ne lui apportait qu’un peu plus de hargne et la boule de grogne coincée dans son gosier ne faisait que grossir. Elle aurait voulu hurler. Sa tête se balança vers l’arrière, la peau de sa gorge étirée au maximum, les yeux rivés au firmament. Mais hurler c’était aussi admettre le dépit que toute cette situation lui inspirait. Elle n’était pas la seule. Elles étaient deux. Son sang frappait à ses tempes comme un tambourin. Au moins deux. Potentiellement il y en avait donc d’autres ailleurs. Elle ferma les yeux, soupira. Et forcément c’était maintenant que les Vedirs sortaient de leur trou. De nouveau elle regarda devant elle, cherchant dans l’obscurité ambiante un quelconque signe, une indication. Mais elle ne trouva que l’absence pour réponse, ce qui lui arracha un ricanement moqueur. Que chercher d’autre, sinon l’absence, sur le territoire d’Aal ? Elle n’était pas surprise. Rien de tout ceci n’était surprenant. Elle reprit sa marche nocturne, son pied venant percuter un obscur objet au sol dans un mouvement rageur. Par contre c’était franchement chiant.
  2. « Elle ne savait pas que l'Enfer, c'est l'absence. » L’obscurité était devenue son quotidien. Les volets fermés, toute bougie éteinte, cette ambiance sombre et feutrée était devenue salvatrice tant le monde s’était mué en une multitude de petites agressions. Chaque son se répercutait entre ses oreilles comme autant d’échos hurlés en pleine montagne. Le moindre rayon de lumière lui brûlait les pupilles comme une flamme à laquelle elle se serait trop longtemps exposée. La caresse du vent était devenue griffure et chaque grain de poussière contre sa peau lui faisait l’effet d’une aiguille. Quel jour était-on ? Elle n’était même plus sûre. Tout se bousculait dans sa tête. A certains moments il lui semblait être encore sur Illya, petit rapace à la recherche de la blanche biche. L’avait-elle trouvée ? Oui. Il lui semblait que oui. Mioa. Elle l’avait même marquée. Elle gardait le souvenir des embruns sur son visage et de l’approximative clarté que cela lui avait apporté. Sans doute qu’user du charbon de scorpion plusieurs fois de façon aussi rapprochée n’avait pas été une bonne idée… Etait-elle repassée à la Cave ? Il lui semblait mener de front plusieurs guerres depuis de longues semaines, voire mois, maintenant. Oui elle y était repassée et sans doute n’aurait-elle pas dû, elle avait injecté dans les protections une grande partie de son énergie alors que son esprit était encore mis à mal par son trop récent voyage sur les terres fantasmagoriques de La Gardienne. Mais comment aurait-elle pu prévoir ? Comment… Là, assise sur son lit, dans le noir complet, la sorcière eut un léger sanglot. Son torse s’affaissa légèrement sur lui-même, elle se recroquevilla, la tête basse et les épaules frémissantes. Qui aurait pu lui dire ? Lui souffler ? Lui apprendre ? Cet arrachement ne lui avait rien laissé d’autre qu’un trou béant dans l’être, elle se sentait mutilée, on venait de lui arracher un morceau dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence, dont elle n’aurait jamais imaginé qu’il puisse lui être si indispensable. Sadie rassembla ses genoux contre elle. Elle ne voulait pas de cette absence terrible qu’elle ressentait désormais, elle ne la comprenait pas. Elle se doutait que Galathea devait ressentir la même chose mais elle n’avait pas la force de se hisser hors de son lit. La simple pensée de mettre un pied dehors lui était insupportable. Et qu’en était-il de Llianne ? Entre deux bouffées d’angoisse elle se demanda si La Gardienne avait eu ce qu’elle voulait. Faire de Leolina la mire avait-il servi à quelque chose ? Elle y avait insufflé les derniers restes d’énergie qu’il subsistait encore en elle. La sorcière eut un rire abattu… De l’énergie ? Quelle énergie ? Pour ça fallait-il encore qu’elle puisse dormir, fermer les yeux sans voir cette pluie de cendre et de feu qui se dessinait en permanence devant ses yeux. Elle ne se souvenait pas d’un seul moment où la fatigue l’avait tant accablée, le vide était désormais tout ce qui l’habitait, elle était un être vain et désempli dont l’esprit était le théâtre d’une guerre oubliée dont elle ne savait rien. Le front posé sur ses genoux, le visage enfoui au creux de ses vêtements, elle voulait juste que tout s’arrête. Que tout disparaisse.
  3. < --- Conte librement adapté d’un des “Contes des sages du désert”, par Paul André, éditions du Seuil, avec la participation de Nôd/Sadie et la bénédiction d’Eleazar --- >
  4. Une affiche présente sur différents panneaux à Tarif depuis une semaine.
  5. Méditation contée de la Pleine lune

    jusqu’à
  6. La carte du Gardien de la Nuit représente une chouette de couleur sombre, au regard démesuré et trouble. Ses serres se perdent dans l’incertain. Elle est entourée d’une nuée d’auras couleur de jade. Oracle du 27e jour de l’Éléphant, à Tarif
  7. Vivace de Lune Noire en Éléphant

    - Le Crabe Carapatombe Interprétation de la Vivace pour les 14 jours de Lune Croissante : Valeurs : Patience. Résilience. Santé : Vous avez plus de vitalité que vous ne le pensez. Émotions : Faites-vous une carapace. Vous en aurez besoin. Activités : Vos tâches actuelles vous semblent particulièrement pesantes, mais vous aurez en fin de période la force de relever les défis. Devise : Menaces et conflits, surtout s’ils sont enterrés de longue date, pourraient se réveiller d’ici la Pleine Lune.
  8. "... la Sadvhi du Zénith et la Sadvhi du Nâdir." Il fallait se l'avouer, Galathéa avait pris un certain plaisir à se présenter ainsi avec Sadie, à Ancado. Elle s'était également surprise à assumer Tarif comme sa ville d'origine sans avoir l'impression de trahir Keplan, et avait même pris plaisir à s'entendre faire résonner le nom des Kelevra si loin en Valencia... Ce titre et ce nom, dont elle avait eu peur qu'ils soient un fardeau, commençaient à vibrer en elle d'une certaine légitimité, d'une certaine aura à la fois familière et atavique. Il lui semblait se trouver au faîte d'un gigantesque arbre millénaire, non pas à la manière de la naïve et paisible colombe qui s'afficherait en bombant le torse et en chantant sa gloire, mais bien plutôt comme une sorte de corbeau, volatile aussi mystique que mystérieux, oui, comme un corbeau, blanc, dont le plumage atypique détonnerait sur le fond des feuilles brunes de l'automne. Un corbeau blanc, la tête penchée sur le feuillage en dessous de lui et dont l'oeil rond et fixe, concentré, tenterait de percer au travers d'une dense canopée, mue sans cesse par un vent incertain et fourbe. Et sous cette épaisse coupole végétale, comme une chape de mystère, se trouverait un ramage sinueux de savoirs, de pouvoirs, de pactes et de liens, de secrets et de traîtrises, tous reliés, l'oiseau argenté le sentait, à un même fût commun, un même tronc qui plongeait ses racines loin, bien loin, hors de sa vue et de sa conscience, au plus profond des terres et de l'histoire de l'Est. Sous la cime, le vent par moments fait bruire quelques noms qui montent jusqu'à l'oiseau en un frémissement tantôt doux et plaisant, tantôt plus menaçant. Naïs... Siari... Anovède... Diane... Nezepha. L'oeil rond et fixe, brillant d'un éclat presque minéral, examine et cherche à discerner les ramilles qui relient ces noms entre eux. Des branches entières sont mortes, il le voit bien. D'autres n'en ont que l'air, mais brûlent d'une sève cachée et corrosive... D'autres encore sont bien vivantes, et d'autant plus dissimulées par le mouvant feuillage. L'oeil rond et fixe se ferme un instant car une nouvelle bourrasque vient de brouiller sa vue sur la ramure, alors même que l'argenté se pensait prêt à saisir le tendre bourgeon tant convoité. Un oiseau noir vient alors se poser près du corbeau blanc et le titille à petits coups de bec, dont on ne saurait trop dire s'ils expriment encouragements ou agacement. Mais pour l'argenté, pas le choix, il faut plonger... Deux paires d'ailes s'étendent, les deux s'envolent dans un éclat de becs et de serres griffues et piquent dans un bruissement de plumes au cœur même du feuillage. Et la fouille résonne de cet élan contradictoire : "Où est Naïs ? Et faut-il la chercher ?" Là-haut, tout là-haut, au-dessus de la cime millénaire, un phœnix aux ailes de brume sanglante les surveille, protecteur et vigilant. Trop, peut-être, car dans son dos l'orage se forme. Et il ne le voit pas. Est-il bon de rester sous les arbres lorsque la foudre frappe ? Et qui est le renard dans l'histoire... ? Cette nuit, quelque part dans le port de Shakatu, Galathéa laisse retomber sur sa cuisse sa main qui tient une pipe en bois rouge sombre encore fumante, aux relents de trèfle rouge et de calendula. "C'est pas très fort", qu'elle avait dit...
