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Chapitre V : Méditation et cours du soir..

Drelnas

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Duvencrune..

 

 

 

 

Enfin de retour à la "maison". Enfin celle du moment on va dire. Après des semaines en mer entre Valencia et Balenos à charger et convoyer tout le bordel à Uther je suis enfin rentré au bercail. L'ami forgeron a à présent de quoi faire mumuse, j'ai donc rempli ma partie. Il ne me restera plus qu'à livrer la marchandise à destination et laisser faire le reste. Peut-être que c'est trop gros, peut-être que je devrais renoncer plutôt que semer cette graine. Qui sait quelles seront les retombées après tout ? Mais je pense que ça peut valoir le coup au fond de moi. Drelnas est d 'accord mais je doute qu'il ait déjà cerné les enjeux politiques qui pourraient en découler. Mais passons...

Pendant mon absence il semblerait que Narasen ait elle aussi succombé aux charmes Dreighanais, elle compte ouvrir un petit truc dans le coin. Douée pour le commerce comme elle est je me fais pas de bile. Et comme Arthy a hérité de l'ancienne flottille de la D.T.C. je pense que niveau finances ils sont à l'abri. A moins qu'ils se mettent au jeu et aux dépenses folles mais j'pense pas. D'ailleurs elle m'a fait passer un mot la brune, me tenir prêt car mes leçons commencent bientôt.

 

J'suis bien curieux de voir ce qu'elle m'a préparé parce que pour le moment niveau magie c'est zéro pointé. Drel' a beau tenter de m' expliquer des trucs soit disant simples j'y pige rien. J'pense pas manquer de volonté, mais selon Narasen c'est la concentration et la discipline qui manqueraient. Mouais... déjà je les aime pas ces mots, donc ça doit pas être totalement faux. J'espère pas me fader des conneries spirituelles à rester des heures assis sur des cailloux jusqu'à ce que je sente leur énergie sous mon cul ou ce genre de pièges à crédules. On le saurait si les caillasses sous notre cul ça respirait depuis le temps ! Si elle compte me faire méditer des plombes, rien à foutre moi je tanke une sieste vite fait bien fait ni vu ni connu elle y verra qu'dalle.

Si je veux atteindre la sérénité et la plénitude y a beaucoup plus drôle et festif pour y parvenir. Un peu d'alcool, un cigare, un bonne pipe par exemple. Et quelque soit l'ordre, ou au mieux tout en même temps. Tiens en y repensant l'idée devient séduisante. J'irai bien me "séréniser" un coup ou deux là auprès de mon Aithe. Pour bien faire, pour avoir les idées claires tu me suis ..? Faudrait pas que je passe pour un cancre direct, ça se fait pas hin..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




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Il avait commencé par râler comme à son habitude, le vieux grincheux qui n’était vieux que dans sa tête. Il avait fini par admettre que sa nouvelle famille au nom si prestigieux, ne l’avait pas accueillie en son sein comme il l’espérait.

La rousse préférait reluquer sa femme que déceler les éventuelles compétences magiques enfouies en lui.

Moi j’étais redevenue moi-même, fragments d’âmes enfin apaisées grâce à eux, et complètement désœuvrée depuis que le glas avait sonné sur nos affaires. J’avais compris l’utilité des enseignements de mon Maître et je pensais sérieusement me mettre à enseigner à mon tour. Lui avait besoin d’un maître, moi d’un élève.

Une Darkolm enseignant la magie à un Kelevra…. Si Aurora avait été encore en vie je pense qu’elle serait tordue de rire, mais j’ai conscience qu’un potentiel comme le sien, s’il n’est pas modelé ni maîtrisé pourrait être dangereux. Alors j’ai accepté.

A peine l’avais-je fait que je me demandais comment canaliser un être tel que lui. Fonceur, idéaliste, idiot parfois et tellement peu patient… J’y ai longuement réfléchie, il ne servait à rien de vouloir lui faire prendre conscience des flux par la méditation, un truc de « bonne femme » comme il dirait, ou peut-être trop compliqué pour un homme qui pense plus avec sa bite qu’avec ce qui lui sert de cerveau confit dans le rhum… Je vais finir par l’appelé Baba bientôt.

