Galathea

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    Galathea

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  1. es caractères physiques des cristaux, qui servent à les déterminer, sont : 1. La cristallisation C'est, selon toute évidence, l'Origine. Ourdie au sein des terres au long d'une temporalité qui ne nous est pas sensible, elle consiste en un processus aussi naturel que mystérieux. La cristallisation se produit en secret, loin des contraintes des hommes, loin de leurs influences, et c'est pourquoi l'on peut dire des cristaux qu'il sont une matière pure, naturellement vierge de toutes empreintes spécifiques. Cette rare forme de neutralité est particulièrement précieuse aux yeux des alchimistes, qui sont à même d'inscrire en la matière structurée mais vierge du cristal leurs propres intentions mystiques. Concrètement, la cristallisation est l'ouvrage de la Terre qui façonne lentement un produit solide, pur, assemblé de manière régulière, et ce à l'infini. L'on note que la plupart des cristaux sont composés de plusieurs cristaux accolés, et que tous présentent en réalité des irrégularités dans leur assemblage. Le simple joaillier aura tendance à croire que moins il y a d'irrégularités, plus la qualité du cristal est grande. Les artisans du soin ou des procédés alchimiques savent qu'il en est tout autrement, chaque type d'irrégularité pouvant s'avérer une vertu dans le cadre d'une visée précise. Ainsi, pores, précipités, macles ou inclusions peuvent être d'un grand intérêt. 2. Les accidents de lumière Ce sont la couleur et l'éclat du cristal, auxquels nous pouvons ajouter son éventuelle phosphorescence. Il existe une diversité proprement fascinante de couleurs cristallines, ce qui en assure certes l'attrait esthétique, mais témoigne surtout à un œil aguerri de la nature précise du cristal, et donc de ses propriétés. N'oublions pas que la couleur-même est un rayonnement, et qu'en cela, comme tout rayonnement nous impactant, elle peut produire des effets que certaines philosophies orientales ont tenté de catégoriser... [L'auteur tente ici une vague description de ces catégories, dont il est visiblement peu familier.] [...] Le lapidaire aguerri n'oubliera pas que certaines techniques, comme le rougissement au feu, peuvent être employées pour modifier la couleur d'une pierre et la faire passer pour une autre. 3. La pesanteur spécifique Chaque corps possède une tendance naturelle à se rapprocher de la terre, mais chaque corps exerce une pression différente sur la matière qui le soutient... [L'auteur s'embarque ici dans des considérations techniques complexes]. [...] Ainsi, une balance est indispensable à la panoplie de tout bon lapidaire, pour l'aider à déterminer la nature d'une pierre lorsque les accidents de lumière ne suffisent pas, mais aussi pour lui permettre de déceler toute supercherie à l'occasion d'un achat. 4. La dureté Le moins un cristal peut être rayé, par du diamant ou du verre blanc par exemple, le plus il sera dur. Ce paramètre est bien sûr déterminant pour tout travail de gravure. 5. La réfraction Chaque cristal sollicite les rayons lumineux à la mesure de sa structure spécifique : certains ont par exemple la propriété de dédoubler les rayons et c'est ce que l'on appelle la double réfraction. Il est à noter que la réfraction peut facilement être mesurée sur une pierre brute, mais bien moins sur une pierre taillée qui répète à l'infini les images dans ses multiples facettes. Le lapidaire doit alors utiliser un dioptre. 6. Le magnétisme Nous avons observé que certaines pierres, tel l'ambre jaune, après avoir été frictionnées, ont la faculté d'attirer des corps légers tels que brins de paille ou poussière : nous appelons cela l'attraction magnétique. Certaines autres ont la propriété inverse, et nous appelons cela répulsion magnétique. Il est peu aisé de mesurer avec précision les propriétés magnétiques d'une pierre, mais les individus sensibles à ces énergies utilisent des baguettes de cuivre à cet effet. Certains témoignent que l'association d'une pierre d'attraction et d'une pierre de répulsion produit un flux d'énergie magnétique, mais fort difficile à amplifier, manier ou maintenir... Nous conseillons cependant aux artisans souhaitant explorer ces potentialités cristallines d’œuvrer par temps sec, car l'air humide a tendance à s'emparer du fluide magnétique et l'annuler. Il est bien évident que c'est cette dernière propriété qui intéresse le plus les radiesthésistes qui font usage du pendule de cristal pour interroger les énergies.
