Zack

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À propos de Zack

  • Rang
    Niveau 3
  • Date de naissance 28/04/1995

Informations RP

  • Personnage principal
    Kaliance
  • Personnage secondaire
    "Les autres"

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  1. Peut-être un souci de copyright sur la plateforme qui servait d'hébergement ? Les liens sur ma fiche de personnage sont toujours là pour l'instant, et fonctionnent.
  2. Kaliance Minibiographie : Né quelque part dans les tréfonds de Calphéon, Kaliance n'a jamais réellement vu le monde comme tout un chacun. Dans des bas-fonds souvent violents et certainement jamais tolérants, il a choisi la voie grise, souvent à grands coups de poings. Évadé du foyer familial, ou de ce qui en tenait lieu en pleine rue, vers ses seize ans, abandonnant ses parents et sa sœur, il s'est longtemps contenter d'errer ici et là, parfois dans la ville, et parfois en dehors. Vivant comme une petite frappe, d'extorsions, de petits larcins, il se retrouve rapidement chef d'une bande de voyous, moins par ses capacités à fédérer et plus par sa violence innée. Jugeant sans doute qu'il commençait à attirer un peu trop d'attention de la part d'autres « organisations » de ce petit monde, il décide de s'exiler quelques temps, attrapant ses maigres possessions et essuyant les cals de ses poings, et partant sur les routes. Il s'engage rapidement comme mercenaire, son expérience d'une rue sans foi ni loi l'y aidant, et enchaîne contrat après contrat, et se retrouve au bout de quelques temps sous l'aile d'un groupe plus ou moins véreux, oscillant entre Serendia, Balenos et la région de Calphéon. Sans jamais un regard en arrière, et encore moins devant, vivant de liberté et de quelques mâchoires délogées traînant au bord des routes, il ne sait réellement où il va, ni pourquoi ; et il s'en fiche, gardant toujours en tête l'objectif final : rester en vie. Ayant finit par retrouver sa sœur récemment, lors d'une rencontre que l'on qualifiera de houleuse, il s'est, semble-t-il, fait la promesse de ne pas répéter les erreurs du passé. Cependant, personne ne croira qu'il deviendra l'agneau du troupeau. Caractère : Au vue de son passé, voir de son passif, diront certains, il n'est guère surprenant qu'il préfère parler avec ses poings dans quasiment toutes les circonstances. Agressif, tête brûlée, voir téméraire, ce que sa gouaille ne peut pas faire taire, il le frappera de son front. Acide, cynique et désabusé, il ne croit en rien ni personne, encore moins lui-même. Jamais trop haut, et toujours près à s'abaisser un petit peu plus, il n'a qu'un vague concept des lois en dehors des punitions de la garde. D'aucun dirait que dans certaines circonstances, il reste quelques miettes d'une morale cassée, éparpillée, mais il n'a jamais laissé qui que ce soit s'approcher d'aussi près. Talents : En plus de l'habituel panoplie nécessaire à tout bon survivant de la rue, du crochetage des serrures en passant par l'application généreuse de savates, il fait montre d'un instinct guerrier exacerbé, se relevant encore et encore, refusant d'admettre la défaite s'il ne s'évanouit pas purement et simplement. Malgré la malnutrition des premiers temps, son corps est aujourd'hui musclé et entraîné, marqué, oui, mais dans une forme athlétique. Et son absence totale de peur ou même d'instinct de préservation lui donne de nombreuses occasions d'en faire la démonstration. N'ayant suivi aucun entraînement formel, il se bat de bric et de broc, de coups sous la ceinture et de sable dans les yeux, avec un esprit réactif et aiguisé. En dehors de ses talents de voyou, il n'a pas grand chose d'autre. Occupations : Entre deux contrats de mercenariat, il n'hésite pas à passer au brigandage pour arrondir les fins de mois. De manière générale, il a l'air de ne jamais avoir un sou en poche. Fait quelque peu surprenant, il aide parfois quelques habitants, en général en retour de faveur, mais aussi quelques fois naturellement, portant les choses lourdes, régalant les enfants d'histoires et d'anecdotes, voir même littéralement, la cuisine semblant à peu près être son seul loisir. En musique : Thème Combat :
  3. "Marée"

    Se redressant doucement, genoux au sol, l'homme secoua vigoureusement la tête, se remettant les idées en place. Il se massa la nuque, en grimaçant, l'impact du pied de l'Elfe clairement visible par la grande tache bleutée sur la peau claire. Un coup d'une précision parfaite... sans l'avoir vu venir, il n'avait rien pu faire. Regardant autour de lui, les yeux braqués sur les flammes dévorant rapidement la forge, il poussa un juron sonore, avant de finalement remarquer le corps ensanglanté, sans vie, du forgeron. Se précipitant à son chevet, il ne put que constater la mort de l'homme. Le coup d'estoc avait été tellement fin et précis, qu'il eut été impossible de trouver la plaie sans l'auréole rouge qui l'entourait. Poussant un lourd soupir, le vivant se releva et tourna les talons, indifférent aux flammes, à la chaleur. Au plus profond de lui, il avait le sentiment d'avoir commis une énorme erreur. En passant devant sa cellule, il avait été pris d'une impulsion subite... comme une épiphanie. Elle lui avait semblé l'outil idéal pour accomplir son ambition... il ne s'était même pas posées de questions. Il avait agit sur un coup de tête, ce