Ikhlas

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À propos de Ikhlas

  • Rang
    Artefact
  • Date de naissance 20 octobre

Informations RP

  • Personnage principal
    Ikhlas
  • Personnage secondaire
    Dino Di Mare

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  1. L'arrivée de la nuit, accompagnée d'un léger souffle d'air, avait quelque peu fait chuter les températures caniculaires de la journée. De sa position sous les solives, le valencien pouvait entrevoir entre chaque frissons des rideaux à ses fenêtres ouvertes, ce ciel estival à la clarté sans nuages. Les silhouettes aiguisées des toitures heideloises, avec leurs tuiles sombres et leurs pignons comme des dards, se découpaient dans la nuit légère, épines dorsales de quelque dragon endormi.La cité silencieuse sommeillait, inconsciente et tranquille, écrasée par la chaleur du jour et goûtant sans doute la bénédiction de l'agréable brise nocturne. Il avait rapidement compris que la pulsation sourde qui tapait douloureusement contre sa tempe, et l'empêchait de dormir, n'était rien d'autre que le jappement du tambour de son cœur. Les migraines étaient devenues plus régulières depuis quelque temps, sinistres compagnes de sa nervosité. Dans le silence de sa chambrée, le valencien fixait par delà la fenêtre un ciel que ses yeux d'acier semblaient vouloir déchirer. L'insomnie précédait toujours le moment de la confrontation. Une poignée d'heures troubles pendant lesquelles la chaleur rassurante de l'adrénaline envahissait peu à peu son organisme et huilait sa mécanique, fluide vitale. Ineffable. La flamme d'une unique bougie mourante dansa dans un souffle de vent plus franc, attirant son œil sur une brève luisance métallique. Elle était là. Ancienne et oubliée avec sa crosse recouverte d'un plaquage en argent, elle trônait sur le bureau comme une vieille bête à l'affût attendant de pouvoir mordre. Le temps avait depuis longtemps déjà fait tomber en poussière les ornements de bois de sa jeunesse. Et si lentement et sûrement, l'âge avait dispersé en quelques endroits de sa surface de petites fleurs d'oxydation, cette vieille carne solide et persévérante conservait encore son appétit de sang. “Ne laisses pas les munitions se perdre inutilement. Trop précieuses, trop rares, trop couteuses. Utilisations. Récupération.” Scandait durement la voix du vieux maître. Du bout des doigts, il caressa la ligne luisante d'un carreaux crevassé de runes antiques. Il n'aurait que trois essais si le piège ne devait pas fonctionner. C'était aussi peu que beaucoup et le valencien n'était certainement pas assez sot pour mésestimer la puissance de celle qui leur ferait face. Il se tourna légèrement quand, dans son dos, frémit le son d'un soupir d'inconfort. Il contempla un instant Sadie lutter bravement dans les ombres de son sommeil, ses sourcils bruns froncés au dessus de ses paupières closes. Toute épuisée qu'elle était, sa fièvre ne lui permettait qu'un sommeil léger et instable. Ikhlas se redressa et, d'un mouvement lent, s'assit au bord du lit pour poser sa main brûlante sur un front pâle où s'accrochait quelques gouttes d'une sueur glacée. Sous ses doigts il sentit, vibrante et impatiente, la force de son énergie, vaste réservoir de puissance accumulée. Et tandis qu'il se mettait au travail, dans le désir de tenir sa promesse auprès d'elle, une bulle vivace d'âpre fureur éclata quelque part dans son cœur. Il y avait trop longtemps qu'il mâchait l'envie vorace de trouver un responsable vers qui diriger son ardente colère.