  9. Elle avait regardé les unes se battre et entendu les autres débattre. Elle avait vu la colère et le ressentiment des deux sorcières et l’abandon des mercenaires face à quelque chose qui les dépassait et auquel ils ne voulaient pas prendre part. L’agitation, le bruit, les cris, la colère, les coups… Sur le chemin rocailleux qui menait à Shakatu elle se remémorait les derniers évènements et ne parvenait pas à comprendre… En fait si, elle ne le comprenait que trop bien, cette incapacité crasse des autres à taire leurs émois. Elle avait préféré partir loin du bruit, loin d’eux tous, ils avaient fini ce qu’ils avaient à faire et elles avaient toujours un objectif à atteindre, avec ou sans eux. Sans doute étaient-ils déjà repartis, sans doute avaient-ils pris l’argent, sans doute. Elle ne cilla même pas. Pourquoi faire ? Ils avaient fait leur choix. Sa main passa machinalement sur la sacoche qu’elle tenait fermement contre elle et tandis que les lumières de Shakatu éclairaient au loin le jour mourant, elle se dit qu’il n’était sans doute pas sûr de l’emporter avec elle jusqu’au repaire des bandits. Elle avait décidé qu’elle irait malgré tout, elle savait que Falkynn et Galathea la rejoindrait, elles se débrouilleraient à trois, elles n’avaient pas besoin d’eux. L’apporter ou la cacher quelque part ? Il était clair que les hommes de Gahaz recherchaient ce petit bijou et qu’ils savaient qui l’avait volé. Seraient-ils dupes si elles arrivaient les mains vides avec juste le bandana comme preuve de la mort du déserteur ? Les informations sur sa véritable identité pourraient peut-être leur servir de monnaie d’échange… Mais c’était risqué, peut-être qu’ils savaient déjà tout ça. Sadie tournait et retournait le problème dans sa tête sans que rien ne vienne la déranger. Pas de cris, pas d’éclats, pas de jacassement, pas d’injures… Ces derniers mois à Tariff lui avaient fait oublier à quel point la solitude lui était chère et précieuse et à quel point elle était devenue rare dans sa vie. Elle ne comprenait pas ces déchaînements et ces paroles crachées pour ne rien dire. Mais ça n’était pas tant ce qui la dérangeait, elle avait toujours vu autour d’elle tonner les passions, les colères et les effrois et elle avait toujours fait fi sans broncher. Non, ce qui la perturbait c’était la défection, la hantise de l’inconnu. Pourquoi ? Surtout, comment ? Baltaro fit une échappée de côté ce qui la fit tanguer et l’extirpa soudainement de ses questionnements. Elle était aux portes de Shakatu. Complètement seule. Comme avant. Sa seule pensée fut pour Galathea qu’elle avait laissée là-bas. Elle ne l’avait pas fait de gaieté de cœur mais l’argentée était encore probablement la seule personne au monde à pouvoir raisonner un peu Falkynn. Si elle n’approuvait pas la réaction de la rousse au moins était-elle d’accord sur ses soupçons. Ulnyx. Les Nezepha. Elle n’avait pas encore pu se renseigner sur eux, Eleazar était parti avant d’avoir répondu à ses questions. Des archives sous Rune. Et cette comptine… Ses lèvres remuèrent sans même qu’elle ne s’en aperçoive. Le croqueur de chevilles vient la nuit Ses yeux sont rouges et sa fumée est noire Il ne veut pas t’entendre parler Quand dans ta chambre il vient regarder Alors ferme bien ta bouche, je te le dis Ou il volera ton esprit Elle secoua machinalement la tête, son esprit se cabra sous ces souvenirs qui remontaient d’elle ne savait trop où. C’était comme si une porte s’était entrouverte dans son esprit au moment même où elle avait lu ces lignes. Mais n’en oublie pas tes pieds Ses amis sont là aussi Ils aiment ronger, ils aiment manger Sans une miette de répit Alors garde tes bottes bien liées Juste avant de te coucher le soir Malgré tout elle ne parvenait pas à dire où elle avait lu, ou entendu, ces vers. Une comptine pour enfant, probablement entendue quand elle était petite, mais de qui ? Siari ? Naïs ? Pourquoi ? Et venant des Nezepha ? Petite sorcière Il vient te voir Petite sorcière Oui dans le noir La sorcière mis pied à terre, l’agacement pointait dans son esprit comme un rongeur gratterait l’écorce d’un arbre, avec frénésie et moult scories. Elle ne s’était toujours pas décidée quand à ce qu’elle faisait de la pierre. Devait-elle attendre Falkynn et Galathea ? Ne pas les prévenir ? La comptine se répétait en boucle dans sa tête sans qu’elle ne parvienne à s’en défaire, l’obnubilant et la faisant grincer des dents. Il vient pour ceux qui veulent fuir Il vient autant pour les jeunes que pour les vieux Attrape les faibles et miséreux Alors petite sorcière, Garde tes pieds et tiens ta langue L’air mauvais et la démarche rageuse, rendue énervée par cette incessante rengaine, elle gagna le centre du village en se disant que, finalement, le monde n’avait pas besoin de l’excéder, son propre esprit s’en chargeait. Sans doute n’était-on jamais seul qu’en étant raide mort. Cette simple pensée la réconforta… Un peu.
