Ceresayaria

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Profile Song

À propos de Ceresayaria

  • Rang
    Grue Astrale ou Sauvage des Steppes.
  • Date de naissance 21 août

Informations RP

  • Personnage principal
    Saya / Arialyss Salviati
  • Personnage secondaire
    ✿ Cérès - Huang Li-Wei ✿
  1. En cette période de l'année, en septembre où les grappes de raisin murissent, voilà que les viticulteurs se retrouvent dans leurs vignes à couper les fruits de leur labeur pour les déposer dans les hottes des fermiers les plus bâtis et de les mener dans de grosses comportes, qui seront acheminés dans des chariots. En accord depuis un an, certains viticulteurs de la région transportent leurs convois en direction du Domaine Mirabela, anciennement la ferme des Loggia. De ce fait, on peut noter une circulation abondante de charrettes se dirigeant vers le domaine. Ces raisins seront ensuite mis dans un pressoir avant d'être mis en cuve. C'est après une longue période de cuvaison, qu'enfin les viticulteurs pourront faire savourer le précieux nectar de table tant attendu dans les foyers. Il est à noté qu'une forte odeur prenante et désagréable (issue des pressoirs) pourra être perçue pendant plusieurs jours.
  2. Services

    Demeurant à Balenos depuis un an, la direction du Haras, grâce à l'aide de ses employés ont mis en place un nouveau service qui consiste à louer les chevaux de trait, de débardage ou bien de bâts pour les fermiers et paysans n'ayant pas les finances nécessaires pour en faire l'acquisition définitive. Ce nouveau service permet donc de louer les équidés soit : contre une petite somme (symbolique) selon le nombre d'heures de location (arrangements à établir pour le logement et nourriture s'il fallait que le cheval reste plus d'un jour) échanges de services (à définir avant la location) Toute location se fait contre signature afin de responsabiliser les loueurs et leurs propriétaires. Ce service est développé afin de favoriser l'entraide entre les différents agriculteurs et les relations sociales et commerciales à venir.
  3. Merci pour l'événement. Belle mise en ambiance et très bon choix du lieu. On sent qu'il y a eu un très gros investissement derrière, les récits de chaque objet étaient intéressants et originaux. J'ai beaucoup aimé et pardon de ne pas avoir pu resté jusqu'à la fin.
  4. Douce parenthèse Voilà bien plus d'un mois que les Salviati se sont absentés de leur résidence. Ayant pris le large, voguant sur les mers, ils mirent leur vie professionnelle entre parenthèse afin de trouver repos et tranquillité vers les terres valenciennes en guise de congés annuels, avec dans leurs bagages plusieurs motivations. Accompagnés de proches parents et amis fidèles, certains découvrent ou redécouvrent la culture de Valencia. Leur retour devrait se faire dans les cinq prochaines semaines, retrouvant ainsi leur vie et habitudes, chacun vacant à ses fonctions.
  5. Dernièrement, la jeune femme a été aperçu plusieurs fois à Epheria.
  6. Clientèle

    Nom : Haras Mirabela Adresse : Domaine Mirabela, Velia, Balenos Date : 01 Juillet 287 Service : Débourrage et dressage. Observations : Plusieurs races chevalines ont rejoint nos enclos avant l'été et le haras se trouve fort occupé pour débourrer et dresser les montures qui seront vendues une fois les dressages terminés (suite à la demande de la clientèle ou non) jusqu'à ce qu'elles trouvent acquéreur. Paiement : Néant. A la charge du Haras. Nota bene : A ce jour, du 14 septembre 287, les chevaux : Sabah, Epona, Fantôme et Banquise ont bientôt terminé leur dressage et pourront être vendus.
  7. On raconte que le Domaine Mirabela se serait associé avec d'autres vignobles de Balenos et peut-être d'autres provinces... ? En tous les cas, à ce jour, leurs vins se trouvent également sur le marché Serendien.