qui était totalement contraire à ses habitudes. Il état certain d'être tombé dans un piège. Le Sorcier lui avait joué un tour, et il s'était jeté dedans sans même réfléchir. Son ambition de le renverser et de le remplacer n'était un secret pour personne, mais sans preuve, le Sorcier n'avait jamais rien pu prouver devant le Conseil Rouge... Comment avait-il fait ? Trébuchant brusquement sur une masse indistincte au sol, il sortit de ses réflexions en observant avec horreur un autre corps étendu sur le sol, à plat ventre. Une autre incision, toujours si parfaitement précise, ornait son cou, de chaque coté. La lame avait traversé les chairs, coupant les deux artères et les cordes vocales. Impossible de crier, et la mort survenait en une poignée de secondes. Il n'avait même pas besoin de prendre le pouls. Il poussa un autre soupir, se redressant rapidement. D'après la tenue, c'était un des gardes assignés aux patrouilles dans les couloirs. Il avait pourtant expressément ordonné de laisser ce couloir vide aujourd'hui... Jetant un coup d’œil vers les escaliers, il put voir une longue traînée de sang, fine, qui serpentaient sur les dalles de pierres avant de remonter les marches de l'escalier. Plissant les lèvres, il décida de la suivre. Étrangement, il avait l'impression qu'il ne risquait pas de croiser qui que ce soit... Un frisson lui parcourut l'échine. Il espérait sincèrement se tromper. Montant les escaliers quatre à quatre, il déboucha dans un autre couloir, intact au premier abord. Mais, en l'observant plus attentivement, il put voir que chacune des portes du lieu avaient été enfoncées, presque méthodiquement. Un silence sépulcral planait sur l'endroit... pas un souffle d'air... juste le crépitement timide des torches accrochées aux murs. Cet étage servait de résidence à la piétaille... en temps normal, il devrait être aussi bruyant qu'une basse-cour. Marchant avec prudence, silencieusement, il s'approcha d'une des pièces ainsi attaquées, et jeta un rapide coup d'oeil à l'intérieur. Il resta ainsi un instant, immobile, avant de pousser un soupir, fermant les yeux, et se détournant. Il passa ainsi de salle en salle, d'étage en étage, toujours suivant avec un profond sentiment de malaise cette traînée rouge, si ridiculement fine comparée aux flaques de sang que laissaient les corps de part et d'autre de son chemin. Il se mit alors à courir, de plus en plus affolé, alors qu'il réalisait l'ampleur du massacre - et l'horreur du piège dans lequel il était tombé. Après ce qui lui semblait une éternité, il déboucha enfin dans la salle du Trône... l'ultime étage avant la surface. Tentant de rattraper son souffle, il se rendit compte, entre deux respirations, qu'il n'était pas seul dans la pièce. Elle se tenait au centre, devant lui, sa lame en main, un corps de plus à ses pieds. Agitant doucement les oreilles, elle se tourna vers lui, l'observant avec un regard à la froideur, au vide si intense, si profondément inhumain, qu'un profond sentiment de dégoût lui tordit les tripes. Elle se tourna alors vers lui, et fit quelques pas dans sa direction, levant sa lame écarlate, plaçant la pointe juste sous son visage. Il pouvait presque voir son reflet dans le métal recouvert d'écarlate. Étrangement, malgré toutes ces morts, ce carnage, sa peau était blanche, immaculé... épargnée de la moindre trace. Ses yeux oranges fixaient les deux pupilles vaironnes de l'homme, avec attention. "Le Sorcier. Où-est-il ?" D'abord silencieux, il répondit à mi-voix, précautionneusement. "Je peux t'y conduire... su- Oh !" Il laissa échapper une exclamation de surprise à la soudaine coupure sur son cou, à un millimètre de son artère. Il se tut alors, gardant ses yeux rivés sur elle. "Où-est-il ?" Il pointa alors du doigt une porte, derrière le Trône. Elle semblait parfaitement ordinaire. L'Elfe posa alors ses yeux sur le bois mat qui la composait, semblant la scruter sous toutes les coutures, penchant légèrement la tête sur le coté. Finalement, elle abaissa sa lame, reportant ses deux puits sans fond sur lui. "... Viens avec moi." Elle tourna alors les talons, et se dirigea d'un pas décidé vers la porte. Se massant doucement le cou, l'homme la suivit, en silence.
  4. Que ce soit à travers des affichettes, disposées un peu partout dans la ville, ou par certains crieurs publiques à la réputation peu recommandable, voir même par des petits tacts distribués par d'étranges hommes et femmes en rouge, l'information se répandra rapidement. Un texte, pris au hasard sur l'un de ces tracts, se déroulera comme suit : Souligné par un blason Sang et Or, le tract est indubitablement d'excellente qualité, l'impression est fine, l'encre est brillante, probablement très chère. Le bâtiment en question pourra être facilement reconnu comme l'ancienne Taverne des Héritiers, avec cependant une bonne rénovation de l'extérieur, et un écusson flambant neuf, représentant un Chevalier cramoisi, fermement planté dans le mur. Il pourra se noter, cependant, que toujours, ces Rouges patrouillent dans la rue, avec un insistance telle que la Garde semble désormais éviter l'endroit. A peine ouvert, certaines rumeurs font état d'yeux qui épient avec intérêt le nouveau lieu. Que ce soit un futur lieu d'opportunités plus ou moins légales, ou simplement pour les odeurs délicieuses qui s'en dégagent, nul ne peut le dire...