  10. Le 7ème jour de l’Aurige, An 235. Ils marchaient depuis un long moment maintenant, suivant la sente sinueuse à flanc de colline. Lévi en tête, le cortège avançait péniblement, épousant le rythme lent que lui imposait la pente et le cercueil qui le précédait. Dans sa main rendue moite par la touffeur de l’air, Lévi sentait celle d’Uriel : ses petits doigts potelés accrochés aux siens étaient une ancre pour son chagrin, lui rappelant douloureusement que cette promenade n’en était pas une. Il tourna lentement la tête pour observer le convoi en contrebas, mais l’éclat du soleil l’aveugla au point qu’il fut contraint de détourner les yeux. Il n’avait pas besoin de voir davantage pour se représenter les visages baissés, luisant de sueur sous l’ardente chaleur du midi, la longue escorte endeuillée, vêtue de ses atours les plus sobres, en guise de respect, qui escortait Adena jusqu’à sa dernière demeure. Lévi avait observé tous ces visages dans la chapelle. Des visages graves, empreints de tristesse ou de recueillement. Ce n’était pas de ces deuils feints que l’on affiche en pensant réconforter la famille du défunt : la Mort Noire avait déjà prélevé sa dîme chez nombre de présents. Chaque cérémonie, chaque prière, était le rappel douloureux de ceux que tous avaient perdu, de l’omniprésence de cette absence. Son épouse avait été aimée de leurs gens, respectée de leurs voisins et amis : tous ceux qui l’avaient pu étaient là. Il quitta ses pensées en sentant le sol herbeux et plat sous ses pieds. Ils arrivaient enfin sur l’esplanade à flanc de montagne où se dressait le caveau familial. Avec ses pierres claires, ses portes en bois entrouvertes, entouré des pins et des sapins qui s’épanouissaient à cette hauteur, il sembla leur souhaiter la bienvenue, souriant presque. Lévi l’avait fait érigé quinze ans plus tôt, en l’honneur de son défunt père : il souhaitait que sa famille repose ensemble en ce lieu calme et retiré, quand le moment serait venu. Il n’avait pas songé que cette place se verrait si fréquentée, si vite. Quelques mois plus tôt, il avait suivi ce même chemin afin de rassembler auprès d’Elion son père et sa mère, frappée elle-aussi par la Peste Noire. Alors que le mal semblait reculer, et rejoindre les terres maudites d’où il venait, Adena avait présenté les mêmes symptômes. Malgré ses connaissances, malgré toutes ces lectures accumulées depuis que l’impuissance l’avait frappée face à sa mère mourante, telle une lame chauffée à blanc, il n’avait rien pu. Il avait refusé de brûler son corps, défiant toutes les règles de prudence qu’il avait lui-même instaurées sur ses terres. Il ne pouvait, elle aussi, la voir réduite en cendres. Le prêtre prononça une dernière bénédiction, et l’on porta le cercueil sous terre. Seuls suivirent Lévi et ses enfants, ainsi que les proches. Le caveau était vaste, éclairé de nombreuses bougies qui répandaient une lueur douce. La mort n’avait rien de terrifiant en ces lieux. Les fresques qui y étaient sculptées rappelaient que les défunts se trouvaient auprès d’Elion, récompensés pour leur vie vertueuse. Cela ne faisait aucun doute pour Lévi que sa femme ne méritait rien de moins qu’une vie éternelle auprès du Père. Dans la pénombre, au creux de la roche, les mots de la prière semblaient prendre une toute autre dimension. Sa sœur vint prendre Uriel près d’elle, caressant les joues de l’enfant qui pleurait. Qu’avait compris ce bambin qu’il connaissait si peu ? Qu’il ne reverrait plus sa mère, sans doute. Lévi embrassa le tableau du regard, son dernier né, au regard d’un bleu vif noyé de larmes dans les bras de Mitalia, maternelle, déjà. Un peu plus loin se tenait Rachel, du haut de ses onze ans, le menton levé, les yeux posés sur le cercueil de sa défunte mère. C’était elle qui avait donné le bras à Gavri lors de l’ascension, l’aidant à gravir le chemin. Le regard de Lévi s’attarda sur la canne que son fils aîné tenait dans sa main gauche, et sur sa jambe tordue, dont il pouvait à peine se servir depuis plusieurs années maintenant. En relevant la tête, il croisa le regard blessé de son héritier. Lévi lui adressa un sourire qui se voulait rassérénant, mais dans lequel l’on lisait trop de chagrin et d’impuissance pour qu’il soit effectif. Rachel effleura doucement la main de son frère, le ramenant à la cérémonie : la fillette inclina gracieusement la tête vers son père. Cette douceur, ce petit minois grave lui rappelèrent si violemment son épouse, qu’il détourna les yeux, masquant ses sanglots dans le tremblement de ses épaules. Il sentit bientôt une main sur l’une d’elle, et reconnut Quéric, son seigneur et ami de toujours : sa haute stature, sa chevelure rousse et ses yeux dorés le rendaient difficile à ignorer. Il resserra son emprise sur l’épaule de Lévi, lui adressant un long regard empli de compassion. Il n’y avait pas besoin de mots. Quand Meredia Van Areis, l’épouse de Quéric, était décédée cinq années plus tôt, le farouche homme d’armes avait été anéanti. Lévi avait offert son épaule, à boire et sa compagnie, jusqu’à ce que son chagrin s’assèche. Ils avaient pleuré, et ri ; Quéric avait parlé de Mérédia et Lévi l’avait écouté. Ce dernier savait que son ami serait là, si jamais il lui venait l’envie de parler d’Adena et de partager sa peine. Derrière lui, il reconnut la haute silhouette d’Almine, la fille aînée de Quéric. Malgré la pénombre, il ne put qu’admirer la fière allure de la jeune femme. Elle ne portait point de robe, mais une fine tunique noire discrètement brodée d’or, sous les plaques de son armure d’apparat. Les cheveux tressés, l’air grave, elle priait avec ferveur, son regard jaune posé sur le prêtre, une main protectrice sur l’épaule de Rachel. Un peu plus loin se tenait Athor, tout empêtré dans ses quinze ans, le regard tourné vers sa sœur aînée alors qu’il s’efforçait d’imiter sa morgue. Alors qu’Uriel, aidé de sa tante, déposait une couronne de roses blanches sur la tombe de sa mère, Lévi songea à son proche départ pour Valencia. La perspective lui était douce : il lui tardait de quitter cette maison où tout lui rappellerait Adena, de leur chambre vide au visage de ses enfants, cherchant leur mère dans ses yeux, confrontant leur chagrin au sien. Son désir de découvrir ces terres lointaines n’était pas motivé par la soif de vengeance : il était curieux de cet autre univers, de ce lieu tourné vers la connaissance, de ces savants mystérieux dont parlaient certains ouvrages… Ils quittèrent bientôt le mausolée, affrontant tous, une main devant les yeux, la lumière aveuglante du début d’après-midi, et les regards de ceux rassemblés. Tour à tour, en une interminable file, ils vinrent présenter leur respect à Lévi et à sa famille, ainsi qu’aux Van Areis qui se tenaient près d’eux, dont les trois regards jaunes balayaient la foule, hautains. Les minutes s’égrainèrent telles des heures, et ce n’est que bien plus tard, une fois les invités restaurés et partis, que Lévi put rejoindre sa bibliothèque. Elle occupait toute une aile du manoir et était son domaine. D’une main pensive, il effleura les tranches d’une rangée de livres, sentant sous ses doigts leur couverture de cuir velouté. Il se saisit, sans prendre la peine de regarder les titres, de plusieurs ouvrages, avec l’aisance et l’assurance de l’habitude, et s’installa au large bureau qui trônait au milieu de la pièce. La plume en main, il griffonna la date en haut de la page. Il avait beau tendre l’oreille, il ne percevait aucun son : les enfants devaient être au lit maintenant, assommés encore par le chagrin. Lévi contemplait le carnet de cuir ouvert devant lui, les deux feuilles vierges offertes à lui. D’un doigt, il caressa le velours du vélin, avant de se mettre à écrire. « Aujourd’hui, j’ai porté mon épouse en terre. Dieu m’en soit témoin, elle a été une femme dont je ne peux que me louer, et m’a donné trois enfants à chérir. » Il relut les mots, esquissant une petite grimace. Avait-il besoin de l’écrire ? Il avait songé que ne rien écrire aurait été une insulte. Mais cela était assez. « Dans quelques jours, nous partirons en Valencia, afin de faire payer les traîtres à Elion qui ont amené la Peste jusqu’à nous. Mes hommes sont prêts, et nous rejoindrons Quéric et Almine sur la route de Delphes, avant de partir vers l’Est. J’ai lu que les connaissances des Valenciens en médecine dépassaient de loin les nôtres. Peut-être auraient-ils pu soigner le mal dont ont péri Mère et ma chère Adena ? J’entends bien en apprendre davantage. ». Il ressentit, comme à chaque fois, cette douleur aiguë dans sa poitrine : la morsure de l’impuissance. Il déposa sa plume, et se plongea dans un des livres qu’il avait apportés, dont le titre en lettres d’or, luisant doucement à la lueur des lampes : A l’Est : mystères et merveilles. L’auteur avait beau être un fat, il entendait bien extirper de son ramassis de fantaisies l’essentiel, la vérité qui pouvait s’y dissimuler.