Non je devais faire comme avec mon fils. Ajarne était un petit garçon, plein d’énergie et incapable de se focaliser plus de deux minutes. Nennius voulait de l’utile, il voulait du rapide… et je le savais intuitif et émotif, j’allais donc jouer sur ces deux points pour éveiller en lui le réflexe de la magie.

La nuit avant le départ, je lui expliquais donc que la magie était quelque chose avec laquelle nous naissions, innée, silencieuse et pourtant présente, qu’il l’avait surement utilisé sans s’en rendre compte à plusieurs reprises. J’indiquais ensuite que les formules, les gestes et les autres salamalèques n’étaient pas du folklore mais un support pour condenser l’énergie et la modeler.

Le lendemain, une fois sur nos chevaux, je l’ensorcelais pour qu’il dorme. Je voulais que ce zozo ne puisse pas savoir où nous allions, combien de temps nous avions mis pour nous rendre dans les bois où je faisais le campement. Je l’éveillais 4 heures après notre arrivée et fût accueillie par son plus chaleureux « salope ». Je souriais à l’idée du nom qu’il me donnerait quand il s’apercevrait que j’avais évacué l’alcool qu’il avait amené, celle qu’il avait planqué et tous nos vivres.

 

 

 

« Bien, mon cher Nennius, nous voilà perdus. Tu n’as pas d’arme, pas de quoi faire du feu et les nuits sont froides. Nous n’avons ni rien à manger ni à boire et tu ne peux compter sur rien d’autre que ta magie. Si tu as écouté tout ce que je t’ai dit depuis qu’on a commencé à en parler on s’en sortira, sinon on mourra. Ma vie est entre tes mains, moi, j’observe, toi tu vas devoir nous faire survivre. Ton entrainement commence. »

Modifié par Narasen

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Quelque part...

 

 

 

 

J'me réveille j'ai la tête comme si tout le pays avait dansé la gigue sur ma carcasse. Putain de sortilège j'te jure. Je me retrouve paumé au milieu de nul part. J'ai la dalle. J'ai froid. Heureusement j'avais planqué du Rhum dans.... Mais quelle salope ! Franchement je trouve ça vraiment dégueulasse de s'en prendre à la bibine, en plus c'était du bon. Bon donc Narasen m'a pigeonné : on est dans la pampa, sans rien et en gros je peux compter que sur ma bite et mon couteau pour nous sortir de là. Narasen m'aidera pas sinon ça serait pas drôle, bien évidemment. Et à défaut d'avoir toujours ma bite, j'ai pas de couteau. Et pas de Rhum non plus. Fais chier...Bon c'est pas tout je me dis que j'ai du boulot, procédons par étapes si on veut s'en sortir.

 

Étape 1 : j'insulte Narasen. Ça n'a le mérite de ne faire apparaître ni bouffe ni boisson mais ça fait du bien, faut se l'avouer. Sauf que ça la fait pas frémir d'un pouce et qu'effectivement le froid tombe. Connaissant la luciole elle est pas du genre à bluffer, et je sais que je la baratinerai pas. Je me dis que j'ai déjà été paumé seul dans la nature et que je m'en suis sorti jadis. Mais bon j'avais au moins un peu d'eau, une lame..

Étape 2 : Je ramasse un bout de bois pas trop pourri pour m'en faire un gourdin. Ça pètera au premier impact mais ça me rassure d'avoir un semblant "d'arme". Plus tard j'essaierai d'en faire une lance ou un javelot p'tet mais d'abord faut faire du feu. J'essaye de voir si y a des baies ou des fruits à bouffer mais je vois pas grand chose dans l'obscurité tombante. J'entends pas non plus de cours d'eau à proximité.

Étape 3 : J'ai beau fanfaronner, je sens la panique peu à peu s'installer. Si encore y avait que moi je m'en foutrais. Mais là j'ai pas envie qu'il arrive des bricoles à Narasen. Même si elle m'a torpillé le Rhum. Ça fait une heure qu'on erre dans ce nul part merdique et j'commence à trébucher tous les deux mètres. Putain c'est pas bon. Je déconne bordel. Reprends toi connard, reprends toi. Gaspiller son énergie c'est la dernière connerie à faire en survie j'le sais, j'l'ai appris à l'armée. Pour ce soir l'eau c'est cramé faut que je me concentre sur le bivouac. Avant de m'y atteler je bidouillerai certaines feuilles des arbustes à côté pour qu'au petit matin on rentabilise la rosée. Ça sera pas énorme, mais déjà ça.

