Minho

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Profile Song

À propos de Minho

  • Rang
    Non-binaire
  • Date de naissance 27 novembre

Informations RP

  • Personnage principal
    Aeluin
  • Personnage secondaire
    Corentin Duval, Sofian Al Sohrab, Minho, Haku S.

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  1. Mise à jour fiche de Corentin comme suit : Mise à jour de la fiche de Wander effectuée manuellement.
  2. Aeluin Wander Gotha ÉRUDITION ET SCIENCES Médecin Chirurgien, Diplomate Di Oscuro Contea, Créature ambivalente. Art du combat : + 0 (+5xp) +1 Art du combat a distance : - 2 Art de l'effraction : - 1 Art de la duperie : + 0 Art de la psychologie : + 1 Art de la discrétion : + 0 Art de la persuasion : + 1 Art de l'observation : + 2 Art de l'obstination : + 0 Richesse : Riche Statu social : Noble par procuration Tolérance : Violence sans limites Intégrité physique : Non Points d'XP gagnés : 5 Points d'XP dépensés : 5
  3. Chapitre XVIII : "Crépuscule". Quelques échos suaves lui bourdonnaient près de la tempe. La voix grave et impérieuse de Raffaelle résonnait encore en lui comme au cœur d'un grand hall vide. Elle frappait d'un bout à l'autre ses entrailles et les ébranlait d'une vibration puissante. Contre les cordes tendues de son instrument, l'archet produisait un frémissement similaire, grave et meurtri, lancinant et suzerain. Il pouvait percevoir encore distinctement, à travers chaque note, chaque soupir exhalé par le cor de bois sombre du violon, les mots de son unique repère. " Ne m'abandonne pas, Aeluin, toi seul partage mes tourments..." Il pouvait encore sentir la peau gelée de son Maître s'agripper à lui fébrilement, et les tentaculaires bras du monde abyssal dégobillé par le miroir l'arracher à son étreinte dans un sinistre gargouillement. Cette vision hantait chacune de ses nuits, chaque instant de répit, chaque silence, étaient ponctués en secret de cette complainte humide et glaciale, et de ce corps si faiblard ravalé par son propre reflet. L'horreur de cette déchirure avait laissé en lui une faille si profonde et douloureuse qu'il lui sembla impossible de la combler. Il ne s'était jamais senti aussi étourdi que le jour où sa liberté lui avait été rendue malgré-lui. Mais il savait que ce n'était qu'une illusion, une chimère, à son image, rapiécée de morceaux indéfinissables de remords, de manquements et d'amertume. De l'autre côté de la fenêtre, le soleil descendait peu à peu derrière les toitures courbées du village et semblait s'y étaler comme la cire d'une bougie, clairsemant la ruelle d'une aura vermillon propre à ces crépuscules hivernaux. Cette lumière, pas tout à fait sûre d'elle, ni tout à fait chatoyante, baignait dans un concert funeste de notes arrachées aux mains d'une créature accablée. Sur les marches au pied de la masure, Wander pouvait observer encore s'étendre comme des spectres quelques coroles de fumée aux reflets nacrés. Elles s’élevaient au hasard de chaque expiration, portées par le souffle chaud du basané qui se tenait là, songeur, pipe à la main, alors que la nuit posait peu à peu son linceul sur ses épaules robustes. Le musicien l'observait depuis l'intérieur, entre deux rideaux épais entrouverts à peine, œilleton chétif et prudent sur le monde. L'écho torturé déployé par l'archet entre ses mains frappait la façade et semblait faire grincer jusqu'aux planches de bois usées de la terrasse sous l'appentis. Les deux chiens s'observaient en silence, à travers ce miroir translucide, sans un mot. Tous deux laissés pour compte par leurs Maîtres respectifs, tous deux meurtris d'une solitude intarissable. Ils n'avaient pas besoin d'échanger plus que cette œillade paisible, sous un crépuscule diaphane, pour savoir qu'ils finiraient ensembles d'une façon ou d'une autre, ce qu'ils avaient commencé tous les deux, quoi que cela puisse être. Il pouvait encore sentir la moiteur de son sang poisseux sous ses phalanges, percevoir contre l'orée effilée de son menton le souffle haletant et empressé de son Créateur acculé. Il pouvait encore entendre les battements irréguliers de son cœur défraichi et menacé, il pouvait encore