  2. AVANT-PROPOS.

    Traité décrivant les vertus médicinales voires magiques des pierres. Avec notes, commentaires et un appendice sur les propriétés physiques des pierres et cristaux à l'usage des gens du monde vu et corrigé par plusieurs marchands, ayant été en maintes régions, et avec l'opinion des habitants de ces dernières compulsé et rédigé par Al Ib Thysar, joaillier en Valencia. es pierres noires ont attiré, de tout temps, l'attention des amateurs, par leur beauté, leur éclat, leur rareté et surtout par la puissance qui en émane. Certains leur attribuent une vertu protectrice, et nombre d'habitants de Glish ou de Keplan portent sur eux une petite bourse de pierres noires, qui ont la vertu de les protéger contre la malchance et les aléas de la vie. D'autres peuples ont su exploiter avec brio leurs propriétés offensives, attirant l'envie et semant la crainte dans les cœurs de leurs ennemis. Ainsi, sans conteste, nous pouvons dire que la pierre noire est la Pierre des pierres, la plus précieuse d'entre toutes. Mais nombre d'autres minéraux veinent les massifs rocheux de nos contrées. Nombre d'autres cristaux ont, depuis des temps immémoriaux, été utilisés comme objets non seulement de parure mais aussi de soin ou de magie. La science de la minéralogie a su depuis mettre en lumière les nombreuses qualités de ces cristaux, dont la nature et l'origine diffèrent de celles des pierres noires, mais dont le rayonnement a quelque chose de similaire en cela qu'il résonne d'une énergie magnétique vibratoire qui n'est pas sans trouver des échos dans notre propre constitution physique. Pourtant, la science n'est pas seule parole à apporter la vérité sur les pierres. L'usage et les pratiques anciennes avaient déjà l'intuition, oserons-nous dire, pure et véritable, des propriétés intrinsèques à chaque cristal. C'est pourquoi nous avons fait le choix d'introduire chacune de nos analyses par la reproduction, traduite de l'ancien valencien, des descriptifs du plus ancien lapidaire connu et retrouvé à ce jour. Avant de développer notre abécédaire des minéraux, nous avons fait le choix d'introduire diverses analyses et présentations techniques, portant sur la nature physique des cristaux et sur les pratiques artisanales primaires qui permettent de les travailler en vue d'un usage ornemental, thérapeutique ou alchimique. Al Ib Thysar, joaillier en Valencia.
  3. Le petit rez-de-chaussée de la résidence de Menetios a pris une grande respiration aujourd'hui : grincements de volets grands ouverts, lourdes tentures sombres flottant au gré du vent de la rue principale de Tarif, la petite pièce qui avait dans le temps fait office d'entrée principale a toussé sa poussière dans les rais de lumière du village. Étrangement, le seul meuble installé a pris place dans la rue-même, calé dans le recoin entre une fenêtre et le grand escalier extérieur, juste en face de la Croisée : un établi de travail en bois, comme une sorte de... machine à coudre ? Ceux qui se seront approchés auront pu distinguer une roue abrasive horizontale reliée à un mécanisme actionné avec le pied, non loin d'une autre, plus petite et verticale, au grain plus fin. Les plus érudits auront reconnu là l'établi d'un lapidaire... En milieu de journée, on aura vu une sorcière aux cheveux argentés s'y installer, tester les mécanismes, partir chercher du matériel à la Croisée, et revenir munie d'une sorte de grossier bâton à l'extrémité duquel un cristal brut un peu rosé semble accroché par l'effet d'une cire sombre. Elle aura ensuite passé là plusieurs heures, penchée sur son ouvrage, à appuyer sur la pédale aidée par l'élan régulier des impulsions d'énergie sombre, et à faire tourner la roue abrasive. De loin en loin, un air sceptique aura ombré son visage : visiblement, le processus n'est pas, ou plus, maîtrisé... Le jour déclinant, une pierre de quartz rose fissurée, au polissage partiel et totalement irrégulier aura été offerte au premier intéressé venu, tandis que ce premier essai expirait avec le rangement de l'établi dans le néant du rez-de-chaussé par un homme au visage tâché de sombre.
