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Chapitre XII : Ennemis d'antan, associés présents.. Problèmes évidents..

Drelnas

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Dans la fange de la lie des mers...

 

 

 

 

 

Après une entrée somme toute normale, et je dirai même distinguée, j'ai poursuivi mon plan initial. Débusquer le type que je cherche dans ce nid à merdes. Pour ça c'est facile, le chemin est balisé quasiment. Suffit de suivre la piste de musique en évitant de glisser sur une merde ou une flaque de vomis, ou un type qui voudrait sait-on jamais tenter de me faire les poches. Auquel cas il faudra à nouveau employer la diplomatie locale et lui caler gentiment une balle dans le cul. J'aime bien la diplomatie ici. J'ai d'ailleurs remarqué que les messages passaient plus clairement dès lors qu'on tentait d'introduire quelque chose dans le cul de quelqu'un. Bizarrement... les gens comprennent un peu plus rapidement que d'habitude. Mais bref.

Donc je remonte le courant musical pour en dénicher la source et je trouve un bouge comme je les aime. Crade, animé, où tu sens que chaque planche qui le compose a vécu. Ça boit, ça bouffe, ça triche au carte en pariant, ça cause et ça chante fort et faux. Quelques donzelles dévoilent quelques bouts de cuissots pour que les gars aient un peu plus chaud et consomment plus. Vraiment l'établissement même s'il paie pas de mine a l'air bien tenu. J'imagine que les employé(e)s ont des pétoires planquées un peu partout quand ça dérape, ce qui doit pas être rare.

 

 

Quand j'entre je balaye la salle du regard et je trouve direct mon gars, assis et calé au fond. Il a pas l'air jouasse, comme d'habitude et m'est avis que quand il va me voir ici après le rapide passage de la surprise il va la tirer d'avantage sa putain de gueule. Là j'aurais pas beaucoup de temps plus l'amener vers où je veux avant qu'il me fasse payer la note pour avoir buté son second.. et fait de sa frégate mon navire amiral. Après c'est de bonne guerre il a essayé de me tuer avant, son larbin là.

Ni une ni d'eux je m'assois à sa table sans aucune forme d'invitation tant que l'effet de surprise ou l'incompréhension le saisit encore. Quand il lève les yeux sur ma trogne je peux y lire un soupçon de curiosité mais surtout une furieuse envie de me coller un pruneau dans le buffet. J'peux pas lui en vouloir, j'ai foutu en l'air ses projets jadis, niqué sa flotte pour la confisquer (même si je l'ai légué à Arthégos mais bref) et j'ai dégommé son officier en second. A sa place j'aurais peut-être eu une réaction moins courtoise même. Sûrement en fait...

 

 

Mais Montagues était un fidèle soldat de Calphéon, avant. C'était un mec droit et respecté. Trop surement, et c'est pour ça qu'il est parti en couille. Et comme tous les idéalistes déchus devant l'implacable et insoutenable réalité de la merde que ce monde est devenu, il a voulu changer les choses. En rajoutant à son tour une pierre de plus à cette pyramide de merde. C'est triste de finir pirate et ennemi intime de la République quand tu la servais jadis comme officier. Enfin c'est un mec qui se vantait de faire que du commerce honnête qui se retrouve au même endroit qui dit ça. Mais justement. Je compte bien attiser sa haine à l'autre et l'utiliser à mes fins. Comme ça il peut faire à ma place ce pourquoi on menace de me tuer, tout en faisant ce pour quoi il se bat depuis sa désertion. Et moi, ben je serai libre...

Parce que je compte pas rouler pour ces loulous de Mediah et leurs commanditaires encore des piges, j'escompte bien sauver ma couenne et vivre libre et peinard. Et pour ça Montagues est l'homme de la providence. S'il accepte. Et vu nos antécédents c'est pas gagné. Donc je m'installe en face de lui dans un putain de silence de mort. J'en déduis que l'endroit grouille de mec à lui. Putain, j'ai pas ouvert le bec que déjà ça pue.

 

 

Alors je me lance et j'lui dis un truc du genre "Salut Amiral, comment vas-tu depuis tout ce temps?"  Forcément en guise de réponse j'ai droit qu'à un long silence dégueulasse qui rajoute une couche de malaise dans les parages. Comme si y en avait besoin. Entre les gars de Montagues qui sont prêts à me sauter à la gueule soit sur ordre soit parce que j'ai tué des camarades à eux par le passé et la faune locale qui commence à se rameuter attirée par l'odeur du sang à venir.. une étincelle et on crève tous.

Pragmatique le vieil Amiral me toise et me demande ce que je veux et surtout ce que je fous là. Et il a pas tort. Alors je lui explique ; au niveau d'emmerdes dans lequel je suis j'ai rien à perdre à utiliser un truc qu'on pense jamais d'habitude à brandir alors que parfois ça marche du tonnerre : la vérité. Ouais je sais ça paraît con mais on l'oublie des fois. La vérité a ça pour elle que quand tu l'utilises y a pas besoin du reste. Oublie le blabla, le bluff, l'éloquence. Elle fait tout le boulot. Ou elle te pète à la gueule. J'ai toujours été joueur alors c'est peut-être pour ça que j'ai fait un tapis en misant tout dessus. Je peux pas embobiner Montagues. Déjà parce qu'on la lui fait pas au vieux, et ensuite y a une sorte de respect mutuel. Même si on s'est battus, même si on a perdu tous les deux plein de gars à nous durant ce qu'on a appelé la bataille des amiraux, ce mec mérite de savoir.