  5. "Le Tournant"

    Secouant la tête, j'émergeais difficilement de ma torpeur. Les yeux encore mi-clos, je tentais, tant bien que mal, de regarder, d'observer autour de moi. Un mal de crâne carabiné me torturait les méninges... Je pouvais sentir à travers ma peau l'énorme plaie que cette montagne d'acier m'avait infligée. Cela m'apprendra à foncer dans le tas, tiens... mais bon, je n'avais pas exactement prévu qu'il se montre aussi indifférent à ma lame plantée dans ses boyaux. J'essayais de bouger un peu, mais je me rendis rapidement compte que mes poignets étaient solidement maintenues par des chaines, faites d'un métal rougeâtre, elles-mêmes ancrées dans le mur. Rien que je ne puisse briser par ma seule force... et les bracelets étaient ajustés à ma taille. Même en me cassant la main, je ne pourrais pas la faire glisser au travers... J'étais bel et bien prisonnière ici. Je suppose que j'aurais dû me sentir alarmée, affolée... mais même si mon esprit n'était concentré que sur comment sortir d'ici, mes sentiments ne suivaient pas. Rien d'inhabituel. Bon, j'étais donc en pleine possession de mes moyens. Pas de séquelles. C'était bien beau, mais ça ne me sortirait pas d'ici, c'est certain. Ayant enfin retrouvé la vue, j'inspectais un peu plus mon environnement. Des murs de pierres solides, épais, et haut. Propres, étonnamment, tout comme le sol. La cellule était fermée par une solide porte de bois et de fer, et non par des barreaux. Étrangement, il y avait de la lumière, malgré l'absence de fenêtre ou d'ouverture. Une lueur orangée, comme si quelqu'un avait allumé un feu. Je pouvais presque entendre les crépitements des flammes... voir saisir la petite flammèche qui dansait devant mes yeux... ... Non, il y avait réellement une flamme devant moi. Et un homme, qui la tenait dans le creux de sa main. Il était grand, musclé, et portait une de ces armures étranges, faite de grandes plaques de métal entrecoupées d'étoffes au rouge flamboyant. Mais... ce qui me frappa, chez lui, c'était ses yeux. L'un était d'un bleu océan, profond, intense, et perçant.... me scrutant avec l'intensité d'un oiseau de proie. Et l'autre... l'autre était gris. Un gris à la teinte d'acier, mais parcouru de légères volutes rouges et blanches... comme des traces de pouvoir, affluant dans cette surface plate. Encadrée par une chevelure au noir si épais qu'il ressortait même dans la pénombre, et appuyés par ses traits nobles et aiguisés, sans aucune trace d'âge, il formait un tableau saisissant. Ses lèvres, légèrement retroussées, semblaient former quelque sorte de sourire. Hum... il semblait particulièrement absorbé dans l'observation de ma personne. C'était le moment. Jetant un pied en avant, je le cueillais au creux du genoux, sur le nerf. Surpris, il plia l'échine, son corps suivant l'ordre que je venais de lui imposer. Avec une forte inspiration, je tirais sur mes chaines, avec mes poignets, et lançaient mes deux jambes en l'air, les enroulant autour de son cou, formant un étau sur sa gorge, que je resserrais immédiatement. Mais, au contraire, je sentis mes jambes retomber lourdement sous moi. Il avait disparu... sautant en arrière dans la pénombre, en se servant de sa jambe valide. Saleté... "Hum... tu as encore du répondant. Étrange... après un coup pareil, tu aurais du rester inconsciente pendant encore un ou deux jours. Tu es plus solide que tu n'en as l'air, Elfe." Sans répondre, je me contentais de regarder dans la direction de la voix. Je n'aurais probablement pas de deuxième chance... mais qui sait. "Oh. Ils n'exagéraient donc pas... un regard plus froid et vide que la mort. Est-tu seulement en vie ? Immobile comme de la pierre... à croire que tu as oublié de respirer. Enfin, peu m'importe, en vérité. Je suis ici pour te proposer un marché. Qu'en penses-tu ?" ************ Marchant rapidement dans les couloirs, ses pas lourds et puissant faisant tressaillir chaque pièce de son armure, l'homme aux cheveux noirs semblait se diriger avec une conviction, un but précis en tête. Il jetait de temps à autre des regards scrutateurs sur Corynthe, qui marchait à coté de lui. Mais celle-ci ne semblait pas lui prêter la moindre attention. Ses yeux, ses pupilles orangées, restaient désespérément vides, fixant un vague point devant eux. Plissant les yeux, l'homme poussa un soupir à peine audible, et reporta son regard sur la fin du couloir. Il n'arrivait pas à déchiffrer cette femme. Elle ne dégageait absolument rien. C'est comme si elle n'existait pas, comme si sa présence même était sujette au doute. Il n'était même pas sûr de l'avoir entendue inspirer une seule fois... Elle n'avait même pas voulu entendre les détails de son plan. Elle se fichait de savoir pourquoi il était venu la voir elle, ni même comment il comptait s'y prendre pour la faire sortir d'ici. Non. Elle avait simplement exigé qu'il l'aide à retrouver son arme, et rien d'autre. Droit au but, presque trop. Il sentait un coup fourré... mais il n'avait pas vraiment le choix. Il lui fallait exploiter l'intérêt irraisonné du Maître pour cette Elfe, et espérer qu'elle lui offrirait une occasion de frapper. C'est comme s'il venait de planter une graine de Chaos dans le jardin secret de la Forteresse. Il n'avait plus qu'à prier pour qu'elle porte ses fruits... mais d'abord, sa lame. Il était quasi certain que c'était Orivian qui l'avait récupérée, féru d'armes qu'il était. "Ecoute moi, Elfe. Nous allons faire un tour à la Forge, quelques étages en-dessous. Il y aura un de mes camarades, là-bas. Laisse-moi lui parler, et tout ira bien. Vu ?" Sans même daigner le regarder, elle hocha lentement la tête, se plaçant d'office derrière lui. Malin. Il pourrait entrer en premier sans éveiller de soupçons. Il prit donc la tête, et la conduisit, après plusieurs dédales d'escaliers et de couloirs, dans une galerie à peine creusée dans la roche du sous-sol. Les murs, le plafond, ressemblait bien plus à une paroi de pierre brute, vierge de toute