  2. Hello ! Je pense qu'à terme, il va falloir se résigner à entamer le deuil du RP sauvage sur des communautés aussi petites sur des territoires aussi vastes, malheureusement. Comme nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour remplir les maps ( même pas assez nombreux pour peupler l'occident ), effectivement, il est quasiment devenu nécessaire d'avoir en amont un peu d'organisation pour rencontrer du monde hors des villes ou de lancer des appels HRP. Je crois simplement que nos effectifs ne sont simplement pas suffisant pour que la spontanéité du RP sauvage survive, contrairement à ce que beaucoup d'entre nous avons déjà vu sur d'autres MMO ( mais bon, c'était il y a 10 ans...Il n'y avait pas autant de jeux forcément accessibles par le joueur moyen, par rapport à aujourd'hui ). Donc oui, comme mes concitoyens au dessus, voilà. Trouver des events, aller dans des lieux clés où les rollistes sont susceptibles de se rassembler pour t'y trouver des compagnons de voyage pourquoi pas, et peut-être avoir un coup de chance sur la route Et je ne crois pas non plus me tromper en disant que pas mal de gens ont eu tendance à rester dans les zones sûres, et donc à ne pas trop s'écarter des centres villes, également par rapport à certains PK particulièrement casse-pieds qui moissonnent le rolliste par plaisir. A l'époque du Circuit du devin, ce genre de phénomène a dû survenir une ou deux fois, guère plus, et pourtant on jouait dans la pampa. Je ne pense pas que ce soit les seuls facteurs à considérer, mais au moins les principaux, avec la vieillesse maintenant d'une communauté où tout le monde a potentiellement trouvé son nid idéal. Malgré tout, je te souhaite bonne chance ! De notre côté en tous les cas, on bouge partout et souvent mais il est vrai qu'on ne croise jamais personne là où on va traîner nos guêtres ! Faut voir après si d'autres gens sont intéressés pour jouer les voyages RP et les arrêts campements de fortune, techniquement le système des relais est toujours actifs pour ceux qui souhaitent voir du pays
  3. "J'entrevis aussi loin que porte le regard Les parois de jais sombre, lisses comme du verre Enduites de la poix que le royaume des Morts Jette sur ses rivages visqueux." La chaleur estivale qui s'était abattue depuis quelques semaines sur Balenos était presque caniculaire. Si le littoral restait battu par les vents marins, le climat du sud du pays, cerclé par l'épaisse frondaison des arbres, se faisait étouffant. La nature s'épanouissait grasse et verdoyante tandis que le soleil inondait tout le jour les vastes plaines de Cron. A l'Est, la flèche floue que formait la tour du château semblait prête à percer un ciel sans l'ombre d'un nuage. Le valencien se claqua vivement la joue de la paume de sa main et constata que la dépouille d'un moustique s'écrasait sur l'intérieur de son gant, nimbée de quelques gouttes de sang. D'un geste machinal, il s'essuya sur le revers de cuir de son manteau avant de promener son regard sur les alentours. Ici, au fond des bois, l'atmosphère se couronnait d'une moiteur qu'aucune brise ne venait altérer. Il y faisait presque nuit tant la voûte barbue des arbres s'épaississait pour ne laisser filtrer que quelques rares rayons de soleil. L'air embaumait la résine et le sapin tandis que favorisés par la touffeur des lieux, champignons et insectes pullulaient. Ikhlas avait chaud et sentait la sueur abonder sous ses vêtements. C'était bien ces chaleurs humides et moites qui lui étaient le plus désagréables. Sous ces latitudes, le temps jouait avec ses nerfs et la fièvre qui gagnait l'arborescence de son environnement paraissait l'engourdir tout entier. A nouveau, le valencien chassa d'un revers de gant la transpiration qui lui piquait les paupières. Contre ses mollets, il sentait les flancs du cheval s'ouvrir et se fermer sous le rythme d'une respiration forte comme un soufflet de forge. L'animal, qu'il s'était finalement décidé à nommer Ramhetep, avançait d'un pas tranquille sur l'absence de sentier. L'équidé avait le pas sûr, qualité qui avait sans doute contribué à le doter d'un nom, mais son échine basse trahissait sa fatigue. Sans