  11. Quand les rumeurs se font faits, ça jacasse et ça bavasse. Des fervents d’Aal aux alchimistes, en passant par les amateurs de sciences occultes et d’artisanat rare, la nouvelle de la cérémonie qui se prépare pourrait sans doute en intéresser plus d’un. On les croyait morts, bien enterrés sous les dunes du désert ou dévorés par les manes, mais il semble que certains aient survécu et c’est sous l’égide de Tariff, leur fief de toujours, et d’Ahon Kirus qu’ils font de nouveau parler d’eux. D’aucuns ne s’en souviendront même pas, d’aucuns n’y prêteront pas attention mais d’autres pourraient bien y voir opportunités et intérêts ; et d’autres encore ne seront peut-être guidés que par la simple curiosité, ou le plaisir d’un soir de festivités oubliées. La nomination d’un Chef de Clan ça n’arrive pas tous les jours, chez les sorcières qui plus est, ces oiseaux étranges à la magie sombre et explosive, on les dit même capables de déplacer les objets par la pensée. Drôle de peuple que celui qui arpente les steppes arides de Mediah, quant à Tariff n’en parlons pas ! Procession, rituel ou cérémonie… Qu’en est-il réellement ? Même les anciens ne semblent s’en souvenir exactement. Les ans ont filés, comme le sable sous le vent, et leurs souvenirs en ont fait autant. Ils parlent d’ombres qui dansent, de lune absente et de fumées entêtantes. Tradition réelle ou pur folklore… Les sorcières et les autres ont le temps d'en débattre encore ! En RP Tous les personnages/Groupes originaires de Mediah et Valencia sont conviés de base En HRP Tout le monde sera le bienvenu, les gens ayant des personnages non affiliés aux régions de l'Est pourront venir s'ils entendent parler de l'événement, s'ils se sentent concernés, s'ils sont proches des participants. Si vous n'êtes dans aucun de ces cas là et que ça vous botte quand même, on aura besoin de figurants pour participer et s'amuser lors de cette soirée.
  12. Cérémonie à Tariff

    jusqu’à
    Quand les rumeurs se font faits, ça jacasse et ça bavasse. Des fervents d’Aal aux alchimistes, en passant par les amateurs de sciences occultes et d’artisanat rare, la nouvelle de la cérémonie qui se prépare pourrait sans doute en intéresser plus d’un. On les croyait morts, bien enterrés sous les dunes du désert ou dévorés par les manes, mais il semble que certains aient survécu et c’est sous l’égide de Tariff, leur fief de toujours, et d’Ahon Kirus qu’ils font de nouveau parler d’eux. D’aucuns ne s’en souviendront même pas, d’aucuns n’y prêteront pas attention mais d’autres pourraient bien y voir opportunités et intérêts ; et d’autres encore ne seront peut-être guidés que par la simple curiosité, ou le plaisir d’un soir de festivités oubliées. La nomination d’un Chef de Clan ça n’arrive pas tous les jours, chez les sorcières qui plus est, ces oiseaux étranges à la magie sombre et explosive, on les dit même capables de déplacer les objets par la pensée. Drôle de peuple que celui qui arpente les steppes arides de Mediah, quant à Tariff n’en parlons pas ! Procession, rituel ou cérémonie… Qu’en est-il réellement ? Même les anciens ne semblent s’en souvenir exactement. Les ans ont filés, comme le sable sous le vent, et leurs souvenirs en ont fait autant. Ils parlent d’ombres qui dansent, de lune absente et de fumées entêtantes. Tradition réelle ou pur folklore… Les sorcières et les autres ont le temps d'en débattre encore ! ****************************************** En HRP @Olympe @Souris @Nenitef @Selene Bathory @Falkynn @Shaardol @Vasmya @Ceresayaria @Coqueluce @Ikhlas @Kalythsu @Axolotl @Kotaru @Araya @AnnelsySerosa @Gloubi @Jolokia @Nagita @Ihria @Kinder @Ulkiell J’ai pris le parti de poker tous les joueurs que je pensais susceptibles d’être concernés par cette petite soirée, j’ai sans doute oublié des noms et sans doute que certains ne jouent plus, mais on verra, n’hésitez pas à faire passer l’info en RP aux PJ que ça pourrait concerner. Le but de cet event est assez simple, au travers d’une soirée axée sur le folklore Kelevra l’objectif est de faire ressortir des liens divers : politiques, commerciaux, sociaux… Bref de mettre en rapport des joueurs qui n’ont pas forcément l’occasion de se croiser mais qui gravitent autour des régions actuelles de l’Est. Certains d’entre nous se connaissent déjà, d’autres pas du tout, c’est l’occasion. Pour les intéressés du concept de base, du pourquoi et du comment : http://desertnoir.fr/forums/index.php?/topic/669-relations-connaissances-r%C3%A9putation-tariff-sorci%C3%A8res-clan-kelevra/ EN RP Selon votre région d’origine et/ou actuelle les infos que vous avez sont plus ou moins précises. De plus cela dépend aussi de l’activité de votre personnage, ses penchants pour l’occulte/les traditions/l’alchimie et son réseau social. Vous restez bien sûr seul juge de ce que vous décidez savoir ou non et des intérêts potentiels de votre personnage, les infos qui suivent ne sont que des pistes. Originaires et habitants de Tariff et ses environs Triangle entre la Forêt de Tungrad, le Ranch Queue-de-Pierre et la Vallée des Roches d’Alumn Vous connaissez les Kelevra et les Nezepha*, le rôle qu’ils avaient autrefois, les quelques représentants qui y vivent encore et toutes les rumeurs associées. Si vous êtes nouveau dans le coin vous aurez entendu la nouvelle de la cérémonie à venir. Vos intérêts sont vastes, très vastes, du simple respect dû à l’histoire aux liens commerciaux en passant par la connaissance ésotérique ou la foi et la présentation de vos voeux/présents à la Sadhvi. *Informations à venir Originaires de Mediah Tout le royaume de Mediah Vous connaissez probablement le nom, vous l’avez déjà entendu, il est intrinsèquement lié aux sorcières de Tariff, mais il avait l’air d’être tombé en désuétude, voire dans l’oubli général, depuis une bonne quinzaine d’années. Dans la mémoire collective il reste cependant nimbé d’une certaine aura. Vos intérêts peuvent être variés, de la simple curiosité d’en entendre de nouveau parler, voir de quoi il s’agit, à la saisie d’opportunités commerciales, de liens politiques entre Clans ou de rencontre entre servants d’Aal. Originaires de Valencia L’existence des Kelevra n’est connue et intéressante que dans certains cercles de lettrés. Ainsi cet évènement pourra trouver écho chez les astrologues, les prêtres, les alchimistes, les conciles de mages et magiciennes et les théoriciens en sciences occultes. Dans le désert même, les plus anciens peuvent se souvenir qu’il était dans les traditions de ce Clan d’effectuer des pèlerinages dans les sanctuaires, pour certaines occasions spécifiques. Au-delà des considérations géographiques, les PJ affiliés aux groupuscules suivants peuvent être intéressés par la nomination du nouveau chef de clan Kelevra : - Guilde du Corbeau (la Crow) - Guildes marchandes de Mediah et Valencia
