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Trente-Septième Journée

Kadhel

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"Des gamins qui volent ! Et pourquoi pas des livres pendant qu'on y est ... ? Ah..." -- Bondoulfe de Keplan, paysan devenu héros par la bénédiction d'Elion.

 

Trente-Septième Journée

S'il y a bien une première chose à dire sur Tarif, c'est que ses toits sont tout aussi agréables (ou désagréables ?) que les autres villes. Vindiou qu'il est dur d'être héros sans le sous. Mais c'est ça être un héros, c'est savoir faire abstraction des douleurs du quotidien pour avancer vers son destin. Après le soucis à Tarif c'est que y'a des gamins qui volent, du coup potentiellement ils pourraient arriver au niveau des toits et venir me déranger quand je dors. Peut être qu'au final je devrais tenter de ne plus dormir sur les toits en fait...

Mais bon, Tarif, c'est pas que des toits et des gamins qui volent. Non parce que sinon ce serait triste quand même. A Tarif, il y a des sorcières occultes ! Et oui ! D'ailleurs, ma première rencontre dans cette ville après le palefrenier, ce fut une sorcière ! 

En début d'après midi, je me suis levé (il fallait bien dormir un peu après mon épopée de voyage hein) et suis allé contempler le petit lac depuis un ponton de la ville. Si y'a bien un truc qui change pas, c'est les petits pontons et le beau scintillement de l'eau au soleil. Si ça n'est pas un don d'Elion que de voir nos mirettes bercées par un si beau miroitement, ben je mange mon chapeau. Enfin non parce que j'en ai besoin, mais l'idée est là. Puis un héros qui mange son chapeau ça fait bizarre, si les enfants le font aussi en me prenant pour modèle ça va poser des problèmes...

Donc je regardais l'eau, puis au bout d'un moment j'avais envie de voir la ville quand même. Alors je me suis levé, puis j'ai marché dans les rues un peu au hasard. Et devinez quoi. Déjà les gamins qui volent c'était étrange. Mais en plus ils tirent de la fumée, et y'a même des BON SANG DE LIVRES qui volent. DES LIVRES ! Et puis des marmites, et toute sorte d'objets. C'est vraiment n'importe quoi cette ville bon sang. Rangez vos affaires un peu. Je ne pensais pas qu'on pouvait mal éduquer sa vaisselle, mais il semblerait que si, parce que dans le coin elle est tellement rebelle qu'elle sort de son vaisselier.

Donc j'errais dans les rues (et je ne me perdais pas du tout ! Je faisais des cercles pour revoir les détails !) et d'un seul coup j'ai été accosté par une femme si grande qu'au début j'ai pensé qu'elle avait des échasses, un peu. Une femme avoir une peau noire ébène, avec un paquet sous le bras, qui faisait quelques têtes de plus que moi. Bon sang c'est pas commun. Niveau force de la nature je connaissais déjà ma Josianne, mais visiblement il y en a de toutes sortes. En tout cas, le côté sympathique, c'est que la sorcière ébène elle était avenante, elle. Pas comme ma femme.

Pour preuve, elle m'a demandée si j'étais perdu. C'était très gentil de s'en inquiéter, mais bon un héros ça ne se perd jamais, hé ! Je lui ai répondu que tout allais bien, mais elle semblait intéressée de savoir ce que je faisais en Mediah (le nom du coin, je l'ai déjà entendu plusieurs fois) parce qu'elle ne m'avait jamais vu par ici. Elle a même rit un peu. Faut croire que je dénotes ? Ou alors c'est la terre sur mes vêtements, peut-être. Je sais pas trop. En tout cas je lui ai expliqué que j'étais Bondoulfe de Keplan, Héros choisi d'Elion, et plus Grand Magicien de ce siècle et celui à venir, hé. Un héros qui passe en ville, c'est pas tous les jours, alors autant mettre les formes ! Puis j'ai ajouté que je venais à Tarif sur conseil de mon jeune ami Orwel. Un bon garçon Orwel, je me demande ce qu'il fait en ce moment tiens.