 

 

Il a trop rien dit, se contentant de questions parfois plus ou moins pertinentes. Je sais qu'il brûle d'envie d'emmerder Kalis et la République d'enculés qui se tartine le cul d'opulence à Calphéon et j'espère que mon idée lui plaira. Mais j'ai peur au fond qu'il soit tellement fumasse qu'il n'écoute pas et reste sur son idée de tout cramer. Là ce que je lui propose c'est d'affaiblir ses cibles par l'économie en niquant les routes commerciales maritimes. Chose qu'il faisait déjà comme il me le fait remarquer, et là sans le savoir il m'a montré son flanc, alors je l'éperonne, comme à la manœuvre. Son navire amiral est puissant et rapide. Mais c'est un bâtiment édenté. Il lui manque une ou plusieurs rangées de canons. La dernière fois qu'il a essayé de s'en procurer c'est là que nos emmerdes ont commencées. Bah oui.. C'étaient Mes canons !

Mais moi contrairement à lui j'suis pas cloué en mer, si on peut dire ainsi. Et son problème de canons, j'suis surement la personne la mieux placée pour le lui résoudre. Donc comme dit l'adage "donnant donnant" j'amène à pas feutrés une proposition mutuellement avantageuse. C'est un truc que j'ai appris avec le temps dans la résolution de conflits. Soit tu pètes la gueule à l'autre, et du coup conflit fini. Soit tu amènes une proposition mutuellement gagnante pour les différentes parties. C'est ce que je lui ai placé en douceur. Il l'a pas vu venir et gentiment j'lui ai glissé un petit doigt dans le cul. Même qu'il en redemandera. Les canons c'est tout ce dont il a besoin pour mener à bien ses projets. Projets qui coïncident vachement avec ce pourquoi on m'a laissé la vie sauve. Tu la vois la sortie heureuse et gagnante - gagnante là maintenant ? Et pour être sur que la sauce prenne bien faut amener les choses pour que l'idée vienne de lui.

 

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Étrangement ou pas, au faire et à mesure que je l'emmène un peu où je veux l’atmosphère se détend. Ça reprend les parties de cartes et ça se reconcentre sur le cul des serveuses mais on sent bien que y a une ou deux oreilles qui traînent ça et là. Le contraire aurait été inquiétant. Mais même si j'ai l'impression que ça se déroule pas trop mal et que pour une fois j'ai le vent avec moi j'ai un mauvais pressentiment. C'est trop facile. Ce vieux renard d'Amiral a encore des atouts dans sa main. Et il attend que la mienne soit vide pour les sortir. Et ça loupe pas.

La proposition lui paraît intéressante et pertinente voir alléchante qu'il dit après. Mais ! Et oui parce que y a toujours un putain de "mais" ça vient de moi. Et me laisser dans la merde dans laquelle je suis lui pose un sérieux dilemme. Parce que tout vieux et rusé qu'il soit le bougre, ça reste un homme comme les autres. Lui il aimerait pouvoir se venger de Calphéon ET me voir crever comme un chien. Il a pas envie de choisir l'un ou l'autre en fait et je vois bien que ça le démange. Mais ça reste un mec pragmatique. C'est bien pour ça que j'ai misé sur lui. Ce type a su exploiter la force et le talent des pirates et autres connards des mers pour y ajouter un soupçon de discipline et d'organisation propre à son passé dans Trina. Et en fait c'est tout ce qui leur manque à ces cons là. Parce que il faut l'avouer tu trouveras jamais de meilleurs marins qu'ici parmi toute cette faune de rats et d'enculés. Mais ils sont chiants, indisciplinés, lâches et cupides. Ouais c'est moi qui dit ça... C'est pour te dire le niveau. Mais en fait les mecs sont très lucides. S'ils estiment que les risques encourus valent pas le tas d'or promis, ils te butent ou se tirent dans le meilleur des cas. Du coup beaucoup de navires ont eu la vie sauve en cas d'attaque quand ils ont réussi à juste créer un doute pendant la baston pour que les types deviennent fébriles et qu'ils perdent leur avantage. On sous estime souvent l'impact psychologique dans une mêlée ou une baston. Mais Montagues lui il connaît ça. Et il arrive à tenir ses gars en dosant savamment la rigueur de son passé militaire et la liberté voir le chaos inhérents à la nature des pirates.