trace laissée par l'Homme. Au fond de cette allée, une porte entrouverte, laissant échapper quelques volutes de fumées et une chaleur intense. La Forge, sans aucun doute. On pouvait d'ailleurs entendre un martèlement régulier, métal sur du métal. "Bien. Postes-toi contre la porte, et attends-moi. Surtout, ne bouge pas. Cela pourrait prendre un peu de temps." Elle se mit alors en place, toujours en silence, gardant les yeux dans le vague. Elle semblait agir automatiquement, sans même réfléchir ou se poser de questions. Haussant un sourcil, l'homme s'approcha alors de la porte, qu'il ouvrit en grand, une chaleur infernal s'en échappant alors, venant leur frapper le visage et le corps, le souffle d'air faisant voler les étoffes de leurs vêtements. Ne semblant nullement incommodé, il s'engouffra alors dans l'ouverture... avant de tomber lourdement au sol, comme une pierre, dans un fracas métallique. L'Elfe, reposant sa jambe au sol, s'empressa alors de se faufiler par-dessus lui, sans même lui jeter un regard. Une fois à l'intérieur de la Forge, elle observa les alentours, rapidement. De taille relativement modeste, elle était cependant surchargée de lames de toutes les tailles, de toutes les formes, de la simple dague rouillée à l'Espadon resplendissant. Parmi le fatras invraisemblable, traînaient également quelques arcs, lances, et pièces d'armures. Tout semblait se chevaucher sans queue ni tête, sans le moindre semblant d'organisation. Apparemment nullement troublée par cet environnement presque cauchemardesque, les tranchants luisant à la lueur des flammes crépitant dans l'antre, Corynthe attrapa, en silence, la première arme qui lui tomba sous la main, et s'approcha, sans même chercher à se dissimuler, de l'homme penché sur son enclume, tenant son marteau dans une main, et ses pinces de forgeron dans l'autre. Levant la lame juste à la hauteur du cœur, l'Elfe l'enfonça alors sans un souffle entre les côtes, perçant l'organe avec une précision toute inhumaine. L'homme poussa un simple jappement de douleur, avant de s'écrouler sur son enclume, glissant lentement, dans une traînée rouge, sur le sol, mort avant d'avoir touché la pierre. Se redressant, elle se mit à fouiller rapidement dans les établis et les caisses autour d'elle, cherchant sa lame Elfique avec empressement. Elle n'eut pas à fouiller bien longtemps, cependant... on semblait avoir réservé une place d'honneur à son Sabre. Il trônait magnifiquement dans une vitrine, au centre de l'endroit, verrouillée avec un lourd cadenas. Attrapant une masse qui traînait non loin, elle fracassa le verre, avant d'extirper rapidement l'objet de sa convoitise. Usant d'un repli de son habit, elle l'essuya de fond en comble. La simple idée que des Humains aient put la toucher l'insupportait au plus haut point, dans un énervement froid et méthodique. Si tant est qu'il fût possible. Une fois son fourreau ceinturée, et le poids familier de nouveau à sa hanche, elle se dirigea vers la sortie, enjambant celui qui l'avait libéré, avec toujours aussi peu de considération. "Maintenant.. au tour du Sorcier."
  6. - Au temps présent - Assis sur le rebord du lit, l'homme, aux longs cheveux noirs, et à la musculature prononcée, couturé de cicatrices, observait avec douceur, la Valkyrie aux cheveux verts, étendue à coté de lui. Les doigts plongés dans cette abondante étendue, aux couleurs du Printemps, il jouait d'une mèche, ici et là. Son visage, aux traits nobles, semblait sereine, presque neutre... mais quiconque l'observerait, ne serait-ce qu'un instant, pourrait réaliser la passion, mêlée à la douceur, qui semblait parcourir chaque marque, chaque veine, chaque centimètre carré de ce visage, brûlantes et impérieuses. Se penchant doucement vers elle, il déposa un baiser furtif sur les lèvres améthystes de sa compagne, avant de se lever, non sans la border en la recouvrant précautionneusement. Vêtu simplement de sa nudité, l'homme se leva, et s'avança vers la fenêtre et le balcon, donnant sur la place de la fontaine d'Heidel. S'adossant contre un des murs, se dissimulant à la vue des quelques passant nocturnes, tout en lui permettant de laisser son regard flotter vers le ciel, sur la Lune pleine brillant haut et fort cette nuit. Voilà plus d'un mois que Nashuuhra et lui-même partageait tout, leurs vies, leurs pensées, leurs journées, leurs corps. Jamais, jusqu'ici, n'avait-il autant aimé, et désiré, une femme. Un jour, il avait posé les yeux sur elle... et s'était juré de lui offrir son Cœur, ou mourir se faisant. Patiemment, méthodiquement, précisément, il l'avait courtisé, s'était montré digne d'elle autant de fois qu'il le fallait. Impitoyable, il avait exploité chaque faiblesse, chaque fissure, chaque opportunité qui s'était présentée, avec une exactitude assassine. Toutefois, il n'y avait nul intention maligne dans ses actions. Il n'avait point agi par fierté masculine, ni par simple intérêt personnel. Non. Il était juste tombé éperdument amoureux de cette femme hors du commun. A chaque instant, chaque heure de chaque jour, elle avait été présente dans son être, tout simplement. Comme un esclave marqué au fer rouge, jusqu'au plus profond de son âme, il ne pouvait tout simplement pas oublier. Il était impossible de ne pas ressentir cette passion écrasante, absolue. Se détournant de la fenêtre, il repassa dans leur chambre, s'habillant rapidement, enfilant son long manteau rouge, ses gants fin de cuir noir, ses bottes tout aussi noir. Laissant son habit ouvert sur le devant, donnant sur son torse et ses abdominaux, il resta un instant immobile... observant son aimée dans le lit. Semblant peser le pour et le contre, il poussa un petit soupir en secouant la tête. Ouvrant la fenêtre de leur chambre, il sauta par-delà les battants, atterrissant souplement dans la rue. Il ne se faisait pas vraiment de soucis... elle savait parfaitement comment le joindre, le contacter, si elle en avait l'envie. Posant une main sur son cœur, celui-ci