  8. Saya

    L'Épreuve de l'Éveil Plusieurs années plus tard... Le jour attendu de l’épreuve de l’Éveil était enfin arrivé. En cette journée ensoleillée mais glaciale d’hiver, les adultes Ganelles briefaient les elfes qui devaient passer trois jours et nuits au plus profond de la forêt à survivre et traquer un animal ou une créature répertoriée afin de statuer sur les connaissances, la dextérité et la maturité d’un adolescent pour passer à l’âge adulte. Lunawël était en charge avec plusieurs sentinelles de surveiller les périmètres et prévenir ainsi tout intrus qui perturberait le bon déroulement de l’épreuve. Durant ces trois jours, Phaer et Gyros devaient rester à la maison avec Saya. L’Épreuve de l’Éveil se déroulaient tous les cinq ans et réunissaient des adolescents de tout âge car l’âge et l’apprentissage n’avaient aucune corrélation, tout dépendait du sujet et des facilités qu’il possédait. Si les Elfes refusaient de tuer les animaux et au contraire les protéger, il n’était pas si surprenant de les voir organiser cette épreuve. Étalée dans le temps, elle permettait à la faune de se reproduire en grand nombre et l’hiver permit de ne pas enlever un petit ou une mère à une famille. Tandis que le cercle se formait sur la place devant l’arbre Kamasylve, les Anatt Bleus chantaient, accordant leurs bénédictions aux candidats. La Reine conclue le règlement sur une louange et des encouragements. Dix heures…les élèves s’engouffrèrent dans l’épaisse forêt telle une vague insouciante des dangers qui l’attendait. Chacun prit une route différente. Les yeux bleus tapis dans l’ombre d’un buisson, un sourire satisfait et fière sur les lèvres rouges…la silhouette qui en sortit se mit en chemin… Pendant ce temps, au fief de Lunawël. « Gyros…as-tu vu Saya ? » Le géant coupait du bois derrière la maison, jetant une bûchette sur un tas bien amoncelé. L’hiver était très rude et il fallait s’approvisionner seulement de ce que la forêt voulait bien offrir. Hors de question de couper du bois hormis si l’arbre était sec. « Non… A y réfléchir…je l’ai pas vu depuis hier soir. » Poussée par une intuition incertaine, le métisse s’engouffra dans la tente dressée au pied de l’arbre centenaire, le tronc faisant officie de pilier central. Lorsque Phaer y entra, il trouvait les lieux étrangement calmes. Rien n’avait bougé depuis l’aube. « Saya… ? Saya ? » En cherchant l’adolescente de quinze ans, il trébucha dans un tabouret sur lequel était empilé quelques feuillets qui s’éparpillèrent sur le sol. Il se pencha pour les ramasser et dans cette action, son attention fut attirée par un livre dont le coin de page supérieur droit était éclairé par la lumière de la fenêtre… dépassant de sous le lit. En tirant le livre, il découvrit qu’il s’agissait d’un dictionnaire. Il n’était pas surpris de trouver ce genre de livre sous la paillasse de l’adolescente, puisqu’elle devait nourrir son vocabulaire linguistique mais ouvrant le recueil à la page où il était marqué, il reconnut plusieurs notes écrites de la main dysgraphique de la jeune fille. Toutes les observations et annotations relevaient d’une seule espèce animale et la date de l’Épreuve de l’Éveil inscrite en haut à droite, soulignée et entourée plusieurs fois… Catastrophe ! … il fit tomber le livre sur la paillasse, s’empressa de fouiller dans le casier en bois de Saya en découvrant que ses effets personnels nécessaires à une bonne survie ainsi que les armes qui lui avaient fait faire, avaient disparu. Il sortit en trombe dehors ! « Gyros !! Nous avons un gros problème ! Lâche-tout et prend ton nécessaire de chasse… » - « Pourquoi ? C’quoi le problème ? » - « Je crois que Saya… va faire une très grosse connerie ! » - « Ce serait pas la première fois ! » - « Non…mais là…c’est pire. » - « Et Lunawël, on la prévient ? » - « Non, elle a des responsabilités en tant que Sentinelle. Je ne peux la prévenir que Saya participe à l’Épreuve de l’Éveil, elle serait bien plus obnubilée par notre protégée plutôt que par son travail. Le Conseil est déjà bien assez comme cela sur son dos… On part dans dix minutes. » Et pendant que le géant et l’humain partait…la maison était abandonnée de toute activité, interrompue sur le qui-vive. Même le dictionnaire ne put être reposé convenablement…laissé à l’évidence sur les notes d’observation…de la Grande Panthère Noire des Steppes Navarn.