le sentir tressaillir faiblement contre son buste alors qu'il l’étreignait vigoureusement contre lui. Ce soir-là, il avait laissé échapper en dépit la source intarissable de son tourment, et l'avait vue s'éloigner, impuissant, hors de sa portée. Raffaelle lui avait filé entre les doigts et n'avait laissé derrière lui que l'écho morne de son dernier ordre, de cette ultime supplique. Si mornes, si puissants, si intenses pourtant, si proches de la fin, ces mots, les derniers qu'il avait choisi de prononcer. Ils avaient roulé d'entre ses lèvres charnues comme un cri de désespoir si puissant qu'il resta à jamais gravé à même l'âme souillée de la Créature. D'un geste lancinant, son coude s'élevait d'un côté puis de l'autre, berçant le regard céruléen de Keharqta d'une mélopée funeste et passionnée, comme on étourdi l'esprit et l'on ensorcelle pour mieux compromettre ensuite. Il n'avait pas la moindre idée de ce qui l'attendait... Ou semblait prêt à s'y exposer sans demi-mesure. Était-ce de l'inconscience, ou de l'audace ? Jusqu'où serait-il prêt à suivre les pas de la chimère ? A quel point s'enfoncerait-il avec lui dans les ténèbres ? Sa curiosité si vive suffirait-elle à l'entrainer un peu plus chaque jour vers sa fin inéluctable ? Wander pouvait lire à travers chaque sourire mesquin du Medhien, il pouvait déchiffrer chaque éclat de rire, chaque plissement de son front hâlé, pourtant la raison de cet entêtement si destructeur lui échappait, en fin de compte, complètement. Et s'il n'en comprenait pas la raison, il savait, un peu plus chaque jour, qu'il avait fait le bon choix. Il savait qu'il finirait par obtenir de ce molosse indiscipliné et fougueux sa Rédemption, et il savait que le chien de basane s'y laisserait mener de bon gré par le bout de la truffe, par goût du risque, ou par ivresse impertinente du danger. Après tout, c'était inscrit en lui, et il ne pouvait faire que suivre le chemin tracé odieusement par le Cygne à son intention... Coûte. que. coûte. " À jamais, unis dans les ténèbres, Maître."
  4. Chapitre XVII : "Aurore". Contre sa tempe, il sentait onduler faiblement la surface chaude et fumante de l'eau du bassin. Son corps entier flottait là, inerte et paisible, au milieu des sources de Duvencrune. La nuit était tombée depuis longtemps déjà et la ville endormie retrouvait son état de bourg silencieux et paisible. À travers les façades et les pointes affûtées des montagnes, le vent sifflait, puissant et vigoureux, et la nature reprenait ses droits peu à peu sur la nuit. Il n'était pas seul dans le bassin, non loin, un garçonnet aux cheveux couleur terre agitait l'eau et s'esclaffait d'un bonheur simple et profond sous le regard bienveillant de quelques adultes. Il sentait contre son épaule l'onde discrète de Keharqta qui s'alanguissait dans la source à quelques centimètres à peine de lui, si près qu'il pouvait suivre la respiration profonde et intense du basané, et capter chacun des rires qu'il soufflait nonchalamment par le nez. Il était prévisible, après tout, ils l'étaient tous, même sans l'image, Wander pouvait parfaitement se figurer le monde qui l'entourait, il pouvait voir Jeoquain gesticuler sous la surface, et dessiner le sourire maternel d'Eornys posé sur l'enfant. Il était là, parmi eux et pourtant ce soir-là plus que tous les autres, il pouvait sentir, même toucher du doigt, la solitude profonde qui l'habitait depuis toujours. Sous ses yeux vairons, le ciel clairsemé d'étoiles offrait un spectacle grandiose, des linceuls colorés aux reflets turquoises et indigos dansaient entre les nuages comme autant de linges suspendus au gré du vent. Le ballet était tout à fait fascinant, et quelque chose de puissant en émanait. Quelque chose que Wander seul semblait pouvoir ressentir cette fois-là, son corps, plus encore, son âme, semblait résonner de concert avec le grand tout, la Nature, le vent dans les montagnes, la lueur diaphane de la lune qui couvait sa peau opaline. Il était seul au monde, et le monde semblait faire écho à son existence damnée. Quelque chose changeait, dans les entrailles de la terre, il pouvait sentir l'aube d'une ère nouvelle approcher...