Étape 4 : J'commence à faire un bivouac contre une crête rocheuse pour être protégé du vent et avoir un abris de fortune. J'ai sacrifié une partie des mes étoffes pour que ça soit un minima étanche. Y a rien de pire que dormir à même la terre ou le sol. Ça te suce ta chaleur durant la nuit aussi avidement qu'une pute à qui on aurait promis un lingot d'or. Sauf qu'au matin t'es tout mort. Mais bon sans feu ça changera pas grand chose. J'ai mis Narasen à l'abri, là où il fait le plus chaud et je me suis attelé à faire du feu. En vain. J'y voyais rien. J'avais faim j'étais crevé et j'avais froid.

 

Et là tu te sens con j'te promets. Con et humble, mais surtout con. Et Narasen qui me regarde impassible. Putain la magie elle vient foutre quoi là dedans hin ? Genre si je me concentre j'vais faire apparaître une tranche de Yak fûmée avec de la bière..? Remarque j'aimerais... Ben je me concentre ! Je fais que ça bordel !! Il est où mon putain de Yak ? Et ma bière enculé ?? Et ce con de feu qui veut pas prendre là, décidément tout l'univers s'est ligué pour me faire chier ou quoi ?! Ça me prend aux tripes entre la colère et la culpabilité. Putain de torture raffinée j'te jure.. Allez putain c'est pas non plus "sorcier" de faire un feu foutre merde non plus ! J'ripe une fois de plus sur la pierre qui me servait à créer des étincelles. Un bobo de rien, mais sur le moment le truc de trop. J'me mets à gueuler. Mais à gueuler de rage et de frustration comme jamais. Narasen dit rien comme à son habitude. Mais voilà que Drel' se met à causer maintenant..

L'énergie occulte est la source de toute magie. La sorcière t'a dit qu 'elle nimbait toute vie, elle est présente autour de toi et en toi en ce moment.

La belle jambe, ça elle m'a l'a dit déjà. Ça m'aide comment à avancer dans mes péripéties ? On me l'a déjà fait le coup du la magie est comme l'air ambiant, comment je modèle et façonne l'air hein?? Le brasser je veux bien à la limite..

Alors imagine plutôt que c'est de l'eau. Parfois on peut la canaliser, l'orienter, la dévier au mieux. Et puis parfois si tu y rajoutes une pincée de sable ou de terre tu peux façonner quelque chose..

Bordel de merde.. Allez j'ai pas le droit de flancher y a pas que ma couenne en jeu. Je reprend mes pierres et j'essaye de rester calme. L'avantage - elle l'a fait exprès la salope j'en suis sur - c'est que là je suis pas distrait. J'ai qu'une envie, c'est ce putain de feu. Je réfléchis un instant. Est-ce que je peux utiliser de manière intuitive la magie pour faire un feu ? J'aimerais bien. Je le dois surtout. J'arrive pas à sentir cette énergie dont ils parlent tous. Mais elle est là. Bah oui sinon on me casserait pas les couilles avec. Donc j'essaye de faire le vide en moi de penser qu'au feu. De l'eau tout autour.... y rajouter un truc...  Je me rate plusieurs fois à la chaîne et à chaque raté je m'esquinte les doigts. J'sens la colère qui revient à grands pas. A un moment j'en ai tellement ras le cul que j'ai l'impression de pouvoir parler à la pierre. Ou bien c'était le début de déshydratation aussi.. Et puis je perds la boule, je frotte cette putain de pierre partout de manière chaotique, je me fous les poings en sang et quand la douleur vient péter cette pseudo transe je balance cette pute de pierre dans les brindilles qui s'embrasent aussitôt...

Et là je regarde Narasen en me sentant tout con, encore..

 

 

 

 

 

 

 

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Comme c'est amusant, amusant et chiant.

C'est amusant de le voire enfin se débattre avec ce qu'il prenait au dessus de la jambe jusque là. Evidemment je ne m'étais pas attendue à ce qu'il retienne mes premières explications, s'il m'écoutait quand je parle ça se saurait depuis le temps. Je le vois se débattre avec ce qu'il sait, encore aveugle sur ce qu'il est. La différence est toujours intense au final et il prend les enseignements peut être un peu trop tardivement. J'aimerai savoir ce dont il est capable.

