Particularisme Cabriolesque

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À propos de ce blog

Ici seront rassemblées les textes en rapport avec notre RP de saltimbanque. Que ça soit les représentations ou quelques pensées personnelles sans rapport avec la vie d'antan de nos différents personnages. Tout ce qui se rapporte à la " Fanfaronnade " ou à " L'Escarmouche " sera posté ici.

Cependant, si vous désirez rajouter quelque petites choses car vous aussi, vous pratiquez un roleplay en rapport avec l'art, quel qu'il soit, alors n'hésitez surtout pas à contribuer de votre côté. Ce carnet est ouvert à tous ~

Sur ce, bonne lecture. Au plaisir de vous croiser en RP et de pouvoir jouer avec ou même pour vous.

Billets dans ce blog

Caracole
"Notoriété Banban"

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MISE EN BOUCHE :

Georgianna Corvelli est une demoiselle à la langue bien pendue. Invitée régulièrement durant les banquets au sein de la haute, celle-ci n'hésite guère à détériorer la réputation de ses congénères de fortune en rependant quelques rumeurs déplacées voire même totalement inventées. Les racontars fusent tandis que la notoriété régresse et c'est sous le regard de cette poupée de porcelaine Calpheonienne que les cancans éclatent au grand jour, révélant des situations particulièrement désastreuses, cocasses.
 


Acte 1 - Les prémices d'un mariage
Scène 1 - Mademoiselle Corvelli


Corvelli :  Ce soir mesdames, nous nous rendons chez mon époux.

Guenièvre :  Monsieur Consalvo ?

France :  Oh ! Il paraîtrait que les bals en cette demeure sont tout bonnement merveilleux.

Corvelli :  C’est bien vrai, douce France. Il organise un banquet en l’honneur de notre récente union.

France :  Odieuse créature, non contente de ravir les richesses, vous prenez également le cœur des plus gentilshommes !

Corvelli :  Je ravis bien plus, je ravis les cœurs, les yeux et les envies comme les désirs, je prends tout et ne laisse rien à personne !

France : Sauf à moi très chère !

Corvelli : Évidemment ! Sauf à vous allons, ma douce France.

Guenièvre : Dites Mesdames ! Lorsque vous aurez terminé de parler de désirs aussi malsains que sordides et indécents, nous ferions mieux de nous rendre à ce bal !

[Les deux dames fort bien vêtues, à l'allure digne et arrogante relèvent les yeux vers Guenièvre, toisant la pauvre sotte car ainsi la pensent-elles, et décident, d'un signe du chef de prendre le pas vers la cérémonie]

Corvelli : Que la populace nous suive ! De loin, je ne tiens pas à ce que leurs odeurs entachent mon délicat parfum et la fourrure recouvrant mes épaules !

[C’est alors qu’elle s’éloigne, cette demoiselle hautaine n’ayant d’intérêt que pour elle-même. L’orgueilleux cygne s’efface tandis qu’un homme richement vêtu s’approche des spectateurs, laissant derrière lui, une caisse remplie de quelques invitations.]

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Révélation

Herse et pont nous séparent,
Du danger à notre égard,

Sur eux, nos yeux sont posés,
Plèbes et malandrins enragés.
Sous l'eau d'Elion,
Nous festoyons cette union.

 


Scène 2 - Le bal à la demeure Consalvo

[Les invités pénètrent alors dans l'espace dédié au bal. Au fond de celui-ci, une petite scénette est improvisée sur laquelle se trouve un petit buffet garni de quelques plats simples pour lesquels la troupe compte sur l'imagination des spectateurs pour leur donner une image de mets raffinés. Des musiciens sont présents, apportant quelques notes qui permettent de poser une ambiance noble, typiquement faite de sous-entendus, de faux semblants et de courtoisie de circonstance.]

Domestique : Vous m’avez fait demander, monsieur Consalvo.

Monsieur Consalvo : Oui. Sous peu, l’épouse de mon fils entrera en cette demeure et j’exige que tout soit absolument parfait. D’ailleurs, savez-vous où il se trouve ? Elle ne devrait guère tarder à arriver.

Domestique : Navré monsieur, mais je n’ai pas eu l’occasion de croiser votre fils depuis maintenant plusieurs heures. Peut-être est-il en train de se préparer, après tous les festivités vont bientôt commencer.