cesse, il secouait la tête d’agacement pour chasser les insectes qui s'agglutinaient impunément sur ses cils ou chatouillaient ses naseaux. C'est aussi grognon l'un que l'autre que cavalier et monture tachèrent de se frayer un passage entre les broussailles, tantôt giflés par les branches basses ou tantôt accompagnés du bruit spongieux d'un champignon éclatant sous le poids d'un sabot. ---------------------------------------------------------------------------------- Les troncs des arbres s'épaissirent et s’allongèrent plus haut encore et bientôt, il n'y eut plus aucune tâche de clarté solaire capable de percer le plafond feuillu de la forêt. Les parfums presque abrutissants de résine et de sapin s'élevèrent en même temps que naissait l'odeur secrète et intime de la mousse couvrant les roches de bryophyte. En sentant émaner de la terre les frémissantes fluctuations d'énergies antiques que gardait jalousement le ventre des bois, le valencien sut qu'il approchait du but. Il fouilla des yeux ce paysage originel encombré et labyrinthique jusqu'à s'en donner la migraine. Son instinct éclata au fond de ses entrailles, puis ses sens s'allumèrent, s’éveillèrent progressivement, pour déplier leurs liens sans couleurs et sans visages au devant de l'espace sauvage. Le valencien sentit glisser le long de son échine ce frisson qui tentait toujours de le convaincre de faire demi-tour. Et comme toujours lorsqu'il se manifestait, il l'ignora et brusqua sa fuite en avant. Puis... Trônant au sommet d'un tertre nu, il le vit. Le monolithe. Roche couleur de nuit traversée de reflets rougeoyants, dressée comme la dernière colonne d'un temple oublié. D'abord, la taille lui parut modeste. Puis il envisagea la possibilité que ce fut fait exprès. Car planté au centre des bois, il était parvenu à se bannir presque entièrement de la mémoire de ceux qui avaient respirés ses dangereuses effluves. Et tandis qu'on aurait pu croire qu'il n'était rien d'autre qu'un vestige curieux laissé par l'Histoire, le totem rituel d'une religion disparue, le sang dont il était couvert et qui maculait encore les ronces de sa base semblaient murmurer la troublante vérité d'un secret longtemps ignoré. Le monolithe sembla soudain sourire dans un reflet rouge et fugace qui révéla les hiéroglyphes dont on l'avait habillé. Ramhetep refusa solidement d'avancer plus en avant et Ikhlas mit pieds à terre dans un bruit mate. Bientôt, ses éperons s’enfoncèrent dans la pente du tertre en même temps que s’élevaient sous son crâne les litanies et le hurlement inhumain des sacrifices.
  4. Bonne chance les jeunes ! Et qu'Aal vous fasse bien tirer la langue... hinhinhin.
  5. @Minho @Shah Merci à tous les deux, ça fait plaisir Je vais prier pour que vous continuiez à regarder alors ! @Dulcia Je n'y aurais pas pensé pour Schiele effectivement, c'est peut-être à cause de l'agressivité du trait oui, surtout sur Ikhlas où il y a toujours un aspect un peu "osseux" et tout en angles durs et pointus, un peu souffrant. Alors ce n’est pas du tout conscient chez moi, mais j'aime assez Schiele en effet, pour l'aspect cru, nu et presque dérangeant de ses œuvres, et finalement je crois qu'au fil de la pratique on a des références qui nous influencent, sans qu'on le sache, de travaux de grands maîtres comme Egon Schiele ou même d'autres. C'est très possible me concernant puisque j'aime dessiner mais avant d'aimer dessiner ou de le faire aussi régulièrement, j'aimais déjà l'art et ses grands artistes ! Concernant la dynamique de mes travaux, c'est vrai que je suis d'accord avec le fait que finalement, je reste souvent dans une sorte de "ligne de confort" sans forcément m'aventurer plus loin. J'essaie depuis quelques temps de travailler sur cet aspect là, dans l'objectif de casser un peu les lignes droites, bousculer les plans pour les rendre moins conventionnels parce que j'ai parfaitement conscience que cela me fait défaut. Mais le travail est long et pentu ! Je me dis qu'à force d'essayer, ça finira par marcher et, plus difficile encore, me contenter moi-même de ma ponte En tous les cas, merci pour ce commentaire très intéressant Dulcia !
