Hyandaure

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À propos de Hyandaure

  • Rang
    Grenouille de bénitier
  • Date de naissance 14/11/1985

Informations RP

  • Personnage principal
    Lorizio
  • Personnage secondaire
    Raffaelle, Abhel.

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  1. Je t'ai envoyé une invitation sur discord!
  2. II. Des poissons et des regrets. -Non vous ne pouvez pas entrer ainsi avec du poisson dans le quartier noble, ce n'est juste pas possible! Et cette odeur infecte... Grommelait le garde aux portes du quartier. Le moine se tenait stoïque face à lui, sa prise du matin, trois beaux saumons, pendait d'une main ferme. -Je ne vais pas les jeter, ils seraient morts pour rien. -Vous auriez pu au moins les mettre dans un sac où que sais-je mais...Et qui êtes vous d'abord. Présentez vous, le quartier noble n'est pas un moulin. -Mais je vous assure qu'il est bien frais, je compte le cuisiner moi-même ce midi...Je suis le Frère Lorizio, je loge au manoir di Oscuro Contea pour quelques jours...Tenez voyez par vous-même, c'est du beau saumon, ce serai vraiment regrettable de le jeter non ? Il approcha d'un pas prêt à tendre le bras. En réponse le garde eut un bref mouvement de recul. - Il y a encore quelqu'un dans ce manoir ? Je pensai qu'il ne servait plus que de tombeau...Non non, c'est bon ! Passez mais par pitié...débarrassez moi vite de ce poisson, vous allez couvrir la place de son parfum infect. -Comme vous le voyez oui, il y a encore bien quelques fantômes...Bien merci mon brave, je file au manoir sans délai. Et sur ces dernières paroles, le moine et ses guenilles franchirent la grande porte pour regagner la grande batisse moribonde sous le regard médusé du garde et sûrement de quelques passants qui durent le prendre pour un gueux ou pauvre pêcheur. Heureusement il n'y avait guère grand monde sur la place, heure du déjeuner oblige. Et l'esplanade ne lui parut que plus grande avec ses parements blancs sous le soleil d'hiver, il jeta un regard vers le Parlement au loin, le monument ressemblait à un temple pensa t-il, un temple dédié aux péchés des puissants. Qui sait quelles affaires les occupaient et il se demanda à quoi pouvait ressembler la politique aujourd'hui. Tout cela ne le concernait pas de toute façon. Il hâta ainsi le pas, jusque le vaste porche de pierre du manoir, dévoré par le lierre, et disparu parmi le vaste domaine. Lorsque les portes se refermèrent derrière lui, il retrouva cette désagréable sensation que d'errer dans des geôles. Une prison même dorée, restait une prison. Le sol était froid, les murs étaient froids, jusqu'aux pierres immaculées dont quelques fissures témoignaient des cicatrices du temps. Il y avait quelque-chose qui le possédait désormais, un sentiment, une intuition, un malaise diffus, nébuleux, impalpable, sans qu'il ne puis jamais véritablement le définir. Mais l'apothicaire avait raison. Il y avait quelque-chose de mauvais ici. Ou bien était-ce l'absence de souvenirs qui le hantait, il était chez lui et pourtant il se sentait plus qu'étranger à cette demeure. Tant de choses se bousculaient dans sa psyché sans qu'il ne sache vraiment ce qui venait de lui ou non. -Ha Maître vous voilà rentré, je suis désolé mais je ne peux...Mais..quel est...C'est du poisson ? Du poisson ? -Ha Xavius, n'étiez vous guère en congé mon ami ? Oui je l'ai péché ce matin même, je compte le faire griller moi-même en cuisine. -Mais Maitre Lorizio, vous ne pouvez pas vous promener, comme ça, avec du poisson à la main, si l'on vous voyait, imaginez Maître ! Et que sont ces guenilles, avec votre barbe, on dirait un...un... -Un mendiant peut être Xavius ? Dites-le, vous en mourrez d'envie. Le majordome grimaça et son front se plissa d'un nombre incalculable de ridules -Cessez de m'appeler Maitre Xavius, je vous l'ai déjà dit, je ne suis le Maître de personne, de rien du tout. Quand à mon apparat, vous me pardonnerez cette errance n'est-ce pas, je suis moine et non Seigneur ? Vous allez pêcher en toge ou complet trois pièces peut être ? -Non bien sur Mai...Messire Lorizio, mais Maître Raffaelle lui ne se donnait pas à ce genre d'activité disons très... -Je ne suis pas Raffaelle ! Trancha Lorizio. Je ne suis pas le Seigneur de cette maison ! Est-ce clair Xavius ? Et chose que l'on cru improbable, voir impossible, le teint déjà livide de Xavius devint encore plus cadavérique, sa mine déconfite se décomposa d'un dépit si immense que Lorizio pouvait sentir et entendre l'appel à l'aide de ses pensées les plus désabusées. Le moine retrouva son calme et rassura le majordome d'une tape