Narasen

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À propos de Narasen

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    Narasen
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    Mardhouk

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  1. "Bonjour, te revoilà enfin...tu as grandi on dirait..." La pièce était baignée dans une douce lumière tamisée et la femme placée au centre du cercle de bougies le regardait sans vraiment le voir. Ses longs cheveux blancs tombant en cascade sur ses épaules et ses yeux pailletés d'or fixés sur lui un regard distant et lunaire. Il avait déjà vu ce visage à mainte reprise dans ses rêves depuis l'enfance et pourtant il semblait encore surpris de la trouver là comme avant. En baissant le regard, il s'aperçu soudainement qu'à ses pieds trônait un masque représentant une chouette. Elle suivit son regard et esquissa un sourire. "Le temps est une chose amusante n'est ce pas? On l'imagine linéaire, continu et immuable, alors qu'il n'est qu'un ensemble de couloir et de boucle que nous empruntons en rêve..... Il y avait un enfant dans le village qui avait ce talent de rêver comme moi. Le fils d'une sorcière et d'un mage, un petit garçon de deux ans partie d'ici il y a quoi.... deux semaines? Et te voilà devant moi." Une ombre passa sur son visage, laissant poindre son âge véritable sous le voile de ses illusions. "Si tu viens me voir c'est que le temps arrive, voir qu'il est tout proche ou peut être trop tard, comment savoir... Tu as oublié qui tu étais mon petit, c'est le propre des hommes. Les enfants ne connaissent pas la peur de l'inconnu, ils épousent la magie avec bienveillance sans la craindre et leurs yeux innocents peuvent voir les fluctuations et le voile qui sépare les mondes. Ton temps aura besoin de gens comme toi, capables de voir, de parler avec les esprits de la pierre... Rappel toi de ce qui était simple.." La porte à l'arrière s'ouvrit laissant entrer une jeune fille d'une dizaine d'années, le cheveux noir et emmêlé. "Maître? A qui tu parles?" "A l'avenir, Narasen....à l'avenir." Quelque part à côté de Duvencrune.... Un grognement me signalait son réveil, j'avais trouvé des racines et des baies à bouillir pour le petit déjeuné et j'observais son visage fiévreux. "Elle disait souvent qu'elle parlait avec un petit garçon dans un corps d'homme, je la prenais pour une folle...jusqu'à ce que je retrouve son journal en revenant à Tarif... Elle disait qu'un jour on viendrait me trouver pour me demander mon aide, qu'un homme changerait le cours de ma vie et que je serais la lumière qui lui indiquera le chemin.. Je pensais qu'elle me parlait de l'homme de ma vie comme une conne." Je tendais vers lui un coffret de bois comportant deux sphères de cristal. "Aurora n'était pas folle en vérité, c'était une visionnaire, la vrai fondatrice de notre ordre. Elle avait vu les ravages de la peste et de la guerre, elle avait tout fait pour rassembler les 7....et elle t'avait vu toi... Elle a laissé ça pour toi, son testament." "il est temps de croire Nennius."
  2. Je me rappel ton engouement quand tu étais venu me chercher à l'époque en me parlant de BDO et de ton projet, tu savais mes réticences et mes envies mais aussi ma façon de jouer. Je t'avoue que ça m'avait touché que puisses penser à moi pour la communauté que tu entendais fonder sur ce jeu. Tu as tenu bon, tu as réalisé ton objectif et en cela félicitation. Après il n'y a rien d'étonnant à ce que l'usure finisse par gagner un peu, les débats qui se sont succédé, avec plus ou moins de vigueur, les ententes et les mésententes qui finissent par enclaver, ne sont pas des cas isolées dans le monde rolistique sur MMo. C'est comme ça. Ce lieu était plus ou moins le point commun, le ralliement d'une communauté souvent éclatée où le jugement de l'autre est un sport collectif (et j'avoue avoir rarement vu un tel niveau sur d'autres supports faut bien le dire, frôlant parfois gentiment avec le harcèlement irl). Mais au moins ce lieu avait il le mérite d'exister, cette commu' également. Ça serait dommage qu'un tel support disparaisse pour les perles littéraires qu'il regorge et pour tous ces gens qu'on adore tellement détester! Merci pour le boulot mon petit papillon!