s'illumina d'une douce lueur blanche dans la pénombre. Une vague de chaleur et de sentiments le submergea, causant un délicieux frisson dans son échine. Un sourire vit alors le jour sur son visage, un sourire plein de vie, de joie. Enfin, il releva le regard, jetant un coup d’œil rapide autour de lui, s'assurant de l'absence de toute patrouille de la milice. Il se mit alors en chemin, marchant tranquillement, les mains dans les poches de son grand manteau, doucement transporté par le frais vent nocturne, son interminable chevelure ébène lui battant les chevilles. A son poignet, pendait la Faveur de la Dame, une étoffe précieuse, imprégnée de son parfum de Dahlia, qu'il portait en permanence sur lui. Une vieille, très vieille tradition chevaleresque, mais une à laquelle il tenait tout particulièrement. Il sourit intérieurement... il n'avait rien d'un chevalier. Ses actions, son métier, tout à son propos, l'éloignait de ces modèles de vertus et d'honneur. Pour lui, ils n'étaient que des idéalistes, bien trop arc-boutés sur leurs codes de conduites et leur gloire personnelle. En d'autres termes, des boulets, sur le champ de bataille, et en-dehors. Il faisait office de bonne distraction, cependant. Un avantage comme un autre. Lui, préférait les méthodes qui donnaient des résultats. Enfin... cette nuit n'était point propice à ce genre de pensées. Il avait un rendez-vous à tenir. C'était plutôt inhabituel, mais... elle ne l’appelait jamais ainsi sans raison. Après plusieurs minutes, il finit par arriver sous le couvert des arbres, pas très loin de la ville, mais suffisamment abrité pour ne pas être dérangé. Adossé contre un arbre, une Elfe, aux cheveux noirs et aux yeux oranges, l'attendait. Vêtu d'un long habit rouge, couvrant à peine plusieurs plaques d'acier dissimulés un peu partout sur elle, un sabre à la ceinture, elle releva son regard au vide abyssal sur lui, levant lentement une main qu'elle agita presque tristement, totalement dépourvue de la moindre once de vie. Elle se redressa, faisant quelques pas vers lui... et dégaina sa lame avec agilité, pointant le tranchant vers lui. Poussant un soupir, il donna une pichenette dans le métal, secouant la tête, lui adressant un regard lourd par la suite. "Pas aujourd'hui, Gemini. Je n'ai ni le temps, ni l'envie. On m'attends à la maison. Que veux-tu ?" Restant un instant immobile, l'Elfe fit un mouvement de main presque flou, tant il était rapide, traçant une longue estafilade sanglante sur le torse de l'homme, des gouttes écarlates s'écrasant sur les brins d'herbes, au sol. Elle se remit ensuite en position, les deux pieds fermement plantés dans le sol, le bras gauche levé, la main tenant la lame, pointée directement sur lui. Se passant une main dans ses longs cheveux, l'homme poussa un lourd soupir, avant de faire glisser son manteau de ses épaules, le pliant soigneusement, puis le posant sur le sol. Il fit ensuite quelques pas sur le coté, s'étirant longuement, torse luisant sous la lune. Enfin, il leva les poings, et se mit en position, sans armes, tel un combattant de fosse, faisant face à l'Elfe, son visage sévère, et son regard vairon perçant. "C'est la seule fois que je te pardonnerais tes caprices, que ce soit clair. Maintenant, viens."
  7. "Gueule du Diable"

    Adossée contre le montant d'un grand miroir, dans un coin de la pièce, je me regardais dormir... pauvre petite chose aux prises avec quelque cauchemar, sans doute. Je me débattais dans tous les sens... à en murmurer dans les bras de Morphée, le visage tordu, les traits tirés. Pas de paix, pas de répit. Au fil du temps, j'avais pris l'habitude d'à peine dormir. En général, je me contentais de méditer deux ou trois heures par jour... pas aussi reposant, mais au moins, j'évitais d'être ainsi tourmentée. Enfin, ça, c'était la théorie. Ces derniers temps, je ne me fatiguais plus trop. Lever ma lame était aussi simple que de respirer, et pas vraiment plus fatiguant.. mais demain, c'était le grand jour. J'allais affronter ce Sorcier, et l'anéantir. Pourquoi ? Parce que j'avais envie. Peu m'importais qu'il soit à la tête de ce petit gang, ou groupe, ou que sais-je encore. Je n'avais même pas envie de le voir mort, non... je voulais juste le battre. Pas pour prouver que j'étais la plus forte, ou que les Humains n'étaient que des faibles, non... Non, c'était juste ma manière de vivre, à présent. Si je ne me battais pas, je mourrais, tout simplement. Je dépéris, je me flétris, et je me disperse aux quatre vents. Vivre par l'épée, c'était mon salut. Ma voie. Le reste m'importait peu, en fais. Tous les autres besoin si bassement matériels... je ne mangeais que pour garantir mes forces au combat. Je ne prenais soin de mon corps que pour entretenir mon outil de guerre. Je ne m'habillais que pour ne pas me rendre malade et m'affaiblir lors d'un potentiel duel. Même les passes avec les aventures d'un jour... elles perdaient de leurs couleurs, de leurs sensations. Dans mon esprit, non... dans mon âme, tourbillonnait le désir, presque... tyrannique, de faire s'entrechoquer le fer. De me battre. Chaque pensée était calculée pour m’entraîner. Chaque pas, une répétition d'un mouvement de lame. Chaque respiration, un coup de sabre. Certains diront que mon destin est scellé. Qu'il est inéluctable qu'un jour, quelqu'un de plus fort que moi ne me tue. Et ils auront probablement raison... après tout, il y a toujours quelqu'un de plus fort que vous. Ce n'est qu'une question de temps et de chance. Mais... pour être honnête, je ne supporterais pas de mourir d'une quelconque autre manière. Ce sera l'épée en main... ou pas du tout. Mais il se faisait tard. Ou tôt, dans mon cas. M'approchant, de quelques pas éthérés, vers la fenêtre, j'observais Calphéon, encore une fois. Je ne savais pas si cette cité me plaisait, ou non. Pour connaître la réponse, il eut fallu une quelconque étincelle d'intérêt dans mon Cœur. Or, mon être ne se vouait qu'à une seule chose... Tournant