  4. Les screens sont fabuleux, absolument épiques, merci @Maijha ! Je me suis bien éclatée avec ma Corneille inventée sur le tas ! Super soirée !
  5. Quitter la forêt de Tungrad aurait presque été un soulagement si chaque projection galopée de sa monture n’intensifiait pas l’étau qui, progressivement, enserrait le crâne de Galathéa. Les lèvres pincées, elle laissa l’animal la ramener à Tarif, obnubilée par cette impression angoissante que ses veines se rétrécissaient dans sa tête et que l’afflux d’un sang entêté y forçait son chemin à coups de pulsations sourdes et puissantes. Sa boîte crânienne devenait la chambre d’écho d’un tambourinement sauvage qu’une soufflerie bruyante ne cessait d’encourager. Une fois sur place, il était hors de question d’adresser la parole à quiconque, sa mâchoire crispée ne le lui aurait de toute manière pas permis. Elle rentra chez Menetios sans avoir aucune conscience de son éventuelle présence et fila dans le recoin le plus sombre de la pièce la moins éclairée comme un pèlerin du désert vers son oasis. Attrapant la première couverture venue, elle s’assit en tailleur face à un coin de mur et rejeta l’épais édredon par dessus sa tête. Sous cette tente de ténèbres improvisée, elle ferma les yeux, laissa aller son front molletonné contre la paroi la plus proche, et ne bougea plus d’un pouce, toute à sa souffrance. Elle savait que c’était le prix à payer. Comme une compensation : s’accrocher aux fils du passé privait parfois de la conscience du présent. Elle s’était entêtée à suivre une poussière depuis longtemps balayée par les flots du temps, jusqu’en des terres lointaines, s’était littéralement étouffée à la localiser d’une manière trop précise. Une traque qui n’avait sans doute duré que le temps d’un battement de cils, durant laquelle son esprit s’était étiré dans l’espace et dans le temps comme la pâte à sucre d’un extravagant confiseur. Le bonbon multicolore et difforme qui en ressortait, et qui s’explosait maintenant contre ses paupières closes dans un feu d’artifice d’incohérences, aurait sûrement plu à Léolina. La nuit, le jour passèrent ainsi, et au milieu du chaos une inquiétude froide s’imposa à elle : plongée dans les bribes éclatées du fin-fond de sa vision, elle n’avait plus senti aucun besoin de revenir. Envolée si loin, qu’elle s’était perdue, et la gorge enserrée d’une squelettique main noire n’était plus la sienne.