Monsieur Consalvo : Évidement, je suis bien au courant. Après tout, celles-ci se font en ma demeure, nul besoin de me rappeler l’heure. Maintenant, hors de ma vue, et allez me chercher Ernando, que je puisse lui parler avant que sa promise ne pose les pieds en ces lieux.

[Face à la fermeté du ton emprunté par son maître, le domestique ne perd pas une seconde, celui-ci faisant volte-face pour s’empresser d’aller exécuter sa tâche.]

Monsieur Consalvo : Ce mariage est la main salvatrice qui nous permettra d'hisser notre famille hors de ce gouffre … tout doit être parfait !

[Il se retourne alors vers les invités, leur adressant un sourire qui se veut sincère et un signe du chef pour les saluer]

Monsieur Consalvo : J'espère que cette soirée sera pour vous mémorable autant qu'elle le sera pour mon fils.

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Scène 3 - L'humiliation de madame Bovino

[Sous les yeux des spectateurs, se dévoile une scène ou participe Mademoiselle Corvelli accompagnée de ses deux amies, France et Guenièvre. Cette première est en train de rire aux éclats, un rire moqueur et mesquin dont la source se trouve dans l'un des convives.]

Corvelli : Ce pauvre homme se croit déjà au sommet du monde, hissé sur la petite, si petite fortune de son marchand de père. Bâtard que voilà, fruit d'un rapport monnayé et dit-on, très rapide.

France : L'accouchement a dû l'être également, avez-vous vu sa maigreur ? Son faciès osseux ? Il répugnerait un troll !

Guenièvre : Ou un orc !

Corvelli : Guenièvre, il est inutile d'espérer ajouter une plaisanterie sur celle de France, déjà excellente !

[A cet instant, entre Madame Bovino. Cette femme ronde et forte, au caractère aussi bâti que sa silhouette imposante s'approche du trio.]

Madame Bovino : Demoiselle Corvelli, cessez donc vos railleries c'est indigne de la classe que vous représentez.

Corvelli : Peut-être l'est-ce légèrement mais ce le sera, quoiqu'il arrive, bien moins que votre poids qui menace le banquet et le pont !

Madame Bovino : Auriez-vous quelque chose à redire sur ma carrure ?

Corvelli : Ho sur votre carrure non ! Sur votre parure oui ! Est-ce de la graisse naturelle que vous portez la ?

Madame Bovino : Votre intellect lui, certainement ne l'est pas !

Corvelli : Encore une fois, je n'ose confronter le poids de mon intellect au votre. Il est de notoriété publique que vous vous...imposez bien plus que le reste.

[Madame Bovino, frappant le sol du pied, s'énerve et son teint s'empourpre tandis que de l’autre côté, les demoiselles accompagnant l’orgueilleux cygne, gloussent de manière audible dans le but d’accentuer les moqueries de Corvelli.]

Corvelli : Allons du calme ! A cette teinte, vous feriez enragé un bovin, Bovino !

Madame Bovino : Cela est de trop ! Votre mariage vous protégé aujourd'hui mais si je ne peux vous punir comme il se doit, j'espère que le gâteau le fera ! Etouffez-vous avec, mégère !

Corvelli : Oui, si vous ne l'avez pas englouti d'ici à ce que j'y parvienne, le gâteau et le promis qui l'accompagne.

[A ces mots, Madame Bovino, rouge de colère déverse celle-ci sur la jeune femme sous la forme d'une formidable et violente gifle avant de partir d'un pas lourd. Les demoiselles demeurent silencieuses, comme sous le choc face à cette baffe venue faire taire la princesse du bal.]

Madame Bovino : Un jour, j’aurai sa peau !

[S’exclama-t-elle avant de s’effacer de la scène.]

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Acte 2 - Par delà les apparences
Scène 1 - Un secret découvert


[Les spectateurs autant que Mademoiselle Corvelli, entendent des gloussements provenir d'une ruelle un peu plus éloignée. La voix apparaît comme étant féminine, bientôt suivie d'une masculine.]

Ernando : Douce Adalgisa, serait-il possible, qu’un jour, je n’en puisse plus de poser mes lèvres sur vos doucereuses joues ?