  3. Cela fait à présent quelques jours qu'une nouvelle plaque de marbre blanc est venue orner le mur du 1-4 du quartier des artisans. La plaque, ornée d'une chimère, indique aux promeneurs l'adresse d'une boutique de tailleur dont le nom, évocateur, rappel celui d'une famille du quartier Noble mais aussi des ateliers de tissu dont le rouge particulier fait déjà parler depuis quelques années. L'on murmure avec joie ou dégoût parfois, que l'héritier de la Maison Bérangia, Jodra Raphaello, aurait enfin décidé de rendre accessible son talent pour l'assemblage des tissus. Interrogé à ce sujet, l'homme présenterait sa boutique comme "Un palais dédié à l'homme et la femme Calphéen, accessible à toutes les bourses car Elion a voulu ses créations gracieuses." (hrp: merci de me pm pour les rendez vous)
  4. Je le regarde faire, se creuser la tête pour comprendre quelque chose qui n'a jamais eu besoin de mot pour s'exprimer naturellement. Ce frère blanc que j'ai appris à aimer comme ma propre famille, et je me surprend à repenser à mon propre enseignement. Quand je suis arrivée à Tarif, j'étais qu'une gamine qui ne souriait pas, qui ne parlait pas, violente et renfermée. J'en voulais à ma mère de m'abandonner elle aussi auprès de sa jumelle. Aurora était lunaire, ses cheveux blancs et ses yeux gris, toujours perdue dans un autre monde. Elle ne faisait pas attention à elle, une paria dans ce village où tout tournait autour de la connaissance et du succès. Elle ne me parlait pas, elle voulait juste savoir ce dont j'avais rêver la veille. Elle ne me nourrissait pas non plus mais pire encore, elle ne me regardait pas. Je passais le plus clair de mon temps à regarder les instructeurs apprendre les bases à des gamins qui progressaient plus vite que moi et j'étais envieuse, impatiente. J'ai toujours eu mes visions, mon instinct et ça m'a toujours aidé à trouver de quoi manger, j'étais une voleuse hors paire, pourtant j'enviais leur pouvoir et leurs facilités en refusant de voir que j'avais le même potentiel. C'est comme ces gens qui pensent que c'est l'autre le problème pour pas avoir regarder en eux.... Nennius est comme moi. Il sait mais il refuse de l'admettre. Il est doué mais refuse de le voir et quand bien même, que fera t il de cette connaissance après? La magie c'est de la facilité, ils sont nombreux à répondre à son pouvoir qui simplifie grandement la vie, qui nous place au dessus comme des Elus divins. Il se brûlera les ailes surement comme moi pour le comprendre, il se fera peur, il dira surement un jours que tout ça c'est de la merde mais il y reviendra toujours. "Ne cherche pas le contrôle. La nature ne se dirige pas." Je le contournais pour venir poser mes mains sur ses épaules, le forçant à les rabaisser un peu, à le détendre. "Le feu né de la friction de l'invisible, il est une dynamique active...." Je changeais d'oreille pour lui murmurer..."l'eau né de la concentration et de la plénitude, elle est le calme avant la tempête..." "la terre est la force tranquille, celle qui donne la vie et la force, elle bat au même rythme que ton coeur"...."l'air est impétueux, il est libre et brutal" Je me calais contre son dos pour l'enlacer. "La magie est partout parce qu'elle émane aussi de toi, ce n'est jamais une contrainte, c'est un partage, un concours. Tu connais ces éléments, tu les touches du doigt depuis toujours mais c'est comme une nouvelle maîtresse, il te faut l'apprivoiser, la comprendre, l'aider à t'accepter et lui faire confiance. Toujours craindre ses colères si tu exagères." Je laissais glisser mes mains le long de ses bras, jusqu'à ce que mes paumes épousent le dos de ses mains. Je l'aidais à former une coupe. "Calme toi, comme lorsque tu tiens la barre de ton bateau, et recommence."
  5. Comme c'est amusant, amusant et chiant. C'est amusant de le voire enfin se débattre avec ce qu'il prenait au dessus de la jambe jusque là. Evidemment je ne m'étais pas attendue à ce qu'il retienne mes premières explications, s'il m'écoutait quand je parle ça se saurait depuis le temps. Je le vois se débattre avec ce qu'il sait, encore aveugle sur ce qu'il est. La différence est toujours intense au final et il prend les enseignements peut être un peu trop tardivement. J'aimerai savoir ce dont il est capable. Evidemment j'ai parfaitement conscience que sa magie est uniquement basée sur l'instinct, il va falloir qu'il puisse associé ses sortilèges à des émotions passées s'il veut retenir les méchanismes de déclenchement. Je l'observe, il râle, il frotte ses deux pauvres cailloux comme il espérait qu'ils lui chient un miracle. Et à travers lui, j’aperçois Drelnas. Nous échangeons quelques discutions silencieuses et des regards. Lui semble avoir un peu pitié, il va lui servir de mémoire... ou alors c'est qu'il s'impatiente de voire son hôte aussi empoté avec les basiques... Mais c'est chiant d'attendre, il commence à faire froid et je me suis refusée de l'aider pour le coup, ça me démange... Alors je soupire, je fais ça si bien. Enfin l'étincelle! Il me regarde tout con, comme s'il avait vu le trou du cul d'Elion. Il se demande si c'est la pierre ou lui....autant commencé la leçon. Je lui tend une boule de feuille verte et lui demande de la mâcher. Ces feuilles ne nourrissent pas mais ont la vertus au moins de couper la faim un temps, juste pour qu'il m'écoute. "Tu en as mis du temps à comprendre que ta colère pouvait canaliser ta force. La magie c'est pas simplement une façon de parler ou d'agiter ses bras, ni même de regarder de haut le bas peuple en se gonflant d’orgueil. Tu dois la ressentir comme un prolongement de toi même. Quand tu tiens un objet tu vois ta main, ta tête pense à l'action et commande ton bras. Il doit en être de même pour la magie. je peux te dire que tout est énergie, qu'elle émane de tout et qu'il te faut la ressentir, mais je doute que ça te parle vraiment. Je vais plutôt te parler de vibration, d'émotions, de choses que tu connais, comme le feu qui t'anime pendant un combat ou la force de l'océan. Ça te définit peut être un peu mieux non?" Je le regardais, je sentais bien que certains de mes mots lui passaient au dessus, après tout il m'en voulait surement encore, autant en profiter pour faire baisser la colère. "On a du feu c'est déjà ça....mais on va pas tarder à creuver de soif. Donc, prochaine étape, trouve de l'eau. Comme tu t'en rend compte ici il n'y a pas de rivière à proximité et en plus il fait nuit.... Mais dans une forêt l'eau ça manque pas..." Je déposais un bol vide devant lui. "Remplie le....et si tu trouves drôle de pisser dedans, je t'obligerai à le boire, t'es prévenu. Je veux que tu fermes les yeux, que tu imagine la mer, pense à Sû, c'est un avatar de ce don là et capte l'eau invisible autour de toi. Remplie le bol." Puis je redevenais silencieuse.