Evidemment j'ai parfaitement conscience que sa magie est uniquement basée sur l'instinct, il va falloir qu'il puisse associé ses sortilèges à des émotions passées s'il veut retenir les méchanismes de déclenchement. Je l'observe, il râle, il frotte ses deux pauvres cailloux comme il espérait qu'ils lui chient un miracle. Et à travers lui, j’aperçois Drelnas. Nous échangeons quelques discutions silencieuses et des regards. Lui semble avoir un peu pitié, il va lui servir de mémoire... ou alors c'est qu'il s'impatiente de voire son hôte aussi empoté avec les basiques...

 

Mais c'est chiant d'attendre, il commence à faire froid et je me suis refusée de l'aider pour le coup, ça me démange... Alors je soupire, je fais ça si bien.

Enfin l'étincelle!

Il me regarde tout con, comme s'il avait vu le trou du cul d'Elion. Il se demande si c'est la pierre ou lui....autant commencé la leçon. Je lui tend une boule de feuille verte et lui demande de la mâcher. Ces feuilles ne nourrissent pas mais ont la vertus au moins de couper la faim un temps, juste pour qu'il m'écoute.

 

"Tu en as mis du temps à comprendre que ta colère pouvait canaliser ta force. La magie c'est pas simplement une façon de parler ou d'agiter ses bras, ni même de regarder de haut le bas peuple en se gonflant d’orgueil. Tu dois la ressentir comme un prolongement de toi même. Quand tu tiens un objet tu vois ta main, ta tête pense à l'action et commande ton bras. Il doit en être de même pour la magie. je peux te dire que tout est énergie, qu'elle émane de tout et qu'il te faut la ressentir, mais je doute que ça te parle vraiment. Je vais plutôt te parler de vibration, d'émotions, de choses que tu connais, comme le feu qui t'anime pendant un combat ou la force de l'océan. Ça te définit peut être un peu mieux non?"

Je le regardais, je sentais bien que certains de mes mots lui passaient au dessus, après tout il m'en voulait surement encore, autant en profiter pour faire baisser la colère.

"On a du feu c'est déjà ça....mais on va pas tarder à creuver de soif. Donc, prochaine étape, trouve de l'eau. Comme tu t'en rend compte ici il n'y a pas de rivière à proximité et en plus il fait nuit.... Mais dans une forêt l'eau ça manque pas..."

Je déposais un bol vide devant lui.

"Remplie le....et si tu trouves drôle de pisser dedans, je t'obligerai à le boire, t'es prévenu. Je veux que tu fermes les yeux, que tu imagine la mer, pense à Sû, c'est un avatar de ce don là et capte l'eau invisible autour de toi. Remplie le bol."

Puis je redevenais silencieuse.

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Nul part....

 

 

 

 

 

 

 

J'avoue que j'ai pensé très fort à pisser dans le bol. Après je me suis même demandé si quelqu'un avait déjà le pouvoir de transformer la pisse en flotte. T'imagines ? C'comme si on pouvait transformer la merde en or, ça fait rêver. Parce que la merde, faut bien l'avouer, c'est pas ce qui manque en ce bas monde. C'est comme si on pouvait transformer les cons en gens intéressants. Putain le boulot que ça représenterait ! Mais par mes couilles j'imagine les retombées. Un monde sans cons... On se ferait chier p'tet remarque après tout...

Mais bon je divague  je divague, ça remplit pas mon bol toutes ces conneries. Elle a parlé de l'océan, de Sû. Sur le moment ça m'a collé le cafard, parce que j'ai plein de souvenirs douloureux liés à elle. J'essaye de chasser toutes ces pensées déprimantes, mais tu sais bien comment ça fait. Qu'est ce qui se passe quand tu te dis : "surtout pense pas à ça" ?  Ben oui, tu penses justement qu'à ça... Putain que c'est con l'esprit humain j'te jure. Donc je me concentre pas, et j'suis sur que Narasen le sent, voir que ça l'énerve. J'me vois rêvasser tout éveillé, penser à la mer, à mon bateau et mes aventures nautiques. C'est agréable, grisant même. Et réel. Putain que ça a l'air réellement bandant. Les embruns, le craquement du bois, la vitesse. La liberté. Et puis d'un coup je reviens à moi comme si on m'avait réveillé d'une bassine d'eau dans la gueule.