Adalgisa : Ne pensez-vous pas qu’il serait plus sage de ne pas s’adonner à pareilles fougue alors que votre femme n’est qu’à seulement quelques pas ?

Ernando : Il ne faut pas de soucier de cette mégère. Ses prunelles et oreilles n’arriveront guère jusqu’à nous et d’ici là, j’aurais trouvé un moyen de me débarrasser d’elle.

Adalgisa : Et si votre père venait à l’apprendre, ne serait-il pas furieux ? Après tout, je ne suis qu’une simple servante et les amis de votre famille verrait sûrement cela d’un mauvais œil.

Ernando : Peu importe ma douce, je vous aime et c’est tout ce qui m’importe. Cependant, je vais devoir rejoindre ma femme sous peu. Il serait préférable de ne pas la faire attendre davantage. Après tout, vous savez comment elle peut-être.

Adalgisa : C’est cela qui m’inquiète, mon tendre …

[Sous le choc, la demoiselle porte la main à ses lèvres entrouvertes de surprise. Elle ne retient qu'avec peine un cri, les yeux grands ouverts alors qu'elle se met à soliloquer.]

Corvelli : Par Elion, comment peut-il oser ? Me tromper est déjà impardonnable mais avec une bonne ?! Comment peut-il accepter de mêler son sang à celui de cette insignifiante servante, répugnante femme ! Il n'en sera pas ainsi tant que je vivrais, Le Signor Consalvo sera très certainement ravi d'apprendre que son fils bien aimé baise sa putain de bonne !

[La demoiselle se retire de quelques pas en arrière pour finalement revenir d'un ton plus léger]

Corvelli : Mon épouuux ? Ou donc vous êtes-vous caché ? Mon bras se languit du vôtre !

Ernando : Par Elion ! Adalgisa, retournez à vos occupations, nous nous retrouverons plus tard. Vite !

[La jouvencelle pose ses prunelles dans celle de son amant avant de le relâcher à contre cœur. Puis, elle s’éloigne, d’un pas rapide pour ne pas que mademoiselle Corvelli puisse l’apercevoir.]

Ernando : Je suis là, ma douce !

Corvelli : Ah ! Enfin je vous retrouve. Votre père m’a tanné toute la soirée car il n’a pas eu la chance de vous croiser. Allez-vous daigner m’offrir une danse pour fêter notre mariage ?

Ernando : Ce sera avec grand plaisir mais j’avoue avoir l’envie d’un verre de vin avant de vous faire tournoyer sous les yeux des invités.  

[La dame vient s’emparer du bras de son époux sans daigner lui demander l’autorisation. Après tout, cela lui revient de droit.]

Corvelli : Dans ce cas, si cela vous tient tant à cœur, allons boire un des vins que cache votre père. Vous savez, ceux se trouvant dans son salon privé.

Ernando : Si cela sied à la femme, alors allons-y !

[Les deux s’éloignent alors, l’homme et la femme désireux de passer un moment intime, loin des regards et des cancans en tout genre.]

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Scène 2 - Mais qui a tué mademoiselle Corvelli ?

Cette scène ne sera guère dévoilée car celle-ci a été jouée et improvisée par les acteurs et spectateurs (devenus invités du bal). L'enquête a été menée avec brio et c'est @Shaardol qui a finalement eu le dernier mot. Ce n'est cependant pas sans compter sur l'aide des autres présents : @Shalalvin , @Ceresayaria , @Valim Daash , @Rhaokyn , @Carnaval et @Lynandra (Malheureusement partie trop vite !)

La résolution était que mademoiselle Corvelli a été tuée par trois personnes ayant agis chacune de leur côté. Madame Bovino ( Interprétée par @Dimitri Kherov ) ayant empoisonné ladite Corvelli pour la tuer. Cependant, le poison n'aura pas été fatal et Adalgisa ( Interprétée par @Souris ) aura tenté de la tuer d'un coup de chandelier derrière la tête. Malheureusement pour les personnages, le cygne est robuste et c'est Monsieur Consalvo ( Interprété par @Lennart Kaergedh ) qui aura asséné le coup fatal. Cependant, nous remercierons le calme de notre morte favorite, mademoiselle Corvelli ( Interprétée par @Thalya ) Même si, on l'avoue ... elle l'a quand même un peu mérité.