  6. Il avait commencé par râler comme à son habitude, le vieux grincheux qui n’était vieux que dans sa tête. Il avait fini par admettre que sa nouvelle famille au nom si prestigieux, ne l’avait pas accueillie en son sein comme il l’espérait. La rousse préférait reluquer sa femme que déceler les éventuelles compétences magiques enfouies en lui. Moi j’étais redevenue moi-même, fragments d’âmes enfin apaisées grâce à eux, et complètement désœuvrée depuis que le glas avait sonné sur nos affaires. J’avais compris l’utilité des enseignements de mon Maître et je pensais sérieusement me mettre à enseigner à mon tour. Lui avait besoin d’un maître, moi d’un élève. Une Darkolm enseignant la magie à un Kelevra…. Si Aurora avait été encore en vie je pense qu’elle serait tordue de rire, mais j’ai conscience qu’un potentiel comme le sien, s’il n’est pas modelé ni maîtrisé pourrait être dangereux. Alors j’ai accepté. A peine l’avais-je fait que je me demandais comment canaliser un être tel que lui. Fonceur, idéaliste, idiot parfois et tellement peu patient… J’y ai longuement réfléchie, il ne servait à rien de vouloir lui faire prendre conscience des flux par la méditation, un truc de « bonne femme » comme il dirait, ou peut-être trop compliqué pour un homme qui pense plus avec sa bite qu’avec ce qui lui sert de cerveau confit dans le rhum… Je vais finir par l’appelé Baba bientôt. Non je devais faire comme avec mon fils. Ajarne était un petit garçon, plein d’énergie et incapable de se focaliser plus de deux minutes. Nennius voulait de l’utile, il voulait du rapide… et je le savais intuitif et émotif, j’allais donc jouer sur ces deux points pour éveiller en lui le réflexe de la magie. La nuit avant le départ, je lui expliquais donc que la magie était quelque chose avec laquelle nous naissions, innée, silencieuse et pourtant présente, qu’il l’avait surement utilisé sans s’en rendre compte à plusieurs reprises. J’indiquais ensuite que les formules, les gestes et les autres salamalèques n’étaient pas du folklore mais un support pour condenser l’énergie et la modeler. Le lendemain, une fois sur nos chevaux, je l’ensorcelais pour qu’il dorme. Je voulais que ce zozo ne puisse pas savoir où nous allions, combien de temps nous avions mis pour nous rendre dans les bois où je faisais le campement. Je l’éveillais 4 heures après notre arrivée et fût accueillie par son plus chaleureux « salope ». Je souriais à l’idée du nom qu’il me donnerait quand il s’apercevrait que j’avais évacué l’alcool qu’il avait amené, celle qu’il avait planqué et tous nos vivres. « Bien, mon cher Nennius, nous voilà perdus. Tu n’as pas d’arme, pas de quoi faire du feu et les nuits sont froides. Nous n’avons ni rien à manger ni à boire et tu ne peux compter sur rien d’autre que ta magie. Si tu as écouté tout ce que je t’ai dit depuis qu’on a commencé à en parler on s’en sortira, sinon on mourra. Ma vie est entre tes mains, moi, j’observe, toi tu vas devoir nous faire survivre. Ton entrainement commence. »
  7. Dieu quelle folie... Nous savions quel prix il en coûtait de porter le titre et la charge, mais nous étions loin d'imaginer à quel point la pomme était pourrie. Une simple affaire de charité se changeant en une course au pouvoir, tout n'est que manœuvre et apparence, et nous aimons trop lever les voiles. Maquiller ce qui est laid pour l'embellir, dissimuler des visages contractés par trop d’orgueil et de stupre et jouer de son influence. Le fait du Prince. Voilà une bien étonnante manière d'aboutir à ses fins. Etre présent quand d'autres en ont besoin en se gardant bien de demander une faveur en retour...pour l'instant. Voilà le propre de la méthode, s'assurer d'une dette pour la rappeler à l'avenir, cela est bien commode ma foi. Mais quel intérêt pouvons nous représenter quand nous ne demandons rien qu'on ne puisse obtenir par nous même? L'on en vient à venir chez