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Chou blanc et cuisine valencienne

Kyra

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Quarante-troisième jour

J'ai finalement obtenu un canasson en guise de paiement pour mon boulot avec le boucher du village. Le type de l'écurie a semblé un peu surpris au début, sur le coup, je m'étais demandé pourquoi. J'ai compris après avoir vu le canasson en question. Il est plus de première jeunesse et un peu décharné sur les bords, ce qui était au final assez logique si le boucher n'a pas jugé digne cette bête de finir à l'abattoir. Enfin, il faudra faire avec, de toute façon, ce n'est pas comme si j'aimais particulièrement utiliser une monture. Je suis plus de toute première jeunesse, ça me brise les reins de chevaucher toute la journée.

Enfin dans tous les cas, il faudra bien voir ce dont il est capable. Le gars de l'écurie m'a dit qu'il s'appelait Rossinante. Aucune idée de ce que ça signifie, mais peu importe de toute façon. Tant qu'il réagit quand on l'appelle sans siffler, je me contrefiche bien de son nom. Demain, je prendrai la route pour Vélia

 

Quarante-sixième jour

J'ai finalement fait un détour par Olvia après un passage par une ferme du coin. Une histoire d'esprit obscur dans les mines, je dois vérifier ça plus en détails. J'espère que ça ne me prendra pas trop longtemps, les habitants ne me font pas confiance. Ils ont l'air assez méfiants avec les étrangers... J'espère que ce n'est pas juste avec moi. Je pense pourtant n'avoir rien fait pour justifier tant de suspicions. Dans tous les cas, c'est assez gênant pour mener l'enquête sur cet histoire d'esprit dans les ruines.

 

Soixante dix-septième jour

Ça va bientôt faire un mois que je reste à proximité de ce village. Les habitants commencent enfin a me faire confiance, ça aura mis du temps. J'en ai appris davantage sur cette histoire d'esprit des ruines. Apparemment, c'est plus une rumeur qu'autre chose qui aurait été colportée par un aventurier de passage qui aurait perdu la tête et avant de partir dans les montagnes. Les versions diffèrent d'un villageois à l'autre : certains prétendent qu'il se serait changé en bête et qu'il aurait tué des villageois, d'autres disent qu'il a simplement trop bu d'alcool à la taverne. J'ai déjà été faire des reconnaissances dans les ruines, mais je n'ai vu ni bête, ni esprit, ni aventurier saoul. Mais depuis son départ, des villageois disparaissent.

 

Quatre-vingt douzième jour

Toujours aucune trace, je pense que c'était une fausse piste. Je sais que les esprits occultes peuvent être pernicieux, mais je doute que les disparitions soient liées à cette histoire. Je doute même fortement que si cet aventurier était bien possédé par un esprit occulte il soit resté dans le coin depuis. Dans tous les cas, je vais reprendre la route dans quelques jours, inutile de s'obstiner. Le temps de rassembler mes affaires, et vendre les bricoles que j'ai accumulées depuis que je suis ici.

 

Quatre-vint seizième jour

Je suis finalement arrivée à Vélia, la ville portuaire de Balenos. Enfin c'est plus un village de pêcheur qu'une grande ville, cela dit. Vu le nombre de navires à quai, je pense que je n'aurais aucun mal à trouver un capitaine pour m'embarquer et voguer sur les étendues d'eau. Je me demande souvent quelle sensation ça fait de se retrouver coupé du reste du monde au milieu d'une étendue d'eau à perte de vue. Ça semble très excitant en tout cas.

Je suis allée dans une auberge pour manger un morceau et commencer à glaner des informations sur un capitaine qui serait prêt à m'embarquer. Mes yeux ont failli saigner en entrant dans l'établissement, j'avais l'impression que la tapisserie rose vif m'agressait littéralement la rétine. Mais j'ai eu de la chance, manifestement il y avait un événement avec un repas gratuit. Bon il a fallu être patient et la cuisine était très épicée, mais bon je vais pas faire la fine bouche sur un repas chaud. J'ai parlé un peu avec la gérante et avec le cuisinier, un valencien qui semble du genre misogyne. Je l'ai titillé un peu pour jusqu'où ce déchet se croit supérieur, je dois dire que j'ai trouvé ça assez amusant pour le coup.

