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Chapître X : Retrouvailles

Drelnas

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Margoria....

 

 

 

 

C'est bon. Je l'ai dit souvent, mais putain là c'est vraiment bon. Autant j'aime beaucoup le temps passé à Duvencrune, les montagnes tout ça.. Faut avouer que ça a un charme certain, rassurant même... la montagne elle était là avant toi, elle le sera après. Elle en a rien à foutre de ta gueule en somme. Et cette indifférence majestueuse te rassure l'esprit quand il fait froid et que tu t'endors. Tu sais que demain quand tu te lèveras, les montagnes seront là. Bon y risque d'y avoir aussi cet enculé de dragon qui sera là... Comme quoi les montagnes et la mort sont deux certitudes certaines..

Mais tout ça, face à l'océan c'est de la merde collante. Je veux dire, ça faisait longtemps que j'avais pas foutu le pied sur un pont et à ma grande honte j'avais oublié le panard que c'est. Putain.. Quel connard je fais, de m'être privé si longtemps ce cette jouissance. Franchement ça fait partie des trois choses que j'aime le plus avec baiser et le rhum. Une fois j'ai essayé de mêler les trois avec Aithe mais on a failli se prendre un récif. Qu'est-ce que tu veux ? Aithe tenait la barre mais pas la bonne, bref.

 

 

Quelle sensation bordel ! De te retrouver à nouveau face à l'océan, humble et misérable fétu qu'on est à oser vouloir le dompter, le connaître ou l'explorer. Cette sensation intime où tu as l'impression d'enfreindre un territoire interdit où c'est pas toi qui fait la loi. Je sais pas comment expliciter, c'est un peu comme si tu sautais la femme de ton patron... Tu sais que tu joues gros si tu te foires.. Mais quand t'es dedans t'as pas envie d'en sortir. Ça m'avait tellement manqué. Et puis décrasser mon navire resté à quais tout ce temps, ça aurait été maltraitant de le laisser pourrir à Ephéria l'engin.

Alors j'ai raclé les tavernes et les bouges d'Epheria et de la côte Terrmian pour recruter des bons gros marins crasseux avec pour seuls prérequis de connaître leur métier et d'en avoir une grosse paire. Parce que le programme est chargé et qu'on aura pas le temps de ricaner. Et ma foi j'ai pas trop mal réussi mon coup. Quand on s'est pointés aux quais, on était tellement burnés qu'ont aurait dit qu'on était plus poilus que nos montures tu vois. Les mecs sont pas là pour la détente, ils veulent que le boulot paye, et paye vite. Donc on s'y est mis rapido. J'ai pas envie de me bouffer une mutinerie et d'me réveiller avec un abreuvoir à mouches au niveau de la gorge.

 

 

L'idée est simple. Sillonner les mers et foutre la merde. Les deux choses pour lesquelles j'ai un don naturel. Bon faut l'organiser cette merde aussi et pas faire n'importe quoi sinon à part se prendre des boulets et des coups de sabre de tout bord on fera pas long feu. Et quit à me répéter et passer pour un gros lâche, mais rien à foutre, moi j'veux pas crever. Non l'idée c'est d'aller emmerder les navires de commerce ou de frets pour perturber les routes commerciales reliées à Calphéon. Putain ouais l'ironie tu me diras. J'ai sacrifié ma flotte jadis et de bons marins pour aller niquer la gueule à Montagues et ses pirates qui faisaient... exactement la même chose. Comme quoi on dira ce qu'on veut, mais la fatalité adore m'enculer.

J'ai toujours chié spirituellement sur les pirates et autres connards des mers, et c'est pas faute de les avoir farci de boulets ou de plomb par le passé. Mais depuis que j'ai été obligé de chausser leurs bottes et de patauger dans cette merde, j'essaie d'y trouver quelques points positifs. La vie devient intense. Elle l'a toujours été mais quand tu commences à jouer international dans la catégorie emmerdeur professionnel, la sanction c'est plus quelques baffes dans la gueule mais direct un coup d'épée en travers du bide, dans le meilleur des cas. J'aurais aimé me mettre à leur place à ces enculés en me persuadant que vivre par la poudre et le vent est une forme de liberté. Mais non en fait. Si j'en suis là c'est parce que ça a sévèrement chié pour mon matricule et que c'était ma seule porte de sortie. Ça ou la mort en fait, donc c'était pas un choix. Ceux qui disent ça c'est des conneries. Quel crétin irait préférer crever plutôt que vivre même s'il doit pour cela faire des choses merdiques ? Sans rire ce genre d'abrutis ça doit exister que dans les livres, et c'est déjà trop.

 

Ça pourrait être pire... J'pourrais faire ça sur la terre ferme. J'essaye de voir le godet à moitié plein mais c'est pas évident. Si j'devais philosopher j'dirais que c'est parce que j'ai tendance à boire au goulot plutôt qu'au godet. Mais là j'vois que ça t'oblige à réfléchir, si si je le vois bien ; tu fronces les sourcils et tu cogites, d'ailleurs t'es laid quand tu cogites, plus que quand tu coïtes.. et donc tu vas commencer à te faire chier. Bref je suis - encore - dans la merde et j'essaye de faire avec. Je serai pas le type le plus courageux et droit que ce monde ait chié c'est certain. Mais avec le temps j'ai appris à atténuer ma lâcheté et faire avec ou du moins faire ce qu'il faut. Même si ça inclue faire plus de merde encore. Bien sur que je pense à Aithe et je m'en veux putain. Ça me scie en deux de l'avoir entraînée dans ce maelstrom de merde.

Mais là où je me dis que j'ai une chance que je mérite p'tet pas malgré tout ce que la vie me dégueule dessus comme tuiles et embûches, c'est qu'elle demeure toujours à mes côtés. Mon Aithe, mon Amirale du Vice. Le feu de mes reins. Ma Femme. La seule que j'ai aimée correctement. Et pourtant j'ai pas toujours été simple. Ni fait les choix les plus judicieux. Et pourtant elle est restée là, toujours.

 

Des fois je me réveille la nuit en sueurs, tout pas bien. Je sors de mes songes comme si je tombais du haut d'un phare et la réalité me percute aussi brutalement que le sol après une telle chute. Comme si Feu Tonton Rob était vivant et m'avait mis un putain de coup de son tabouret magique dans ma gueule, histoire de me remettre dans le bon axe. J'me mets à penser que je devrais l'éloigner de moi, pour sa survie. Pour son bien, pour son salut. Si je l'aime, je dois faire ce qui est bien pour elle, la faire passer avant moi. Mais j'y arrive pas. Je suis pas assez fort pour ça. Ou trop lâche. Ou les deux...

C'est pas qu'une histoire de cul, bien sur que j'en suis dépendant à son petit cul rond d'elfe perverse. Mais je m'imagine pas sans elle.  Non en fait j'ai peur de m'imaginer sans elle. Je devrais la laisser partir et quitter cette spirale merdique dans laquelle je m'enfonce. Mais je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Alors je panique et je suis victime de terribles chiasses nocturnes parce que je sais pas gérer ça autrement qu'en allant crépir les latrines de merde en jet. Comme si j'essayais de renvoyer  symboliquement  toute la merde que je reçois depuis des années au monde. Mais ça sert à queue dalle on est bien d'accord. Et puis si je commence à faire de la philosophie sur mes diarrhées anxieuses là tu vas plus te faire chier - tu m'excuseras le jeu de mot camarade - mais tu vas vraiment me prendre pour un taré...

 

 

 

 

 




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