vous pour parler avec un sourire complice qui dissimule une menace à peine couverte. Oh certes, nous savons que nos positions sont à contre courant, que notre vision de la noblesse l'est tout autant et que nous sommes probablement les seuls à voir une monarchie qui dissimule son nom sous de faux atours. Certes, le pouvoir ne peut être concentré dans le cadre d'une République où les jeux d'influences servent de garde fou aux extrêmes et pourtant... Pourtant nous, nobles, qui avons presque tout perdu à l’avènement, qui avons dû tout reconstruire pour survivre, nous voilà devant le choix impossible à faire de fermer les yeux ou de nous rebeller. Contre la République? Certes non, mais contre la dictature affichée de nos paires qui visent les sommets pour devenir des Rois et des Reines avec ce qu'offre la nouvelle ère. Et tous foncent tête baissée comme des agneaux ignorants vers le couteau du boucher. L'histoire sert de modèle et la mémoire peut paraître bien courte. Notre Maison s'est toujours défendue de viser le pouvoir par mesure de sûreté car si l’ascension est aisée, la chute n'est souvent que plus rapide et il convient de faire preuve de plus de patience et de calme pour se maintenir. Voilà la vrai difficulté, lutter contre l'instinct qui nous pousse à toujours vouloir plus avec la crainte de tout perdre. Un faux pas est suffisant. Aujourd'hui l'on en vient à nous reprocher d’œuvrer par nous même dans l’intérêt de la noblesse et dans celui de la République déjà bien en mal avec les apparences. L'échec Sérendien avec la rébellion qui menace encore, la situation des Bas Fonds qui laissent entrevoir un marasme exceptionnel avec une violence extrême comme seule réponse.... et la menace pour toute personne essayant de proposer une solution. J'ai conscience que notre appuie du Parlement ne partage pas ces idées et notre seule alliance nous garantie comme par le passé, un équilibre entre monnaie et foi. Fort heureusement d’ailleurs que nous ayons cette dette là, pour ne pas dépendre encore d'arrivistes philosophistes. Non, la Maison Bérangia ne courbe pas l'échine, non elle ne rougie pas de ses idées et ne cède ni aux menaces ni aux pressions. Mais nous refusons d'être pris pour plus idiots que nous ne le sommes, grand bien en soit fait à d'autres maisons qui préfèrent se plier à la volonté d'une autre eusse t elle été dans l'erreur. Nous ne les envions pas, nous ne prétendons pas faire mieux, nous ne prétendons pas renverser qui que ce soit pour servir nos intérêts. Ils sont tout autres de toutes façons et la république aura bientôt elle aussi fait son temps. Quand le fruit est pourrit par manque de soin et de bons conseils, que peut il rester d'autre que la guerre et la force brute pour garder un semblant de dignité? Les actes de charité, les actes désintéressés de ceux qui ont tout, marquent plus les esprits sur le long terme que les manigances sous couverts d'écart de cuisse et de beaux sourires. L'utile n'est que temporaire et bientôt c'est le poignard dans le dos qui attend celui qui se défausse. Une autre forme d'usure sans nul doute. Nous préférons ne pas faire crédit. "Nous aimons à nous repaître de ceux qui voudraient nous soumettre." Ainsi parle la chimère, ainsi parlons nous.
  8. Au matin, un chariot provenant des ateliers Berangia aurait déposé au Manoir Greywolf, les tissus de coton promis ainsi qu'une cassette contenant le prix de l'enchère. La veuve Berangia s'est dit inquiète du devenir de ces dons. La maison Berangia craint en effet, que le geste de la jeune Luaine Greywolf, sans doute guidé par sa fougueuse jeunesse et son bon coeur, ne puisse aboutir pour des considérations politiques. L'action des soldats de la veille pouvant rapidement être perçu par les manifestants comme une provocation et une condamnation à mort, le froid arrivant. La charité Elionniste ferait elle à ce point défaut à la République?
