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Dieu vomit les tièdes

Nôd

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« Il coule dans le sang de ses veines, la violence de ses pairs, sa rudesse, sa volonté féroce, une certaine cruauté même dont elle n’est pas si fière... Mais dont elle sait se servir, si elle se sent menacée.

Perdue, seule, dans un océan obscur, j’entends chaque gouttelette s'écraser au sol avec l’acuité d’un aveugle. Tout est noir, ce noir d’une nuit sans lune, et je ne sais pas quel jour ni quelle heure il peut être.

Les blessures infligées ne sont qu’un souvenir à peine piquant, l’énergie volubile de la bête a tout réparé ou presque, au prix d’un peu plus de mon âme mais quelle importance ? La délivrance arrive bientôt, à pas de loup pour eux, de géant pour moi. Est-ce enfin la dernière fois ? La dernière volte dans un manège sans contours, aux rênes d’une monture qui s’est emballée ? 

J’ai joué la carte de l’inconstance, face à celle irrémédiable de Chandrelle, qui gagnera ? Pas elle car elle a déjà perdu ce souffle qui la faisait vibrer ; désormais éternelle prisonnière entre les mondes, aucun retour en arrière possible pour elle qui restera à jamais suspendue entre les sphères. Et moi ?

Une autre goutte tombe et s’éclate au sol dans un fracas insignifiant. Et moi ? L’Amenti est à moi, c’est inscrit dans la pierre, les Lettres qui la nourrissent sont mon héritage et rien d’autre ne pourrait lui apporter l’énergie nécessaire. Rien ni personne. Mais d’où sort-elle ? Cette porteuse de feu, ignare de son sort et inconnue jusqu’alors. C’est la seconde anomalie que je rencontre dans cette boucle. D’où viennent-elles ces deux erreurs ? L’on dirait presque qu’une troisième main interfère dans ce chemin entre elle et moi.

Le noir vrombit légèrement autour de moi. Il a tout autant faim que moi et je sens ses dents qui me grignotent pas à pas. Cet esprit m’a aidé. Il n’avait rien à voir avec ce que j'espérais, impossible d’en tirer le moindre mot, mais il a fait son office et je les hais de me l’avoir retiré. Ces âmes qui étaient mes compagnons sont devenues mes bourreaux et rien ne saurait calmer ma colère pour eux. Dans un corps ou un autre, chaque vie après l’autre, elles seront mes proies jusqu’à ce que plus une seule ne revienne et rien, rien, ne me fera mourir avant que chacune de ces âmes ne soit éteinte et totalement perdue, incapable de renaître.

Car telle est ma voie, celle qui m'a été donnée : faire payer aux fauteurs leur initiale erreur. Il l’ont oubliée, ils l’ont perdue dans les nombreux détours du temps, moi jamais. Je laverai au feu cette tâche qu’ils ont laissé sur le monde, ce naevus malade aux racines profondes, et je ne laisserai rien d’autre que des chairs purifiées : peu importe les blessures et l'impiété.

 




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