sur l'épaule. -Je suis désolé Xavius. -Je vous fait préparé la cuisine Messire ? Demanda alors le vieil homme en relevant un regard fatigué. -Non je peux la préparer moi-même. Répondit-il d'un ton assuré. Et sur ces mots, il s'éloigna, traînant dans son sillage le parfum quelque-peu exotique des saumons qu'il tenait à la main. Et le pauvre Xavius, impuissant et courroucé de voir ainsi l'étiquette tant bafoué, se demanda si enfin de compte, ces quelques jours de congés ne lui serait guère bénéfique. Lorizio ne traîna pas lors du déjeuner, il détestait cette salle à manger si grande qu'elle n'apportait que sensation de vide, et même si il fit bon repas, cette sensation désagréable ne le quitta guère un instant. Il se sentait d'autant plus fatigué que la digestion faisait son effet, et rapidement, il regagna la chambre qu'il occupait. La pièce couverte de tissus, de taffetas, de luxe et d'ornements restaient très sombre même en pleine journée, ce n'était pas faute d'avoir écarté les tentures mais le mur gigantesque de la muraille qui jouxtait la demeure empêchait le soleil de réchauffer la pièce de sa salvatrice lumière. Ainsi il devait se contenter d'une lumière clairsemée et surtout des nombreuses chandelles aux flammes capricieuses. Il se laissa choir, lasse et repu, sur une chaise face au petit bureau et fixa le mur, le regard vague, ouvrant ainsi les portes de son esprit à ses réflexions vagabondes. Il était là depuis environ une semaine, pensait-il s'enfoncer ainsi dans la vase jusqu'à en perdre le sens des réalités ? Jamais...Et pourtant, l'histoire qui se déroulait sous ses yeux n’annonçait que des torpeurs et distillait son venin goutte à goutte. Il se noyait dans une affaire qui le dépassait, perdu au royaume de Babylone, où même la lumière voilait de maléfiques ombres. Chaque jour, il se chevillait un peu plus dans les basses horreurs, une fange qui hantait même ses nuits. Que s'était-il passé ? A quelles pratiques alchimiques s'était donné Raffaelle ? Puis il y avait ce fameux docteur introuvable. Et toutes ses mises en garde funeste de l'apothicaire, n'apportaient que plus de troubles à des réflexions déjà fort brumeuses. Il inspira longuement, la fatigue le pesait, le sommeil s'invitait lentement en son être, et tout son corps s'affaissa et se relâcha. Il vivait une telle pression. Les murs rassurants du monastère lui apparurent, la chaleur de Mehdia comme une étole de soie, les parfums du maquis, des végétaux et des huiles, et l'union des prières résonnaient à ses oreilles comme une mélopée salvatrice. Lorsqu'il se réveilla brusquement. Il se redressa sur sa chaise, saisit une plume face à lui et se décida à écrire. Cher Père Teodorico. Par où commencer cette lettre mon Père. Peut être par ce que j'ai besoin de confesser, pour le salut de mon âme et celui de ma famille. Mais comment vous dire les choses alors que j'ai fais preuve d’égoïsme. J'imagine que votre déception est grande mon Père, Mais, un jour vous m'avez dit que nous avions pour seul maître qu'Elion, ainsi j'en remet mon âme au tout-puissant, lui seul pourra juger de mon action. Ce n'était guère un souhait de quitter les murs du Monastère mon père, cela fut plus une nécessité quand les sables de Mehdia me portèrent le mirage de ma vie passée. J'aurai aimé que les choses soient plus simples mais je sais que vous n'étiez pas d'accord, et que nous n'aurions pu nous entendre là dessus. Je revois votre visage ce soir là aux portes du monastère...Ce regard là, ne me quitte plus. Et pourtant mon Père, comme toujours, j'ai besoin de votre sagesse, de votre savoir et de vos conseils. Permettez moi de rentrer, et de vous présenter la sombre affaire qui m'occupe, car cela va bien au delà de mes maigres compétences mon Père. Je porterai pénitence, si il le faut le temps venu, et je m'en remettrai à l'absolu, Mais j'ai la certitude qu'au fond de moi, c'est la le chemin que je dois emprunter, et que si Elion, dans sa volonté divine, a choisi de me mener à vous, c'est pour me préparer à cette bataille qui m'attend. Car j'entre-aperçois une brume de ténèbres attendre le crépuscule. Qu'Elion vous garde mon Père, vous et toute notre communauté. Le moine reposa la plume sur le bureau et avisa une dernière fois la lettre. Il se sentait déjà mieux que d'avoir couché sur papier une partie de son mal-être, et lorsqu'il se releva de sa chaise, il se senti plus léger. Au moins ne portait-il plus le poids de quelques regrets. D'une main, il récupéra la lettre qu'il plia soigneusement, puis se décida de sortir avant que ne tombe la nuit, afin de faire mandater un coursier au plus vite.