  6. ... Il y a tellement longtemps que je n'ai pas posté par ici que je ne sais même pas par où commencer ! Du coup je vais faire ça en mode souk, parce que de toute façon, mon sens de l'organisation laisse à désirer ! J'en profite pour rappeler que je me suis mis à FessedeBouc depuis quelques temps et que si l'envie vous prenait de suivre plus régulièrement mes digressions artistiques ( bien que je ne sois pas toujours à jour, j'ai un peu de mal avec les réseaux sociaux ), eh bien vous seriez les bienvenus. https://www.facebook.com/sybillustration/ "La Chasse ; épineux et tentaculaire" ( Fresque - William et Tharsilla - ) "Étude graduée de l’Échelle de Sadie" ( travaux d'expressions - Sadie Kelevra - ) "Le repos des guerriers ou l'art de larver à la Pointe du Riccochet" ( Croquis paysage - William et Tharsilla - ) "Des loups et des agneaux" ( Portraits - Keharqta et Shahrzad - ) "Faire l'Amour et oublier la Guerre" ( Croquis érotique - Tezca, Sadusga et Dino Di Mare - ) "Terminus" ( Portraits - William et Tharsilla - ) "Les palais d'Ombres" ( Portrait et illustration - Ikhlas - ) "De souffre et de poussière d'os" ( Portraits - Fitz et Kalliance - ) "Les gourmandises de la Comtesse" ( Illustration couleur - Bathory - ) "Lune et ailes pâles" ( Portrait couleur - Galathéa - )
  7. Des affiches fleurissent en ville en ce début de semaine et à quelques jours de la Foire d'Heidel. On annonce une petite pièce de comédie burlesque le mercredi 13 au soir, qui se jouera sur les hauteurs de la cité, vers 21H. L'emplacement exact :
  8. J'suis un peu déçu, je trouve qu'on peut pas trop pousser la custom de la lahn ! Mais je n'ai testé qu'avec une seule base de visage aussi. Le corps ne peut se modifier que très peu, cela dit. C'est ce qu'on appelle "rester très classique" !
  9. Pour ceux qui ne le sauraient pas ( vu que ce n'est indiqué nulle part ), les quêtes du festival d'Ellie permettent d'obtenir un objet de housing plutôt sympathique. Il faut faire la suite de quêtes qui débute avec le gamin qui veut adopter un éléphanteau, puis la nana sur le ponton vous proposera au bout d'un moment d'échanger 50 sceaux du festival contre la figurine en question. Screen à l'appui !
  10. L'Héritage

    Tous savent et ne savent pas que la lumière se consume et l’ombre est immense que le mystère est une triste musique qui de loin en loin dénonce la mort moi je suis né un jour où Dieu était malade. ( Pierre DesRuisseaux, "Le féminicide de Juarez" ) 13, C. 284 Sa main glissa, poisseuse, sur la poignée de la porte. Il serra plus fort ses doigts autour de ce repère inespéré, l'actionna et pénétra dans la pièce. Il s'effondra là, dans un gémissement rauque, comme un paquet de chiffons tremblants. Dans le silence cryptique de la Cave, il entendit sa propre respiration pleine de douleur, rauque, rapide, brusque. Cette musique lui rappela le souffle affolé d'un animal acculé. L'odeur de la poussière et des vieilles pages de vélin pourrissants lui vinrent aux narines, et il songea qu'il n'y avait guère qu'ici ou dans les tombeaux que l'on pouvait respirer ce parfum là. Le parfum du Temps. Il tenta de bouger avec précaution pour s'adosser contre la première surface qui viendrait. Le mouvement lui arracha une plainte. Ses mains s'agitaient de tremblements intempestifs et il avait beau puiser en lui cette force qui le conduisait toujours à la maîtrise, elles continuaient de frissonner, comme des feuilles ballottées au vent. Il déglutit et sentis couler sur sa langue le goût métallique du sang, tandis que chaque élancements de souffrance dans sa mâchoire lui rappelaient que, cette fois-ci, il y avait laissé quelques