  9. Quelques lumières suffisent pour les petites pièces et les alcôves où l’innommable se déroule, où la pureté fréquente l’obscène et le dégouttant. Ses doigts graciles et blanc, immaculés, se préparent doucement au contact de la chaire dure et froide, quand elle les laisse parcourir les écrins contenant ses outils. Elle s'assure que les encens soient prêts, la table confortable et les onguents à portée de la main. Puis elle inspire doucement nouant ses cheveux au sommet de sa tête et lance le gramophone emplissant l'air ambiant de sons enivrants. L'artiste est prête quand elle s'empare avec souplesse de son scalpel. D'abord la caresse de sa main sur le corps de son chef d'oeuvre, suivit de la ligne fine de son incision... la peau cède, s'entre ouvre sans se déchirer dévoilant l'intime et le magique. Elion qu'elle aime à voir cette couleur carmin de la vie. Elle se souvient de cette partie de chasse où son père l'avait emmenée enfant, le corps éventré de ce pauvre homme trouvé dans un fourré par les chiens de meute et cette impression de toucher du regard l'oeuvre de Dieu. La mécanique parfaite où chaque chose était à sa place pour fonctionner, un seul grain de sable pour dérégler le tout. Elle pose son regard un instant sur le visage de l'homme endormi, lui murmurant des mots qu'elle souhaite sympathiques, presque rassurant quand elle lève la cage thoracique et qu'elle vient saisir les pièces de la machine humaine. Elle s'imagine sa vie, elle la devine à l'état de ses composants. Aucun dégoût pourtant... elle sourit même à l'idée que de ne parler de ce qu'elle fait rend les gens mal à l'aise. Ils cherchent à deviner la vie, s'imaginent qu'ils sont le fruit de la volonté divine, mais elle sait... Elle sait que l'humain est fait de chaire et de sang, d'organes et de viscères, pourtant il a fallut probablement une volonté puissante pour rendre le tout si parfait. Elle termine son travail préparatoire, de légères piqures comme on en fait sur le cuir de qualité, discrètes.. Puis c'est la danse des pinceaux, de la couleur sur la peau blafarde et des teintes de la vie retrouvée et figée. Et ses yeux rivés sur elle quand un indexe ami bat la mesure... "C'est toujours un réel plaisir de te voir à l'oeuvre....Mère." Le jeune homme, un verre de vin rouge dans la main, observe la jeune femme de son fauteuil au velours bleu royal. Il dévore des yeux cette cruauté impie redevenir perfection et douceur. Il en frémis presque de voir à quel point elle est capable de rendre cet amas de chaire presque plus beau et vivant qu'il ne l'était quand le corps lui a été amené deux jours avant. "Évite d'être à ce point cynique Jodra. Notre hôte pourrait s'en sentir outré tu ne penses pas?" Le jeune homme sourit en coin avant de ramener sa jambe sur son genoux opposé. "Il se dit que tu as fait ta petite impression lors de la soirée de la Sainte Trinité, aurais tu décidé de sortir de l'ombre de ton laboratoire pour te frotter à la soie bon marché de nos concitoyens?" "Nécessité fait force de loi mon cher "enfant"je comptais sur l'aide d'un client pour mon affaire mais il ne semble pas avoir les reins solides...de fait autant prendre les devants et faire notre place autrement. Pas que nous ayons besoin d'eux mais tu sais ce qui pèse sur nos épaules." "Le fameux prix de la liberté, âpre comme le vin mais tellement satisfaisant au final." "Exactement. Alors soyons sociaux, sourions à ces gens et devenons la main dans laquelle ils viendront picorer." Elle retourna le corps inerte, son fils l'aidant à le vêtir, ajustant le colle pour que le petit trou à la base de sa nuque ne soit pas visible. Une dernière touche de carmin sur ses lèvres et le baisé mortel de la satisfaction pour signer le tableau. L'enterrement aura lieu le lendemain.
  10. La Maison Bérangia. La Maison Bérangia n'a connu que récemment la noblesse. D'abord issue de la haute bourgeoisie marchande de Calpheon, elle s'est illustrée dans le travail des tissus rares et exotiques, mais aussi au travers des commandes de soie rouge carmin. S'étant rapidement fait un nom de père en fils au travers de son patriarche, Giaccomo Bérangia, elle atteint ses marques de noblesse par l'alliance qu'il contract avec une jeune femme de 15 ans en seconde noces, Raiza de la Maison Barsavi. Forte de ses succès commerciaux à travers le territoire et des contrats conclus avec la nouvelle République, Giaccomo a permis à sa Maison de garder une fortune conséquente avant de mourir à l'âge de 69 ans. Il laisse derrière lui son fils, Jodra, à la tête de son entreprise, et sa veuve Raiza. Raiza Bérangia. Saisissante, parfois troublante, Raiza ne semble pourtant pas vouloir jouer de ses charmes pour avancer dans les rues et les salons de Calpheon. La jeune femme autrefois soumise à son père, Ludovico Barsavi, puis à son époux, Giaccomo Bérangia, semble à présent jouir pleinement de sa liberté de jeune veuve. Elle place avant tout l’intellect comme vertu première et ne se prive en aucune façon d'émettre ses avis quand bien même la parole d'une femme n'aurait que peu de valeur. Après avoir observé le temps nécessaire au deuil de son époux et avoir porté le noir de convenance, la jeune femme s'est mise à voyager. Elle n'est que très récemment revenu à la Capitale pour s'y installée, non pas à l'oeuvre de sa famille, mais à son propre compte en tant qu'embaumeuse. Métier qui lui attire d'ailleurs un certain nombre de regards outrés. Elle évoque son métier comme le ferait un peintre ou un artiste, parlant des peaux comme de toiles, des visages comme des supports bruts, et de son travail comme une seconde vie. Aussi ne sera t il pas rare de l'entendre dire qu'elle offre aux famille une peinture plus vivante de leur défunts et plus parfaite qu'il ne l'était. Raiza possède également la passion du luxe arborant le plus souvent possibles, des robes de soies rouges, n'hésitant pas non plus à payer une fortune les différents produits et matériaux lui servant à sa profession, le tout sous l'oeil bienveillant de son beau-fils, avec qui elle entretient des liens assez ténus pour laisser fantasmer les commères sur leur potentielle liaison. Jodra Bérangia. Fils unique de Giaccomo Bérangia et de Lucia Bérangia, il est actuellement le maître véritable de la Maison, bien que du haut de ses 30 ans, il paraisse se reposer d’avantage sur l'avis de sa belle mère, qu'être lui même présent sur le devant de la scène. Il ne cache pas son aversion pour les salons et les jeux de jambes propres aux puissants et préfère le plus souvent l'ambiance de ses ateliers de production et son travail de tailleur dans lequel il excelle particulièrement. C'est un homme grand à la chevelure claire et on dit souvent qu'il a le regard de son père et le caractère de sa mère. Intransigeant en affaire, il s'évertue à faire prospérer la fortune familiale et n'hésite pourtant pas à céder à tous les caprices de Raiza. Il n'est pas marié, il repousse même assez souvent les avances que lui font les femmes et certains hommes, bien qu'il ne cache pas son gout pour la chaire quelque soit le sexe. Il se veut libre, patient et assez occupé pour ne pas avoir à gérer une épouse et encore moins la délaisser.