  3. Prologue. La pièce était sombre, emmurée de ses pierres grises et froides, où seul un rayon de soleil osait pénétrer de part une fenêtre hexagonale, pour mieux s'étendre et mourir sur le sol rocailleux. De silence et d'humilité, les prêtres priaient assis sur leurs bancs gris en cette semi pénombre, avant d'entamer les cantiques, comme chaque jour. Quand ce rituel liturgique fut brisé par le vacarme de cet envoyé de la dite Sérénissime. Cet ange dévoyé apportait-il la volonté de quelques puissants de Calpheon? Mais rien ne vint rompre la prière des moines, la seule réponse fut l'intervention de l'abbé qui prit soigneusement le pli avant de renvoyer le messager à ses royaumes. Ainsi comprit-il qu'il n'aurait ainsi nulle réponse. Et même lorsqu'il déclara bien haut et fort le destinataire, nul ne bougea, nul hocha ne serait-ce que la tête, nul ne laissa percevoir une once d’intérêt. Ainsi était la tradition des moines de l’évêché de Saint Benizio, défilé de robe aux tissus élimés bruns, retiré au monde et ses effervescences. Ces robes encapuchonnées racontaient bien d'autres histoires, que celle d'un monde à la perdition. Derrière ses portes noires existait une foi muette, personnelle, et paisible, où les dorures avaient laissé place à l'écriture, où la civilisation n'était plus qu'imposture. Et lorsque les Opus Dei furent exécutés, que les vêpres furent prononcés, les moines retournèrent à leurs occupations plus personnelles et la procession de prêtres repris alors, parmi l'obscurité de quelques cierges chancelants Certains se plongeaient dans la lecture, d'autres dans l'écriture et calligraphie, mais parmi cette foule de moines anonymes, il en était un qui n'avait guère bouger. Maintenant seul face à lui-même, avec pour seuls compagnons que ce muret abîmé dont chaque fissure lui était familière, et ses jours éternels. Il ne pouvait chasser la pensée d'un attrait pour ce message venu du monde, ce monde qui n'était qu'un désordre, aussi tonitruant, que...vivant. Les minutes étaient des heures tandis qu'il attendait la présence de l'abbé et la nuit était bien pleine, la chapelle emplie de candélabres et de feux sombres, lorsque le moine aperçu l'ombre s'élever sur la pierre comme la lune dans la ciel de nuit. -Vous vous êtes donné corps et âme à Elion. C'est ainsi que pour la première fois du jour fut brisé le silence des lieux tandis qu'une main maigrelette lui tendit le message. Une mise en garde sous couvert de quiétude, toujours avec retenue mais qui intrigua le religieux, et entre poussa déjà les portes de son abnégation. Car le dernier contact qu'il eut avec l’extérieur datait déjà de quelques bonnes années, d'un temps lointain fait d'armes et d'aciers, de combats et de bannières, de valeurs et de credo. Aujourd'hui tout cela n'était plus que souvenirs vaporeux, et parfois des rêves, interdits ou quelques cauchemars maudits osaient se rappeler à lui. Il s'efforçait d'oublier, son armure sale et usée, les paradis suivi des enfers, et tous ses vieux démons qui hantaient ses jours, c'était pour cette raison qu'il avait un jour tapé à la porte du monastère avec pour seule mémoire, un sac et quelques effets du passé. Mais oublier n'était pas chose aisée, et même si il avait trouvé la paix, l’âme pouvait elle guérir un jour ? Et alors que les mots défilaient sous son regard éthéré, ces même fantômes se réveillaient qu'avec plus d'ardeur pour hurler et invoquer leurs réminiscences, et fissurer les remparts de sa libation. Sa main ne trembla guère lorsqu'il déposa la lettre sur le bois lézardé, mais son cœur lui vacillait à voix basse. Il tourna la tête vers l'abbé, peut être cherchait-il quelques marques de soutien sur le visage érodé de l'abbé. -Elion est en chacun de nous et parfois nous met à l'épreuve Frère Lorizio. Et ce message en était-il une? Il avisa le papier reposant sur le banc comme la personnification de tout ce qu'il eut quitté. Son visage buriné ne laissa pourtant rien paraître de la cruelle flamme qui brûlait en sa conscience. -Ce n'est rien mon Père, rien du tout, n'ayez crainte. Répondit-il seulement avant de se redresser de sa large carrure. Mais l'abbé, de sa sagesse, n'était pas dupe et sentait bien la terrible mandibule injectée de poison qui s'agrippait au moine. Mais il ne dit rien, et le suivit du regard lorsque celui-ci se retira de la chapelle. Il remarqua néanmoins que le pli avait lui aussi disparu. Dans sa minuscule chambrette, le religieux à genoux, priait à côté du lit, mais ses mains croisées, aux veines turgescentes, trahissaient la tension qui l'animait et l'on pouvait entendre chaque inspiration et expiration tel le souffle d'un taureau. Tout cela faisait partis du passé, cette vie là n'était plus. Ses pensées fusaient avec autant de remords et de regrets, ce qu'il craignait. Et au milieu de ses évocations, il pria qu'avec plus d'ardeur comme si, cette obsécration exorciserait ses démons. Mais aussitôt, ses vieilles pensées telle une marée pleines de souvenirs, d'illusions et de promesses revenaient le tenailler. Furieusement, il se redressa et posa brusquement ses mains sur la petite table d'herborisme qui s'ébranla sous la pression musculeuse de l'ancien chevalier. Peut être que travailler le calmerait. Il s'affaira ainsi en macération, infusion et décoction. En qualité de moine médecin, il avait beaucoup appris, de ses frères et des plantes qui poussaient dans les marais en veillant toutefois à