  5. Et bien, dans la mesure où, a priori, même si aucun joueur actif n'incarne de personnage de telle ou telle famille, celles-ci ne disparaissent pas pour autant "loristiquement" parlant de la haute-sphère Calphéenne. Ce serait tout à fait incohérent de voir des noms disparaitre du jour au lendemain sous prétexte que le joueur qui les animait n'est pas ou plus là. Je te conseille donc de tenir compte de tous les noms répertoriés, actifs ou non, pour le salut de ceux qui, peut-être, reviendront, ou ont laissé des traces de leur passage assez conséquentes pour être prises en compte. Je citerai donc de manière absolument non-exhaustive, - en dehors des PnJ du Lore Calphéen -, les familles Greywolf, di Castelli, d'Arakyr, di Oscuro Contea, Salviati, Cortesi, Delsor, Orsini (pas sûr), Ghiberti, Lemmingouai, Escorta, Dramont, Sanders, Contini, Vanil, de Fierempart, etc. Etc. ( En gras les familles supposément actives à l'heure actuelle, à ma connaissance. - Et elle n'est pas sans failles puisqu'il manque probablement plein de monde.)
  6. Au sein même des pires langueurs, la vie d’Aeluin avait repris son cours, aussi douloureuse et vide soit-elle depuis les tristes évènements qui avaient secoué en secret l’ancestrale demeure di Oscuro Contea. À la pierre grise et froide des sols immaculés, se mêlaient les murs ornés de leurs sombres arabesques et jamais le manoir n’avait paru aussi vide et morne qu’en ces temps monotones et pénibles. Elle n’était devenu plus qu’une potence où balançait le corps immatériel du temps, sentence, peut être, pour avoir tenté de parjurer les Dieux ou faiblesse de leurs âmes alors liées, du bourreau pour sa victime et de la proie pour son chasseur... - Tic...Tac..Tic…Tac Le rythme de la pendule de la salle de banquet seul accompagnait le silence absolu de la demeure et résonnait contre les murs de marbre pour se disperser discrètement jusque dans le grand salon. Commandée il y a de cela fort longtemps par les ancêtres du Maitre, elle était un bijou d’horlogerie cuivrée dont les mécanismes s’imbriquaient derrière quelques plaques d’un verre ciselé d’or, le tronc majestueux d’ébène laissait entrevoir en son centre les armoiries familiales et jamais la pendule n’avait fait défaut à sa fonction, elle représentait ainsi fort bien la quête de perfection de ses propriétaires. Le silence tel un cri assourdissant se déploya à travers le manoir tandis que le rythme égrainant le temps se tût. La demeure immobile paru alors s’arrêter en dehors du temps, voyage au-delà du monde. Ce silence étourdissant ne fut brisé que par le grommellement contrarié du fidèle Xavius qui se hâta vers l’objet en question. - Et bien, voilà qui est nouveau ici, comment se fait-il que ?... Jamais encore la pendule de mes Seigneurs n’avait dysfonctionné. Marmonna le majordome. Un courant d’air balaya la demeure et la porte du grand salon claqua, les flammes altesses sur leurs supports baveux vacillèrent, alors peut-être que le semi-elfe de passage, du coin de l’œil, aperçu à travers