Shah

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À propos de Shah

  • Rang
    l'Emmerdeur
  • Date de naissance

Informations RP

  • Personnage principal
    Keharqta
  • Personnage secondaire
    Ilioza ~ Isaheksinoë ~ Shahryan ~ Arahzhelkhar
  1. Le 11 du mois de la Clé de l'an 287 : Déposition du dénommé Keharqta Orobarian, victime de l'attaque, recueillie par un garde : En récente visite à Heidel depuis la veille, le dénommé Keharqta était à même le Relais pour discuter avec des connaissances, dont Tristan Greywolf et sa compagne Shaelyn, une certaine Karynah ainsi qu'une dernière personne dont il ignore encore le nom mais qui se démarquait de par sa chevelure rougeoyante. Alors qu'il semblait pris de fatigue parmi toutes ces conversations, Keharqta sortit pour "prendre l'air" contre le mur de l'auberge. Après quelques minutes, il sentit le canon d'une arme à feu contre sa tempe et la voix d'un homme lui intima de se taire avant de l'obliger à le suivre. Le guidant dans une ruelle, derrière quelques maisons, il fit en sorte de ne pas être vu avec ses comparses. Ne les ayant aperçu que brièvement, Keharqta ne put en détailler les aspects. L'homme qui se faisait chef de la bande l'emmena jusqu'au bout d'une arrière cour et braqua son arme contre ses côtes en le menaçant. L'agresseur lui demanda tout d'abord s'il était bien "le basané de Dulcia". Une fois sa réponse obtenue, il fit alors part qu'il était le frère de James Delaney, cousin de Charles Keziah et lui confia ses revendications : libérer ses trois "compagnons" Serendiens — dont James Delaney — et "annuler la dette de Charles Keziah". Keharqta lui répondit qu'il ne pouvait rien faire, ce qui engendra des menaces supplémentaires à l'encontre de sa famille. Durant ce temps, il lui sembla entendre derrière lui une jeune femme tenter de venir mais retenue par les sbires de son agresseur. Ayant réagi par impulsion, le Medhien se retourna donc pour essayer de désarmer l'homme armé. Celui-ci portant une cagoule d'épouvantail sombre avec un chapeau, l'empêchant de voir son visage, il ne put s'apercevoir que de sa grande taille et de son gabarit plutôt massif avant de recevoir une balle à bout portant dans la cuisse gauche. Il s'écroula à terre sous la douleur tandis que les assaillants s'enfuyaient déjà, le laissant avec la jeune femme encore chamboulée qui ne tarda pas à faire venir de l'aide depuis le dispensaire. La victime dit avoir été trop déconcentrée par la douleur durant ce temps, aussi Keharqta ne put donner de détails sur le reste des évènements jusqu'à ce qu'il fut soigné et alité.
  2. Attilio Carvalese GUERRE & TRAVAIL Homme de main de la maison Di Castelli Art du combat : +2 Art du combat a distance : +0 Art de l'effraction : +0 Art de la duperie : -2 Art de la psychologie : +1 Art de la discrétion : -1 Art de la persuasion : +0 Art de l'observation : +0 Art de l'obstination : +1 Richesse : Pauvre Statu social : Mercenaire de la Maison Di Castelli Tolérance : No limit ; Make him cry. Intégrité physique : Pas la moindre Points d'XP Gagnés : Points d'XP dépensés :
  3. Sympa ta présentation, de la création au menu, moi je dis oui! Surtout quand je lis "Saga mp3", ça me parle bien. Je regarderai et écouterai ça avec plaisir pour voir le contenu de ton site. En espérant que tu te plaise ici, d'ici à ce que nous nous retrouvions IG/IRP, bienvenue à toi! ^^