la tête, je jetais un dernier coup d’œil dans le miroir... avant d'aller retrouver mes Sœurs, dans mon esprit. Ce visage... des fois, ce visage... je ne le reconnaissais pas. Le Soleil était déjà haut dans le ciel lorsque je quittais l'auberge. Je déposais une somme replète sur le comptoir... Peu m'importait les chiffres précis. Tant qu'on ne m’embêtais pas avec des détails inutiles et des retards évitables... Posant un pied décidé sur les dalles de la rue, j'inspectais rapidement mes alentours. Pas de tuniques rouges... personne ne me prêtait attention. Parfait. Après l'embuscade de hier, mieux valait que je sois prudente. En m'engageant dans une ruelle, je révisais rapidement mon plan. Une rapide passade avec un sergent m'avait appris que l'on avait tendance à beaucoup voir ces fameux Rouges un peu partout en ville. Depuis quelques mois, ils semblaient pulluler, et leurs mains étaient loin d'être blanches... Assassinats, rapines, intimidations, tortures... nombreux étaient ceux qui faisaient appel à eux pour leurs sales besognes. Plus d'un Noble se serait trouvé embarqué dans leurs sales affaires. Pour disparaître mystérieusement quelques jours plus tard. Bon... apparemment, personne ne s'en souciait. Il s'agissait pour l'instant de simples désargentés, ou déshonorés, qui souhaitaient se refaire un nom, ou perpétrer une vengeance. Ce qui était loin d'être rare, par ici... Enfin. La partie qui m'importait réellement, c'est qu'on les voyait dans les environs des égouts. Un véritable labyrinthe sous la ville, qui leur servirait de repaire. Je devais commencer mes recherches là bas. Après avoir tué le garde et l'avoir jeté dans le fleuve, et un bain, je m'étais arrêtée à la première auberge venue. Maintenant, il me fallait juste trouver une entrée, et laisser mon instinct faire le reste. Par ailleurs... l'intérêt du Sorcier pour moi ne m'avait pas échappé. Je n'excluais pas le fait qu'il ne vienne me guider de lui-même vers son repaire. "... et c'est tout ? C'est ça, le plan ? - Tu sais qu'elle est un peu simplette... donc il lui faut un plan simple. C'est logique ! - Je n'ai juste aucune envie de me salir simplement pour que cette tarée puisse faire mumuse avec son épée. - Ouais, donc en fait, tu t'inquiète juste de puer après. - Non, 'fin.. je m'en fais pour elle... mais aussi pour son odeur. Surtout pour son odeur." Hum... les pipelettes qui remettaient ça. Autant les ignorer pour l'instant. Après une petite heure, et de nombreux, très nombreux aller-retours dans les égouts, je tenais enfin une piste. De nombreuses traces de pas, qui semblaient toutes suivre le même chemin. C'était presque trop évident, mais je n'avais pas grand chose d'autre de probant. Un cadavre ici et là, des monceaux d'ordures, des poches de gaz toxiques provenant de la pourriture, des milliers de rats, et une ou deux choses qui n'avaient rien à faire dans les souterrains d'une ville. Le bas de mon habit était passé du rouge au vert maladif, et je ne sentais plus mes pieds, transis dans les eaux froides. Mais j'étais certaine de me rapprocher du but. Plus je suivais la piste, moins il y avait de détritus... moins il y avait de rats. En fait, j'avais l'impression d'être entrée dans des Catacombes. Haussant le regard, je pouvais voir, comme partout, le plafond qui soutenait la Cité... mais quelque chose titillait mon instinct. Il y avait quelque chose d'étrange... de différent. Passant rapidement devant un pan de mur, je m’arrêtais net, en sentant un minuscule souffle d'air effleurer mon visage. Tournant la tête vers les solides blocs de pierres, je posais ma main sur le mur, cherchant, à tâtons, un renfoncement, ou une interstice. Du bout des doigts, j'inspectais méthodiquement chaque aspérité... et je finis pas trouver, parfaitement invisible dans la pénombre, un minuscule vide qui semblait monter sur toute la longueur du mur. Hum... il devait probablement pivoter sous l'activation d'une commande. Je n'arrivais pas à le faire bouger par moi-même... Faisant quelques pas en arrière, je penchais légèrement le chef sur le coté, les bras croisés, en pleine réflexion. "Arrête, tu vas te froisser un muscle. - Ferme-la !" Autant attendre. S'ils étaient aussi actifs qu'on le disait, il me faudrait au maximum quelques heures que l'un d'eux vienne tout simplement m'ouvrir la porte. Peut-être même moins... j'entendais des pas se rapprocher rapidement. Autant tenter ma chance. Je me reculais d'un pas vif dans la pénombre, à plusieurs mètres du mur. Je m'accroupissais ensuite, une main au sol, l'autre sur la poignée de mon sabre. Ne respirant que lorsque c'était absolument nécessaire, en la faisant sonner comme un courant d'air. Plissant les yeux, j'aperçus un homme, recouvert d'une longue cape, s'approcher à pas de loup, se tenant exactement là ou j'étais il y a quelques secondes. Il toqua contre les pierres, suivant un code étonnamment simple. Après quelques minutes, le mur pivota, de l'intérieur, l'homme s'engouffrant sans un bruit dans l'ouverture béante. Puis le tout se referma avec un bruit sourd, l'écho sonnant longuement dans les égouts. Bon, il était temps. M'approchant à mon tour du mur, je le tapotais, exactement comme je l'avais entendu. Sans surprise, le mur s'entrouvrit devant moi. Dégainant en un éclair, je plantais ma lame dans celui ou celle qui me faisait face, sans me poser de questions. Avec un crissement métallique, elle s'enfonça jusqu'à la garde dans le ventre d'une grande silhouette en armure. Tirant sur le manche, je la retirais d'un coup sec, et m'enfonçait dans le couloir... ou je l'eu fais, si ma lame n'avait pas refusé de bouger d'un iota. Fronçant un sourcil, je m'arc-boutais, et tirait de toutes mes forces... mais rien n'y faisais. Sentant un souffle d'air glacée sur mon visage, je levais le regard sur le heaume, qui semblait m'observer avec intérêt. Du coin de l’œil, j'observais son immense poing d'acier se lever, lentement, s'armant en arrière... Puis, plus rien.