  11. Le lien. Après avoir passé du temps à rasséréner mon cœur blessé, je suis parti vers Calpheon. Noyant ma peine dans l'alcool et la misère, me laissant pousser la barbe et souillé mon corps, croisant parfois la route de cet autre qui ne me reconnait plus je me suis laissé sombré dans les ténèbres avant de trouver le renouveau dans le feu brûlant des forges. Conscient de devoir me relever pour elle, conscient du soutient qui lui manquait j'ai repris la route vers Heidel. Étrange sentiment que celui de passer devant cette maison, devant ce bâtiment où je croyais pouvoir construire un peu, je prenais le parti d'être réellement une ombre. A cette époque je logeai à la taverne du Muguet pour ne pas avoir à être présent dans la vie de ma soeur. Ce rêve horrible de cette bête qui défonçait ma porte pour me dévorer, la morsure trop réelle sur ma main et à mon réveil la marque dans ma paume. Je ne comprenais pas ce qui m'arrivait, cette nouvelle sensation dans ma chaire qu'il me manquait quelque chose, l'attirance insupportable vers des lieux différents et l'urgence de retrouver quelque chose dont j'ignorais la nature. Puis c'est arrivé, la rencontre avec ces hommes et cette femme. Horegone, Ismah et...Jazhar. Mon dieu quelle aventure de se sentir fondre dans l'ame de quelqu'un d'autre, connaitre ses pensées, ses envies, ses attentes et ses angoisses. Comment ne pas aimer quelqu'un dont on fait intimement connaissance puis partie? Nous avons lutter ensemble alors qu'on ne se connaissait pas. Puis il a fallut partir...se dire au revoir dans le froid d'une caverne, un simple baisé et la promesse de ne pas s'oublier. Nous étions de deux mondes différents, lui le mage, l'Archiviste et moi l'ombre, le voleur. Le temps à passé mais je n'ai pas oublié, je me demande encore si parfois il parle de moi ou si la promesse, le lien a été brisé. Je veux le revoir, je veux le connaitre encore et savoir... Mais moi aussi j'ai des responsabilités. Ma soeur à perdu sa couronne et me l'a donné. Je suis à présent l'Oreb et je suis fier de reprendre le flambeau. Je connais les erreurs que nous avons commises, et les têtes qui ont du tomber par notre faute. Je ne referais plus les mêmes erreurs et il est temps pour moi de rentrer à la maison. "A quoi rêves tu, qu'est ce que tu espéres?" Voilà une question à laquelle je ne m'attendais pas et je me trouvais alors au dépourvu de pouvoir y répondre autrement qu'à travers une chanson.... "Im tishaer Tishaer, hakeev ,hayeush, hatikva Im yesh galim halayla Hageut tikach oti El metzulot ahavatcha Shenadeda… Eich shehalev sheli niftach Halev shelcha nisgar Shtei sfatai noshkot lecha Ata nimtza kvar bemakom acher Im tishaer Tishaer, hayeush kvar mizman yealem Im yesh galim halayla Hageut tikach oti el metzulot ahavatcha Im…tishaer iti lanetzach Ki Eich shehalev sheli niftach Halev shelcha nisgar Shtei sfatai noshkot lecha Ata nimtza kvar bemakom acher" Je suis rentré chez nous... Jaz'.