  4. Assis sur le muret d'un jardin en fleurs où se mêlaient les parfums exotiques des jasmins et des hibiscus, le petit homme observait au loin sa mère en pleine conversation avec une de ses rares amies. Affublée de sa belle robe pourpre parsemée de serpentins d'or, sa silhouette penchée dans quelques confidences la faisait passer pour une de ces créatures d'Orient accordant ses secrets à une âme égarée. Son fils, au loin, offrait son attention sur elle d'un air pensif, perdu dans les méandres de son esprit encore trop jeune. Ses sentinelles azurées perçaient les pendentifs qu'elle portait aux oreilles, des perles turquoises qui tintaient parfois en quelques résonances cristallines quand sa mère secouait la tête pour rire avec sa comparse. Son attention rivée sur la jeune mère, il écoutait sa voix calme dont les aspérités évoquaient les murmures des nymphes à l'orée d'un ruisseau. « J'ai promis à Alharsès de rapporter de nouvelles plumes pour ses écrits, disait cette voix féminine et délicate en désignant l'enfant qui l'observait depuis son muret. Il est très assidu et progresse bien, sa curiosité sur les choses l'entrainera loin. » Et tandis que son pied, machinalement, se déchaussait de son soulier pour libérer son talon engourdi, elle sourit avec une douceur propre à ces mères aimantes dont l'admiration était sans faille devant leur progéniture. Un choc sonore se fit entendre sur sa gauche un peu plus loin dans le jardin et l'enfant, perturbé par ces nuisances auditives, dévia son attention pour aviser le combat qui s'y déroulait. A l'orée de la pelouse entretenue par les serviteurs de la villa, là où la terre redevenait plus sèche pour s'élever en nuages de poussières, sa sœur aînée croisait le fer avec son jumeau. Armés tous deux d'épées de bois, la fratrie les fracassait l'une contre l'autre sous le regard perçant de leur père. Un regard aussi clair que le sien. Et Alharsès sur son muret contempla l'air sévère de ce "lui" plus vieux qui ne ratait rien du spectacle de ses enfants en plein apprentissage. « 'Kadraz, plus large l'écart entre tes jambes, ordonna le père d'une voix où se mêlaient la patience et l'affection avant d'effectuer une légère rotation de la tête vers sa fille. Isa'k, ne reste pas immobile. Tourne autour de lui. » La jeune fille au regard d'ambre s'interrompit à l'ordre donné, et malgré son souffle court, elle passa le revers de son poignet sur son front où perlait la sueur de son exercice. A ses tempes se collaient les mèches échappées de sa chevelure charbonneuse relevée en un chignon serré. Son frère, quant à lui, avait les cheveux trop courts pour être gêné par eux mais il n'était pas pour autant épargné par sa transpiration qui s'évacuait de gouttelettes sur son visage. Les jumeaux ne se ressemblaient pas tellement. Du moins, pas autant que de "vrais" jumeaux, mais le lien de parenté était indéniable grâce à ces mêmes yeux ambrés, à leur chevelure d'onyx et à ces fossettes qui creusaient parfois leurs joues quand ils souriaient pour rappeler celle de leur père. Cependant, ils avaient tout de leur mère. Un visage plus rond que celui de son époux, des traits doux qui, malgré l'âge avançant, demeuraient délicats contrairement à leur petit frère. Ce dernier était le portrait craché de son paternel. Et bien que huit années le séparaient de ses aînés, ce gosse de cinq ans savait déjà rien qu'à les regarder tous qu'il n'aurait jamais vraiment de ressemblance avec sa mère. « Je veux le jouet », fit une voix éraillée à ses côtés, jeune et à l'élocution hasardeuse. Laissant là l'entrainement des deux adolescents, Alharsès tourna la tête sur sa droite cette fois-ci à l'appel du petit qui s'approchait de lui. Un autre frère, plus jeune encore qu'il ne l'était, se dandinait sur ses courtes pattes pour saisir le rebord du muret trop grand pour lui en agitant les doigts comme une pince vers un soldat taillé dans le bois. Balayant sa frange d'une main, l'enfant déjà installé se pencha dès lors pour saisir le jouet et l'offrir docilement à son cadet. Aussitôt contenté par l'acquisition de son soldat, Ashem pivota pour trottiner comme un petit animal jusqu'à la robe de sa mère pour réclamer avec autant d'aplomb les bras de cette dernière. Observant le benjamin de la fratrie grimper sur les genoux de leur mère, Alharsès demeura silencieux. Ses mains cherchèrent quelque chose à faire mais ne trouvant rien pour les occuper, il en avisa les phalanges dans cette attente passive qu'une