  13. Un nouveau coup de pelle entamait la butte. Alessio grogna sous l'effort, alors qu'il soulevait l'outil pour déplacer le sable brun, rougeâtre, commun aux terres mediahnes. Il était là depuis une bonne vingtaine de minutes, sous le chaleur écrasante, les pieds dans la poussière. Il se redressa en se massant les côtes encore douloureuses des derniers événements, d'autant plus que les mouvements actuels, bien que simples, ne faisaient qu'accentuer la douleur. Et ça, c'était sans compter le soleil qui semblait avoir décidé d'être le plus vif possible au moment précis ou il avait décidé de sortir pour s'occuper du sable. Mais, en dépit de tout ça, il avait l'impression d'avoir besoin de le faire. Pour lui, mais surtout pour elle. Enfin... Encore faut t-il qu'elle soit capable de le comprendre. Après le coup de la lampe, il était sûr de rien. Dans toute la liste des choses qu'il pensait devoir faire, beaucoup de choses tournaient autour de Sadie, en ce moment. Probablement un peu trop au goût de ses proches amis, comme pouvait le sous-entendre la lettre de Valerya, bien incisive, bien que le ton était un peu haut, elle était pas loin de la vérité. Elle était jamais très loin de la vérité, de toute façon. Enfin, il serait jamais assez bête pour lui dire. Il esquissa un bref sourire, à l'idée du retour prochain. Mais pour l'instant, il était à Tarif, dans un milieu relativement inhospitalier pour le ronchon Calphéonien qu'il est. Les pieds dans le sable. Sable qu'il déteste, qu'il plus est. Qu'est-ce qu'il lui avait pris d'avoir cette idée... Encore une connerie qu'il était prêt à faire pour elle. Après avoir redressé la pelle, il dévia le regard vers la ville, floutée par les ondulations de chaleur. Il distinguait difficilement la maison de Siari, d'où il était. Il leva une main, écarta la sueur qui s'accumulait sur son front d'un revers du poignet. Après un bref soupir. Il s'éventa brièvement et se décida à reprendre son travail, aussi rébarbatif soit t-il, adéquat pour laisser libre court à ses pensées. Entre deux grognements poussifs, à cause de la douleur. ~~ Ils étaient arrivés il y a une bonne semaine, un peu plus. Après deux jours de trajet. Au départ, l'idée de base, c'était d'amener Llianne jusqu'à Tarif afin qu'elle soit prise en charge. Il tenait absolument à ce qu'elle ne sombre plus dans la démence qui s'était abattue sur elle depuis quelques temps et d'après le contrat, les Kelevra semblaient être la solution. Il ne s'étonna, à ce moment, qu'à peine de tous ces événements communs qui se précipitaient dans le même sens, dont le sens lui échappait encore. A lui, comme à d'autres. Mais à cet instant, seule Sadie semblait être capable d'apaiser les mots de la jeune elfe. Il avait d'ailleurs remarqué un changement dans l'attitude de la sorcière, au rythme où elle approchait de Tarif. Plus rayonnante, plus enjouée. Et pour autant, s'il avait été ravi de l'effet le désert sur sa façon d'être, il redoutait l'effet que pourra avoir le retour aux pierres froides de Calphéon. Un peu après leur arrivée, c'était la cohue. Du monde était là pour les accueillir. Deux Kelevra, des sorcières du clan Brujo et Falkynn aussi, la voisine de Sadie. Il l'avait déjà rencontré à Keplan, lorsqu'il avait accompagné Sadie pour aller chercher Galathea. Et cela, c'était sans compter les esprits noirs qui se baladaient ci-et-là, dont la présence lui glaçait littéralement le sang. Peu habitué à la magie, d'autant plus habitué à la combattre, arme au poing. Il savait comment gérer les choses lorsqu'il avait affaire à un mage en colère ou à une sorcière occulte, peu les choses où il y avait été confronté. Par contre, il n'avait aucune idée de la façon dont il pouvait gérer une interaction pacifique. Du monde, mais pas Eleazar qui devait vraisemblablement être déjà présent mais qui n'est jamais arrivé. Et c'est en recevant un petit colis, dans lequel deux doigts du mage avait été gentiment disposés à l'intention de Sadie, qu'ils purent déduire ou il était. Le Monastère d'Elric. Un haut-lieu de rassemblement de cultistes, des plus tarés, qui plus est, ceux qui n'hésitent pas à fourvoyer leurs âmes pour un peu de magie, quitte à en devenir chèvre. S'il était encore possible que le grand gaillard n'ait pas encore pris conscience de toute la dangerosité de leur entreprise, c'était chose faite. Alessio allait enfin pouvoir mettre son armure, pour un vrai combat, un vrai combat depuis longtemps. Il n'était pas vraiment question de chasser un petit bandit, de péter les genoux d'une mauvais payeur ou de sécuriser le trajet d'une caravane marchande. Non, ce genre de boulot, il l'a toujours pris avec dérision. Parce que c'était toujours à des lieux de l'enfer qu'il avait pu vivre auparavant, en période de guerre. Et là, il allait y retourner, pour casser du cultiste par paquet de douze mais probablement pour risquer sa vie. Gratuitement. Ce dernier point était important. Ils avaient été rejoint par deux Valkyries. L'amie d'enfance de Sadie, Mellisore, ainsi qu'Elendryn, qui jusqu'à présent n'avait été que l'employeuse de sa voisine de palier. Elles aussi étaient prêts à risquer leurs vies pour Eleazar, pour le bien-être de Sadie et des Kelevra en général. Il n'en avait pas parlé, un peu avant l'attaque, mais il avait une certaine appréhension à l'idée de combattre avec des personnes qu'il ne connaissait pas. Stratégiquement, il avait joué ça comme étant une erreur. Lui, il n'avait jamais combattu avec des Valkyries. Il ignorait tout de leurs méthodes de combat. Et s'il avait déjà combattu et même affronté des sorcières, il n'avait encore là qu'une vague idée de comment s'y prendre avec elles. Du coup, c'est avec une heureuse surprise qu'il avait vu débarquer le rouge chatoyant du manteau de Bélier, toujours l'air véloce et tonitruant, suivi de près par Sergio et son air un peu niais. Puis, la jeune Sawyier. Une partie des larrons de foire qui lui servait d'amis, passés à Tarif à l'occasion d'un contrat. Il ne tarda pas à les embrigader. Il savait combattre avec eux, tout ses doutes, ses appréhensions, s'envolèrent. Néanmoins... tout ne s'était pas passé comme prévu ~~ Vingt nouvelles minutes. Le soleil avait décidément choisi ce jour pour s'abattre cruellement sur lui. Il se redressa dans un long grognement. Il s'effondra un peu mollement sur la butte. Il avait chaud. Et surtout, il avait soif. Il avait oublié de prendre une gourde, loin de s'attendre à une telle aridité. Mais il était hors de question de tout mettre en plat pour revenir au petit village de sorcières. En plus de ça, ses côtes commençaient lourdement à le faire souffrir, il sentait que ses poumons avaient du mal à suivre, à cause de l'effort, de la chaleur. Enfin, c'était peut-être également à cause du choc qu'il avait subi, frôlant la mort de quelques millimètres. Il secoua doucement la tête, attrapa à nouveau la pelle pour s'y remettre. ~~ La bataille avait été féroce. Falkynn avait mené l'assaut à la perfection, une qualité qu'il ne lui aurait pas soupçonné. Il n'avait pas bien suivi ce qu'elle avait fait, mais elle s'était assurée à ce que la citadelle soit vidée de ses occupants, au moment où l'attaque allait avoir lieu pour récupérer Eleazar. Une aubaine, vu le petit groupe déglingué qu'ils étaient. Et c'était bel et bien le cas de le dire. Des valkyries, des sorcières et des voyous reconvertis combattant côte à côte, chacun pour des raisons qui lui étaient propres, mais agissant de concert. Cette petite assemblée improbable aurait pu être aisément prendre place dans de grandes fables, si tant qu'un barde soit là pour conter leurs aventures. Par contre, Alessio était incapable de se souvenir de la fin. Il savait qu'ils avaient récupérés le mage et un chevalier, mais ce qu'il avait de plus précis, c'était l'impression d'être traîner derrière son cheval et le bruit grinçant du métal sur les cailloux de la route. On lui a dit qu'il