  6. "Seigneur, maître du temps, force des éléments des quatre points, Dans ce cercle sacré ne laissez entrer que le bien, dans ce cercle sacré se trouve le pèlerin. Protégez-le par votre puissance, avec parfait amour et en parfaite confiance." Dans l'esprit de Galathéa, et contre la coutume dont elle avait appris récemment l'usage, c'était ce jour-là la grande tente commune qui représentait le cercle sacré. La prière résonnait dans sa tête au rythme hasardeux des bourrasques de sable qui fouettaient les tentures. Elle se sentait, pour son premier pèlerinage Aalan, pleine de mysticisme et de foi sacrée, avec cette pointe d'excès que l'on trouve chez les récents convertis. Mais n'était-ce pas une fatalité qu'en retrouvant ses racines Kelevra la jeune femme, qui avait été la première à se jeter dans les bras d'Elion lorsque l'existence l'avait malmenée sur les terres Calphéoniennes de sa jeunesse, retrouve également le lien entre son cœur et Aal, dont la vénération imprégnait tant les mœurs de son clan ? Elle avait eu plaisir à accompagner, de loin, Ikhlas dans sa prière, ravie de se sentir désormais liée par la foi à cet homme qui l'avait par le passé sauvée de la Corruption. La tête hallucinée de prières et de sable, elle recevait les braillements du nourrisson comme le mantra même de la vie, et les youyous de la vieille femme l'emportaient, par leur étrangeté, dans une fascination admirative. Bien sûr, elle sentait bien que la tension commençait à monter sous la tente, et qu'un homme particulièrement nerveux s'agitait en provocations de toutes sortes. Lorsque la situation devint critique, il sembla à son esprit empli de foi que c'était peut-être, au même titre que la tempête, une épreuve divine qui leur était envoyée là. Comment réagir face à des démonstrations de violence hautaine qui, au fond, ne nous concernent pas ? Elle ne savait. Mais lorsque Hassan fit boire du sable à Shahan, dévoilant par là toute l'horreur dont il était capable, elle sut, car ses joues s'empourprèrent de rage et son cœur lui criait alors qu'elle était concernée, qu'elle le veuille ou non, et que rester coite serait un crime. Voyant qu'Ikhlas lui-même s'était senti le devoir d'intervenir, elle s'avança vers la scène des tensions, et au premier geste agressif de Hassan envers un pèlerin, le plaqua au sol, l'appelant à se comporter plus dignement s'il voulait préserver son intégrité physique. Mais il semblait impossible de faire entendre raison à cet homme, et elle fut soulagée de le voir se faire assommer puis ligoter. Elle ne put empêcher en elle un sentiment d'effroi silencieux lorsqu'Ikhlas proposa de livrer les perturbateurs à la tempête. Certes, Aal jugerait, mais la violence du souffle qui avait déchiré les toiles de leur tente ne lui semblait en réalité laisser aucun doute sur l'issue du jugement. Elle se trompait, peut-être, après tout on ne les abandonnerait pas non plus dans la fournaise, comme elle entendit quelqu'un le faire remarquer. Mais alors, n'était-ce pas l'idée qu'ils puissent en réchapper qui, au fond, la révoltait ? Elle fut presque soulagée d'apprendre qu'ils avaient pour intention de vendre Shahan à Altinova, violant par là les lois de Valencia. Falkynn confirma qu'ils seraient récupérés par la patrouille de l'armée Katan et probablement envoyés croupir à Pila Ku. Ce n'était pas justice divine, mais c'était justice tout de même. Alors qu'elle retournait s'asseoir, elle songea à la gourde qu'elle avait offerte pour soulager les lèvres de Shahan. Et si c'était précisément en vue d'un tel don qu'Aal intimait aux pèlerins de jeûner, conservant ainsi le précieux liquide pour celle qui en avait eu besoin ? Comme emplie d'une vérité intérieure, elle se coucha auprès des siens, dans la sérénité d'une conviction qui faisait sens et balayait les tensions passées. Cependant, dans ses rêves embrumés d'encens, deux ombres aux yeux de feu et au souffle de sable venaient l'étreindre en hurlant d'un cri de l'autre monde, et son sommeil fut agité jusqu'à ce qu'un bras réconfortant vienne l'apaiser.