le reflet du miroir ornant le buffet d’acajou, l’apparition spectrale et sombre du Cygne Noir à travers le clair-obscur du crépuscule, visage grave à moitié supplicié d’une souillure abominable telle de la suie, mais à l’éclat passionné et impérieux toujours si vif. Leurs regards se croisèrent l’espace d’une demi-seconde mais tel un livre ouvert, contait le manque, la souffrance, la solitude mais aussi et surtout cette force d’âme. Vision éphémère, si éphémère qu’il en viendrait à se demander si elle n’est guère chimère de son esprit esseulé. Le son constant de l’horloge repris alors et Xavius réapparu quelques minutes plus tard. - Maitre Aeluin ? Chose étrange que l’horloge des Maîtres se soit arrêtée, mais j’ai pu la redémarrer. Ha, je vous ai déjà dis de ne pas laisser la porte ouverte quand vous rentrez pour éviter les courants d’air. Déclara t’il tout en rallumant les quelques flammes qui sous le couperet du vent s’étaient endormies. ( Par @Hyandaure ) ~ Mais Wander s'était arrêté subitement avec le contrepoids de l'horloge, et ses battements de cœur mécaniques s'étaient interrompus de concert avec ceux du pendule. Déjà, la voix de Xavius s'était évaporée de son esprit, et ne résonnait plus que comme un écho lointain tentant vainement de l'atteindre. Il fixait le miroir, comme un animal captivé, la pupille dilatée, le corps suspendu dans l'entre-deux monde, semblant prêt à bondir. Sa vie, son tourment, sa loyauté, sa servitude, sa mélancolie, sa solitude, tout sembla alors courir de ses entrailles et remonter d'un seul coup juste là, juste au bout de ses lèvres. Tout juste sous la surface marmoréenne du médecin, prêts à jaillir dans un cri, un hurlement, une supplication vers ce visage...Il en ressentit l'envie urgente, celle d’exulter toute la frustration et la perdition dans laquelle il nageait, celle de fondre aux pieds de ce meuble gargantuesque, de s'écraser sous le reflet du miroir, de pleurer toutes les larmes de son corps et de son âme, de gratter le verre jusqu'à en faire sortir cette vision torturante ! Mais il ne bougeait pas, grande et austère silhouette, son corps tout entier semblait alors gravé dans le marbre face à cette vision spectrale. Incapable de cette passion dévorante, amputé jusqu'à l'âme. Il demeura silencieux, et ses épaules s'affaissèrent peu à peu alors que la voix de Xavius revenait à la charge, mot après mot, d'entre les morts. "Maître Aeluin ? Vous m'entendez ? La porte. N'oubliez plus de la fermer." Avait-il échangé un regard, ou son esprit meurtri l'était-il désormais au point de l'assombrir de quelques mirages douloureux ? Il demeura ainsi, saisi par le bref éclat de vie, et de passion qu'il avait entrevu, plusieurs minutes encore après être sorti de son mutisme et avoir repris la direction de ses quartiers. "Je n'ai pas rêvé. Je ne rêve plus depuis longtemps". Répétait-il, dans un souffle constant et fébrile, alors qu'il traversait les longs couloirs glacés de la demeure en serrant fort son cartable médical contre son torse.