 

 

Je transpire, je me sens tout collant et poisseux. Faut dire qu'avec cette putain d'humidité dans l'air.. Nom de merde, là voilà cette putain de flotte..! Bien sur y a pas de rivières ou de lacs mais ça empêche pas la végétation de pas crever, c'est bien que la flotte est là, autrement. Et ils parviennent à la capter pour l 'absorber, logique. Mais comment la foutre dans ce putain de bol ? Je réfléchis, je me creuse la cervelle dans tous les sens et en repensant à ce qu'a dit Narasen, je comprends que ça sert à rien de réfléchir 15 ans là dessus. Faut que je me jette à l'eau, c'comme ça que je fonctionne. La théorie on verra ça plus tard, la priorité c'est de pas crever connement.

L'eau est là, je la sens. Elle rend ma chemise putain de poisseuse. Je met mes paluches au dessus du bol et j'essaye de me concentrer. Enfin de forcer cette putain d'humidité ambiante à tomber dans le bol. Au bout d'un moment je sens une légère chaleur dans mes mains. Inconsciemment je me suis pas rendu compte que j'avais mis les mains de telle sorte à former un entonnoir, mes doigts pointant vers le bol. J'ouvre un œil et je vois que sur mes doigt il commence à se former quelques gouttelettes. C'est pas con comme idée mais je sans pas comment ça se réalise in fino en réalité. L 'idée c'est d'attirer l'eau dans mes mains de la condenser pour qu'elle ruisselle et tombe dans le bol. J'ai essayé de me foutre dans le même état d'esprit que pour faire du feu et j'ai senti cette chaleur dans mes mains. Au bout d'un petit moment il y a un peu d'eau dans le bol, mais pas de quoi étancher nos soifs à elle et à moi.

 

J'dois pas être loin du but ou de la bonne manœuvre mais le résultat est pas à la hauteur. Ça me fait chier putain. Après je me dis qu'il faut pas que je m'emballe. Y a encore une heure je savais pas qu'on pouvait faire du feu comme ça, alors c'est pas en un stage de survie perdu dans la pampa que je vais ressortir en sachant maîtriser tout ce bordel. Mais là j 'ai juste soif bordel de merde. Et ce putain de bol y veut pas se remplir. J'la sens l'eau mais elle se draine pas, elle veut pas cette conne. Pis je pense à Sû, à l'océan. Et je me sens un peu con, pour pas changer. D'où c'est l'homme qui commande à l'océan ? Putain j'aurais aimé voir le premier apprenti marin de mes couilles râler sur la houle ou le vent en face de Sû... Il aurait pas fait un putain de plis. Bouffé direct par l'océan. Terminé, basta. L'océan comme j'dis toujours il a pas le temps ; si tu l'emmerdes ou que tu sais pas le prendre comme il faut il t'avale tout rond et au mieux si t'as du bol il te chie sur une plage à moitié bouffé par les crabes. On est que des insectes face à lui. Et là à vouloir forcer l'eau à se plier à ce qui je veux lui imposer j'fais la même erreur que ces jeunes cons qui crèvent jeunes en mer. J'en oublie ma place. L'eau elle ira dans le bol, elle prendra le temps qu'elle a besoin c'est tout. Faut attendre. Et bizarrement quand j'arrête de vouloir lui forcer la main, j'trouve limite que ça va plus vite.

Ouais, elle est comme Sû, chiante et capricieuse..

 

 

 

 

 

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Je le regarde faire, se creuser la tête pour comprendre quelque chose qui n'a jamais eu besoin de mot pour s'exprimer naturellement. Ce frère blanc que j'ai appris à aimer comme ma propre famille, et je me surprend à repenser à mon propre enseignement.

 

Quand je suis arrivée à Tarif, j'étais qu'une gamine qui ne souriait pas, qui ne parlait pas, violente et renfermée. J'en voulais à ma mère de m'abandonner elle aussi auprès de sa jumelle. Aurora était lunaire, ses cheveux blancs et ses yeux gris, toujours perdue dans un autre monde. Elle ne faisait pas attention à elle, une paria dans ce village où tout tournait autour de la connaissance et du succès. Elle ne me parlait pas, elle voulait juste savoir ce dont j'avais rêver la veille. Elle ne me nourrissait pas non plus mais pire encore, elle ne me regardait pas.