ne jamais franchir la frontière interdite de l'alchimie. Baumes et cataplasmes avaient ainsi remplacé glaive et pavois. Et aujourd'hui les huiles glissaient sur sa bienveillance plutôt que le sang sur sa colère. Œuvrer avait le bénéfice de réclamer sa concentration et les mots implorants disparurent de son esprit et le libérèrent de ce tourment. Lorsqu'il retrouva sérénité et quiétude, il ôta sa robe monastique et la plia soigneusement avant de se débarbouiller sommairement à l'eau fraîche puis il se décida à prendre un peu de repos avant que ne sonnent les matines. Mais la nuit est un domaine où le sommeil se fait putain, et lorsqu'il ferma les yeux, couché dans son modeste lit, elle déchaîna toutes ses pires langueurs. « ...Vous me voyez en cet écrit comme une pénitente... » Il se tourna sur le côté, s'enroulant brusquement dans le drap. Ils étaient si jeunes...Et lui se souvenait de son regard pudique derrière ses livres. « ...Hélas ce temps du bonheur est révolu... » Sa famille s'était retirée depuis le décès d'Athenaïs d'Estre, tant d'années eurent coulées comme un ruisseau vers un infini perdu. Il inspira et expira. Les silhouettes obscures suivaient le caveau, c'était là, le dernier souvenir qu'il avait de sa mère, cette boite noire qui avait dès lors remplacé son visage. Il se redressa subitement le buste en haletant, et laissa son regard divaguer parmi les ténèbres de sa chambrette. L'obscurité et le silence provoquèrent chez l'homme une profonde sensation de vertige et il se laissa retomber lourdement sur le lit. « ...Je ne me reconnais plus, je n'ai plus la force de lutter, s'il vous plaît... » Ces mots résonnaient d'une mélancolie pale, de ses sourires d'antan, des jardins sous le soleil, ces douces chaleurs de printemps, et les premiers frissons. Et le moine en réprima honteusement un, cette pensée le ramena au dégoût qu'il ressentait pour sa propre famille. -Je les hais...Murmura t'il pour se rassurer. Mensonge. « ...Mon frère se trouve atteint d'un mal dont aucun médecin n'a pu le guérir... » Il soupira alors puis se redressa en position assise, scrutant la faible lueur lunaire qui perçait discrètement à travers la meurtrière. Serrant les poings, il chercha de nouveau à chasser ces images de son esprit mais en vain...Elle avait appuyé pile là où il fallait, son sens de la justice, et à travers ce sentiment, son profond attachement pour « sa » République. -Je m'en remettrai à Elion, mais je ne peux pas. Et sur ces derniers mots, il se leva précipitamment, enfila chausses et robe monastique. Il se baissa pour attraper ce même vieux sac qui l'accompagna à son arrivée et le fourra de divers objets et fioles de premières nécessités, et lorsqu'il croisa son reflet sur la surface vitrée d'une fenêtre poussiéreuse, son regard s'éveillait de cette lueur impérieuse et chevaleresque que la vie monastique avait dès lors endormi . Il sorti de la chambre en silence, parcourant les couloirs tel un fantôme, ne souhaitant surtout pas croiser un de ces frères. Il traversa ensuite le cloître d'un pas rapide pour se diriger vers la lourde double porte et empoigna les épaisses poignées de bronze. Mais lorsqu'il tira dessus de toutes ses forces, les portes restèrent closes, fermées. Frère Lorizio laissa échapper un râle agacé. L'Abbé le savait, il s'en était douté. Il est bien malin pour un religieux, pensait-il avant d'aviser les alentours. Il y avait la citerne, si il réussissait à grimper à son sommet, il pourrait se hisser sur la toiture du cloître et franchir le mur qui le retenait à l'intérieur. Là haut, la lueur furtive d'une bougie brûlait derrière une fenêtre, et à travers cette fenêtre, le visage toujours placide de l'abbé. Leurs regards se croisèrent mais l'abbé ne laissa percevoir nulle émotion. Il hésita, mais au delà de ses vœux, et de l'Abbé, c'était une pluie de nouveaux remords qu'il craignait le plus. Et le moine s'élança alors, d'une ultime résolution, et s'accrocha aux charnières de la citerne jusqu'à se hisser en haut. Il chancela, puis tel un funambule avança prudemment avant d'aviser le dernier obstacle qui le séparait de Calpheon, la toiture était à, au moins, deux bons mètres de la citerne et il n'avait guère d'autres choix que de sauter. Il étudia la longueur...avec de l'élan, peut être. Il respira profondément et scruta une dernière fois le vide avant de reculer. Étrangement, il ressentait une excitation qui lui était plus que plaisante, un sentiment familier retrouvé, et il se surprit à sourire... avant de s'élancer. Il appuya sur ses pieds le plus fort possible et se jeta dans le vide...Pour se rattraper du bout des mains à la corniche en pierre. Son cœur lui donna l'impression d'exploser dans sa poitrine. C'était la marque de la peur, ce doux venin que ce monastère avait aussi enterré, et qu'il venait de profaner. Après un court instant à reprendre ses esprits, il se hissa sur la toiture et disparut, bien au delà des murailles du monastère. Quelques instants plus tard, le hennissement d'un cheval fendit le silence absolu des lieux, puis le martèlement hâtif du galop résonna jusqu'à travers les murs ivoires du cloître. L'abbaye Saint Benizio se découpait à travers le vêtement doré de l'aube, et Frère Lorizio était rongé de doute lorsqu'il jeta un dernier regard sur la bâtisse flanquée au bord des montagnes. Elle semblait toujours aussi imperturbable et hors du temps... -Il est trop tard...En route pour Calpheon.