  9. Saya

    Progression Quelques mois bien après… « Que ramènes-tu là Phaer ? » L’elfe pencha la tête à l’approche de sa moitié, ce dernier apportait différents outillages de la ville. « Une idée… Je me suis rappelée de cette arme que les combattants utilisaient dans l’arène de Mediah. Une arme assez barbare qui infligeait de lourds dégâts à ses adversaires. » L’elfe fronça les sourcils. « Où veux-tu en venir… ? » - « Il serait temps que Saya passe un niveau. » - « La voie des poings ne suffit-elle pas… ? Et n’est-ce pas dangereux pour elle ?? » - « Justement...cela reste dans l’enseignement de base puisque l’arme est le prolongement du poing. » Le métisse sortit du sac quelques esquisses. « C’est…affreux. Ce n’est même pas aussi élégant qu’une épée elfique ou un arc. » - « Ce n’est pas fait pour être joli. Il y a des améliorations à apporter. Elle passera sa main comme ceci dans la poignée et devra la tenir fermement. Les trois lames au-dessus de ses articulations métacarpo-phalangiennes. » - « On dirait…une grosse griffe. » - « C’est l’idée. Ce n’est qu’un prototype pour l’instant. » Il sortit du sac l’arme qui ressemblait à un gantelet dépourvu de protections. Une simple poignée sur laquelle était montée une plaque ronde à la forme d’une patte d’ours sur laquelle étaient greffés trois grandes lames incisives. « Je doute que ce soit une bonne idée… Et si elle se blessait avec ? » - « Elle apprendra. » Lunawël tendit la main pour recevoir le prototype, glissant sa main dans la poignée afin de visualiser son port. « Ce n’est pas du tout pratique… Cette arme risque de l’handicaper plus que de l’aider. Peut-on vraiment se défendre avec… ? » - « Oui… et il est vrai qu’elle présente plusieurs défauts en défense qui…selon la position des mains pourront mettre en difficultés Saya. Sa principale problématique…sera d’éviter les fractures. » - « …. Phaer… » - « Saya ne connaît que la voie des poings et elle la maîtriserait très bien si elle n’était pas aussi impulsive. » - « Je ne vois pas ce que cette arme va changer…sa façon de se battre si elle ne sait pas prendre un tempérament plus calme ! C’est une très mauvaise idée. » - « Et bien…nous lui demanderons ce qu’elle en pense. Après tout, elle n'est pas obligée d'en faire un usage quotidien même si je lui enseigne les bases. » - « Je ne suis pas rassurée à l'idée que tu développes d'autant son agressivité en lui offrant une arme aussi violente que barbare. J'ai déjà assez de problèmes comme cela avec le Conseil. Il est inutile de nous faire remarquer d’avantages.» - « Qui te parle de nous faire remarquer ? » - « Ne penses-tu pas que cela va mal finir...encore ? » - « .... Fais-tu référence à mon idée qui a faillit coûter la vie de Saya ? » - « Ce n'est pas ce que je voulais dire ! » - « Mais tu l'as pensé très fort. » - « Excuse-moi... Mais ce que je tente de t'expliquer c'est... que j'aimerais qu'elle grandisse comme une enfant normale. Et non qu'on lui donne un couteau dans les mains et qu'elle parte jouer les guerrières... » - « Lunawël...nous savons tout deux que depuis sa tendre enfance, rien ne fut normal pour elle et que malgré la tranquillité et l'amour que nous lui offrons, elle ne sera jamais comme une enfant normale. Je pense d'ailleurs, qu'il sera temps pour moi... quand elle aura murie de partir en voyage en quêtes de réponses. »
  10. Saya

    La Culture c'est comme la confiture, moins on en a, plus on... racle le fond du pot ! Après le second échec de l’école, l’enfant était devenue l’indésirable. Et même si l’Instructeur ne souhaitait plus la revoir rôder autour de l’école, qu’il ne fut pas son mécontentement lorsqu’il trouva un matin, une fenêtre de la salle de classe, brisée. Après un long état des lieux, un dictionnaire de la langue commune manquait à l’appel. *** Installée en tailleur sur une peau de daim, Saya feuilletait le livre en cherchant les mots de l’énigme. Beaucoup de mots trop compliqués y figuraient. Et si elle ne pouvait faire appel à l’aide des