chose arrive avant d'en poser les paumes sur ses cuisses. Au loin, résonnaient toujours les armes en bois qui s'affrontaient dans un combat à moindre échelle. Ses pieds battaient l'air durant son ennui, balançant les jambes dans le vide et alors qu'il se mit à rêver à quelques jeux auxquels s'adonner durant son temps libre, l'ombre d'une énième personne vint le couvrir en le surplombant. Gêné d'être ainsi protégé du soleil, le petit Medhien releva la truffe vers la silhouette fraichement arrivée. A sa vue se dessina alors le visage rond et au regard tout aussi clair que le sien d'une petite fille à peine plus âgée que lui, et dont le sourire étiré pour lever le rideau marbré de ses lèvres sur sa denture lui donnait des airs de peste que l'on giflerait bien volontiers. « Maman m'a dit qu'elle m’emmènerait avec elle à Altinova. » La petite teigne, que l'on nommait Ilioza, penchée sur son frère fit grincer ses cordes vocales pour le narguer de sa voix aigrelette, trop aiguë encore, tout en laissant sa chevelure d'ébène tomber en cascade sur lui. Ennuyé par l'arrivée de sa sœur, Alharsès chassa les mèches de sa main tout en grognant pitoyablement comme un chaton. « Et même que j'aurai une robe rien qu'à moi, toute neuve, parce que maman elle m'aime, continua-t-elle pour narguer son frère. — Maman m'aime aussi... — Moi je vais avoir une robe! Toi, tu auras des plumes... C'est pourri comme cadeau! » L'enfant au regard clair plissa les yeux sur son aînée qui ne cessait de se vanter outrageusement, cherchant à le provoquer ouvertement par quelques procédés enfantins aussi idiots qu'intolérants. Cela avait toujours été ainsi entre eux et il se maudissait déjà d'avoir à la supporter durant des années encore. Secrètement, il espérait même qu'on l'emmena loin d'ici pour qu'elle cesse enfin de le chercher. « Elle t'offre une robe parce que sans elle t'es aussi moche qu'idiote. Espèce de sale truie. » Piquée au vif par l'insulte de son frère, la petite peste se figea dans cet outrage qu'elle venait de subir. Si elle savait répliquer parfois quand on attaquait son intelligence — autant que faire se peut du haut de ses sept ans — elle perdait cependant tous ses moyens quand on visait sa beauté. Véritable petite princesse dans l'âme, complexée par quelques défauts physiques qu'elle seule pouvait voir, son frère avait appris à en jouer pour lui rendre les maux qu'elle s'évertuait à faire tomber, comme des revanches inexpliquées qu'elle lui réservait chaque fois qu'ils se retrouvaient seuls. Son visage se déforma sous les affres de la colère et une haine furieuse émana de ses iris dont les filaments océaniques offraient tout de même une beauté perçante à la vue de son adversaire. Lui-même s'en trouva transformé, passant de cet état de docilité calme et sereine à une folie massacrante, tantôt immobile et apathique, tantôt agité et furieux, incapable de se contrôler. Et comme à chaque fois qu'ils se disputaient, la guerre était déclarée à peine les hostilités annoncées. Il y avait dans leur façon de s'entretuer quelque chose de précoce, comme si le moindre regard, le moindre mot de travers était une excuse pour se jeter l'un sur l'autre et se faire mal. Aussi, cette querelle fut tout aussi absurde tant elle éclata d'un petit rien. Aussitôt, la petite se rua sur lui pour attraper l'épi de son frère et tirer sur ses cheveux dressés comme l'on cherche à secouer de rage un animal qui nous aurait attaqué. L'enfant poussa un bref cri de surprise en levant les mains et agrippa le poignet de son aînée pour la griffer. Tentant d'échapper à sa hargne, gesticulant comme un ver hors du sol, il se débattit comme un forcené en essayant de lui envoyer quelques coups de pieds maladroits, donnés à moitié dans le vide. Et en voulant ainsi réagir, il bascula sur le côté et tomba sur l'herbe en contrebas, entrainant sa sœur avec lui. La pelouse amortit leur chute et aussitôt Ilioza revint à l'attaque en