  12. Pour les rêveurs..... J'avais promis de ne pas m'en mêler, une promesse que je m'étais simplement faite à moi-même. Il m'avait déçu, ils m'avaient déçus. Et pourtant je me suis vue dans le regard de cette demi elfe qui était une amie, perdue à l'idée de ne pas revoir l'homme qu'elle aimait. Je sais ce sentiment qui sert le coeur à l'idée de ne pas sentir à nouveau le souffle de son autre sur sa peau et je ne pouvais pas me faire à l'idée qu'elle puisse devoir affronter ça seule. J'ai pris les devants, j'ai foncé, je me suis mise en danger mais j'avais tant changé depuis... Je suis faible. Une sorcière qui dans le monde réel n'a pas grand chose pour se défendre, mais une sorcière qui a affronté des êtres hors du commun avec son seul courage et qui a appris d'eux et d'elle même. J'étais forte dans cet autre monde. Des tractations, des idées avortées et puis le déclic... "La sensation de me réveiller dans un lit confortable. A côté de moi le corps nu et musculeux d'un homme endormi. mon esprit lui donnera le visage d'Arthégos. Mais ce qui m'a tiré de mes songes, c'est une drôle d'agitation au pied du lit. J' aperçois un enfant qui me fixe de ses grands yeux verts et qui me sourit en sautillant sur le lit. <Maman !> s'écrit-il en me voyant réveillée, et à cette appellation je sens mon cœur bondir dans ma poitrine et une enivrante chaleur parcourt mon corps. C'est mon fils, mon enfant. Et comme toute mère je le trouve absolument parfait. C'est le plus bel enfant que j' ai jamais vu, il a ma peau, mon sourire, mes cheveux. Son rire est comme une pluie de diamants, son sourire provoque irrémédiablement le miens. Il se jette alors dans mes bras et je ressens la plénitude d'être une maman, une femme à part entière. Mon homme se tourne alors en s'étirant et pose sur moi un regard plein d'amour et de tendresse. Je me sens aimée et protégée comme je ne l'ai jamais ressenti auparavant, avec l'impression impérieuse que rien, rien au monde ne peut entacher ni briser ce bonheur. La journée débute à peine, et sous les meilleurs augures, et apporte avec elle son lot de promesses et de joie... La petite famille se lève, mon fils espiègle me tire la main pour aller déjeuner.. Il est l'heure du déjeuner. Le soleil est haut, et je suis assise à une tablée sous une pergola où s' enroule autour une vigne vierge qui nous procure ombrage et fraîcheur. Mon fils est assis sur mes genoux et s'amuse à picorer mon assiette, mon mari est à mes côtés. Et tout autour de la table sont présent nos amis et nos proches. On rit, on trinque, on parle fort autour de bons plats. On évoque les souvenirs des jours maussades et des épreuves du passées... Mais tous ces soucis sont loin à présent. J'aimerai au fond de moi garder tous ces gens près de moi pour l 'éternité, profiter de ces moments de joie, de partage. Veilleur sur eux et les voir évoluer dans le temps.... Le soir tombe, je couve du regard mon fils qui s'est endormi après que je lui ai raconté moult histoires dont certaines issues de mes aventures passées. Je suis sa Mère, son Héroïne et il trouve réconfort et sécurité dans mon regard.. Et puis mon époux m'enlace par la taille et se blottit contre moi, me faisant ressentir une douce chaleur au creux des reins. Je devine à ses caresses ses intentions secrètes car nous n'avons aucun secret l'un pour l'autre.. Il m'attire à lui et m'emmène dans notre chambre qui deviendra notre arène de plaisir. Amants et adversaires, rivaux et égaux nous nous donnons l'un à l'autre sans retenue repoussant chaque fois plus loin les frontières du plaisir. Et toujours et encore ce sentiment de plénitude qui me berce et me réchauffe le cœur. Je m'allonge épuisée sur son corps viril qui est brûlant et haletant. Je m'amuse du bout du doigt à suivre les dessins de ses muscles endoloris et je ferme les yeux, comblée... " (tiré des indications de Drelnas au cours du rp) Puis je me réveille....en pleure, furieuse qu'il m'ait montrer ce que je n'avais pas, blessée de désirer autant cette vie là et de me retrouver dans le vide de ce que je ne pourrais pas offrir à l'homme que j'aime, à moi même. Drelnas voulait la guerre, voir de quoi j'étais capable et j'allais lui montrer. Il avait fini par se rendre, surpris de ce que sont les sentiments humains, la faiblesse et la force qu'ils peuvent donner à se surpasser et à se rendre. Nous avons rassembler les morceaux de vie de Nennius, il avait fait le reste pour retrouver sa vie. Et moi j'ai choisi d'en faire autant. J'ai pris chaque morceau, sans en oublier aucun et j'ai choisi de vivre pour moi et Arthegos. J'ai décidé que mes rêves aussi lointains soient ils, deviendraient ma réalité. En fermant pour la dernière fois la porte de l’entrepôt, en tournant la page de la DTC , je ne quittais pas ma famille, ce petit noyaux qui avait changé ma vie. Je quittais simplement l’absence de choix, l'attente, les disputes et les négociations, j'emportais avec moi les souvenirs et les histoires à raconté à mes enfants.... Ce cher présent qu'un adversaire m'avait fait avant de lui aussi renaître autrement. Je quittais une période de ma vie pour mieux écrire la suite. J'arrivais dans cette vieille maison qui m'avait vu grandir un temps près de Tarif. Elle n'avait pas été à moi et je la faisais mienne car à présent ça serait la vie que je construirai.