Pourquoi ? Et bien pour le savoir, peut-être aurait-il fallu être là ! <Wink-wink> 

Le texte a été écrit par moi même, @Caracole (Interprétant Ernando) ainsi que mon frère, Lennart cité un peu haut. Cependant, celui-ci été habilement adapté et accompagné par un jeu d'acteur merveilleux de la part du reste de la troupe. Encore un grand merci d'avoir participer, en espérant que le prochain événement vous plaise également !

Au plaisir,
L'escarmouche.

 

Caracole
Les bolas Valenciennes
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C : <Les flammes des bougies et chandeliers éclairant le lieu s'éteignent, soufflés par les domestiques complices. Le voile nocturne s'abattant, la vision des participants ne se limitant plus qu'à quelques mètres et quelques silhouettes devant eux. Dans le fond, des lueurs nouvelles leur parviennent : celle de flammes semblant flotter dans l'air. Il ne suffit que de quelques secondes pour ensuite discerner les chaîne qui les maintiennent et les silhouette les tenant en main>

L : <Les balles enflammées commencent lentement à tournoyer, emprisonnées et à la fois libre de leurs chaînes. Des mouvements lents, dessinant des cercles enflammés autour de la silhouette qu'on peut désormais distinguer comme masquée. Cette danse étrange et envoutante attire les regards sur les sillons de feu tandis que les tambours battent un rythme lent et appuyé. Ceux-ci, masqués également, sont visibles derrière les danseurs, éclairés par les lueurs passagères des flammes virevoltantes.>

C : <Elles dansent les lueurs folles, tournoyantes et volantes. Elles tracent des cercles et arabesques à la fois élégants et sauvages. Leurs lueurs éclairent comédiens et spectateurs, les sillons partageant leurs vagues de chaleurs avec qui croisent le regard de ces deux orbes de feu.>

L : <Les tambours accélèrent le rythme et la vitesse s'accentue, les figures s'enchaînent dans une complexité semblant enfantine pour les manieurs mais qui ravit les yeux et réchauffent les cœurs de ceux les admirant. Tels quatre feux follets impétueux, elles se croisent sans jamais se toucher, créatures de fantasmes faisant naître en chacun une inspiration diverse.>
 

C : <Les flammes déferlent et encerclent les des deux silhouettes qui dictent, au rythme des battements, leur course endiablée.Les danseurs se meuvent devant les prunelles des invités rendue luisantes par les reflèts des tracés flamboyants. La mélodie accélère, celle-ci forçant les artistes à faire preuve d'un effort supplémentaire pour émerveillé et émouvoir leur public. Dans cette pénombre ou ce spectacle aux notes mystiques se dévoilent, on peut les voir sourire sous le masque qui ne recouvre que le haut de chaque visage. Leurs corps, quant à eux est recouvert d'un simple drapé aux couleurs chatoyantes s'acclimatant avec le spectacle donné et le ton de la soirée.>
 

L : <Dans une ultime ronde ou les chaînes clinquent et les orbes flamboient, les tambours s'arrêtent sur une note sourde, entraînant dès lors, l'extinction soudaine des feux follets apparus. Ceux-ci s'étiolent dans un dernier volute de fumée, disparaissant comme ils sont venus pour ne laisser que le regard de la salle errer dans le noir jusqu'à ce que les lumières de la place soient de nouveau allumées.>


C : <Il ne reste alors nuls feux follets, nuls danseurs, nuls tambours. Tout semble avoir disparu, évanoui dans les dernières vagues fumeuses qui se dispersent dans l'assemblée, laissant les spectateurs se remettre de ce rêve éveillé auquel ils viennent d'assister.>

 


Révélation

HRP : Une petite parenthèse pour remercier @Lennart Kaergedh qui a participé au 3/4 du texte écrit. Et également à @Valim Daash ainsi qu'aux autres organisateurs : @Aubelyne , @Pitikali et @Kayth pour avoir joué le jeu !

PS : Pour ceux ayant été présents, sachez que normalement, les deux artistes étaient masqués. Donc personne n'est susceptible de savoir que ça vient de la Fanfaronnade. Cependant, les doutes sont évidemment possibles, si vous avez été attentifs. Mais ... après tout, les flammes étaient vraiment très attrayantes.