sautant sur son frère pour le maintenir au sol entre ses jambes. Assise sur lui, elle battit de ses bras trop petits pour le frapper, le griffer comme un chat sauvage : « T'ES QU'UN CON, AL'!!! UN GROS CON! DE TOUTE FAÇON PAPA TE JETTERA AUX LIONS!!! », hurla-t-elle dans sa démence revancharde alors que ses ongles, même jeunes, éraflaient la peau de basane de son ennemi. Alharsès tenta d'échapper à ses griffures, sa pommette déjà entaillée et ses joues se virent rapidement striées de sillons rougeâtres. Il hurla de rage, se défendit avec ferveur, et devant la colère de sa sœur son instinct de survie pris le dessus au point d'oublier la convenance qu'on lui avait apprise. Il agrippa alors la tignasse emmêlée d'Ilioza et la tira, la secoua avec autant de force qu'elle ne le fit, arrachant quelques cheveux au passage ce qui fit crier la petite jusqu'aux sanglots. Et dans un ultime élan de mépris, il ferma son poing libre et l'envoya droit dans le nez de la lionne dont la tête partit en arrière. Les yeux écarquillés, et malgré la petite force de l'enfant, le coup fut brutal. Peut-être plus par le symbole que par la douleur, Ilioza retomba sur son séant et portant ses mains à son visage endommagé, elle se mit à pleurer abondamment. Ils n'eurent, ni l'un ni l'autre, l'occasion de reprendre leur querelle car déjà une main venait saisir la petite par le bras pour la trainer plus loin. Et tandis qu'Alharsès subissait le même sort de la part de son père dont la force le surpassait de loin rien que par la voix, il reculait, trébuchait sur les pierres en regardant Ilioza se faire tirer par sa mère dans le sens opposé : « T'ES QU'UN MINABLE, ALHARSÈS! UN MINABLE! TU FINIRAS SEUL! TU S'RAS ABANDONNÉ PARCE QUE LES TARES DANS UNE FAMILLE CA SE NETTOIE! ON T'ABANDONNERA ET ON T'OUBLIERA!!! MINABLE!!! » ___________________________ Ouvrant soudainement les yeux, le Molosse d'ébène reprit conscience peu à peu alors qu'à ses côtés œuvrait un serviteur. Ce dernier passait un chiffon propre sur son bureau pour faire un peu de nettoyage, repoussant un encrier et une plume avec précaution pour débarrasser la table de sa poussière. Keharqta l'observa quelques secondes, émergeant de son sommeil alors qu'il s'était endormi sur le canapé sous une liasse de feuilles. Et se redressant mollement en massant ses yeux sous la clarté de quelques bougies, il mit pieds à terre en pivotant sur son séant et pris son verre de Whisky délaissé avant son sommeil pour en prendre une gorgée. Il lu quelques lignes de ses feuillets à la va-vite mais voyant qu'il les avait mélangé durant son rêve, il abandonna l'idée de poursuivre sa lecture pour l'heure, collant son dos aux coussins confortables de son assise. "A-t-on des nouvelles concernant la loi ?" demanda-t-il alors vers le serviteur en tournant légèrement la tête vers ce dernier. Le domestique interpellé se figea à la demande du basané et lui accorda un bref regard en coin avant de reprendre sa tâche avec minutie : "Les rumeurs disent que la famille Snyder réagirait à la loi. On dit même, parait-il, qu'il s'agirait de donner son appui... Mais je ne suis pas certain, Signore." Le Molosse riva son regard pers sur le domestique pour le considérer un instant à ses mots. Sans s'émouvoir pour l'heure, il finit par hocher la tête avec dépit tout en remettant de l'ordre dans ses feuillets : "Vous croyez qu'ils ont au moins compris l'enjeu de cette loi, Anselmo ?" A nouveau, le serviteur s'arrêta dans sa tâche et réfléchit un instant, les yeux posés à même la table qu'il venait de nettoyer : "Il n'est pas donné à tout le monde de comprendre que derrière cette volonté à retirer les marges de profit des marchands pour aider les plus pauvres se cache en vérité le danger de voir ces mêmes marchands abandonner l'idée de vendre leur blé dans les bas quartiers. Les gens s'arrêtent à l'idée seule que si on leur retire ce droit, les plus pauvres pourront avoir accès à la nourriture. Mais peu se dit que les marchands voudront sûrement faire leur profit ailleurs, en vendant leur blé à un quartier non soumis à cette loi. — Tu as sûrement raison, fit le basané en vidant son verre pour le poser par la suite sur le guéridon à sa gauche. Il va peut-être falloir faire un peu de publicité..." Et se levant de son canapé, il enfila son manteau de cuir brun dont il ferma le col. Congédiant le domestique en le remerciant pour son travail, il passa la porte et s'engouffra dans les couloirs de la demeure Di Castelli.