  13. Confirmant la rumeur, le bâtiment connu sous le nom du "dépôt DTC" affichant un panneau "à vendre" depuis quelques semaines aurait été vidé de ses meubles et marchandises. La propriétaire aurait été vue mener elle même le déménagement. Après une journée bien chargée, la sorcière aurait refermer la porte une dernière fois, posant longuement la main sur le bois avant de soupirer avec un léger sourire nostalgique avant de prendre la route vers l'Est.
  14. Nous pensions qu'après la mort définitive d'Alabaster nous serions enfin sur le seuil du répis mérité mais le sort s'acharne toujours et visiblement il aime s'amusé de nous. Il s'agissait maintenant de venir en aide à Nennius aux prises avec son passé et les choix qui avaient été fait sans son accord autrefois. Ma nouvelle condition me porte pourtant à ne pas poursuivre....étrange ce sentiment intense de détachement alors que j'aurais été la première à motiver les troupes, me voilà hésitante à me remettre en danger pour le compte d'autrui. Je ne me reconnais pas vraiment, je suis encore moi sans l'être et mon visage me semble inconnu parfois. J'effleure les ténèbres dans une curieuse approche entre envie, jouissance de cette liberté morale découverte, et terreur de m'y perdre à jamais. J'ai le temps d'y réfléchir depuis que je suis seule à Heidel, au service de la garde. Et plus j'y pense, plus je me dis qu'il est temps d'agir à mon propre compte et selon mes propres intérêts. Bien sur je vais aider à stopper cette chose qui utilise le corps de mon ami, mais en même temps je cherche la solution la plus adaptée à mon soucis. Finalement je me dis que mon maître n'était peut être pas la folle que les gens pensaient. Je me suis mise à étudier son grimoire, ses notes, l'art de l'illusion et de l'astral. La solution est ici pour atteindre le nœud en moi et le séparer à nouveau en douceur. Chaque chose en son temps.... J'ai définitivement quitté l'habit noir du Corbeau pour raviver la flamme de la Guetteuse de la nuit. La Chouette est de retour.
  15. Nous y voilà, l'heure des comptes et des bilans, celle où l'histoire prend son virage le plus étroit et où l'on risque de basculer à tout moment vers le gouffre. Nous nous y étions préparés, à combattre la flotte de cet Amiral, nous étions préparés à combattre aux cotés d’entités qui nous dépassaient, nous étions prêts à mourir pour détruire enfin Alabaster et ses rêves de domination du monde. J'avais passé du temps à chérir ce que tu m'offrais Arthegos. Apprendre à te connaître, apprendre à te faire confiance. Cette fois j'ai pris mon temps pour être sure. Tu avais proposé ta vie pour moi, comment aurais je pu faire autrement que de remettre la mienne entre tes mains, mon Capitaine? Mais voilà....rien n'est jamais certain dans ce bas monde et la magie encore moins que le reste. Il nous fallait combattre à nouveau. De nouveaux amis à nos côtés et la certitude que ça ne pouvait que bien se terminer. Nous avions la situation en main mais nos forces étaient disproportionnellement faibles contre la chose que nous affrontions. Je décidais de m'en remettre au Destin et sortait une carte de mon jeu.... Je ne me rappel plus laquelle, et ce qu'il s'est passé ensuite. Je me souviens de la sensation de l'acide qui rongeait ma peau, du rire d'Alabaster, puis la tête d'Arthegos volant en éclats..... Tout mais pas ça....pas lui....pas maintenant, c'était impossible.... L'homme de ma vie, venait de mourir d'un seul coup à côté de moi....que me restait il, moi qui n'avait plus de nom, plus d'Ordre, plus de maison, plus que lui? Alors j'ai senti la caresse froide de mon autre sur ma nuque. "Laisse moi te venger..." "Oui..." Ma conscience s'est trouvée balayée, engloutie par la colère et la vengeance, le dernier sceau venait de rompre. La suite c'est un rêve... La fusion des sœurs, la victoire, le corps sans vie de ma sœur et Arthegos qui se relève. Je m'entend parler sans avoir voulu ces mots, je veux retrouver ma place et je n'y parviens pas, je m'éteints. A mon réveil je fixe le plafond de la chambre de l'auberge, je me sens fiévreuse, calme, lourde....vidée. Un rêve, ça n'était qu'un rêve....une prémonition peut être. Arthegos était auprès de moi, il dormait. Je me levais sans un bruit cherchant un verre d'eau pour calmer le désert de ma gorge. Et là dans le miroir.... Deux billes violettes me fixaient, un visage plus pâle, des cheveux nacrés...C'était moi...elle...nous. Je n'entendais plus sa voie mais je sentais sa présence dans mes veines. Le miroir se brisa... J'avais franchis la limite, définitivement, ma soeur était bien morte....Ilya'....je l'avais tuée...si seulement je n'avais pas.... Mon poing s’enfonçait dans les éclats réfléchissants, la colère, le sang qui coule, les larmes aussi....Et dans le silence de la chambre, dans ce temps suspendu j'hurlais sans retenu pour la première fois de ma vie, de rage et de désespoir. Il subira ce que je suis devenue, lui ce monstre qui nous a poussé au delà de nous mêmes, qui nous a tout pris. Il voulait une adversaire à sa taille . Me voilà.