La femme ébène a eu l'air un peu sceptique, mais elle m'a dit que je ne manquais visiblement pas de confiance en moi et qu'elle ne connaissait pas d'homme du nom d'Orwel. Elle était curieuse de savoir pourquoi on m'avait conseillé de me rendre ici, aussi. Alors je lui ai expliqué qu'Orwel et d'autres gens m'avaient dis que venir ici me serait d'une grande aide. Même si je savais pas encore trop pourquoi. Et en plus, ne me souvenant pas du nom de la demi sœur d'Orwel, je ne pouvais même pas amorcer ce sujet... bravo Bondoulfe !

Elle m'a écouté avec attention, du coup j'en ai profité pour lui demander si tous les gens avec des pouvoirs ici étaient aussi des élus de dieu, un peu. Elle m'a répondu que les gens d'ici n'étaient pas des magiciens mais des sorciers, et tenaient leur magie de leur héritage, qui venait d'une femme du passé nommée Cartian. Visiblement, la première sorcière, qui avait bâti le village il y a des siècles et battu des géants. J'espère que leur héritage passe pas par le sang, parce que sinon c'est un peu triste de voir toute la ville faire de la sorcellerie. Enfin à chaque village ses us et coutumes, hein. Toujours est-il que du coup, c'étaient des sorcières, pas des magiciens ! Visiblement elles utilisent l'occulte, pas la magie d'Elion ! Enfin je ne savais pas trop ce que c'était l'occulte, mais la sorcière ébène m'a montré en faisant une sphère noire dans sa main. ça pour sûr, c'était pas comme ma magie à moi qui vient d'Elion. Je lui ai donc expliqué tout enjoué, mais ça a eu l'air de la contrarier un peu.

Elle m'a dit que dans le coin, il fallait pas trop parler d'Elion, parce que c'est pas la foi locale, et qu'en Mediah on révère Aal. Moi du coup j'ai essayé de lui expliquer que dieu c'était dieu, qu'après on l'appelle comme on veut, mais ça ne l'a pas convaincu du tout et ça a un peu posé un froid. Donc bon j'ai changé de sujet. Dieu c'est dieu, on va pas débattre des années.

Donc bon, je lui ai expliqué mon histoire, ma destinée, et la façon dont Elion m'avait donné mes pouvoirs. Elle n'était pas très convaincu, me demandant si ce n'était pas plutôt un héritage. Bien tenté, mais ma famille est paysanne et sans pouvoirs depuis des générations, hé. C'est un miracle d'Elion, il faut s'y faire ! Je dois sauver le monde avec mes pouvoirs, c'est ainsi ! En tous les cas, j'ai fini par la convaincre que je ne mentais pas. Et bien, ce fut fastidieux.

Je lui expliquais donc que je devais sauver le monde, mais elle me dit que je devrais d'abord me sauver moi même avant si le cas se présente, parce que je ne peux sauver personne en étant mort. Belle analyse, mais bon j'étais et ne suis toujours pas mort alors que je suis en train d'écrire. Autant dire que je n'ai pas vraiment compris ce qu'elle voulait dire. Les héros ça sauve les gens et le monde, c'est tout...

Au final, la sorcière s'est présentée (c'est vrai que j'avais rien demandé, mais j'aurai pensé qu'elle allait se présenter plus tôt). Ihria Shal'dun, érudite à l'Astrolabe (je connais bien évidemment, mais on va pas s'y attarder) et gérante d'une société d'échange entre l'est et l'ouest. Du coup c'était peut être pour ça qu'elle était sympathique avec moi qui vient de l'Ouest, en fait. Elle connaît. Alors que moi je ne pensais même pas qu'il existait des choses aussi loin de Calphéon... et qu'en j'en ai fais part à la sorcière, ça l'a fait bien rire et elle m'a dit que Calphéon n'était pas le centre du monde.... ben oui je sais que c'est pas le centre... je suis en manque de connaissances mais pas stupide hein...