Legende :
Caracole : C
Lennart : L

 

Caracole
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Le mythe de l'oiseau de feu

[Le narrateur s'avance d'un pas léger, tournoyant sur lui même avant de s'incliner devant l'assemblée. Il se relève lentement, son sourire éclairant les présents jusqu'à ce qu'il prenne la parole] :

 

"Communs et Commaines approchez, écoutez et laissez-vous bercer par l’histoire qu’à présent, je vais vous conter. L’histoire d’un homme, un jeune fils de seigneur dont l’arrogance et la cupidité n’avait d’égal que le pouvoir et la richesse. Point trop n’en faut ! Messieurs, Mes dames et ainsi je vous transporte dans ce monde où se mêle les flammes ; l’aventure et le charme ! "

 

[Sous le bruissement de la foule, un bruit saccadé se fait ouïr. Une percussion sonore, chuchotement s'élevant progressivement en battements d'ampleur de mains tintant un rythme sur des tams tams. L'ouïe rassasiée, la vue s'offre la scène d'un simple drap blanc, tendu à bout de bras. Des ombres fugaces s'y dessinent, titillant vos sens. Et brusquement, la musique s'arrête. Le voile se lève.]

C : <Alors que le voile se baisse, c'est un homme accroupi qui se dévoile à cette curieuse assemblée. Que fait-il là ? Cet illustre inconnu leur tournant le dos. Les secondes s'écoulent avant qu'il ne se décide à se mouvoir dans l'obscurité de la cour. Les sons des tam-tam reprenant au rythme des mouvements de l'étranger, en harmonie avec les ondulations de ses bras. Puis, soudainement, alors que les yeux des spectateurs s'adaptent peu à peu à cette divine noirceur, une lumière jaillit des ténèbres, chassant cette impression de mal être pour venir réchauffer les cœurs. Une lueur d'espoir, dans un monde peut-être trop ignare.>

[Le narrateur se retourne brièvement vers la scène, désignant caracole des mains, brièvement avant qu'il ne se retourne vers l'assemblée. Ses mains accompagnent ses paroles par des gestes lents, emprunt de mysticisme]

 

"Notre histoire démarre dans un lointain pays, au cœur d’un royaume aujourd’hui évanouit. Un seigneur régnait en ces terres et à nul autre pareil, possédait les plus grandes beautés des hémisphères. "

 

C : <Tandis que le narrateur conte les premiers instants de cette flamme rougeoyante, l'étranger s'amuse de quelques écoulements, la chaleur émanant d'un bâton tenant au creux de sa main droite, virevoltant ensuite jusqu'à la gauche et ainsi de suite. Une danse ardente de laquelle s'échappe la détermination d'un homme guidé par son honneur, par ses valeurs. L'acrobate de s'arrête guère à quelques passes, de son talent inné, les mouvements s'échappent. L'instrument enflammé se pose sur le sol tandis que le fol s'amuse à quelques cabrioles. La main plaquée sur le bâton, ses jambes remontent avec une dextérité incroyable, exécutant ainsi une voltige digne de lui, ses pieds fendant l'air pour finalement revenir s'écraser contre les pierres arpentant la cour. Au même moment, à l'instant où son buste se redresse, la flamme suivra le mouvement pour revenir éclairer son faciès juvénile, maquillé d'un amas de poudre noirâtre, une peinture guerrière, à n'en pas douter. La lumière brûlante danse à ses côtés, sur un rythme parfait avec les caprices de son corps.>

 

"Des fleurs, des arbres dont certains pouvaient donner des fruits enrobés d’or ! Vous vous doutez des pensées qu’un tel arbre pouvait faire apparaître dans les cœurs les plus purs jamais donnés ; le vol ; ce pêché ! Infâme ! Normal ! Mais qui ? Ou quoi ? Car chaque nuit, à cet arbre fruitier, une pomme manquait !"

