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Décoration intérieure et orteils de géant

Kyra

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Centième jour

Déjà cent jours... Trouver un capitaine pour embarquer sur un navire est bien plus compliqué que je ne l'aurais cru. J'ai entendu dire de la part du cuistot de la taverne que les marins aiment pas trop avoir des femmes sur un bateau, que ça porte malheur. Difficile à dire cependant si c'est encore une de ses crises de misogynie ou s'il y a un fond de vérité dans ses propos. Je me demande si tous les valenciens sont comme ce Abdoulaye ou si c'est un cas particulier. Peut être est-ce juste sa façon d'extérioriser ses propres tourments, vu qu'il travaille pour des femmes, un moyen de soigner son ego meurtri. Peu m'importe en vérité, ce qui m'intéresse dans l'immédiat c'est de trouver un bateau. Je passe des heures à fixer cet horizon bleuté à perte de vue en me demandant ce qui se cache par delà. Que de choses nouvelles à découvrir, j'ai l'impression de revoir mes jeunes années. Enfin je les reverrai sans doute si mes vieux os ne me rappelaient pas continuellement qu'elles sont loin derrière moi.

Les humains ont un proverbe qui dit que ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Rien n'est plus faux. Chaque entrainement, chaque blessure reçue au combat et chaque erreur m'a toujours laissée un peu plus faible physiquement. Même si j'en ai tiré de la sagesse, je doute d'en avoir tiré un jour de la force. Quelle tristesse d'avoir dû attendre tout ce temps avant de finalement accomplir ce dont j'ai à peine osé rêver toutes ces années. Mes connaissances et mes techniques sont désormais mes nouvelles armes pour m'améliorer au combat, même si je doute de pouvoir retourner un jour à l'adresse que j'avais à la belle époque, je ne me morfonds plus. Je me suis souvent demandé comment faisaient ces humains, eux qui savent que leur corps n'a de cesse de se flétrir et de les trahir à une vitesse ahurissante, pour ne pas perdre espoir. Peut être est-ce là la réponse que je cherchais.

 

Cent deuxième jour

Je me suis faite attaquée, en fin d'après midi. Je passais tranquillement à côté de la ruine d'un fort plus au nord, pour faire du repérage le long de la côte, quand j'ai entendu siffler un carreau non loin de ma tête. J'ai à peine eu le temps de dégainer pour dévier le second tir d'un revers de ma lame. J'ai sauté de monture pour repérer d'où venaient les tirs avant de voir les embusqués dans des fourrées non loin de la route. Trop de terrain à découvert, c'était pas sérieux, la moindre erreur et je me serais retrouvée avec un carreau planté, loin de toute habitation et sans matériel médical vu que ma monture, apeurée par mes brusques mouvement, était partie avec barda d'aventurier.

Je me suis mise à couvert et j'ai attendu. S'ils s'étaient rapprochés, j'aurais pu engager le combat au corps à corps. Mais ils ont préféré rester à distance, ces petits cons. J'ai du ronger mon frein pendant plusieurs heures jusqu'à ce que la nuit tombée me donne de nouvelles opportunités. Mais je me suis un peu laissée emporter, j'ai pas pu m'empêcher d'en embrocher un pour me passer les nerfs d'être restée aussi longtemps à ne rien faire. Pas de chance, la surprise et la douleur ne lui ont pas ôté la voix. J'ai du me débarrasser des autres avant même d'avoir pu savoir ce qu'ils me voulaient.

 

Cent quatrième jour

J'ai finalement renoncé pour un temps à trouver un navire directement sur la côte. Je suis donc retourné à Heidel pour essayer de récupérer des informations. Un nom de contact serait parfait. Cela dit, c'est sur quelque chose de différent que je suis tombée aujourd'hui : un géant. Je n'en ai pas vu beaucoup jusqu'à présent, mais j'aurais tendance à dire que celui ci est un géant parmi les géants, le pauvre doit se cogner la tête souvent en entrant dans les bâtisses. Sans parler du mobilier : chaise, lustres, rien n'y échappe. J'ai discuté brièvement avec lui, ça semble être un aventurier lui aussi. Par contre, niveau provisions ça doit être bien plus compliqué pour lui d'en vivre, si je me fie à la quantité de nourriture et de boisson qu'il engloutit.

 

Cent sixième jour

J'ai à nouveau croisé le géant à Vélia, par le plus grand des hasards. Fidèle à ses habitudes, il a engloutit une bonne partie de la cuisine, et refait la décoration de l'auberge. Si au moins il avait fait quelque chose pour cette tapisserie rose vif, ça aurait justifié la chose, mais bon. Là, ce sont les escaliers, le lustre et les tableaux qui ont pris. Il faut dire que dévaler des marches d'escalier avec des pieds de cette taille, ça doit pas être évident.

Dans tous les cas, j'ai proposé la prime que j'ai trouvée l'autre jour à Heidel, pour tuer des religieux fanatiques ou je ne sais quoi, dans un camp plus au nord est. Je me sentais pas extrêmement confiante pour aller dans un repaire plein de sorciers religieux fanatiques toute seule, donc j'ai subtilement glissé l'idée d'y aller à plusieurs. Ça semble avoir fonctionné. Enfin il s'est rué vers les cuisines pour faire des provisions, le pauvre Abdoulaye a pas du rire autant que moi en le voyant faire. On prendra la route demain.

 

 




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