avait failli y passer, que son armure avait été enfoncée et qu'il avait failli y passer, étouffé dans ce qui était sensé le maintenir en vue. Enfin, d'une certaine perspective, cela l'avait bel et bien maintenu en vie, des coups, des agressions des cultistes encore présents dans la citadelle, mais jusqu'à un certain point. Sadie avait dû exploser ce qui retenait son armure afin de l'éjecter et qu'il puisse respirer. Il était en vie, mais avec une armure en morceau et un certain Valencien qui allait probablement lui défoncer la tête en revenant, en l'apprenant. Il s'est passé un long moment, après la bataille. Toute la petite compagnie est revenue, en vie, mais fatigués et blessés pour la grande majorité. Les jours se sont écoulés lentement, alors que tout le monde se rétablissait. Les sorcières eurent leurs discussions à propos de la magie, à propos des cultistes, des choses auxquels le guerrier n’entravait rien pour une majeure partie du temps. Ils avaient trouvés une façon de préserver Llianne, après un temps. Un espèce de collier qu'elle devait porter, au même titre que Galathea et Sadie. Il espérait seulement que ça suffise. Et il profitait de chaque moment qu'il pouvait avoir seul avec Sadie, que ce soit durant les matinées moites, aux accents tendres et affectueux, qu'aux journées près des alambics, à théoriser sur les problèmes qu'ils avaient rencontrés, alors qu'il s'improvisait en apprenti érudit pour qu'elle lui explique des théories sur la magie, mais plus que tout, il gravait chacun de ses sourires, qui se faisaient bien trop rares à Calphéon. Il la voyait, réjouie dans son laboratoire, et s'il était content pour elle... Cette perspective l'effrayait. Il l'était parce qu'il se rendait compte qu'elle avait une place ici, loin de lui, qu'elle pouvait aspirer à une vie heureuse parmi les siens, alors que lui, tout ce qu'il pouvait bien être était à Calphéon. Et c'était sans compter l'intervention d'Eleazar qui, en l'espace d'une discussion, bien qu'anodine, lui rappela encore une fois quelle était sa place dans le monde et celle de Sadie. Bien qu'il eu l'air d'approuver la relation qu'ils entretenaient, Alessio n'en restait pas moins perplexe et circonspect du double sens des paroles du vieux mage. Pas loin de se persuader qu'il acceptait seulement l'idée que Sadie ai un tas de muscles près d'elle en cas de problèmes, en lieu et place d'un amant sincère. C'est là qu'il a eu l'idée. Ce qui l'a amené ici, à crever de chaud, courbaturé et assoiffé. ~~ Il renversa une dernière fois le sable de la pelle, souffla longuement, longuement... et se pencha pour récupérer la caisse pleine de sable rougeâtre, pour la cacher immédiatement dans le chariot. Il avait besoin d'une bonne bière, si ce n'est douze.
  14. Le bruit régulier du pilon qui venait frapper le fond du bol de bois l’avait passablement hypnotisée, elle était ailleurs, perdue dans sa propre tête. Les dernières semaines défilaient dans ses pensées, tout ce qu’il s’était passé lui donnait le tournis. Il n’y avait eu aucune vraie catastrophe, aucune calamité, juste une succession interminable de petites choses qui, accumulées, provoquaient chez elle un vertige malsain. Sadie ricana sous ses propres pensées, ‘pas de vraie catastrophe’ ? Ils avaient attaqué de front la place forte des adorateurs d’Elric. Refuge d’Illezra selon certains habitants de Tariff. Elle donna un coup un peu plus sec sur l’éclat désormais en poudre au fond du bol. Au moins ils en étaient tous sortis vivants. Certains plus difficilement que d’autres. Elle grimaça tandis que les images d’Alessio et d’Elendryn lui revenaient en pleine face. Quelque chose lui disait que les deux en avaient quasiment réchappé d’un cheveu. Sans qu’elle ne puisse réellement l’empêcher, ses yeux restaient rivés sur le contenu du bol. D’un geste machinal elle porta sa main à son ventre là où Falkynn avait retiré l’éclat. Si ce n’était pour les courbatures, les hématomes et la réminiscence de douleur, elle n’avait plus vraiment mal. Sa blessure était refermée, la peau cicatrisée, Mellisore y avait veillé. Elle ne sentait rien de particulier, pas de fatigue, pas de baisse d’énergie, pas de symptômes… Et étrangement ça ne faisait que l’inquiéter davantage. L’éclat s’était révélé étrange dès le début. Il avait la consistance de la pierre noire mais taillé telle une pointe d’acier il n’avait pas eu de mal à pénétrer sa chair. De multiples petits bouts étaient restés incrustés dans sa peau, ils étaient ressortis sous les soins de la Valkyrie et elle n’en sentait aucune trace en elle. Mais aucune énergie ne semblait en émaner, rien, pas la moindre once, pas la moindre vibration. Ce qui n’avait aucun sens quand on connaissait un peu ce matériau et qu’on l’utilisait régulièrement. Il semblait totalement vidé de son essence. Pourquoi faire ? Et surtout pourquoi en faire une arme ? C’était fragile, friable, sans intérêt. Elle avait prévu de faire de nombreux test, elle finirait forcément pas trouver quelque chose. Elle n’avait cependant pas beaucoup de temps. Un coup d’œil aux fenêtres lui appris que la nuit était toujours là. Elle avait laissé Alessio dormir, Elendryn aussi, il fallait qu’ils récupèrent tous les deux. Quant à elle, fermer les yeux était probablement la pire chose qui pouvait lui arriver en ce moment. Toute cette agitation… Tous ces déboires. Sadie se concentra un instant, refoulant la vague qui la gagnait petit à petit. Ca n’était ni le moment ni l’endroit. La sorcière soupira. Il allait pourtant falloir qu’elle s’occupe de ça aussi. Sinon elle se révélerait bien vite un poids plus qu’autre chose, et ça ne serait qu’une nouvelle épine à ajouter à la couronne d’emmerdes qui lui cerclait la tête depuis un moment. Les souvenirs de la veille lui revenaient en tête. Le moment passé avec le mercenaire la fit sourire malgré elle, mais ça ne dura qu’un bref instant tandis que le visage de l’Elfe se frayait un chemin dans ses pensées. Llianne. Elle commençait à peine à toucher du doigt ce qu’avait réellement fait Siari, elle avait préféré ne rien dire, à personne. Elle ruminait, seule, sur les conséquences et ce qu’elle pouvait faire, elle n’était pas certaine de pouvoir y arriver. Les conséquences, les répercussions… Tout ceci lui donnait la nausée. L’image de Galathea se superposa à celle de l’Elfe et elle réprima une longue plainte. La sorcière chancela un instant, tandis que l’entièreté de la situation lui apparaissait. « Ce nombre est non seulement la norme des lois naturelles, mais encore le lieu logique, la clé commune de tous enseignements philosophiques, religieux, occultes… » Sa voix n’avait été qu’un murmure, un écho du passé, elle aurait d’ailleurs juré que c’était Siari qui parlait. Le passé, le présent, le futur. La série. L’ordre et la graduation. Elle tomba lourdement sur une chaise tandis que les heures d’études avec sa mère lui revenait. Tandis qu’elle l’entendait, comme un spectre sur son épaule, lui expliquer ses propres conclusions, véritable achèvement d’une vie d’études, de recherches et d’expérimentations. Son bras la fit souffrir soudainement, la brûlure bien connue la prenant d’un seul coup. Elle porta son regard sur les deux talismans qu’elle avait préparé plus tôt. Dissolution, coagulation, cristallisation. La Force, l’esprit et l’essence. Qui était quoi ? Il fallait qu’elle sorte d’ici. Qu’elle se déchaîne.