Je passais le plus clair de mon temps à regarder les instructeurs apprendre les bases à des gamins qui progressaient plus vite que moi et j'étais envieuse, impatiente. J'ai toujours eu mes visions, mon instinct et ça m'a toujours aidé à trouver de quoi manger, j'étais une voleuse hors paire, pourtant j'enviais leur pouvoir et leurs facilités en refusant de voir que j'avais le même potentiel.

C'est comme ces gens qui pensent que c'est l'autre le problème pour pas avoir regarder en eux.... Nennius est comme moi. Il sait mais il refuse de l'admettre. Il est doué mais refuse de le voir et quand bien même, que fera t il de cette connaissance après?

La magie c'est de la facilité, ils sont nombreux à répondre à son pouvoir qui simplifie grandement la vie, qui nous place au dessus comme des Elus divins. Il se brûlera les ailes surement comme moi pour le comprendre, il se fera peur, il dira surement un jours que tout ça c'est de la merde mais il y reviendra toujours.

 

"Ne cherche pas le contrôle. La nature ne se dirige pas."

 

Je le contournais pour venir poser mes mains sur ses épaules, le forçant à les rabaisser un peu, à le détendre.

 

"Le feu né de la friction de l'invisible, il est une dynamique active...." Je changeais d'oreille pour lui murmurer..."l'eau né de la concentration et de la plénitude, elle est le calme avant la tempête..." "la terre est la force tranquille, celle qui donne la vie et la force, elle bat au même rythme que ton coeur"...."l'air est impétueux, il est libre et brutal"

Je me calais contre son dos pour l'enlacer.

"La magie est partout parce qu'elle émane aussi de toi, ce n'est jamais une contrainte, c'est un partage, un concours. Tu connais ces éléments, tu les touches du doigt depuis toujours mais c'est comme une nouvelle maîtresse, il te faut l'apprivoiser, la comprendre, l'aider à t'accepter et lui faire confiance. Toujours craindre ses colères si tu exagères."

Je laissais glisser mes mains le long de ses bras, jusqu'à ce que mes paumes épousent le dos de ses mains. Je l'aidais à former une coupe.

"Calme toi, comme lorsque tu tiens la barre de ton bateau, et recommence."

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Perdus dans la pampa....

 

 

 

 

 

 

Quand elle met ses main autour des miennes, le bol se remplit d'autant plus vite. Ça me détend un peu la couenne et ça m'aide à réfléchir. Y a pas à tortiller du cul. Elle sait trouver les mots. Ça doit être ça la pédagogie.. Elle m'aurait causé d 'énergies, de symbiose et autres conneries j'y aurais rien capté. Mais là elle me compare ça à quand tu baises une nouvelle amante la première fois. Et là bordel, ben ça me parle ! Tu m'étonnes ! Si y a bien un truc que j'aime faire et que je sais bien faire, c'est baiser. J'ai pas de mérite, j'ai été bien éduqué hin. Grandir dans un bordel au milieu de Tatas affectueuses ça n'a pas que des inconvénients tu vois... Mais mine de rien, sa comparaison est vachement pertinente à l 'autre. Si je m'emballe et que je me laisse trop griser par cette sensation de nouveauté, j'risque de faire un faux pas, de la braquer et au final de pas y arriver. Que le premier à qui c'est jamais arrivé de s'emballer et de faire un pas de travers pendant la baise me jette la première pierre. Si si si ça nous est tous arrivé de perdre la boule pendant une ptite levrette, tu sais pas pourquoi tu t'aventures à glisser un doigt - de trop visiblement - là où il faut pas et c'est le drame. Alors donc la magie c'est pareil. Étonnamment j'comprends mieux.

 

Le bol se remplit tranquillement, j'brusque pas le mouvement, je laisse le truc se faire, j'accompagne. Concentre toi, surtout mets-y pas un doigt dans l'cul, dérape pas... Enfin j'me comprends. Une fois le bol rempli on boit tour à tour, mine de rien y faisait soif. Et pis là je me sens crevé d'une force. Quasi vidé, comme après avoir baisé. Comme quoi j'ai p'tet plus d'affinités avec ce merdier que je le soupçonnais. J'attends même pas le verdict du jury que je m'écroule comme une masse inerte, complètement assommé.