Ensuite elle m'a parlé d'une magnifique cité, plus grande que Calphéon, très loin à l'est, du nom de Valencia. Je connais pas, mais vu la description ça a l'air joli. J'irai peut être un jour. Puis je lui ai demandé s'il y avait des soucis dans le coin, car si Orwel m'avait envoyé ici, il devait y avoir des choses à faire. Ihria m'a parlé des bandits qui sévissaient dans la région, dont certains teintés par la corruption. Ha ! C'était peut être ça que je devais faire. Mais les bandits c'est généralement pour les gardes, même si les héros s'en occupent parfois... Ihria m'a dit que les habitants de Tarif s'en sortaient, mais que les bandits étaient tenaces, terrés dans des falaises et cavernes. Un truc de bandit quoi.

De fil en aiguille, on a parlé de corruption, de l'âme des hommes et des soucis à Calphéon. Je lui expliquais que je savais tout ceci, mais que les héros et les prêtres sont là pour aider les hommes à avancer vers le droit chemin. La sorcière m'a dit que le clergé d'Elion faisait aussi des choses terribles, mais je lui ai expliqué que l'homme est faillible, même moi, mais que c'est juste qu'en tant que héros j'ai plus de chances de réussir là où tout le monde échoue, parce que c'est ça un héros. Mais je peux quand même échouer, hein. Dire le contraire ce serait prétentieux, et un héros ne doit pas être vaniteux, il doit être droit et humble. Je lui ai expliqué que seul dieu ne connaissait pas l'échec.

Ihria m'a alors parlé des maux de ce monde, mais je lui ai expliqué que dieu n'avait pas pour but de rendre l'homme parfait. Le bien et le mal sont des notions mortelles, elles ne s'appliquent pas à dieu. Tous les maux du monde découlent en effet de l'homme, pas de dieu lui même. Mais dieu veut quand même notre bonheur et nous aime. Alors quoi de mieux pour apprendre à l'homme le réel amour que de le laisser le découvrir par lui même ? Les prêtres et les héros sont des guides, des aides que dieu a donné à l'humanité pour devenir plus aimante et heureuse. Et pour vaincre les choses terribles et corrompues qui oppressent les hommes et les mettent à l'épreuve. J'ajoutais à cela qu'en tant que héros, il était de mon devoir d'aider les gens et de sauver le monde, afin que l'humanité puisse découvrir d'elle même l'amour et le bonheur. Je ne fais pas cela pour le prestige, je fais cela parce que je le dois.

Après mon explication, la sorcière est venue me taper sur l'épaule (bon sang elle avait de la force) en riant et en me souhaitant avec un sourire de vivre assez longtemps pour pouvoir mettre tout ceci en oeuvre. Elle me dit qu'elle devait au plus vite finir de livrer son paquet, et qu'elle espérait me recroiser par la suite, ou un jour. Je lui dis que ma vie était déjà bien entamée, mais que je comptais bien mettre le reste de celle-ci pleinement au service de dieu et du bien des hommes. Elle me salua une dernière fois avec un sourire, puis s'élança à grande foulées dans le dédale de ruelles, avec ses longues jambes. Et comme un benêt j'ai alors oublié de lui demander où trouver à manger de cette ville. Du coup je suis actuellement assis sur une pierre, dans un petit jardin, à écrire ce journal en me demandant si mon estomac ne va pas me massacrer l'intérieur de rage. On dirait un ours qui grogne bon sang. Quelle grâce. Allez, j'en ai assez écrit pour aujourd'hui, je vais voir si je ne peux pas attraper une casserole volante pleine de nourriture. Peut être qu'il y en a dans le coin.




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