  15. Ses yeux restaient invariablement rivés aux lattes de bois qui s’étendaient partout au-dessus d’elle, formant ce plafond autrefois ignoré et qui, maintenant, semblait plus intéressant que tout ce qui se passait autour. Quoiqu’au final, il ne se passât rien autour. Le silence presque complet, juste perturbé par la respiration d’Alessio à côté d’elle, quelques gardes patrouillant dans la rue ou de rares cris d’animaux, perçants depuis les reliefs alentours. Akkaba avait eu beau lui dire que tout, absolument tout, avait été conservé en l’état, tout voir de ses propres yeux avait été un vrai choc. Il lui avait semblé, sur le coup, que les vingt-six dernières années n’avaient pas existé, un rêve –ou un cauchemar- un peu trop long et un peu trop réel. Mais un rêve tout de même. En pénétrant dans la maison elle s’était revue gamine, entrant comme une furie, sale et remuante, avant de se figer dans l’entrée, de lisser ses vêtements et de remettre ses cheveux en place avant de s’avancer, plus calme et l’air sérieux. Elle avait revu le regard sévère de Siari se poser sur elle, inéluctablement, dans ces moments où elle avait l’audace de faire un peu trop de bruit, avant de retourner à ses affaires, quelles qu’elles furent. Elle serait probablement restée plantée là, au milieu de la pièce, si le mercenaire ne l’avait pas entraînée avec lui pour découvrir, redécouvrir cette maison qui était la sienne désormais. L’esprit en branle mais la langue clouée elle n’avait pu réellement dire quoi que ce soit, l’impression d’étrangeté, de ne pas être à sa place, l’avait rendue coite. Le summum du déroutant avait finalement été de revoir la chambre de sa mère, son lit, ses meubles, elle n’avait pas ouvert l’armoire mais supposait que ses affaires y étaient encore. Sadie s’était vraiment, véritablement, attendue à la voir là, couchée, bien vivante sur son lit. Et ça l’avait terriblement angoissée. Pour le coup elle avait senti le poids de toutes ces années à vivre en vase clos avec elle, à la subir elle et ses dérives. La maison l’avait mise mal à l’aise. Les Brujo l’avaient mise mal à l’aise. Même Naïra, concentrée sur Galathea, l’avait mise mal à l’aise. Elle avait alors ressenti un manque profond pour Calpheon, ses chiens, Nylie, sa maison -petite et mal entretenue, ses ruelles, ses taudis. Elle avait eu besoin d’air et la mention de l’échoppe par Akkaba lui avait redonné un vrai coup de fouet. Et c’est exactement ce que cette visite avait été, un coup de fouet. La maison était belle, vaste, coquette. La maison était Siari. L’échoppe elle, était utile, concrète et surtout précieuse. Tout s’y trouvait. Les établis, les livres, les recettes, les études, les réactifs… Ca l’avait ravivée, rappelée sur terre et remise dans ses basques. La maison n’était qu’une maison. Qui lui rappelait, certes, qu’elle avait connu des temps choyés et opulents, mais ça n’était qu’un endroit où elle pouvait dormir. L’échoppe, le laboratoire, c’était autre chose. Un moyen de faire autre chose. De comprendre aussi ce qu’avait fait sa mère, d’aider Galathea, Llianne aussi et elle-même par la même occasion. Un mouvement à côté d’elle la tira de ses pensées, Alessio bougea un petit moment, s’agita. Les cauchemars avaient-ils totalement cessés ? Elle n’aurait aucune réponse, ne poserait même pas la question. La sorcière n’était même pas sûre de savoir ce qu’il avait bien pu voir pour le mettre dans un état pareil. Elle lâcha un long soupir. Son corps avait beau être fourbu, son esprit ne la laissait pas tranquille. Elle devait être en forme pour le lendemain, guider Galathea dans les méandres allait probablement la mettre à plat. Elle s’étira de tout son long, l’odeur de lavande lui chatouillait les narines, faisant remonter quelques souvenirs, doux et tendres, elle en avait peu. Ses yeux papillonnèrent un instant tandis qu’elle songeait au lendemain, à Calpheon, à l’alchimie… Aux possibles.
  16. Il y a deux jours la cité remuante d'Heidel aura vu arriver à ses portes, le soir, un cortège relativement discret, si ce n'était par sa cargaison. Accompagné de deux cavalières, campées sur des montures fines et racées, un chariot est venu s'arrêter directement devant la bâtisse de la famille Caerllian. Les plus anciens habitants de la cité n'auront probablement pas manqué ce détail. Après avoir palabré avec la femme farfelue et excentrique qui garde la propriété, l'homme, conducteur du chariot, et les deux femmes auront sorti de celui-ci une Elfe, sur une civière, inconsciente et l'auront portée jusque dans la dépendance attenante au manoir. Les lève-tôt les auront probablement vu repartir aux aurores, pressés, en direction de l'Est.
  17. Rôle : Débiteur Allégeance : Siari et descendants Liberté de personnage : 90% Liberté de BG : 70% Description Votre famille est originaire de Mediah, pas forcément Tariff mais sa région, le mieux serait une des fermes avoisinantes. Dans la passé votre famille a fait appel à Siari pour une affaire concernant de l’alchimie de haut vol. La somme demandée n’était pas loin d’être dantesque et votre famille a conclu un pacte pour payer sa dette. Ce pacte est toujours en vigueur et s’est transmis aux enfants (vous ?). Eléments à définir ensemble Nature de l’affaire Nature du pacte Personnage préconisé : @Kalythsu
  18. Du bout de son bâton elle traçait sur les murs une ligne invisible, faisant craquer le bois contre la pierre et provoquant, elle y comptait bien, un bruit désagréable dans les maisons. Maisons qui n’en avaient que le nom de son point de vue. Quatre murs et un toit complètement branlants, sales et puants. Prise d’une bouffée de colère elle lança le bâton de toutes ses forces devant elle, faisant fuir quelques rats embusqués non loin. Elle s’arrêta, se campa sur ses deux pieds et laissa sortir de sa gorge un long grondement rageur. Sa plainte ne s’arrêta que lorsqu’elle fut à bout de souffle. Les joues rouges et le souffle court elle regarda autour d’elle, histoire d’être sûre que personne ne rapporterait ça à sa mère. Un pauvre poivrot était effondré dans un recoin, il avait à peine ouvert les yeux en l’entendre rugir. Excédée, Sadie ramassa une pierre et lui lança dessus avant de partir en courant. Elle haïssait cette ville. Le bruit, les odeurs, les gens, le temps… Tout lui rappelait chaque jour d’où elle venait et ce qu’elle n’avait plus. Très tot elle s’était enquit auprès de sa mère de leur date de retour à Tariff. Si Siari avait éludé la question au début, l’insistance quasi frénétique de sa fille l’avait très vite mise hors d’elle et la sentence était tombée : elles ne rentreraient pas. Jamais. Le monde de Sadie s’était effondré. Même Naïs, douce, gentille Naïs n’avait pas réussi à la consoler. Elle avait passé plusieurs semaines transie de désespoir dans un coin de cette bicoque répugnante et pleine à craquer de tout ce que sa mère avait emmené. Son malaise était si grand qu’elle en avait tenu tête à sa mère, et malgré les cris et les coups elle avait refusé tout nouvel exercice, toute magie, toute étude. Ce statut quo dura deux mois. Mais hier soir quelque chose avait changé. La nuit avait été terrible, orageuse et cinglante. Mais aussi créatrice. L’enfant de Naïs était né, elle le savait elle l’avait entendu hurler. Mais au petit matin, du bébé… Il n’y avait point de trace. Naïs lui semblait tout aussi vidée qu'une outre qu'on aurait pétri et malmenée pour en retirer jusqu'à la dernière goutte d'eau, quant à sa mère... Envolée. Puisse-t-elle rester où elle était.