  4. II. Eneryn. Le jour était déjà levé depuis quelques heures lorsqu'Astrhiver ouvrit les yeux. Son corps meurtri par la chasse de la veille lui faisait mal et chaque contraction lui donnait l'impression d'être brisée de l'intérieur. Nul doute que l'effort déployé hier, avait considérablement accru le risque d'accouchement avant le terme de sa grossesse. Elle posa une main sur son ventre avec toute la tendresse d'une mère louve prête à tout pour son petit, et un sourire se dessina sur son visage de porcelaine. -Shhh, calme toi, j'ai déjà assez mal comme ca. Souffla t elle, le ton léger, presque rieuse. Un rayon de soleil perça à travers la fenêtre de la demeure de Grana pour effleuré la peau satinée de l'elfe et elle profita de cet instant de calme et de volupté parmi les draps immaculés de son lit, fixant les arabesques iridescentes qui dansaient sur les boiseries. "Nous serons heureux, c'était ma dernière chasse..." Pensa t elle, sous cette agréable sensation de chaleur qui lui couvrait lentement l’épiderme. “Je leur ai donné nombres d’années, j’ai payé le prix du devoir, aujourd’hui tout est terminé...Je pourrai travailler comme travailleuse du bois, tailler arcs et flèches...et goûter aux joies d’une vie paisible.” Une seconde contraction la fit sursauter, se mouvant sur le côté, son corps se plia en deux tel un jonc et s’échappa de ses lèvres fines, un gémissement plaintif qui brisa la complète quiétude des lieux. La porte de la chambre s’ouvrit alors à la volée, et une femme aux longs cheveux blonds portant une robe en lin pâle apparue soudainement. -Astrhiver! Que se passe t’il? Je t’ai entendu crier. -Ce n’est rien Eneryn, des contractions encore et toujours… -C'est pour bientôt à mon avis, Ce n’était pas prudent tu sais… -Je n’avais pas le choix...Tu connais les règles. -Je connais surtout ton habitude à les transgresser Asthriver. Mais tu devrais remercier et prier Ganelle...Nul doute qu’elle a gardé un oeil sur toi hier...Rares sont celles qui ont réussi l’épreuve dans l’histoire du clan. Ses anciennes lois sont bonnes à jeter, le passé appartient au passé, ces épreuves sont d’un autre temps et d’un autre âge. Ce n'est pas le premier sang mêlé qui naîtra à Grana et ce ne sera pas le dernier. -Ses règles sont traditions Eneryn...Nous devons les respecter tu le sais. -A quoi bon? Imagine tu y serais resté...Combien sont mortes sous le joug de ces épreuves archaïques.nous avons été bien trop indulgentes avec lui… -Eneryn…Souffla Astrhiver, las. Elle connaissait fort bien l’inimitié de sa soeur pour l’homme qui guidait le clan depuis un siècle maintenant. Ce n’était pas nouveau, et dans le fond elle n’avait pas tord mais elle avait elle-même ses propres défauts... -Je suis plus jeune certes Astrhiver, mais je suis de plus haute lignée, je suis une prêtresse renommée.. -C’est surtout cela le problème avoues le dont. Tu ne supportes pas de ne pas être initiée aux secrets de Naerion. Les traditions ne sont qu’une excuse pour voiler les véritables raison de ta rancoeur. -Nous n’allons pas recommencer Astrhiver, ce discours est échaudé et abimé, je suis las de l’entendre à chaque fois que je remet en question notre hiérarche. Il était préférable de changer de sujet pensa Astrhiver alors qu’elle détourna les yeux de sa soeur pour poser un regard vers la fenêtre. -Quelle heure est-il Eneryn? -Le soleil est à son zénith ma soeur. -Oh..j’ai dormi toute la matinée? -Il semblerait. Répondit Eneryn, et elle s'avança vers le lit, le pas lent, le tissu immaculé de sa robe traînant sur le plancher. Levant une main gracile, elle vint effleurer délicatement la joue de sa soeur. Leurs regards se croisèrent et Astrhiver contempla le visage de sa soeur.Il y avait désormais cette brèche gelée dans les yeux d’Eneryn, et à la douceur de ses traits se mêlait la froideur d’une volonté sourde, une vie de sacrifices et de responsabilités, la violence des combats, le deuil des rêves. Nombres d’entres eux cédaient de l’empathie à la froide abnégation et la flamme fragile de la bienveillance disparaissait comme soufflée par le vent. Contrairement à Astrhiver qui avait aimé, le coeur d’Eneryn eut porté le sacrifice de sa foi foi et elle vivait avec le poids constant de sa solitude. -Il serait bon de te rafraîchir ma soeur, même les plus grandes guerrières ont parfois besoin d’un bon bain, puis cela détendra ton corps éprouvé. Astrhiver savait que refuser ne servirait à rien, elle avait le don d’être si entêtée puis la chaleur enveloppante des eaux et des vapeurs soulagerait ses douleurs. Elle répondit alors d’un simple sourire amusé. -Je vais faire préparer les thermes...Et la prêtresse tourna les talons et quitta les lieux laissant la chasseresse fatiguée au silence. Elle jeta un dernier coup d’oeil à la fenêtre, le soleil brillait toujours de ses plus beaux éclats et baignait la chambre d’un vaste et agréable halo doré, invitation à l’apaisement et à la paix. Ce serait une belle journée...
  5. Bonjour et bienvenue à toi. Si tu as des questions n'hésites pas, ma boite à mp t'est ouverte. Amuse toi bien sur Bdo!