 

C : <L'homme s'agenouille près de l'arbre, caché dans l'ombre de ce gigantesque ancêtre. Attendant, que le voleur daigne se montrer.>

S : <A l'appel du conteur, l'ensorceleur malfaiteur apparaît à vos yeux. Une longue cape de plumes ardentes enrobe une silhouette gracile dont les pas effleurent, timides, le sol qu'elle désacralise. Et d'un instant d'éternité, vous voyez l'Oiseau fondre d'une courbe vers l'arrière, son aile gauche tendant vers les cieux un cerceau enflammé. Puis d'une envolée foudroyante, la danseuse s'élance en travers même de ses flammes. Ses pas nymphesques voltigent autour des brasiers éteints, ses plumes d'ambre illuminant à son passage les fournaises mystiques.>

N : <Dans son élan, l'oiseau de feu s'envole et à chaque battement, un flambeau s'enflamme, devenant un phare dans la torpeur de l'obscurité, elle est maitresse de cette lumière. Cinq flammes demeurent, en ligne, après son passage, offrant aux spectateurs un chemin qui se fraye dans les bras de la nuit.>

 

"Un soir… à la lueur du clair de lune ou resplendissait les éclats jaunes, le fils de notre seigneur se vit confier la tâche de veiller sur cet arbre qui, malgré lui, faisait l’aumône. Surprise ne fût pas quand sous ses yeux, le voleur se dévoila ! Une merveille comme jamais il n’en avait vu, un oiseau tout de feu vêtu ! La bête avait désigné l’arbre comme source, non pas de revenu mais bien de nourriture ; Et chaque nuit, une pomme constituait son repas du jour."

 

S : <Célestes s'élancent les pas, pirouettant autour de l'arbre millénaire aux pommes d'or. Les plumes jouent avec les flammes, chantent leur désir ardent de les faire siennes. Le cerceau flamboyant s'envole, dérobant dans le cœur d'un songe l'un des précieux. Et corps sautant d'une allonge lyrique, la paume de l'ensorceleuse faite Oiseau rattrape l'arc de feu d'une inspiration transie par le danger, inconsciente de la présente tapie dans l'ombre qui la mire.>

C : <Au passage de la majestueuse pillarde, les prunelles du prince se posent sur son plumage exalté. Celui-ci luisant face aux flammes naissantes dans les brasiers, celles causées par cette soudaine et attendue arrivée. Lentement, il s'approche à pas de loup, demeurant replié contre le sol, le bâton dressé. Il se montre, l'étranger, celui qui était resté tapi dans l'ombre depuis si longtemps, celui qui ne vivait que pour assouvir les désirs de ses maîtres, de son roi. Soudainement, il se dresse, la flamme brandie en direction de l'inconsciente qui sera forcée, tôt ou tard, de remarquer sa présence.>

 

"Le jeune homme, brave et à l’affût tenta de s’emparer de l’oiseau mais, point trop n’en faut, l’admirer était déjà un cadeau, le capturer était…un fardeau ! Ainsi l’oiseau s’envola, ne laissant qu’une plume retomber dans les bras !"

 

S : <Apeurée, effarée d'être prise sur le fait d'un péché si humain, l'Oiseau divin s'évapore dans l'obscurité de la nuit. Dans sa hâte, un embrun incandescent s'offre en présent inconscient au Prince. La danseuse s'écarte en fond de scène, déposant prestement un bracelet enflammé au sol avant de prendre son envol, cerceau tourné de dos, vestige de son passage.>

C : <En voyant la fuite de la créature apeurée, le prince s'approche de cette plume égarée pour venir la saisir entre ses doigts déterminés. Puis, alors que le majestueux oiseau s'est déjà envolé, il soufflera sur la flamme de ce bracelet enflammé pour que celle-ci s'éteigne au même titre que le décors les entourant. La noirceur regagne ses droits tandis que la narration reprend.>

 

"Ainsi le seigneur, à qui cela ne suffisait pas, ordonna à son fils de trouver et de tuer cet oiseau voleur qui avait l’impudeur de dérober ses valeurs ! Ainsi le fils gagna la montagne, ou l’oiseau avait établi son foyer … un combat s’en suivi ! Le fils pour l’honneur de sa patrie ; l’oiseau pour défendre sa vie ! "

 