  5. Ma sœur de nom... Soit la bienvenue, je t'ai chauffé la place. Du veux du Teë? Keh-ce que t'en penses? Ravi de t'avoir parmi nous, au Nom de la Grammaire, la Syntaxe et l'Orthographe. Ainsi soit la Poésie.
  6. [Cette vidéo est susceptible de choquer la sensibilité de certains pour son contenu explicite.]
  7. "Ne le prenez pas mal, surtout . . . Mais vous me faites penser à un chien tenu en laisse." Les mots terribles de la trentenaire jaillirent aussitôt comme des lames pour entailler son égo. Profondes et douloureuses, les fissures à son être se répandirent jusqu'à déchirer son corps de flétrissures intérieures pour le ramener une première fois à la réalité. "C'est peut-être ce que je suis . . ." Sa propre voix avait tenu ces mots pour garder sa dignité dans tout cela, mais en son esprit elle avait déjà semé le doute. Le voilà qui se faisait incertain, utilisant alors la probabilité cependant infondée du "peut-être" pour justifier ce qu'il pourrait alors être. Mais son crâne déjà bouillonnait de mille questions auxquelles aucune réponse ne pourrait survenir. Condamné à la peine de tant d'incertitudes, son cœur en sa poitrine se mit à palpiter plus férocement sans qu'il ne se laisse le loisir d'en montrer les symptômes. "Vous êtes à l'affut du moindre geste, demandeur de la moindre caresse . . ." Des coups de surin pour l'anéantir davantage sur sa condition. "Qui êtes-vous, Keharqta ? Vos valeurs, vos rêves, votre personnalité . . ." Pourquoi ce silence avait-il perduré à ses lèvres sans pouvoir répondre autrement que par un regard évadé sur les fils d'or du tapis ? Les échos de ces paroles retentirent encore jusqu'à faire sonner en son être l'alarme de la peur et de la reddition. Le doute . . . Soudainement, le doute. Celui qui erre dans l'esprit et fond dans les tripes pour tout chambouler. "Regarde, Keh . . . Comme ils ont pitié de toi." La pitié. La pitié mêlée au doute. Quoi de plus cruel en cet instant que la pitié du monde, lui qui l'emmerdait profondément ? Ces gens qu'il prenait de haut, voilà qu'il était à terre pour voir le monde depuis les dominés. Et la conversation se poursuivit, enchainant les détails et les arguments jusqu'à faire plier sa raison et laisser la vérité triompher de ses tourments presque oniriques. Il s'entendit rire, la voix grave aux inflexions caverneuses de son corps résonnant dans le salon où il avait pris racine avec son invitée. "Revenir aux origines." Ces paroles en tête, il en répéta les mots plusieurs fois du bout des lèvres tandis qu'il reprenait son cheval pour grimper à même la selle. Il prit le temps de prévenir un serviteur de la demeure, indiquant son départ imminent devant le regard éberlué du pauvre jeune homme qui venait à peine de l'accueillir quelques heures plus tôt. "Vous repartez déjà, Signore . . .? — Oui. Calpheon m'attendra encore un peu." Redevenu fier et arrogant, le Molosse retrouva dès lors la splendeur d'antan de cette liberté qu'il s'était arraché lui-même. C'est avec un signe du chef simple qu'il salua le serviteur de la maison tandis que sa monture s'ébrouait de hâte, renâclant l'air chaud de ses naseaux mouchetés. Et dans l'élan d'un galop soudain, il repris la route pour chasser son corps de la capitale et prendre la direction de l'Est. Dans le noir de la nuit tombée, sous l’énigmatique lune qui observait en silence les pas des éveillés, le Molosse s'en alla.