  6. Chapitre X: "Interlude." Elle était l'église de leur vérité, un temple silencieux où les mots n'avaient pas leurs places, un atelier où seuls, tel deux artistes travaillant l'argile, il sculptait sa chair et son esprit. Cette chambre était leur royaume, et cette alcôve un bout de terre au dessus des abysses. Lui créature imparfaite, extraite à la fange de ce monde, et aux vies désolées, à la matière ébauchée couchée sur ce grand lit aux soies pourpres. Il n'était rien, qu'un petit rien, agrémenté de gouttes de chagrin, tel des coups de fusain. Une once de douleur, mêlée à une pincée de douceur, et autant de composants d'une substance qu'il ne cessait de retravailler et réajuster, de la boue à la majesté. -Dors toi qui espère...Si loin désormais de Kamasylvia. Là où toute lumière n'est plus. Même ceux qui se sont penchés sur ton berceau t'ont abandonné, mais eux ne savent rien, ils ne pourraient de toute façon comprendre. Tu es à moi. Les mots s'échappaient de sa gorge, alors que la silhouette massive n'était qu'une ombre nue face au clair de lune. Elle filtrait à travers les carreaux de verre de ses pales rayons mortifères et éclairaient les dalles au sol tel des flèches d’argent. L’instant était au calme et à la réflexion, du chaos à l’ordre, petite lumière fragile que le vent soufflera, mort et renaissance. Dans l’espace clos de cette non vie, la forme verticale de l’autel, terrible mat d’une guillotine aux tentacules d’acier, portaient les stigmates d’un crépuscule baigné de cri et de sang. Effusion et coulées rubis sur le sol de pierre et les chaines aux allures de dépouilles reptiliennes, allégorie de leurs péchés inconsolables. Ses prunelles nuit parmi la nuit, fixaient le corps étendu et endormis, sa nuque délicate, et cette chute de rein interdite. Beauté sauvage qu’il continuait de façonner encore et encore, corpus long et frêle, mieux que beau, fruit O combien comestible. Par habitude, sa main vint saisir un cigare dont il ôta l’extrémité d’une coupe nette. Il le porta à ses lèvres et fouillant dans sa poche, vint y porter la flamme capricieuse d’un briquet d’argent. Il tira une profonde bouffée, lente inspiration, avant de recracher une épaisse volute de fumée, tel le souffle d’un dragon. De quelques pas, il se rapprocha sans bruits du lit calciné par leurs brulants émois, et alors que ses doigts glissaient affectueux entres ses fils de sombre soie aux couleurs de cirage, son regard trainait sur les traces de son méfait, de sa grande œuvre. Entailles et écorchures, gouffres écarlates sur sa chair embaumée et blanche comme un lys, mutilations du corps et de l’âme, où l’eros se mêlait à l’horreur. Lentement, doucement, il prenait forme entre ses mains, et s’élevait un peu plus chaque jour et chaque nuit, bien sûr, il était loin d’en avoir terminé, loin d'achever son ouvrage. Il se montrait parfois impulsif, parfois indompté, le défi dans le regard, ses yeux innocents avaient appris à aimer ce fauve affamé où chaque caresse cédait à la morsure. La fatigue, mêlé aux fumées obscènes qui s’échappaient de son cigare voilait son regard saphir d’un trouble muet, aux côtés de ce corps de poupée de chiffon. -Ma plus parfaite création, vertueuse genèse. Souffla le noble à mi-voix. Ils étaient tous deux emporté par le destin, tel un navire l’est par la houle et la tempête avec pour seules destinations, les doux rivages ou le triste naufrage. Ils naviguaient parmi les vagues furieuses, mais tenaient la barre, pour se tenir à flot, et ne guère se noyer dans le désespoir. Alors il serrait les poings et se tenait droit, pour le protéger, pour éloigner les complots et les médisances et tous ceux qui se voulaient glas. Et dans cet océan de ténèbres, il serait le feu brulant d’un phare dans la nuit, la lumière d’un jour de soleil, irradiant de force de vivre, de rage de vivre. La fatigue pesait, doux linceul opaque, sur son esprit écartelé. Et il s’effondra près de lui, calme et apaisé, son dos musclé reposait sur les draps tel une pierre, et son bras se délia pour retomber dans le vide, délaissant le cigare qui roula alors sur le sol. Son corps était aussi lourd que le plomb mais son esprit lui s’envolait, loin, si loin de ce manoir, si loin de sa vie. Alors aux portes de ses secrets, il s’alanguissait, et commençait à rêver, seul voyage illusoire, qui lui permettait de briser les chaines de sa prison, et partager avec lui, le fruit interdit de ses désirs et ésperances.
  7. Bonjour, mes meilleurs vœux à tous et je vous souhaite pleins de (bon) jdr! Puisse Desert Noir encore longtemps prospérer!
  8. Magnifique ton perso Atsan, je regrette juste le noir qui est trop marqué à mon gout et gâche un peu son regard. J'adore son côté très androgyne @Atsan.