adultes, il fallait y arriver par ses propres moyens. Dégoûtée par le second échec du collectif, Lunawël réfléchissait devant la maison tout en discutant avec son ami de longue date. « C’est un vrai désastre… retour à la case départ. » - « Oublie Luna’, ton peuple a beau être fier et cultivée, il a des yeux avec lesquels il ne peut pas voir. » - « Tu as raison. Mais pourquoi cette enfant attire autant le mépris que la compassion. Pourquoi suis-je la seule à l’aimer comme une mère aimerait son enfant ? » - « Tu es partiale là-dedans. Eux n’ont pas eu la chance de la connaître juste un peu…c’est pire, ils ne s’y intéressent même pas. Sauf que toi… t’as pas vraiment eu le choix. Je l’ai trouvé et te l’ai mise dans les pattes. Est-ce que tu l’aurais prise sous ton aile si tu l’aurais vu comme moi je l’ai vu dans la forêt ? Se nourrissant des prises crues ? » Lunawël observa son ami. « Comment peux-tu douter de mes intentions ! Je ne suis pas de ces pédoncules ! » Le géant sourit. « T’as pas besoin de me le prouver, Luna’. Je te taquinais. » - « Hm… mais cela ne résout pas le principal problème. » - « T’sais…Phaer le sait lui… c’pour ça qu’il a fait ce test et puis…tu sais qu’il n’a pas été le seul fautif. C’moi qui est titillé le jeune griffon… mais mon erreur la plus grave était de penser qu’il était depuis longtemps sevré, indépendant… Or sa mère était sur la falaise, plus haut et je l’ai pas vu. Quand elle m’a vu chatouiller sa progéniture…elle m’a pourchassé. Ces mères sont très possessives et persévérantes. J’ai cru que je l’avais distancé…mais je fus vite rattrapé et quand ma direction rejoignait celle de la rivière, depuis les airs, elle a compris que je vous rejoignais. Elle s’est vengée sur toi, te confondant sûrement à mon enfant. Puis…c’était au tour de Saya. » L’elfe écoutait, pesant chacune des explications et excuses. « Ce test fut une série d’échecs et d’estime largement surestimée. Et c'est vrai, c'était un pari risqué... d'une stupidité infantile. Ni Phaer, ni moi…n’avions pensé ni même deviné les plans de la griffon. Si nous avions plus réfléchie qu’agi, nous aurions peut-être pu éviter tout ça… Luna… tu crois pas qu’il serait temps à Phaer de lui pardonner…et puis de savoir ce qu’il sait ? Ça pourrait nous aider…concernant l’enfant. Mais s'il te plaît...ne blâme plus autant Phaer car étant fautifs tous les deux, tu ne peux pas me pardonner plus facilement que lui alors qu'il en plus, ta moitié. Ce n'est pas juste. » - « Tu as peut-être raison même si je ne souhaite pas revenir sur les raisons pour lesquelles je le lui pardonne moins. Mais c'est exact, ce n'est pas juste. Dans ce cas, je peux faire un effort et garder ainsi mes rancœurs afin de stabiliser ce fragile équilibre dans notre petite famille. »
  11. Saya

    Le Chasseur Deux silhouettes discutaient à l’arrière d’une maison dans la somptueuse ville de Grana. L’un un elfe aux habits raffinés, brodés d’or et d’argent et l’autre un homme mal rasé, habillé de cuirs et d’étoffes sobres. Il ne faisait pas parti de la communauté elfique mais sa présence semblait tolérée en échange de quelques coup de mains grassement payés. « Vous avez compris ? » - « Pff… Vous rigolez ? Pourquoi vous faites pas ça vous-même ? » - « Je préfère laisser ce travail dans les mains d’un professionnel. » - « Ouais…j’comprends, vous voulez pas vous salir les mains. » - « Faites ce pourquoi vous êtes payés et ne me poser plus de question. » L’homme enfonça son chapeau sur sa tête, le cigare aux deux tiers consumé, il riait intérieurement. Cette mission, c’était du tout cuit. Rien de plus facile. Jamais on ne lui avait donné une pareille opportunité dans sa carrière, de l’argent donné gratis. Une mission trop bien payé pour une cible qu’il suffisait de pousser dans le vide et de prétexter à un accident. Mais son employeur a été clair. L’accident serait trop vite suspecté car la cible était méfiante. Il fallait ruser et l’appâter avec quelque chose qu’elle convoiterait plus que tout.