  8. Hi, honey! Plus sérieusement, super beau travail. J'ai hâte devoir le prochain!
  9. [Récit d'un père à son enfant] "Mon enfant, L'on raconte dans le noir, par-delà les limites d'Altilova, qu'une ombre vint s'abattre sur la demeure d'un riche marchand. Écoute ainsi son histoire, je m'en vais te la conter. L'homme avait réussi tant d'exploits et de prouesses que chacun félicitait son nom dans quelques louanges à son encontre. Il avait en une main richesse et grandeur, et de l'autre tenait amour et respect. Chacun jalousait sa vertu et sa réussite. C'était un homme apprécié, dit-on . . . mais quelques langues affirmaient le contraire. Par jalousie ? Par connaissance de cause ? Nul ne le sait vraiment. Malheureusement, il est dit par la majorité que notre homme portait en lui un lourd secret et qu'il crut longtemps pouvoir le garder enfoui. Entend, mon enfant . . . L'on dit que le marchand tenait sa gloire de quelques méfaits commis dans sa jeunesse. L'Envie l'aurait surpris un jour en convoitant la fortune d'un autre et pour enfin obtenir le gain qu'il désirait, aurait livré son rival et sa famille à la colère de ses chiens. L'on ne su jamais vraiment ce qu'il advint de ces personnes sacrifiées, mais la doyenne de la cité murmura bien souvent par la suite qu'un jour Aal abattrait sa colère sur sa destinée. Aussi, mon enfant, il se passa bien des lunes avant que l'Homme n'eut à répondre de ses actes . . . A la chaleur d'une matinée nouvelle, dans l'embrasement magnifique qui sacrifiait l'abysse pour sa beauté flamboyante, le cor sonna sur les parois rocheuses par-delà Altinova. Un son puissant qui retentit jusque dans les plaines de l'Avant-Poste du Rocher. Peu de temps après, ce fut aux tambours de guerre de résonner à même les canyons pour filer en échos dans les chemins sinueux cachés dans la pierre. La colère grandissait. La vengeance était en marche. Dans la clameur qui anima le monde, des silhouettes brunes aux hurlements effrayants surgirent de la roche pour attaquer les remparts du marchand. Oh, mon enfant . . . La fureur qui les consumait était si intense. Et elle gronda durant de longues heures dans les cris des Ombres qui fusèrent en grand nombre, jusqu'à l'abandon du marchand. Ces Créatures noires répondaient toutes à la voix de leur maître d'or vêtu, "Morsure" le Fléau de l'Est. Et ce Fléau mena l'assaut dans le ciel rougeoyant d'une aurore déclarée, propageant sa colère à même le dos de son étalon majestueux. Oh, mon cher enfant, si tu savais. La beauté des envoyés d'Aal n'a d'égale que la sagesse de ses préceptes. Car Aal envoya avec le Fléau de l'Est ses trois compagnons pour former ces Cavaliers sinistres. A sa suite, galopait "Anöfyrr" le Vol Meurtrier dont les flèches transperçaient l’œil des ennemis. La Lionne des Sables que l'on nomma, par contraction, "Liosaäb". Et "Aal-Arsès" le Molosse lourd au regard pers. On lutta . . . jusqu'à la reddition de l'Homme. Il s'était dès lors reclus dans sa demeure pour échapper au courroux de ceux qu'il avait insultés. Mais dans son esprit, mon enfant, qui avait-il pu bien maltraiter ? Depuis tant d'années passées, l'image même de cet homme bafoué et de sa famille détruite n'était qu'un voile exclus de sa raison pour s'échouer sur d'autres rives que celle du souvenir. Alors il se demanda, longuement, pourquoi l'on avait pris sa demeure en retour d'un assaut aussi foudroyant que vindicatif. On le fit prisonnier . . . au sein de sa propre maison. Et pour éviter sa fuite, on lui brisa