dents. Et la prochaine fois ? Il resta là de longues minutes, à s'écouter respirer. Épuisé, il manqua s'endormir. Mais le hurlement d'une enfant, quelque part au fond de son esprit, le ramena brutalement à la réalité, dans un sursaut pénible. Il cilla plusieurs fois, les paupières humides, le cœur au bord des lèvres. Ne pas s'endormir. Ne surtout pas s'endormir. Il avait prit de méchants coups sur la tête, il s'en souvenait. Il sentait son cœur battre la chamade quelque part derrière sa nuque et n'osait pas toucher ce qui se trouvait là, dans la crainte de sentir ses doigts s'enfoncer dans sa cervelle. Une peur comme une autre, irrationnelle. Finalement, il se força à bouger. Il jeta sa main sur la surface d'un meuble et tâtonna à la recherche d'une bougie, qu'il trouva mais déjà de moitié entamée. Ses mains parcoururent ses vêtements en frissonnants, en quête des allumettes qu'ils savaient avoir prise en partant. Il renifla en sentant entre ses doigts l'arrête pointue d'une boîte en bois, au fond d'une poche dont il avait oublié l'existence. Il lui fallut plusieurs fois pour parvenir à faire naître sur l'extrémité du bâton une timide étincelle. Sans doute avait-il trempé ses allumettes sans faire exprès, au milieu du chaos. Corps en flammes...Hurlements...Larmes, sillons de sang...Déchiré, captif...Douleur. Dans un grognement, il se redressa, sa main trouvant le support secourable du meuble pour permettre cette terrible ascension dans la clarté mince et agitée de la flamme. Il fit quelques pas dans ce réduit sans fenêtres où dormaient ces précieuses reliques, et s'approcha du reflet d'un miroir qui lui renvoya une image brisée de lui-même. En éclatant, l'arcade avait fait couler sur son visage des peintures de guerre écarlates qui tâchaient jusqu'à son col. En un regard, le valencien sut qu'il allait devoir recoudre et trouver de quoi faire désenfler son œil lourdement poché. L'éclat timide de la bougie faisait luire sur sa peau les traces de toute cette saleté, ces souillures de boue et de sang qui faisaient comme le masque d'un supplicié. Les paumes collées à la console laissaient de sombres empruntes sur le bois tandis que, refrénant l'envie de déglutir, il se penchait pour laisser tomber dans le crachoir un filet de salive ensanglanté. Un profond soupir qui fit écho dans ce silence pesant, puis il ferma les yeux, le corps entier comme un sac éventré, l'âme déchirée et l'esprit à l'agonie des souvenirs. Dieu... Faîtes que ce ne soit pas en vain. Combien de temps encore avant d'y laisser sa vie ? A vivre avec et comme une bête farouche, dans cette solitude humaine sans chaleur autre que celle de Dieu... Si peu d'aide, si peu de secours là où personne ne pouvait l’accompagner. Au fil du temps, le travail devenait plus difficile, plus risqué, autant pour lui que pour tous les autres qui avaient choisis de suivre cette même voie. A chaque voyage, il lui semblait laisser toujours un peu plus de lui-même derrière ses pas, de tenter ainsi de garder son équilibre sur une corde tendue au dessus d'un gouffre creusé jusqu'au fond du monde. Mais comme tout homme prêt à périr qu'il fut, l'apatride à qui l'existence avait tout volé, ne parvenait pas à concevoir qu'aucune âme ne succède à son propre mandat. Mais qui ? Et pourquoi voudrait-on ? Derrière ses paupières closes, la vision d'un monde dévoré par le souffre et les flammes revenait comme un antique fantôme, le plus âgé de tous les spectres du souvenir. Prophétique, la valencien assistait à la fin des temps dans ces torrents de catastrophes qui recouvraient la terre d'eau, noyaient les êtres dans des tourbillons de lames de fonds sous