  8. "Neptune"

    Mâchonnant un peu de ce fameux lard de Calphéon, qui rendait folles même les apprenties Valkyries, je flânais, délicatement, silencieusement, dans les interminables rues, allées, renfoncements et creux de la grande ville. Je n'y avais jamais mis les pieds avant. Les risques étaient trop grands... trop de personnes, ici, pouvaient me reconnaître. J'avais d'ailleurs fait un tour chez un barbier, histoire de m'offrir une nouvelle coupe, plus courte et légère. Mes oreilles pointues perçaient maintenant le voile noir et épais de ma chevelure. Ce qui me valait, parfois, quelques regards indiscrets, allant du silencieux étonnement au froncement de sourcils offensé. S'ils s'imaginaient que j'allais avoir honte d'être une Elfe dans leur ville, ils pouvaient aller s'enfoncer un arbre dans le fondement. "Tu sais, la liberté, la fierté raciale, tout ça... c'est bien joli, mais ne voudrais-tu pas au moins mettre une capuche sur la tête ? Je doute que tu souhaites engager un combat en pleine rue, si par hasard nous tombions sur une ancienne connaissance.. Il y a beaucoup de gardes, ici... - Mais laisse la donc ! Si une bagarre éclate, elle tuera tout le monde, comme d'habitude. Pourquoi cela se passerait autrement ? - Même les civils ? - Qu'est ce que tu ne comprends pas dans tout le monde, imbécile ? - Fermez-la un peu. Corynthe, tu ne peux pas te faire toute la garnison toute seule. Peu importe ce que tu en penses... et je te défends même d'essayer !" Roh, je ne suis pas stupide, tu sais... Fis-je alors que j'engloutissais le reste de ma viande. Les Voix me prenaient vraiment pour une demeurée, parfois. C'était horripilant, mais à part m'écraser la tête contre un mur, il n'y avait aucun moyen de les faire taire... Et aujourd'hui, j'avais bien plus urgent... après m'être encroûtée à Tarif pendant quelques jours, histoire de me refaire une santé, de prendre un bain, et de m'acheter de nouveaux vêtements, j'avais fait un rapide détour par la Maison. Comme je m'y attendais, cela avait dégénéré, et un monceau de corps plus tard, j'avais récupéré ma Lame Elfique, que j'arborais maintenant à ma ceinture. Mon autre sabre, de qualité bien moindre, était peu ou prou tombé en miettes après ma petite escarmouche. Toutefois, je n'étais pas une maîtresse ombrageuse, et je lui avait offert une place d'honneur au-dessus de ma cheminée. Il m'avait bien servi, pendant plusieurs années. Mais maintenant... Enfin. Adossée contre un petit muret, surplombant le quartier des artisans, je tirais mon arme au clair, et l'admirait, faisant jouer les reflets du Soleil, à son zénith, sur le métal sombre, teinté en un gris presque noir. Sous l'action des rayons lumineux, une étrange iridescence mate, tout en nuance de gris et de bleus foncés, semblait courir le long du tranchant, unique, soutenue par une garde et un dos ouvragés tout deux, rappelant quelque chose de légèrement verdoyant, presque floral. Cette arme-ci était parfaitement adaptée à ma corpulence, ma force, ma main, et mon style de combat. Avec un petit sourire, digne des pires gamines espiègles, je la rengainais, tenant de calmer l'excitation qui battaient en mon sein. Depuis ma rencontre avec ce Sorcier, je ne pensais plus qu'à ça. Je ne m'étais pas senti aussi remontée depuis, oh... plusieurs années. Il me tardait, tant et plus, de croiser le fer avec cet homme. Qu'il m'offre une vraie bataille, un duel capable de faire battre mon cœur, et de faire courir mon sang, plus vite que n'importe quel amant, plus fort que n'importe quelle tempête. Brr... rien que de l'imaginer, j'en avais des frissons. Avec un visage qui devait être l'expression même de la joie, je me remis à marcher, sautillant presque. "Eh bien... elle est jouasse, la petite Cory. Tu savais qu'elle aimait autant de battre ? - Non, tu crois ? Ce n'était sûrement pas assez clair ! Peut-être que si elle mouillait en plus, on comprendrait mieux ?! - Qui te dit qu'elle ne le fait pas ? - T'es dégueulasse ! - Tarée ! - Obsédée ! - Et celui là, vous le voyez ? Eh bien il va directement... Fermez-la. On m'observe. "Oh... mais elle est mignonne, en plus... j'ai envie de la croquer ! - T'as vraiment un soucis, toi. Et si tu scellais ton clapet, un peu ? - Tu peux toujours... Hmpf ! Posant, instinctivement, la main sur la poignée de mon sabre, j'observais, en silence, celle qui me faisait maintenant face. Je sentais ma peau se hérisser légèrement, comme picorée par une force inconnue. L'air était devenu électrique, l'énergie presque palpable. Les longs cheveux roux de la femme flottaient, doucement... à contre-vent. Comme soulevés par son propre courant. Tiraillés par... une Aura ? Je n'en étais pas sûre, étant complètement incapable de Lire les flux magiques. Soudain, mes oreilles s'agitèrent, irritée par un bruit tout proche. Dans un froufrou agrémenté de notes métalliques, la femme, doucement, écartait les bras, alors qu'un sourire malsain se dessinait, peu à peu, sur ses lèvres. Un vent soudain se leva, battant mes tempes et mes jambes, soulevant les légers