  7. C'est bien un Carlin, oui !
  8. Une amitié improbable. Shadow et "Bonhomme"
  9. Il est des loups de toute sorte Je connais le plus inhumain Mon cœur que le diable l'emporte Et qu'il le dépose à sa porte N'est plus qu'un jouet dans sa main Les loups jadis étaient fidèles Comme sont les petits toutous Et les soldats amants des belles Galamment en souvenir d'elles Ainsi que les loups étaient doux Mais aujourd'hui les temps sont pires Les loups sont tigres devenus Et les Soldats et les Empires Les Césars devenus Vampires Sont aussi cruels que Vénus... - Apollinaire
  10. Par le talentueux @Ikhlas
  11. Chapitre XVI : "Concerto mortel." Eut-il songé un jour vivre pareille expérience ? Certainement pas plus que toutes celles qui précédèrent... [...] Il cligna lentement des yeux avec effroi en assistant à la chute du Boucher grassouillet sous le coup de massue de son collègue d'aventure désastreuse. En plein concerto ! L'instrument ciré lui tomba des mains alors que son visage benêt de fanatique s'écrasait peu à peu contre la roche froide et humide qui tapissait la caverne. Comment une créature aussi épouvantable pouvait-elle manipuler un si noble instrument ? Plus que les morceaux de corps éparpillés dans le cabanon devant lequel il s'était affalé, plus que l'odeur méphitique de l'autel creux où une mélasse immonde dégoulinait contre les parois, plus encore que la présence d'une excroissance rougeoyante dont la menace endormie n'était plus à confirmer, la vision d'un tel gâchis fit grincer chaque articulation du chirurgien. Un. Gros. Lard. Tout nu. Avec un tablier de boucher. Et. Un. Violon. Un. VIOLON. "Ah non... C'est trop ! Pas les violons !" - hurla t'il intérieurement alors que son corps tout entier se penchait déjà vers la pauvre créature musicale inanimée qui gisait sur le sol comme on tenterait de quérir l'oisillon tombé trop tôt du nid pour le sauver. Son précieux. Pauvre erre. Tombé si bas. Si mal. Entre de telles paluches ignobles ! Après un moulinet pas peu fier qui fit valser son crâne-massue improvisé, William chassa l'objet en direction de Wander. Sans doute avait-il capté toute la détresse de l’Albâtre derrière ce regard décomposé. Au dessus d'eux, le plafond vouté de la cavité étouffait l'écho tragique à travers ses racines entremêlées, lesquelles venaient de se rétracter dans un grincement sinistre au moment où la dernière note grinça. Ils se trouvaient enfin sous le Chêne aux milles visages, et l'occasion était trop belle de frapper un grand coup. Après tout, les malfaiteurs n'avaient eu aucun scrupule à mettre le trio d'investigateurs en sous-vêtements avant de les jeter en pâture au fond d'une tanière de Wendigos affamés. Ce n'était que justice ! Pour ce violon, et .. accessoirement, pour toutes les vies perdues pendant l'affaire. "Je suis en train de songer." - Souffla Wander, alors qu'il caressait d'une main paternelle les courbes gracieuses du violon. "Que nous pourrions tout à fait reproduire ce rituel de festin en épiçant quelque peu la mélasse." Ses deux confrères acquiescèrent de concert et ainsi naquit, à l'abri du monde, sous les racines nouées d'un chêne ancestral, le spectacle le plus improbable auquel il eut été donné à Wander d'assister. [...]