 

Révélation

En soit ça ne devrait pas figurer dans cette entrée, mais comme j'ai encore pas mal de retard à rattraper voila les quelques entrées récentes de son journal, en particulier sur la soirée d'hier ;p

Deux cents douzième jour

J'ai finalement réussi à trouver la dénommée Narasen. Manifestement, je l'avais déjà croisée sans le savoir. Un homme d'Haso m'a aidé à la chercher, visiblement il voulait lui parler lui aussi et il n'avait pas l'air d'avoir grand chose de mieux à faire, assis devant la taverne en tailleur.

De ce que j'ai pu apprendre, l'homme en question a perdu sa sœur et Narasen a un lien avec les rites funéraires qu'ils veulent faire. Dans tous les cas, j'en ai appris davantage sur la fameuse DTC, j'ai l'impression qu'il s'agit plus de mercenariat que d'une réelle compagnie d'aventuriers, cela dit. Je ne sais pas vraiment quoi en penser pour l'instant. Je dois rencontrer le second groupe que la rousse à la cicatrice à la lèvre m'a indiqué à Calphéon, les Chimères.

De là, je verrai bien quoi choisir.

 

Deux cents quinzième jour

Longue soirée passée à l'auberge. J'ai vu la dénommée Narasen avec qui j'ai discuté il y a quelques jours. Elle ne semblait pas très en forme. Apparemment, elle s'est battu avec un mage adepte de l'utilisation de reliques qui serait le frère de la valkyrie de l'autre soir. L'homme d'Haso de l'autre soir est également venu plus tard, toujours aussi taciturne. Mais il a une philosophie que j'aime bien, j'aimerais beaucoup voir ce dont il est capable l'arme à la main, sous ses airs distants se cache peut être l'âme d'un loup. Je lui ai proposé de m'accompagner quand j'aurai trouvé un boulot d'aventurier intéressant pour le jauger.

J'ai fait la rencontre d'une demi-elfe, aussi. Je l'avais prise par mégarde pour véritable Védir, mais son emportement et son inaptitude à gérer ses émotions ont bien prouvé que ce n'était pas le cas. Et dire que mon emportement est ma plus grande faiblesse, le mien fait pâle figure à côté. Certes, je comprends sa frustration, le fardeau qu'elle porte serait trop lourd pour n'importe qui. Elle ne comprend sans doute pas toute l'étendue de la cruauté de sa mère en la mettant en monde, elle qui sera constamment tiraillée entre deux mondes sans jamais avoir sa place dans aucun des deux. J'imagine qu'il est normal de vouloir idolâtrer sa mère après tout, ses seules attaches avec nos traditions ancestrales n'existent qu'à travers ce lien, qui doivent être sacrés à ses yeux. Et pourtant, je doute qu'elle sache toute la vérité. Qu'une Védir soit exilée depuis suffisamment longtemps pour avoir le temps de pondre un bâtard ne peut signifier qu'une seule chose, et je doute que ce soit le genre de chose que l'on veut léguer à ses enfants comme image.

Au fond, j'ai plus de pitié que de mépris, ce n'est pas juste pour elle de payer pour les erreurs de sa mère. Dans tous les cas, ça m'a permis de me rendre compte qu'assez curieusement, les humains semblent très ... ouverts sur les rapports inter-espèces... Bien plus que je ne pensais si on prend l'histoire de la chèvre. Quelle horreur. J'imagine que devrais sans doute faire attention à l'avenir en mentionnant ces engeances interraciales comme des aberrations de la nature. Mais c'est difficile de rester calme, surtout avec l'autre déchet qui a encore fait une fixette sur mes oreilles. Ils ont quoi, bon sang, comme problème avec les oreilles pointues ?

Toujours est-il que j'aurais pensé les humains beaucoup plus soucieux de leur hégémonie raciale, eux qui voient déjà d'un très mauvais oeil le mariage entre deux personnes d'un même sexe ou d'un milieu social différent, voire même de certaines tribus. C'est... Troublant. Illogique. Mais j'imagine que les humains sont faits de contradictions...  Ou alors peut être n'était-ce pas le reflet de leur culture, mais juste l'affirmation de leur sympathie envers la batarde, n'oublions pas qu'ils aiment beaucoup l'imagine de protecteur des faibles. J'ai été trop confiante sur ma capacité à les avoir cerné, je dois absolument être plus vigilante quand je parle de sujets inconnus avec eux. Mon voyage risque de tourner rapidement court si je me mets à dos les humains.

 

 




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