les jambes avec force. Ainsi, il ne pouvait plus échapper à sa dette. Le Fléau repartit vers le Nord cueillir en son sein d'autres âmes égarées, et l'Homme fut enfermé jusqu'à la nuit tombée. Laissé sous la garde de ces Cavaliers menaçants, l'homme pria la journée durant qu'on lui permis de voir au dehors pour implorer Aal de lui venir en aide. Le silence répondit, mais lentement la porte vers l'extérieur s'ouvrit à sa vue. Quelques Ombres l'aidèrent à regagner les jardins et le trainant au sol dans la poussière du chemin, on le laissa s'échouer au milieu des arbustes qu'il avait fait tailler jadis. Oh, mon enfant . . . Il fut seul et désemparé, pleurant son Dieu qui l'avait abandonné. Quand enfin sa complainte fut terminée, son ouïe affutée par la peur perçut le bruissement des feuilles alentours. Quelque chose bougeait autour de lui parmi les branches et les fourrés, mais sa vue dans le noir et brouillée par les larmes ne percevait plus assez les formes qui l'encerclaient. Après le chant des feuilles vint le tour de quelques pas qui écrasaient les herbes sèches, suivit de grognements échappés à la gorge d'animaux évadés. La peur le saisit et il ne put contenir son cri quand s’annoncèrent à l'unisson une Lionne et un Molosse pour gronder face à lui. Dans l'obscurité et le silence le plus total, ils se reconnurent . . . C'était "maintenant". C'était là qu'il paierait sa dette et que tout finirait. Le paysage sembla se figer, gravant à jamais dans les mémoires telle une peinture magnifique exposée aux Dieux la beauté de cette confrontation sur le point d'aboutir. Plus que quelques minutes . . . Mais pas sans combattre. L'Homme fut le premier à redonner sa course au Temps suspendu. Dépossédé de ses jambes, il se jeta sur le côté pour attraper une branche et se défendre. Oh, il savait bien qu'il ne ferait pas long feu, mais pour l'honneur, il devait lutter. Jusqu'au bout. Alors, la Lionne bondit et attaqua le corps perdu pour y planter ses griffes en espérant arracher son cœur. Le conflit se poursuivit de frappes dans les côtes et de morsures aux bras, et alors que l'Homme abattait son bâton de toute ses forces sur le flanc de l'animal, le Molosse riposta et fondit sur lui pour venir en aide à sa Sœur. D'un bond, il le surpris dans le dos et l'agrippa en se courbant jusqu'à pouvoir planter ses crocs acérés dans sa gorge, étouffant ainsi son cri de détresse. La voix du marchand ne put émettre qu'un gargouillis immonde tandis que sa chair était arrachée par les mâchoires du puissant chien d'ébène. L'on raconte, par quelques transporteurs de passages non loin de là, que les falaises hurlèrent d'un écho tétanisant. L'Homme venait de rendre son dernier soupir sous le joug des bêtes qui, amenées par le Fléau, se délectèrent de sa chair jusqu'à l'aurore. Dans le mugissement du vent qui rafraichissait l'air de l'été, les craquements sinistres des os que l'on ronge résonnèrent dans les jardins. Au petit matin qui succéda le combat, nul ne retrouva le marchand. Et comme personne ne chercha à le retrouver, son nom disparu avec lui, sans tombe, sans un mot . . . un murmure perdu vers l'aube alors que, lentement, les Ombres et les Bêtes se retirèrent telle une vague de la demeure conquise pour retourner vers l'Est. Ainsi, n'oublie jamais d'obéir à Aal et de ne point entacher ton âme. Sinon crains le Fléau, son Vol, sa Lionne et son Molosse. Quelque part dans la demeure, mon enfant, gît pourtant le souvenir du marchand qui voulu défier les plus grands."