Je sais pas si j'ai rêvé ou voyagé ou si Narasen m'a fait des trucs dans la tête mais c'était un bordel sans nom après. J'ai vu défilé à grande vitesse plein d'images, de flashs. Est-ce que certains provenaient de Drelnas ? D'ailleurs ? Est-ce que Narasen a tenté de me faire voir une sorte de vision..?

 

Va savoir...

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"Bonjour, te revoilà enfin...tu as grandi on dirait..."

La pièce était baignée dans une douce lumière tamisée et la femme placée au centre du cercle de bougies le regardait sans vraiment le voir. Ses longs cheveux blancs tombant en cascade sur ses épaules et ses yeux pailletés d'or fixés sur lui un regard distant et lunaire. Il avait déjà vu ce visage à mainte reprise dans ses rêves depuis l'enfance et pourtant il semblait encore surpris de la trouver là comme avant.

En baissant le regard, il s'aperçu soudainement qu'à ses pieds trônait un masque représentant une chouette. Elle suivit son regard et esquissa un sourire.

"Le temps est une chose amusante n'est ce pas? On l'imagine linéaire, continu et immuable, alors qu'il n'est qu'un ensemble de couloir et de boucle que nous empruntons en rêve..... Il y avait un enfant dans le village qui avait ce talent de rêver comme moi. Le fils d'une sorcière et d'un mage, un petit garçon de deux ans partie d'ici il y a quoi.... deux semaines? Et te voilà devant moi."

Une ombre passa sur son visage, laissant poindre son âge véritable sous le voile de ses illusions.

"Si tu viens me voir c'est que le temps arrive, voir qu'il est tout proche ou peut être trop tard, comment savoir... Tu as oublié qui tu étais mon petit, c'est le propre des hommes. Les enfants ne connaissent pas la peur de l'inconnu, ils épousent la magie avec bienveillance sans la craindre et leurs yeux innocents peuvent voir les fluctuations et le voile qui sépare les mondes. Ton temps aura besoin de gens comme toi, capables de voir, de parler avec les esprits de la pierre... Rappel toi de ce qui était simple.."

La porte à l'arrière s'ouvrit laissant entrer une jeune fille d'une dizaine d'années, le cheveux noir et emmêlé.

"Maître? A qui tu parles?"

"A l'avenir, Narasen....à l'avenir."

 

 

 

Quelque part à côté de Duvencrune....

Un grognement me signalait son réveil, j'avais trouvé des racines et des baies à bouillir pour le petit déjeuné et j'observais son visage fiévreux.

"Elle disait souvent qu'elle parlait avec un petit garçon dans un corps d'homme, je la prenais pour une folle...jusqu'à ce que je retrouve son journal en revenant à Tarif... Elle disait qu'un jour on viendrait me trouver pour me demander mon aide, qu'un homme changerait le cours de ma vie et que je serais la lumière qui lui indiquera le chemin.. Je pensais qu'elle me parlait de l'homme de ma vie comme une conne."

Je tendais vers lui un coffret de bois comportant deux sphères de cristal.

"Aurora n'était pas folle en vérité, c'était une visionnaire, la vrai fondatrice de notre ordre. Elle avait vu les ravages de la peste et de la guerre, elle avait tout fait pour rassembler les 7....et elle t'avait vu toi... Elle a laissé ça pour toi, son testament."

"il est temps de croire Nennius."

 

Modifié par Narasen

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Nul part, encore....

 

 

 

 

 

 

Je me réveille encore groggy, mais j'commence à en avoir l'habitude. J'espèrais retrouver les murs de ma piaule, apercevoir un bout de fesse à Aithe, mais non on est toujours dans la nature, paumés. Merde. J'ai la gueule pâteuse et j'ai faim, c'est pas le bol de flotte rempli la veille qui a réglé nos soucis. A peine le temps d’émerger qu'elle me parle d'une Aurora et me sort deux boules étranges. Qu'est-ce que je suis sensé y piger à ce bordel..? Et c'est qui cette vieille dont elle cause ? Rho putain j'sens que ça va être encore compliqué et que j'vais devoir me farcir des explications. Quels 7 ? Putain me dis pas que j'ai des frangins et frangines..!  Pourquoi c'est jamais simple ce merdier hin ?

Mais Drelnas lui il a l'air intéressé par ces deux sphères et j'me demande bien pourquoi.

 

<< Ça se mange ? >> que je lui demande comme un con.

 

 

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