des nuages que crevaient de tonitruants éclairs. Ils éclairaient la désolation d'une lumière pâle et aveuglante, le soleil mourrait, la lune s'ouvrait en deux pour tomber dans l’Éternité vide. Et lorsque les mers finissaient de balayer toute vie, la terre et les montagnes s'écartelaient telles de blasphématoires matrices pour tout avaler et recracher dans ce monde nouveau d'abjectes créatures nés des cauchemars du vieux monde. Je suis fou...Ou je ne vais pas tarder à le devenir. Il se massa le front du bout de ses doigts fébriles, le visage cuisant de fièvre, comme si ce simple geste suffirait à chasser les images d'apocalypse qui peuplaient ses cauchemars depuis l'Aurore. La mâchoire traversée de dards de douleur, les tempes bourdonnantes du tambour de son cœur, le valencien savait qu'il n'y avait guère qu'à son Dieu qu'il pouvait ainsi parler. Sur ce pénible chemin de la Destinée, Aal lui enverrait-il les renforts qu'il espérait pour au moins jouir de la pérennité de ses idées ?
  11. Cette région me paraît personnellement plus attirante que Kamasylvia ! Les images donnent envie. Les trucs féeriques, c'est sympa mais je suis plus défilés rocheux, marécages putrides et infectés et architecture de ville moins capillotractée ( ou plus virile ). Grandement hâte que Dreighan sorte chez nous
  12. L'irrévérencieux artiste, après plusieurs mois passés en toile de fond dans son petit atelier heidelois du 6-2, à jongler avec aisance entre travail titanesque et sauteries totalement inconvenables, semble s'être enfin décidé à déménager sous les applaudissements de certains de ses voisins, soulagés sans doute de le voir partir et de déléguer la nuisance sonore à d'autres malchanceux. Aussi c'est avec un certain entrain que la minuscule officine s'est vu débarrassée de ses encombrants meubles et toiles pour être finalement déposés, tout au long d'une procession de jeunes ouvriers triés sur le volet parce que "Il serait avilissant de faire toucher à des mains trop rudes et trop vilaines d'aussi belles pièces d'art", dans une bâtisse non loin du 9-3. On aura vu Monsieur Di Mare conduire les travaux de déménagement avec le feu d'un organisateur de festival, et peut-être donner quelques fessées au passage sous le douteux prétexte de placements inadéquats. Après toutes ces émotions, le nouvel atelier, bien plus vaste, aura accueillit un large banquet pour récompenser les ouvriers s'étant démenés toute la sainte journée. Quelques filles volontaires pour animer le festin, des torrents de vins, des effusions de rire, et sans doute quelques finalité orgiaque à tout ceci, auront finit de saluer ce bruyant spectacle dionysien. Il se dit qu'on aurait trinqué en l'honneur d'Elion et rendu hommage au dur labeur des prélats de l'église en les interprétants lors d'une petite pièce de comédie intitulée, selon les dires de ceux qui s'en souviennent, "Le culte du Père Jaja". Aujourd'hui bien installé, ayant soigneusement replanté prés de l'atelier ses délicates fleurs de jasmin pour ne point en perdre le fameux bouquet, le Bacchus semble s'être amouraché d'une toute nouvelle tocade artistique qu'il nomme mystérieusement "Le Banquet des Dieux", auquel on reconnaîtra un titre emprunt d'un certain paganisme. La fameuse nymphe sculptée qui ornait la devanture du précédent atelier a bien entendu été replacé dans un endroit similaire pour ne pas manquer à son rôle d’accueil des visiteurs ; il est a noté que son foulard à grelots est toujours en place autour de son cou, régulièrement nettoyé.
  13. @Kaewyn La Renarde je suis flatté ! Merci Madame :3
  14. Allé. EN PISTE ! https://www.blackdesertonline.com/news/view/745