  19. Sous ce titre très vendeur je cherche quelqu’un qui aurait une position relativement importante dans la campagne que je vais mener pour mes joueurs. Le principe est assez simple, il s’agit d’un homme qui a été engagé en 260 pour veiller sur une enfant qui vivait à Keplan. Il s’agissait d’une surveillance de base = s’assurer que l’enfant reste en vie et qu’il ne lui arrive rien de grave. Aucun lien n’était nécessaire avec la gamine. Cette surveillance a duré jusqu’en 275 quand, brusquement, les paiements se sont arrêtés. L’homme a pu alors s’en aller, délaissant une petite vie oisive mais ennuyeuse. Il a vécu ces 15 années « sous couverture » en prétendant être un alchimiste sans prétention ni talent réel. Voilà voilà ! Si vous êtes intéressé merci de me MP
  20. Début d’automne 282, la chaleur étouffante de l’été laissait peu à peu place à une fraîcheur bienvenue et salvatrice. Les récoltes se terminaient et l’ambiance survoltée se tassait petit à petit, laissant à chacun le loisir d’apprécier à son guise le lent assoupissement de la fin d’année. Les rues du marché étaient calmes et fraîches, un vrai soulagement pour celle qui était calée contre ce mur depuis des heures, où bien était-ce le mur qui était calé contre elle ? Elle ne savait plus très bien. Mais l’attente ne gênait pas Sadie, elle avait l’habitude, une grande partie de sa vie se résumait à attendre. Cachée dans un recoin elle n’attirait que peu l’attention et avait une vue parfaite sur la lourde porte en bois en face d’elle. Elle ne faisait pas le pied de grue par pur plaisir ceci dit, elle savait bien qu’une certaine valkyrie finirait par passer dans le coin, en quelques mois elle avait pu apprendre quelques trucs sur ses habitudes. Ca n’était qu’une petite question de temps. Elle bailla et s’enfonça un peu plus dans son coin, ses yeux papillonnèrent et se fermèrent à demi, malgré tout elle restait aux aguets.
  21. Le chariot avançait lentement, les secouant dans tous les sens sans leur laisser le moindre répit. Si au début la fillette avait trouvé ça amusant, elle sentait maintenant la douleur et la fatigue l’étreindre jusqu’aux os. Leur périple branlant en était à son sixième jour et, si elle n’en pouvait plus, elle était suffisamment vive pour comprendre qu’elle était la mieux lotie. Emmitouflée sous plusieurs couches de tissus et de peaux, elle ne ressentait pas le froid mordant qui pesait et sifflait autour d’elles depuis qu’elles avaient passé les frontières de Mediah. L’enfant leva des yeux reconnaissants sur sa mère et compatissants sur sa tante. Cette dernière, dont le ventre semblait à Sadie qu’il allait exploser, avait le visage mordu par le froid, des cernes si noirs sous les yeux qu’on eut cru qu’elle avait été frappée, quand à ses mains… Sadie ne pouvait s’empêcher de les regarder. Si frêles, si pâles… On y distinguait un mappage de veines et de petits vaisseaux, si bien qu’elles avaient l’air plus bleues que blanches. Naïs, malgré le regard inquisiteur de la fillette, ne pouvait s’empêcher de trembler aussi lui envoya-t-elle simplement un petit sourire misérable. Siari avait dit à sa fille que c’était sa tante, venue du désert, et qu’elles devaient l’emmener dans une grande ville car elle était malade. Sadie n’en avait pas cru un mot. Sa mère n’aurait jamais quitté la richesse et la mollesse de sa maisonnée pour emmener quelqu’un aussi loin, dans un endroit aussi froid. Mais elle n’avait rien dit. Pourquoi faire après tout ? Ca n’aurait rien changé.
  22. La pierre rude et froide sous ses tibias lui faisait mal, irritant sa peau et faisant pression sur ses os. Elle gigota, encore, tentant de prendre une position confortable. Mais était-ce encore possible après deux heures de ce manège accablant et féroce ? La fillette ne savait pas ce qu’elle devait faire, elle n’y arrivait pas. Son esprit se perdait entre sa douleur, sa fatigue, l’ire de sa mère et les représailles qui ne tarderaient pas à tomber. Elle n’y arrivait juste pas. Un sanglot lui échappa sans qu’elle ne puisse rien faire pour le retenir, instinctivement elle rentra la tête dans ses épaules, appréhendant la sanction qui arrivait à chacune de ses plaintes. « Arrête de pleurer ! Ca n’est pas si dur ! » Mais si ! C’était tellement dur ! Les larmes lui montèrent aux yeux et elle ne plus pu retenir ce torrent qui couvait depuis si longtemps, ce temps qui lui semblait une éternité, une injustice profonde ! La fillette pleurait sans plus pouvoir s’arrêter, sa gorge vrillait sous les plaintes, ses joues s’inondaient sous les larmes et tout son corps relâchait enfin la pression qui s’accumulait depuis le début de cet exercice. Elle chancela et tomba sur le flanc, se laissant aller dans toute la mollesse de son jeune âge. La femme à ses côtés, austère mais si belle, si chérie dans son âme d’enfant, la regarda sans réagir de longues secondes. Puis enfin, vint ce geste salutaire, si attendu, si espéré. Elle posa sur sa tête une main chaude et caressante, passant ses longs doigts fins dans ses cheveux. Siari se pencha sur sa fille, exténuée par l’effort et l’accablement, et murmura quelques mots tendres à son oreille. Des mots si rares qu’ils calmèrent instantanément l’enfant. Celle-ci se redressa, leva sur sa mère un visage plein de larmes et de morve. Elle s’essuya les yeux et les joues à l’aide de sa manche et se remit en position : agenouillée, suppliante et repentante. Sadie murmura, rassérénée mais vaincue, « Je vais y arriver Maman… » Et l’étincelle sombre naquit au creux de ses mains.
  23. Elle jouait à faire du « sable doux » comme le lui avait montré Meline. En tout cas essayait-elle car du haut de ses 20 mois elle manquait encore cruellement de force et de coordination. Mais n’était-ce pas normal pour une enfant de cet âge ? Tout le monde ne semblait pas le penser… Mais elle ne s’en apercevait pas, là tranquillement installée à l’ombre d’un acacia dense et fourni, elle entendait juste les voix, les sons, les éclats. Mais elle ne comprenait pas. Seul comptait le sable tiède entre ses doigts boudinés par son jeune âge. Elle ne comprenait pas la fureur et le quasi désespoir dont elle était le point central, toutes ces émotions contraires qui se mêlaient au cœur de sa mère, la faisait se détester autant qu’elle détestait sa fille. Toute cette rancœur, crachée comme une bile acide… Mais le sable était doux entre ses doigts, grumeleux dans sa bouche, agaçant dans ses yeux. Un éclat plus haut que les autres la fit sursauter et elle se retourna, chancela, se redressa. Sa bouille enfantine était salie par la poussière mais gardait cette clarté propre aux innocents. Elle émit quelques gazouillis entrecoupés de bouts de phrases « Ari ?... Ari ? » « C’est Siari ! » La phrase fusa comme l’éclair, prompte, violente et agressive. Le visage de l’enfant se figea sous la stupeur mais elle ne pipa pas, ses grands yeux restèrent rivés sur sa mère qui la toisait dans l’embrasure de la porte. Elle ne comprenait pas. Puis une autre voix, plus basse et plus tendre se fit entendre, l’enfant réagit instinctivement en souriant. « Mais elle n’a même pas deux ans, laisse la. » La discussion, houleuse, reprit, mêlée à la fois d’éclats et de supplications. La mère contre le père, la rage contre l’apaisement, la folie contre le bon sens. Elle n’y comprenait rien, le sable était plus intéressant. Derrière elle la tempête semblait à son paroxysme. « Mais elle ne sait rien faire ! Même pas une étincelle ! » « Tu es folle Siari ! Ta fille est trop jeune ! » « C’est une Kelevra ! Tu n’y connais rien ! » La phrase tomba comme une sentence, un couperet à la lame si acérée qu'aucune peau, même la plus dure, n'aurait pu y résister. Ainsi devait s’écrire toute sa vie. Mais elle ne comprenait pas. Oh, un oiseau ! Sadie sourit.