  9. Missive à l'attention de Madame Sylannrod @Shaardol. Gente Dame. La délicatesse des effluves de votre échoppe n'a d'égal que la finesse de votre savoir-faire. Je tenai à vous remercier pour ce parfum qui a fait forte impression à ma Dame. les douces senteurs de violettes furent un choix que je me félicite d'avoir pris, tant à son visage réjouis, j'en reconnus le sourire des beaux-jours. Vous savez comme il est si difficile de contenter une Dame, c'est si versatile n'est-ce pas? Qui sait si demain hélas, elle ne l'aura guère déjà oublié pour m'accuser de ne jamais lui offrir de cadeau et de me menacer de son index aussi inquisiteur que ce bon vieux Telemnar de s'offrir aux bras d'un quelconque amant. Si seulement elle savait comme j'en ai cure, seul compte pour moi son silence, car sa voix de harpie ne cesse de m'entailler les oreilles. Enfin, vous y êtes arrivé, grâce à merveilleux bouquet d'exhalaison, à la faire taire et ainsi, rien que pour cela, je vous en dois une Dame Sylannrod. En ma qualité d'homme de main et de confiance des Batian, vous comprendrez que j'ai bien des informations qui pourraient vous êtres utiles Dame Sylannrod, notamment sur les terribles agissements qui se cachent derrière les débats de l'Université et les ombres naissantes qui se repaissent du chaos que cela engendre. Déjà, j'espère que nos quelques réflexions et les questionnements que j'ai, modestement, tenté de vous apporter auront pu éclairer vos lanternes. Permettez moi de vous retrouver à la taverne du Renard Aviné Dame Sylannrod. Dites moi quand, et je viendrai à vous, si bon, et généreux que je suis. Mes distingués hommages. Un pauvre homme à qui vous avez apporté bien du répit.
  10. Le chant du Cygne. II. L’ombre massive recouvrait le corps du gamin de sa plus haute stature. Figure aussi patriarcale qu’autoritaire, l’angelot brun en frémissait. Dans la chair de sa paume, s’enfonçaient les ongles de Circé tout comme son cœur s’embourbait d’effroi, et il redressa des yeux ronds baignés d’innocence sur le regard dur de son père. La main crispée sur son épaule affaissa quelque-peu l’enfant sous le poids d’une crainte. Il était perdu, perdu entres la honte et la culpabilité de déranger ce Seigneur tant occupé mais le plaisir et le besoin de retrouver ce père si eloigné. -Que faites-vous ici les enfants ? Dans la voix du Seigneur du domaine, nul reproche mais quelques nuances d’une autorité somme toute naturelle qui écrasèrent un peu plus les enfants sous le poids de la peur, et de la faute. -Nous jouions Père. Souffla simplement Raffaelle. -Vous savez que ces lieux vous sont interdis…Et la voix du père martela cette fois-ci ce reproche en simple mais violent coup de marteau. -Oui Père. Souffle le gamin en penchant la tête puis il courba les yeux. Ses mains se nouèrent un peu plus dans celle de sa sœur, et ses doigts fins s’y accrochant comme les feuilles d’Automne s’accrochent aux branches pour ne point mourir. Il en ressentait alors son petit corps tremblotant, et l’effroi mise à nu. -Chaque chose à ses secrets, vous l’apprendrez. Lorsque je donne un ordre c’est que celui-ci a ses raisons d’être. Enfreindre un ordre c’est alors laisser à un secret le droit de murmurer. Les propos du Patriarche sonnaient tel une énigme trouble aux esprits puérils des deux gamins, et même s'ils n'en comprenaient guère le sens propre et que les mots s'envolaient, Raffaelle en restait pétrifié, le regard happé par le poids écrasant de toute son autorité. Il attendait tel un condamné craint sa sentence, le cœur serré, la poitrine oppressée, mais rien ne vint, qu'une main puissante lui ébouriffant les cheveux. Et s'évaporèrent ses craintes à l'orée d'un sourire si doux, soulagement profond d'une angoisse qui disparut comme neige au soleil. Lorsque l'on toqua trois coups à la porte. -Oui. Résonna la voix du patriarche parmi le cabinet feutré. Et lorsque la porte s'ouvrit, le profil émacié et gêné de la gouvernante s'immisça parmi l'embrasure. -Monseigneur? La voix d'Ophelia trahissait une inquiétude si profonde dans le ton, qu'elle en fut presque palpable. Le patriarche redressa un regard sévère, tel deux yeux de feu prêt à incendier celle qui osait déranger ce rare moment d'intimité. -Qui a-t-il Ophelia ? Demanda t'il sèchement. -Le précepteur des enfants, Monsieur de Breuil attend dans le petit salon, Monseigneur. Il est d'une humeur exécrable, vous savez comme il déteste les retards...Son minois accusait une fausse sévérité, vague impression de gêne et de malaise qui témoignait de toute son affection pour les enfants. -Non Père, je ne veux pas apprendre mes lectures aujourd'hui. Coupa le gamin dans toute sa spontanéité juvénile. Circé et moi aimerions jouer aux jardins, nous avons vu la neige tombée à gros flocons ce matin depuis la fenêtre. Le Seigneur lorgna vers les deux garnements, outre la surprise, l'amusement se mêlait à une forme d'agacement aux propos d'Ophelia. Ce monsieur de Breuil se montrait bien insistant et de plus en plus agaçant. Dans un relent autoritaire, et par pur plaisir de contradiction, le patriarche Leonardo esquissa un bref geste nerveux de la main, mais fort de dédain et de mépris. Etait-ce en direction de la gouvernante ou bien du pressé Monsieur de Breuil? Peut être un peu des deux. -Renvoyez Monsieur de Breuil pour aujourd’hui Ophelia, et accompagnez les enfants aux jardins. Vous avez entendu, ils ont le besoin de se divertir. -Mais…Elle hésita et l’idée même de chercher à discuter, mêlé