  12. Saya

    Le Point de non retour Partie 1 Devant la peine de l'enfant depuis le départ de Phaer, Lunawël avait jugé bon de retenter l'essai de l'école à la capitale elfique. Lui ayant appris les bases en quatre ans, il lui était possible de rattraper ne serait-ce qu'un peu le retard sur les enfants de son espèce. « Tu crois que c’était une bonne idée ? » - « Cela fait bien deux mois que je l’ai inscrite, depuis le départ de Phaer. Je pensais que l’instruction lui permettrait d’oublier cette absence. » - « Lunawël, tu sais ô combien cette enfant n’oublie pas. » - « Et pourtant, elle a occulté les plus importants moments de sa vie. » - « Tu veux parler de ses vrais parents ? » - « Oui. » - « P'tet qu’elle en a pas. Cette nourrice M’dame Margaux n’a pas été inventé de toute pièce. » - « Il y a sûrement une explication, c’est pourquoi je souhaitais retrouver la trace de ses parents biologiques. » - « Pourquoi maintenant ? » - « Saya est en âge de poser des questions. » - « Et si c’est pas le cas parce qu’elle connaît déjà la réponse ? » - « Dans ce cas...soit cet enfant est brisée ou bien son instinct de survie est plus grand que je ne le pensais. N’as-tu pas remarquer que depuis ces deux dernières années elle souriait et riait. Sa vie actuelle a remplacé l’ancienne. Mais je sens toujours en elle un mur insondable, comme si parfois elle craignait de dire les choses alors qu’on connaît son caractère. Elle est franche, impétueuse et ne mâche pas ses mots. » - « Ce que vous appelez un joli paradoxe. » - « Je crois qu’elle craint de se livrer. Autant si elle le faisait, elle se sentirait libérer…mais peut-être se sentirait-elle violer dans son intimité. De ne plus être ce qu’elle est et de devoir trouver ensuite…une raison d’exister. » - « Luna…Luna…arrête, c’est qu’une enfant de onze ans. Pas un elfe centenaire qui….comment vous dites déjà….philosophe sur sa propre vie. » - « Gyros. Tu ne sais pas ce que l’Esprit peut dicter à l’Homme lorsqu’il se retrouve restreint en choix. Et cela ne concerne point seulement les Hommes mais toute espèce consciente de sa propre existence au milieu d'un environnement qui l'entoure, vaste ou exigu. » Sur cette discussion, le géant semblait pensif. C'était chercher trop loin pour un esprit trop petit comme celui de cette enfant perdue et retrouvée. Après tout, ce n'est qu'une enfant. Partie 2 « C’est inadmissible ! On n’a pas idée d’envoyer la peste dans un village ! » - « Je ne vous permets pas, Instructeur ! » - « C’est une vraie calamité. » - « Elle est un peu difficile mais ce n’est pas insurmontable. » - « Un peu difficile ? Vous vous moquez du monde ? C’est une plaie. La mauvaise herbe qui pousse entre les pierres d’un bel édifice ! » - « Si elle a agit de cette manière, c’est qu’il y a peut-être une raison. » - « La raison ? Cette enfant…si on peut appeler ça un enfant, ne peut vivre dans une communauté d’élites ! C’est de la mauvaise graine ! Du pissenlit… ou du chardon. Rien qu’aujourd’hui, elle a envoyé Ganawel au Sanctuaire de Vie ! La fange d’une porcherie devrait être son habitat. » - « Instructeur ! Ces paroles ne sont pas dignes de vous ! Où est votre tolérance ? Votre bienfaisance pour les enfants. Vous qui dites qu’ils sont votre passion, vous n’êtes guère digne de votre rang professionnel ! » - « Sentinelle ! Je ne vous permets pas de me parler sur ce ton ! Ma tolérance a été mise à rude épreuves ces deux derniers mois et là trop, c’est trop ! » - « Je sens le fiel dans votre bouche, Instructeur. Félonie ! Hypocrite que vous êtes. S’il y avait qu’une seule difficulté avant ce jour, il fallait m’en parler et non enterrer votre tête dans le sable comme le font les Humains ! » - « Comment osez-vous ! » La querelle ne s’estompait pas. Cette fois encore et pour la seconde fois, les rixes verbales s’étaient envenimées pour se transformer en violence physique. Les leçons de Phaer avaient portés leurs fruits…un peu trop au goût de Ganawel, une fille plus grande, plus âgée que Saya qu’elle