  10. Allez, le prochain c'est Keh. (T'as pas le choix.)
  11. Toujours aussi magnifiques. On ne s'en lasse pas. Pourvu que ça continue encore et encore! ^^
  12. L'arrogance de l'époux face au désir de libération de sa femme... L'aurore naissait par-delà les dunes et délivrait aux éveillés la splendeurs de ses parures d'or. Régnait sur cette montagne la chaleur arrogante d'Aal, accueilli par la présence d'un de ses serviteurs dont la silhouette large et haute se découpait dans son halo. Ses mains perdues sur la chute de ses reins, l'homme dardait sur l'Ouest un regard fier, fort de sa condition, encore que persistaient quelques entailles à sa gloire. L'une d'elles, la plus profonde, se nécrosait depuis des années jusqu'à l'oubli le plus total malgré la rumeur qui répandait le nom des Orobarian à l'Est. Lui, ignorait tout cela et restait à contempler l'aurore en se félicitant d'être encore là, et de posséder femme de puissance capable de faire pâlir de honte les hommes devant sa sévérité et rougir de jalousie ses paires par sa beauté. Car pour lui, elle était belle . . . Il ignorait pourtant qu'elle-même rougissait à l'aube de cette journée. Chantant la gloire et le bonheur retrouvés, son épouse enfuie au loin à Valencia trompait déjà sa vigilance entre les bras noueux d'un arbuste plus grand et plus puissant que lui. Perdue dans les fragrances de rose, de menthe poivrée dont elle était friande et de quelques fruits qui embaumaient la pièce, elle libérait les chaînes de son être en donnant la clé de sa reddition à ce Prens conquérant et envoûtant. Sa complainte résonnait dans la demeure où elle était séquestrée, dans le voile vaporeux d'une rosée qui perle sur la peau quand le bonheur comble les cœurs. Et lui, grand Seigneur déchu, regardait à l'opposé en croyant qu'Aal glorifiait son état par son élévation brûlante. Pouvait-il seulement se douter qu'en cet instant, alors qu'il admirait le lever de soleil à l'Ouest, derrière lui, au-delà des dunes, son épouse murmurait un autre nom que le sien ? Prens Al'Jalis... Ce nom salvateur qui avait conquis ses terres arides par le seul pouvoir de son regard brisait à présent les tabous par quelques hymnes qu'il fit durer en son honneur jusqu'à ne plus pouvoir chanter. Un autre, cependant, regardait droit vers l'Ouest également, plantant son regard barbeau sur la nuque de celui qui lui tournait le dos. Le Molosse d'ébène, rescapé d'un empoisonnement, se laissait ronger par la haine et se répétait sans cesse de cueillir la vie qui coulait chez cet époux insouciant. Il fit la promesse, dans cette aube nouvelle, de mourir par la rumeur et de cette même parole rapportée, de renaître de ses cendres, revenir d'entre les morts, se relever plus beau encore et marcher avec son armée pour fleurter avec La Faucheuse. Il triompherait de cet homme. Il lui ôterait tout. Et plus encore que la vie, il détruirait jusqu'à la moindre pierre érigée de son royaume devant ses yeux mourants pour qu'à son départ vers l'Autre-Monde il n'oublie jamais le visage de celui qu'il croyait décédé. Et si la rumeur de son empoisonnement parvenait jusqu'à lui avant son arrivée, pourvu que le mythe de sa renaissance suive sans attendre, afin qu'il sache que son avancée dans le désert n'était vouée que pour Lui, revenu le hanter jusqu'à ce qu'il plie . . .
  13. Bienvenue!