  12. Chapitre XV : "Bruyante solitude." Il ne s'était jamais vraiment penché sur la singularité du peuple d'Olvia jusqu'à ce jour. Accoudé à un bureau où s'amoncelaient livres et objets incongrus dont la moitié ne lui inspiraient rien, Wander observait d'un oeil distrait les allées venues du petit peuple provincial. La ruelle, bien qu'étroite, était bondée aux heures pleines de la journée, on y faisait les marchés et quelques jeunes coursiers chapeautés criaient à la foule en quête d'un preneur pour le dernier numéro de la presse locale. En couverture du chiffon secoué par le petiot, le chirurgien avait pu entrevoir en lettres majeures "La sécheresse arrive !". La pluie lui manquait, et la vision de cette vie grouillante dont la plus grande crainte était de perdre le fruit de leur labeur au dépend d'une météo peu clémente lui semblait si surfaite. Il partageait pourtant leur ressentiment, et se sentait aussi fané et flétri que les champs alentours. Il n'avait que peu d'aspirations depuis sa rencontre avec le Corbeau, et re-goutait aujourd'hui au doux amer d'une liberté douloureuse. Dans son dos, un silence tassé pesait sur tous ces meubles mal arrangés, et ces brics à bracs indicibles. La vision d'un tel capharnaüm aurait hérissé les poils de sa nuque s'il ne fut pas si glabre. Au sommet d'une étagère débordante de rouleaux de parchemins froissés trônait tristement son paquetage, affalé là comme un serpent mort. Il avait du faire ses bagages en hâte quelques jours plus tôt et avait oublié d'ôter de ses baluchons quelques affaires de rechange qu'il gardait autrefois pour son Maître. Ainsi, au milieu de ces monticules d'objets curieux pendait là une manche de tissus noble et souple aux reflets satinés, abandonnée à son sort et lasse, sans doute, de n'exister plus qu'au fond d'un sac. Wander avait détourné le regard de la petite chaussée, et fixait désormais le bouton argenté qui ornait la manche froissée. Comment pouvait-il tant lui manquer ? Comment parvenait-il à le faire souffrir encore, lui, ce cœur rapiécé mille fois et déchiré le double ? Son absence résonnait en lui plus fort à chaque battement de cil. Avait-il été si profondément marqué qu'il lui fut désormais impossible de s'émanciper de cette loyauté ? Chaque pas qu'il faisait laborieusement dos à Raffaelle était aussitôt étouffé par une chute de trois autres dans sa direction. Le miroir le hantait comme il hantait jadis le Manoir di Oscuro Contea. La vision de cette surface trouble derrière laquelle il pouvait dessiner trait par trait le visage de l'homme qu'il aimait lui déchirait l'âme. Et bien qu'il fut entouré, et occupé par d'importantes affaires, il ne pouvait plus s'ôter de l'esprit la complainte imaginaire de l'homme retenu là-bas par son incompétence. Dans quel calvaire son amant perdu se noyait-il pendant que le monde s'inquiétait de la clémence des nuages, et du prix des céréales ?... Il se redressa de sa chaise dans un grincement sinistre du plancher et allongea trois grands pas vers le baluchon d'un air contrit. Ce soir-là, il porta une chemise sombre aux reflets satinés dont les manchettes en argent laissaient entrevoir le blason, funeste Cygne Noir, des Di Oscuro Contea et une épaisse pluie montagnarde s’abattit sur le village.
  13. Fatigué Comme après un long, voyage, Une traversée, dans l'enfer d'une cage, Une odeur rance, un sentiment d'asphyxie, Je sors d'une transe, ma colère est finie, Et nous aussi, on a plus rien à se dire, Plus le moindre instant à s'offrir, Je ne sais même plus lire ton visage, je n'comprends plus tes mots, On a tourné la page, on a rentré les crocs, Mais ne m'en veux pas, si je pense encore à toi, C'est que je regoûte, en silence, à cette vie-là, J'ai fait le tour et notre amour est en cavale, Il nous a volé, une année à tous les deux, Laisse le partir, on va pas crier au scandale, On le retrouvera peut-être quand on sera vieux, On s'est laissé sombrer sans histoires, A quoi bon se faire du mal si on perd l'envie, J'ai pas su sentir ton cœur battre dans le noir, L'indifférence s'installe tout est fini [...] - Pomme.
  14. Je les ai tous déjà vus et je ne m'en lasse pas. Chapeau l'artiste ! Envoyé de mon SM-A520F en utilisant Tapatalk
  15. Mince, je n'ai pas beaucoup le temps de RP dernièrement à cause du travail. C'aurait été avec plaisir sinon, de vous guider avec le Sohrab. En espérant que vous trouviez toutefois !