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Steak de cheval

Kyra

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Trentième jour

Ca fait quelques jours déjà que je suis sur les routes en bourlinguant de droite à gauche. Mes provisions sont épuisées et j'ai donc dû trouver un village où faire halte. Un petit village boueux au sommet d'une colline qui s'appelle Glish. Il pleut tout le temps par là, j'ai l'impression. J'ai un peu d'argent de côté que j'ai récupéré pour avoir débarassé la route de bestioles mi-poisson mi-grenouilles pour un convoi de marchands. Ca m'a permis de prendre une nuit à l'auberge. Un lit et un bon bain chaud, ça me fera le plus grand bien. Je vais rester quelques jours ici, en profiter pour nettoyer mon équipement. Parce que mes vêtements non plus ne sentent pas la rose après six jours à crapahuter sur les chemins.

 

Trente-et-unième jour

J'ai croisé un marchand de Heidel ce matin. J'en ai profité pour me tenir un peu au fait de la situation géopolitique locale. Manifestement, Serendia a perdu une guerre face à Calphéon et a été plus ou moins annexé par cette dernière, ce qui déplait fortement à ses habitants. Des tensions sont palpables entre les deux communautés, donc il faudra faire attention à éviter certains sujets de conversation, inutile de s'attirer des ennuis. Je vais tâcher de quitter Serendia pour rejoindre Balenos, et plus précisément la ville de Vélia. Il y a un port là bas, je devrais pouvoir trouver là bas un capitaine qui voudra bien me prendre pour explorer les iles. Je me demande à quoi ressemble la mer.


Trente-quatrième jour

Je suis arrivée à Heidel dans la soirée. J'y ai fait halte pour la nuit, j'ai laissé mon cheval gambader à l'extérieur de la ville, il l'a bien mérité, et j'ai été dans un relais pour prendre un repas chaud. Un certain Ernest qui tient le comptoir. J'ai discuté un peu avec ce que je pense être des habitués des lieux, un guerrier en armure, un bourgeois qui décochait pas un mot, et des humaines. Quand les humaines sont parties j'ai continué a discuter un peu avec le soldat qui a tenté de me faire de l'humour militaire au sujet d'une femme et d'un trou dans lequel on tient qu'à trois. Humour basé sur le sexe, comme presque à chaque fois dans une auberge. La lubricité de ces déchets ne cesse de m'étonner, mais ça expliquerait bien des choses sur le fait que les humaines dominent une large partie du monde malgré les guerres et les épidémies. Je commence à saisir un peu leurs façons de penser, manier cet humour me permettra de moins attirer l'attention. Je reprendrai la route au petit matin.

 

Trente-cinquième jour

J'ai retrouvé la dépouille de mon cheval ce matin dans la clairière non loin de l'endroit où je l'avait laissée. Quelques charognards avaient déjà commencé à le dévorer, mais manifestement la bestiole qui l'a tué ne m'a pas l'air d'être si sauvage que ça. Ou alors elle sait utiliser une lame si j'en juge la blessure qui lui a été fatale. Encore ces foutus déchets sans doute. N'ont ils rien de mieux à faire de leur existance éphémère et pitoyable que de pourir celle des autres ? Je dois rester calme et agir de manière réfléchie.

D'abord, je dois retrouvrer l'ordure qui a fait ça. Non pas que ce soit particulièrement utile, mais ça soulagera mes nerfs. Deuxièmement il va me falloir une autre monture pour voyager. Ce qui m'amène au troisièmement, il me faut de l'argent. Je vais devoir tâcher de trouver du boulot dans le coin pour avoir de quoi m'acheter une monture. Ca aurait sans doute été simple si la ville était comme je me la représentait... Mais trouver un groupe d'aventuriers qui rapporte des butins et autres, il faut croire que ça n'existe que dans les livres. Ici, on ne trouve que des mercenaires et des marchands, j'ai l'impression...

 

Trente-septième jour

J'ai continué ma petite enquête. On m'a rencardé sur le boucher du village qui semble-t-il apprécie la viande de cheval. Ca ne me parait pas très plausible, puisque ce sont surtout les charognards qui ont fait leur repas, je doute qu'un boucher aurait tué un cheval sans en prendre pour le cuisiner. Cela dit, après le passage des charognards, c'était quand même difficile d'affirmer avec certitude que rien n'a été dépecé. Je vais quand même tâcher de le rencontrer.

 

Trente-huitième jour

J'ai finalement rencontré ce fameux boucher, un certain Charles. Comme je le pensais, il ne m'avait pas l'air d'être concerné, il a surtout été indigné d'avoir laissé la viande pourir sur place. Ca se tient, il possède son propre abattoir, la faire disparaitre aurait sans doute été plus simple pour lui. Dans tous les cas, je n'ai pas perdu mon temps, puisqu'il semble avoir besoin d'un travail. Du genre mercenaire. Pas vraiment le truc qui m'intéresse habituellement, mais bon, là j'ai besoin d'argent, je vais pas faire la fine bouche. En tout cas, il y a quand même du louche avec ce type, je suis pas sûre que toute son activité soit bien légale. J'imagine que ce sera une belle occasion pour négocier davantage. D'un autre côté, je dois éviter de lui faire confiance.

 

Trente-neuvième jour

J'ai été avec Charles récupérer certaines marchandises qui lui "appartiendraient" selon lui dans un entrepôt. J'avais au début tenté la discrétion et en évitant de tuer les gardes, mais quand j'en ai soumis un la lame sous la gorge, et que j'ai commencé à l'interroger, voilà que ce boucher se met à jouer du couteau et l'égorge comme un pourceau. D'ordinaire, voir un de ces déchets se vider de son sang ne me gêne pas spécialement. Le problème, c'est que je tenais le gars en question et qu'il m'en a foutu partout en se vidant, jusque dans les cheveux. Il perd rien pour attendre ce boucher...

Enfin, par la suite ça s'est un peu gâté dans l'entrepôt, et j'ai du y aller un peu plus franchement. Et ma lame n'est pas vraiment adaptée aux milieux étriqués, donc j'ai du faire avec. Après en avoir éliminé quelques uns, le dernier a tenté de prendre la fuite. J'ai du m'en occuper avec un sort de magie noire. Je déteste devoir brûler la magie de la nature pour ces misérables déchets, pourtant. Mais bon j'imagine qu'il valait mieux éviter qu'il puisse parler et transmettre mon signalement, je risque de devoir rester dans le coin encore quelques jours. J'ai été ensuite aider Charles à transporter ses marchandises jusqu'à sa planque. Je ne lui fait toujours pas confiance, je vais rester avec les marchandises jusqu'à avoir mon paiement. La nuit promet d'être longue...




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