 

 

Mais malgré tour ce savoir et ce charisme. Il ne peut pas réaliser ses projets. Pour ça il a besoin de moi et ça l'emmerde profondément. J'lui pique même pas de pognon ni de gloire en échange. Non, s'il accepte je serai libre. Donc il tient ma liberté entre ses mains et ça ça doit être jouissif pour lui. Mais moi j'ai son objectif entre les miennes. Le problème c'est qu'on est tous les deux têtus et fiers. Donc on peut rester là un moment à se tenir mutuellement chacun par les couilles. Et comme d'habitude c'est là que le destin pioche une carte et la joue sur la table.

Y a un type qui s'avance. Il pue le rhum et le poisson à plusieurs mètres. Une barbe dégueux décorée de coquillages dedans. Quelques plumes sur un chapeau dont le cuir a morflé à cause du sel, un sabre qui pend sur sa hanche et quatre pétoires sur sa bandoulière. On a en face de nous un capitaine. Le gus a tout entendu et commence à vouloir faire comprendre qu'il veut mes canons, contre rien en échange bien sur. Merci ô Destin de me mettre tous les jours un peu plus dans la tête dans la merde dès que j'essaye d'en sortir. L'ambiance redevient électrique dans la salle. Les gars du capitaine commencent à montrer les dents et ceux de Montagues sont prêts à défourailler au premier signe de leur Amiral. Et mes gars à moi..? Ben ils sont partis picoler et baiser ailleurs en me laissant en plan. Je sais même pas si y en a qui ont pensé à rester sur le navire pour pas qu'on se le fasse tirer... Histoire -qu'en plus- on reste coincés là comme des cons. Tu te souviens sur ce que je disais à propos de la discipline chez les marins d'ici hin? Ça te parle maintenant. Bref je me retrouve entre deux équipages bien teigneux, prêts à s'éventrer. Et je suis tout seul au milieu de ça. J'adore ma vie des fois...

 

Mais alors qu'on est trois capitaines à se toiser sur notre table et que les marins sont tous prêt à s’entretuer, j 'entends un coup de feu sorti de nul part. Je sursaute malgré moi. Puis je me palpe un peu partout voir si je pisse du sang. J'ai rien, j'ai surtout insisté sur mes couilles, va savoir pourquoi. Une intuition peut-être parce que notre cher capitaine malpoli s 'écroule à se moment là en se tenant l'entrejambe. Montagues sort une pétoire de dessous la table tandis que le pauvre capitaine se vide de son sang par la bite. On pourrait appeler ça grandeur et déchéance. Le type était au sommet juste avant et là il se tortille comme un ver sur un hameçon en essayant de tenir dans ses mains ce qui reste de son service trois pièces. Devant ses gars. S'il crève pas de hémorragie il finira égorgé par eux. Comment veux-tu que de tels enculés suivent un type sans couilles ni bite sérieusement ? Je regarde le pauvre gars qui pour moi n'est déjà plus capitaine et je vois dans ses yeux qu'il le sait. Il est déjà mort..

Montagues pose son pétard encore fumant sur la table. J'lui suggère de le baptiser l'écouilleur ce qui fait marrer une partie de l'assemblée. Mais visiblement l'idée de se voir passer sous le nez mes canons l'a aidé à tranché son choix. Il accepte. Non sans serrer les dents, mais j'en aurais fait tout autant. Donc on a un accord, et moi du boulot. Car le vieux attendra pas ses canons une éternité maintenant qu'il a une issue. Le pire scénario serait qu'il s 'en procure par ses propres moyens et que je me retrouve au point de départ. Là ça serait chiant. Mais on va faire en sorte que ça se goupille bien.

 

Je tire ma révérence non sans saluer mon ancien adversaire d'amiral et ses gars et je retourne à mon navire. On a assez trainé. Sauf qu'en chemin un type m'aborde prudemment. Il a lui aussi entendu ma discussion et me parle de la "dure condition pirate par les temps actuels" et je te passe les détails mais en ce moment les types en chient pour se réapprovisionner en poudre. Du coup ils auraient besoin d'une interface ou d'un intermédiaire pour pouvoir se réapprovisionner car au delà des coûts bruts c'est la concurrence entre navires qui devient gênante. Y a pas assez de stock pour tout le monde et là des fois ça chie. Les mecs défouraillent alors qu'ils ont même pas levé l'encre et la lèveront pas toute façon sans munitions. Et un navire de pirate sans de quoi faire cracher la poudre c'est comme ce futur capitaine mort sans sa bite. Ça sert à rien.

Bien sur la voie de la raison me dicte de décliner, j'ai assez d'emmerdes comme ça surtout que j'ai peut-être enfin l'espoir d'en perdre une partie. Mais d'un autre côté... Ça serait un crime en tant que commerçant de refuser des clients qui seraient tellement dans la merde qu'ils pourraient pas et d'une essayer de m'entuber, et de deux essayer de me buter. Je deviendrais leur poumon en quelque sorte. Presque un dieu. On m’appellerait "Tonton Canons" ou "Papa Poudre". Bon là je divague un peu là mais y a un truc juteux. Surtout que pas loin du premier gus j'en vois un autre qui a l'air dans les mêmes dispositions. Putain ils sont vraiment en chien les gars..

 

 

Et tu me connais, moi quand je peux rendre service hin....

 

 

 

 

 




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