pans de tissus couvrant mes cuisses. Au fond de moi, quelque chose s'alluma. Je savais reconnaître un défi quand j'en voyais un... et cette garce venait de m'envoyer comme un gant en pleine figure. "Alors... c'est toi, qui a l’œil du Maître ? Mais... tu n'es qu'une simple Elfe. Qu'as-tu donc de si différent ?" Sa voix... elle était jeune. Trop jeune pour sa corpulence. On aurait dit une petite fille... "Peu m'importe. Il ne m'appartient pas de discuter. Je suis juste ici pour m'assurer qu'on retrouve tes cendres, Elfette !" Je penchais la tête sur le coté, l'observant de mes yeux oranges. Elle semblait... jalouse ? On aurait dit une petite enfant gâtée perdue au milieu d'adultes concentrés sur autre chose que sa petite personne. Secouant la tête, un petit sourire moqueur vint naître sur mon visage. "Je ne sais pas de qui tu parles, gamine, mais si j'ai chourré ton amoureux à un moment ou un autre, j'en suis parfaitement satisfaite. Peut-être qu'aurais pu le garder, qui sait... si tu avais été une Elfette, justement. Tu les connais, les Hommes... incapables de résister à la Chair étrangère." Tester ses limites, voir ses réactions. Presser les points sensibles... Mais rien. Elle resta parfaitement impassible. Autant changer de stratégie. "... de la Chair ? Hé hé hé... Ma pauvre, tu es bien trop limitée pour penser à autre chose que cela, n'est-ce pas ? La Luxure et... l'envie de se battre, c'est bien ça ?" Alors que sa voix résonnait de nouveau à mes oreilles... je me rendis compte que ses lèvres étaient immobiles. Jetant un rapide regard autour de moi, je me rendis compte que quelque chose clochait. Le ciel était devenu rouge... les nuages, noirs. Il n'y avait plus de vent, les oiseaux s'étaient tus. Les ombres s'étaient allongées, et semblaient ramper vers moi, léchant mes chevilles, la salive glacée, dégageant un odeur de pourriture. Je devais être plongée dans une illusion... c'était la seule explication. Reposant mes pupilles sur elle, je me contentais d'applaudir, doucement. Sarcastiquement. "Fascinant. Je devrais être terrifiée, je suppose ? La Peur n'a pas de prise sur moi, tu sais. Ne te fatigues pas, je n'aime pas les adversaires faibles." Un rire cristallin, perçant, sembla alors flotter à mes oreilles. Moqueur au possible... un son qui n'avait rien d'enfantin, lui. Soudain, je sentis une main, aussi légère qu'une plume, se poser sur mon épaule. Tournant doucement un oeil vers la Silhouette, penchée sur mon épaule, je n'eus nul besoin de me demander de qui il s'agissait. "Rappelle ta chienne, Sorcier. C'est toi qui m'intéresse, et non quelque larbin. Je viens pour toi, et je t'arracherais un duel, que tu le veuilles ou non." Mes mots, précis, incisifs, tranchants, sortaient de ma bouche plus vite que mes pensées ne semblaient les former. Comme si une part de moi-même prenait le pas sur ma raison consciente. Une douleur terrible, atroce, traversa alors mon oeil droit. Je portais la main à mon visage, réceptionnant alors des larmes, grosses et lourdes, tombant contre mes doigts. Dans le reflet brisé, dans les gouttes transparentes, je pus voir mon reflet... et mon œil, devenu bleu. Qu'est-ce que...? "Mais je le veux, petite Elfe. Retrouves-moi autant que tu le veux. Je t'attends avec impatience..." Un instant plus tard, il n'y avait plus rien. Tout était devenu normal. Le ciel bleu, le vent dans mes cheveux... et mon œil, orange, comme une flaque me l'appris bien vite. La Rousse avait disparu avec le Sorcier, il semblait. Me redressant, je laissais mes pupilles sonder le ciel, à demi-close, aveuglée par le Soleil. "Tu es certaine que c'est une bonne idée ? Tu pourrais te brûler les ailes vite... trop vite." Quoi ? Tu as peur qu'il me batte ? "Non. Non, j'ai peur qu'il fasse bien pire que ça. Tu as déjà brisé une partie de ton Âme. Je crains juste qu'il ne prenne le reste." L'Ame ? Ne me fais pas rire. Je ne te pensais pas croire en ces fadaises. "Des fadaises ? Cory, tu..." Assez.
  9. @Yamadashi Tamakage J'aimerais savoir le nom de la classe en Coréen. Sinon, je considère que c'est simplement la traduction ENG/FR qui les nomme ainsi.
  10. @Olympe Eh bien, si je voulais vraiment faire mon chiant, je dirais qu'il vaudrait mieux employer les noms coréens. Ce qui est fort fastidieux, l'on en conviendra. L'épée courte, en Coréen, est nommée Yedo. Le "Ninja" coréen est nommé "Sulsa", littéralement "Cavalier de la Nuit." Je ne pense pas que parce qu'ils ont l'air de Ninjas et usent d'armes qui nous paraissent japonaises, ce soit le cas. Toutefois, je tiens à préciser que c'est uniquement spéculatif, comme réflexion. Je n'ai aucune envie de m'embêter à mentionner cela en jeu, ni ne ferais-je la tête à qui que ce soit qui ne le fait pas. Toutefois, comme la discussion me semble propice, je pensais sage de le mentionner.
  11. @Olympe Je ne veux pas dire qu'ils n'existent pas, juste qu'à mon sens, les nommer par leurs noms Japonais me semblent faux, c'est tout. Toutefois, je peux facilement comprendre qu'on le fasse, et cela ne me gênera pas outre mesure.