avait mis au tapis en trois coups de poings. Deux autres enfants avaient tenté de la séparer de l’elfe qui gisait à terre, inconsciente…une simple mise en scène théâtrale pour mieux renvoyer la sauvage, dont le père était un membre bien placé parmi les sièges du Conseil Elfique. Saya, assise sur un banc était solidement gardée par deux soldats de la ville. Deux soldats pour une enfant ? Certains passants étaient autant déconcertés par cette exagération que d’autres soulevèrent d’autres questions. Etait-elle aussi nuisible pour le peuple ? Dangereuse ? - « Quelle souillon. » - « On raconte qu’elle a mordu la fille d’Estrelios et écorchée d’autres gamines. » - « Elle n’a rien à faire ici. » - « Elle n’appartient pas à notre peuple. Elle devrait retourner chez elle. » L’ennui était que Saya n’avait qu’un seul domicile et c’était celui de Lunawël et la forêt… ? Les messes basses continuèrent devant l’enfant. Les adultes n’étaient-ils pas conscients qu’elle les entendait ou bien ne s’en préoccupaient-ils pas ? « MENTEURS ! MENTEURS ! VOUS ÊTES TOUS DES MENTEURS ! VOUS SAVEZ RIEN POUR UN PEUPLE QUI DIT TOUT SAVOIR ! VOUS SAVEZ PAS COMMENT CA S’EST PASSE ! VOUS N’ÉTIEZ PAS LA ! » Alertée par les haussements de ton de sa protégée, Lunawel sortit de l’Académie sur le qui-vive. Elle regarda le petit groupe de passants qui semblaient déconcertés par autant d’insolence dans la bouche d'une enfant. Sa protégée s’était levée, les poings serrés, hurlant sur les adultes, les joues ruisselantes de larmes et de rage. Les deux soldats qui la gardaient, l’empoignaient par les épaules, la forçant à se rasseoir. « Arrêtez !!! Ce n’est qu’une enfant ! » L’elfe s’interposa entre son peuple et sa protégée. « C’est cette enfant qui vous fait si peur… ? Nous qui nous proclamons un peuple sage et ancien, patients…vous n’êtes même pas conscients que c’est vous qui attirez la haine, qui nourrissez sa colère. Ce n’est qu’une enfant… rien de plus. Avez-vous oublié lorsque vous l’étiez… ? N’avez-vous jamais connu la peur, la tristesse et ce qui en découle…la colère ? » A moitié persuadés par les paroles de ce laïus improvisé, les curieux malveillants s’écartèrent. L’elfe protectrice se tourna vers Saya et l’apaisa en posant sa main sur les siennes. « Saya…ma chérie. Calme-toi. » - « Lunawël…j’ai pas fait…ce qu’ils ont dit. » - « Tu es sûre de ne pas avoir dit ou fait quelque chose qui les a induit en erreur ? » - « Je sais pas…mais j’ai pas commencé…j’te le jure. » - « Ne t’inquiètes pas… » - « Pardon…Lunawël. » L’elfe prit le visage de sa protégée dans le creux de ses deux mains pour l’embrasser sur le front. « Tout va bien se passer, Saya. Je vais m’expliquer avec les autres adultes et nous rentrerons à la maison. Attends-moi à la sortie de la ville. » Une fois à l'intérieur de l'Académie, Lunawël discutait avec une amie de longue date. « Je crains que l'excuse de l'enfant ne suffise plus à certains habitants, Lunawël. Et même si elle dit la vérité, personne ne choisira de la croire. » Partie 3 Alors qu’elle attendait sur le sud de la ville, la gamine regardait le vide sous le pont. Les bras en appuis sur la rambarde, ses pensées étaient ailleurs. Sa mère de substitution était mêlée dans un conflit entre adultes et devait calmer les plus rétifs des dissidents. Elle ne s’était pas aperçue qu’une silhouette s’était approchée et s’était adossée à la rambarde à quelques cinq mètres de sa position. Une forte odeur de tabac flottait dans l’air. « Alors tête brûlée…on rend la vie difficile au village. » L’enfant leva la tête vers cet inconnu qu’elle vit pour la première fois. Elle ne l’avait jamais croisé depuis ces deux derniers mois au village et il n’était certainement pas un Elfe. Il esquissait un sourire en coin déguisé d’un sourire rieur et cordial. Le visage renfrogné, elle le toisa de ses yeux perçants. « C’quoi une tête brûlée ? » « Une personne imprudente, qui fonce dans le tas sans réfléchir. On peut la penser bé-bête. » « J’suis pas bête. » « Non bien sûr…je