à ce regard insistant qui influençait son être tel la course d'un serpent parmi les barreaux , lui arrachait un frisson avant qu’elle ne céda. Oui Mon Seigneur. Les enfants…Allons y et laissons votre Père en paix. Ophelia avec cette façon si douce de tendre la main, invita les enfants à la rejoindre, et ce fut Circe qui lâcha la petite senestre de son frère en première pour courir vers elle de ses pas feutrés. -Raffaelle ? appela l’ingénue enfant de cette moue candide et si caractéristique, poupée de chiffon, de porcelaine si fragile. -Père ! Attendez, venez avec nous ! Nous pourrions faire des sculptures dans la neige! Des chateaux! Des... Il cherchait ces mots, à ce cœur qui criait et réclamait une affection, une présence, qu’il désirait tant. Son regard chassait, alerte, et oscillait entres les prunelles azurées de sa sœur et le visage impassible et fermé de son père, dernier regard, dernier espoir, en vain. Espérer c’était se condamner, cela il le savait déjà, si jeune, car déjà l’imposante figure patriarcale fit volteface parmi l’ambre et la fumée pour disparaître derrière la porte de ses secrets. Vie de noblesse, vie de tristesse. Raffaelle retrouvait à pas lents la gouvernante qui lui déposa un délicat baiser sur sa chevelure abondante. Mais ce baiser ne réchauffa en aucun cas son cœur d’enfant, devenu amertume et colère. Il était tel un homme à l'eau qui cherchait à regagner le rivage mais emporté par le courant, il avait beau se débattre, faire tous les efforts nécessaire, sa volonté ne lui inspirait plus que la noyade, et les doux rivages s'éloignaient, cruelle verité. Il quittèrent les tristes lieux, ce salon embrumé qui avait autant peser sur son esprit, Ophelia refermant les doubles portes. -Allons jouer Raffaelle! La voix joyeuse de Circe arracha Raffaelle à ses peines, et il suffit d'un seul de ses sourires pour panser les plaies de son cœur abimé avant qu'ils ne s'en aillent en courant, traversant de nouveau la vaste salle de bal pour rejoindre les jardins enneigés.
  11. @Clairemarie IL a une belle gueule le yeti.
  12. Merci @Kaewyn La Renarde , nous nous posions justement la question à plusieurs, pour le jouer irp. Voila nous avons quelques éléments de réponse.
  13. Bonjour et bienvenue à toi. j'espère que tu trouveras ton bonheur sur Bdo, ce qui est sur c'est que le jeu ne manque pas de jdr.
  14. Depuis l'intervention des trois compagnons, il se dit que Sieur Fallagie aurait réussi à redresser la situation au sein du quartier des ateliers, les matières premières ont recommencé à affluer et le travail a pu reprendre au grand soulagement des Encarotia et de la famille Erne. Le Sieur Fallagie mise au courant du guet apens ordonné contre Adrastee, Lhyon et Aeluin, serait monté au créneau pour dénoncer les basses manœuvres d'un Parlement corrompu, arguant à qui veut l'entendre qu'il n'est plus qu'un conseil Oligarchique et tant éloigné des réels besoin de Calpheon. Face à la popularité croissante des Fallagie sur le plan politique, les Encarotia s'inquiètent, et les Erne seraient dans une position des plus inconfortables. Il faut dire que Silandro Fallagie diplomate au sein de la maison Erne a toujours été un allié, et des liens d'amitiés unissent les deux familles. Cette position est d'autant plus délicate que les Ferresio auraient envoyé leur diplomate "Monsieur de Fressignol" afin de contrer la popularité croissante de Silandro Fallagie. Anne de Keplan, proche des Encarotia, raconte même que Fallagie ferait tout pour que les Erne accusent les Batian de complot. Il va sans dire que la position précaire des Erne actuellement ne permet pas à ceux-ci d'être des soutiens de poids dans le combat pour l'ouverture de l'Université, et il en faudrait de peu pour que les Batian gagnent enfin la partie. Mais le Comitia toujours plus inquiet et dernier soutien au projet, craint alors que ceci ne fasse que nourrir le brasier d'un Parlement déjà au bord de l'embrasement. Et derrière ce chaos naissant, les pions de l'échiquier de Calpheon continuent d'avancer. Résumé actuel de l'avancement de la trame: Le parti conservateur a le dessus concernant les débats sur l'Université. Les Erne sont considérablement affaiblis, et les Encarotia prennent doucement leurs distances avec leurs plus vieux alliés. Sachant qu'ils étaient les deux principaux soutiens à l'Université, l'ouverture de celle-ci est des plus précaire. Sieur Fallagie suite aux récents déboires du quartier des Ateliers et après avoir réussi à régler la problème d'approvisionnement et mis fin à la grève des travailleurs jouit d'une popularité qui commence à concurrencer les Erne, il serait actuellement en position de force. De plus en se montrant extrêmement agressif avec le parti conservateur , Sieur Fallagie porte les prémices d'une scission net au Parlement, pire l'ombre d'un conflit sans précèdent est murmuré à demi-mots avec crainte. Les conservateurs voient cela d'un très mauvais œil, que ce soit les Batian ou les Feresio. Mais les Batian refuseront tout contact et tout débat avec les membres du projet Université principalement du aux précédentes accusations qui les ont porté publiquement en faux face au parlement. Monsieur de Fressignol aurait été mandaté par les Feresio pour enquêter secrètement sur Fallagie. Anne de Keplan, proche de la famille Erne, s'inquiète de la perte d'influence des Erne au sein du Parlement, au détriment de l'influence de Sieur Fallagie.
  15. Je bosse les deux nuits. T_T. Un joyeux Noel à tous.