  7. < --- Conte librement adapté d’un des “Contes des sages du désert”, par Paul André, éditions du Seuil, avec la participation de Nôd/Sadie et la bénédiction d’Eleazar --- >
  8. Une affiche présente sur différents panneaux à Tarif depuis une semaine.
  9. Méditation contée de la Pleine lune

    jusqu’à
  10. La carte du Gardien de la Nuit représente une chouette de couleur sombre, au regard démesuré et trouble. Ses serres se perdent dans l’incertain. Elle est entourée d’une nuée d’auras couleur de jade. Oracle du 27e jour de l’Éléphant, à Tarif
  11. Résolument mystique. C'est ainsi que l'on pourrait décrire Galathéa depuis qu'elle s'est installée à Tarif. Malgré sa présence lors de l'inauguration de la Croisée, elle s'était faite très discrète et peu présente au village. C'est qu'une passion l'animait, une passion que l'on ne développe pas en compagnie des hommes, mais bien loin d'eux et de leur tumulte : ses visions. La seule puissance qui obsède désormais la jeune femme est celle du don de clairvoyance, qu'elle avait appris avoir hérité de sa branche maternelle Kelevra. Ainsi, Galathéa s'est rendue dans les lieux les plus reculés pour pratiquer la méditation et gagner en clarté d'esprit, sans jamais pour autant laisser faiblir ses liens avec le clan dont elle était Sadvhi et le village qui l'accueillait. Si quelque chose s'est affaibli, pourtant, c'est son corps, contraint à de longues séances de contemplation et de jeûne : toujours mince et pâle comme une fille de Keplan, mais le regard plus que jamais lunaire. Si dernièrement elle semble reprendre ses activités de lithomancienne et lithothérapeute à la Croisée, on ne manque pas de la voir régulièrement "ailleurs", profondément absorbée par la vision d'une souris, d'un oiseau, d'un lézard ou de tout autre membre de la faune environnante...
  12. Vivace de Lune Noire en Éléphant

    - Le Crabe Carapatombe Interprétation de la Vivace pour les 14 jours de Lune Croissante : Valeurs : Patience. Résilience. Santé : Vous avez plus de vitalité que vous ne le pensez. Émotions : Faites-vous une carapace. Vous en aurez besoin. Activités : Vos tâches actuelles vous semblent particulièrement pesantes, mais vous aurez en fin de période la force de relever les défis. Devise : Menaces et conflits, surtout s’ils sont enterrés de longue date, pourraient se réveiller d’ici la Pleine Lune.
  13. S’accrocher aux mots comme à un fil… Le 1er du Bouclier de l’an 286 Le 13 du Bouclier de l’an 286 Le 20 du Bouclier de l’an 286 Le 21 du Bouclier de l’an 286 Le 28 du Bouclier de l’an 286 Le 2 du Berserker de l’an 286 Le 6 du Berserker de l'an 286
  14. Le 26 du marteau, les docks de Calphéon ont résonné d'une floppée d'insultes bien terreuses, beuglées par une paysanne aussi souillon qu'alcoolisée. Si cette verve si fleurie semblait d'abord adressée à un certain Oberen qui aurait récemment chassé la malheureuse de ses terres, les vapeurs de la boisson ont redirigé la logorrhée injurieuse vers quelques gardes faisant le pied de grue non loin de là. L'un d'eux semble en avoir pris particulièrement pour son grade, et à son grand dam on rejouait encore le lendemain dans les rues adjacentes, plus ou moins discrètement, l'humiliation subie, sans que personne ne sache exactement où s'arrête la reconstitution et où commence la surenchère toute personnelle : "Ah l'sottard ! Ah l'souillaud, qu'elle disait ! Oh le gargouilleux ! Ah j'en ai vu de la taupe mais celle-là faudrait bien qu'elle retourne sous terre, qu'elle disait ! Quel veule faquin d'orchidoclaste, hein !" Et on s'amusait tout autant de la gueuse finalement rossée par la garde et traînée jusqu'aux geôles. La populace du petit jour n'aura prêté que peu d'attention, le lendemain matin, à la sortie de prison des détenus de la veille, dont elle a fait partie, tête basse, visage tuméfié sous une chevelure d'un gris terreux ébouriffée. Sans doute ce sevrage musclé aura-t-il été efficace puisqu'elle se sera simplement perdue dans la foule, les lèvres bien scellées cette fois.