ne viendrai pas à penser ça voyons. J’te connais pas. Enfin… » Il émit une pause, jaugeant la gamine des pieds à la tête, s’arrêtant un instant sur ses courbes féminines naissantes. Quel gâchis, ça aurait été sans doute une jolie demoiselle dans la fleur de l’adolescence. « T’sais… » continua-t’il en jetant son mégot par-dessus le garde-corps du pont, rallumant un autre cigare à l’aide de son briquet à silex. « Y a qu’une chose que tu peux faire pour prouver ta valeur aux yeux de ces Elfes. » A l’instant, il venait d’allumer une lueur incandescente dans les yeux de l’enfant. « Quoi donc ? » - « Le mérite. » - « Et comment…. je peux avoir ça ? » - « C’est très facile. Tiens on m’a dit que t’étais très bonne en devinettes animales et j’ai entendu dire que t’étais une bonne chasseuse et pisteuse. » La gamine haussa les épaules puis hocha la tête. « Es-tu une bonne chasseuse ? » - « Oui, Gyros et Lunawël m’ont tout appris ! » Quel dommage…si ce que disait la fillette était vraie, il passait devant l’opportunité d’enrôler ses talents afin que l’enfant rejoigne sa bande. Naïve comme elle est, les autres en auraient sans doute profiter un peu. « Écoute, je vais te donner une astuce pour mériter le respect de ses quetars et tu verras, tu seras aussi accepté que moi dans cette ville de consanguins. » Ne comprenant pas tous les mots, son audition sélectionna les plus importants. « Après ça, j’te jure, ils diront plus rien. Tu seras acceptée ! » « C’est quoi ! Quoi ?! Qu’est-ce que je dois faire !? » L’enfant touchait du bout des doigts ce qu’elle rêvait…depuis des nuits. L’intégration totale de sa personne dans une communauté. Et Lunawël serait fière, pouvant vivre paisiblement. Elle n'aurait plus à justifier toutes les actions de sa protégée. « Réponds à cette devinette et tu auras la réponse. » - « J’écoute. » « Par les sentiers perdus aux creux des forêts vierges, Où l’herbe épaisse fume au soleil du matin Le long des cours d’eau vive encaissés dans leurs berges, Sous de verts arceaux de rotin ; La reine des bois, la noire chasseresse, Avec l’aube, revient au gîte où ses petits Parmi les os luisants glapissent de détresse, Les uns sous les autres blottis. Inquiète, les yeux aigus comme des flèches, Elle ondule, épiant l’ombre des rameaux lourds. Quelques taches de sang, éparses, toutes fraîches, Mouillent sa robe de velours. Elle traîne après elle un reste de sa chasse, Un quartier du beau cerf qu’elle a mangé la nuit ; Et sur la mousse en fleur une effroyable trace Rouge, et chaude encore, la suit. » Ces vers récités et écrits sur un morceau de feuille lui permirent de happer l’enfant vers son but. Bien que la formule récitée était incroyablement complexe pour l’enfant aux yeux perdus, il lui laissa le morceau de papier. « Tiens, si tu veux chercher la solution…mais tu devras réussir seule, sans tricher. Ne demande pas aux adultes. Et quand tu auras trouvé l’animal dont il s’agit…il te faudra l’attraper et amener sa carcasse ici, devant les villageois. Ils ont un rituel qui se déroulent ici tous les cinq ans. Les plus grands chasseurs se rassemblent pour attraper les animaux les plus complexes à attraper. Et les gagnants sont reçus avec mérite, honneur et respect. C’est surtout pour les jeunes qui passent un rituel initiatique. Tu as le droit de le passer. Après tout, t’es jeune. » L’enfant trépignait d’impatience sur place. Il lui restait à déchiffrer la devinette, trouver l’animal et le traquer pour l’apporter fièrement devant tous les Elfes ! Ainsi, elle n’aurait plus à défendre sa place et plus rien à prouver. Lorsque l'homme repartait vers la ville, il souriait. Son travail n'a que consisté à raconter une petite histoire et défier une petite complexée. Lorsqu'il rentra en ville, il croisa l'elfe protectrice, Lunawël, un regard déplacé lorsqu'il se tourna vers elle en suivant ses courbes graciles, galbées. Dommage...il était temps pour lui de disparaître, son travail était terminé. Extrait du poème de Charles-Marie LECONTE DE LISLE