  15. Vingt-six ans... Cahotant au milieu des dunes sur le dos de sa monture, délirant presque de chaleur, il sembla à Galathéa que le désert s'était constitué des grains du sablier de l'absence, qui pendant vingt-six ans avait coulé sur sa vie, décomptant les années, les mois, les jours, les heures, les minutes, les secondes d'une existence coupée de ses racines. Tant de sable écoulé, que le sablier de verre s'était brisé en cet erg infini qui rayonnait de la brûlure du manque. Sa mère s'y cachait-elle vraiment, pèlerine du temps perdu qui sans cesse lui filait entre les doigts ? Le chemin avait été long. Ancado, le port de Shakatu, l'oasis d'Ibellab, le sanctuaire de l'Abstinence, celui du Partage, et enfin celui de la Sincérité... A chaque étape, Galathéa se demandait si celle qu'elle poursuivait n'était qu'un mirage, semblable aux volutes colorés qui trompaient parfois ses yeux au fin fond de l'horizon des dunes. Et lors de chaque trajet, elle se demandait si la piste qui la menait à Naïs allait soudain disparaître dans le sable, tout comme les traces de pas du dromadaire devant elle, souvent soufflées par le khamsin avant même qu'elle ne les rattrape. Sans doute cette quête était-elle également intérieure, et remontait à un temps encore plus lointain, pour venir prendre origine dans le cœur de l'enfant Galathéa en ce jour où le jeune Lokhart, à Keplan, lui avait révélé qu'elle n'était pas la fille de ses parents, mais rien de plus qu'une bâtarde adoptée. Si l'amour d'une famille simple et tendre avait longtemps atténué le désir d'en savoir plus sur sa véritable origine, l'arrivée de Sadie à Keplan, il y a de cela environ six mois, avait ravivé la flamme de la curiosité, voire même du besoin de savoir. Sa quête n'était-elle pas finalement à l'image de leur cheminement parmi les sanctuaires d'Aal ? D'abord une longue période de retenue, où elle s'était abstenue de chercher à savoir, puis une période de questionnement, de partage des informations et des connaissances, et enfin, peut-être, le temps des retrouvailles sous le signe d'un amour maternel sincère et rassérénant... Lorsqu'elle avait vu Ismet sortir des fourrés au dessus du point d'eau du sanctuaire, accompagné d'une silhouette féminine, elle n'avait d'abord pas osé y croire. C'était probablement un témoin de plus qu'il escortait jusqu'au groupe, et qui allait à nouveau, comme à chaque fois, leur indiquer une nouvelle piste, un autre sanctuaire, un autre recoin du désert, où ils se rendraient éternellement jusqu'à devenir eux-mêmes des volutes de sable et de vent virevoltant pour toujours sur les crêtes des dunes, portés par un espoir impossible. Et Galathéa, stoïque, se sentait prête à embrasser ce destin, puisqu'après tout le désert n'était-il pas la véritable matrice originelle des Kelevra, leur Mère à tous ? Mais alors que la silhouette descendait vers eux, de rocher en rocher, Galathéa réalisa qu'elle se trouvait bien face à ce miroir d'elle-même, légèrement patiné par le temps : sa mère. Et comme à chaque fois qu'un grand rêve se réalise, le temps et le réel se dissocièrent pour figer cet instant dans une éternité de stupéfaction, de joie et d'incrédulité folle. Allait-elle fuir ? Allait-elle la repousser à nouveau, comme lorsque ses visions l'avaient menée jusqu'à elle ? Allait-elle leur en vouloir d'être venus la traquer alors que tout indiquait qu'elle se cachait ? Le cœur, soudainement, balaya toutes ces questions dans un élan d'amour naïf, et Galathéa s'avança vers sa mère, qui répondait à son sourire, pour l'enlacer. Vingt-six ans. Vingt-six années sans elle et tant de questions sur cette absence... Mais ce soir-là, lovées au creux des sables du temps qui enfin s'étaient figés, non loin d'une larme de fraîcheur, aux pieds de l'autel de la Sincérité, une mère prépara une tisane pour sa fille, comme si toujours elle avait été là.