N : <Tandis que les dernières paroles disparaissent dans la nuit, une flamme fébrile réapparait dans le flambeau de droite, jeune, certes, mais peu à peu, elle reprend des forces, redevenant, cette lumière qu'elle fut jadis. Irradiées, ses consœurs suivent une à une leurs destinées, jusqu'à ce que les cinq flambeaux s'illuminent à nouveau de toutes leurs splendeurs.>

C : <Le prince s'approche des flambeaux naissant, son fidèle bâton trônant au creux de ses mains cagneuses, celles l'ayant aidé pour bien des combats. D'un geste empli d'une certaine détermination, il vient glisser l'extrémité de son arme au sein des flammes, faisant ainsi renaître l'espoir d'une future victoire.>

S : <Ramage rouge embrasant son arrivée, l'Oiseau acculé s'approche à son instar. L'arc éteint se ravive d'un tournoiement ailé, dos s'arrondissant, bec prêt à fondre de sa nuée.>

C : <La lueur trônant sur son arme de fortune vient éclairer les apparats du Seigneur. Son regard se posant alors une nouvelle fois sur cette créature flamboyante, sur ce plumage orangeâtre. Puis, d'un coup et sans attendre, le guerrier fend sur son ennemi pour tenter de lui assener un coup, la lueur brûlant au sommet de son bâton suivant le mouvement, une danse rythmée par les notes endiablées émanant des tam-tam.>

[Chaque lancée de bâton reçoit réponse endiablée, bottes virevoltant au gré de la transe enflammée. Impromptue, la jambe feule d'une allonge, étendue droite vers les cieux pour tracer un rond célère autour du Prince. L'arceau brûle par dessus les visages, l'extase du combat dansé gagnant les cœurs des artistes.]

 

"Mais que pouvait faire un simple mortel, contre un oiseau à la robe éternelle ? Un homme qui n’était encore qu’un enfant de sa terre, faisant face à une créature millénaire ! Ainsi, le fils mourut sous les battements d’ailes…"

 

S :  <Couvrant de sa chape de feu le corps déchu, l'arceau enrobe le pauvre Prince vaincu.>

C : <Le guerrier sombre, la victoire s'éloignant de sa portée alors que d'un geste lent, il se laisse mignardement tomber, finissant agenouillé, recroquevillé, sur ce sol de pierre à la fraicheur acérée. A l'instant même où la mort s'empare du prince déchu, les lumières environnantes s'éteignent pour la énième fois. Laissant derrière elles chaos et royaume en deuil.>

 

"Mais l’oiseau, n’était en rien cruel ! Voyant en le fils, honneur, courage et bravoure, un cœur pur et vaillant, il laissa une plume tomber sur le corps de l’enfant ! Le feu, aussi destructeur que revigorant, élément de mort autant qu’élément de vie, ranima le corps qui s’étendait ici !"

 

S : <Doux et non destructeur, le cercle de flammes se soulève, langoureux. Une paume dépose avec délicatesse un bracelet illuminé d'un brasier, plume d'un Oiseau aimant et aimé. Les tams-tams vibrent de notes mélodieuses au départ de la belle, cerceau suivant avec elle.>

N : <Malgré l'obscurité on peut apercevoir une faible lueur, l'espoir renait. Juvénile, elle éclot. Naissant une nouvelle fois, les flammes reprennent de plus belle, s’enivrant de se parfum de victoire, elles trônent à nouveau, régnant en maître face à la noirceur. >

C : <Les lumières retrouvant de leur vigueur naturelle, le prince autrefois tombé, pour la seconde fois s'éveil, parcouru par une aura de vie éternelle. Ses prunelles se posent sur cette plume offerte pour tenter, avec une mignardise prononcée, de s'en emparer. Doucereuse sensation, chaleur enivrante d'un cœur généreux. Grâce à cette flamme, le prince vient allumer le sommet de son bâton, comme son maître, tombé. Puis, d'un geste gracieux, ce pic de bois s'écarte pour finalement s'ouvrir devant les spectateurs. Renaissance certaine, un éventail enflammé pour émerveiller les prunelles de ce public entrancé .>

 

"L’oiseau laissa partir le jeune prince, avec en cadeau pour acheter son droit de se nourrir au seigneur…qui n’était rien d’autres qu’une pince ! avouons-le…bref, il lui laissa une plume de feu éternelle ! Beauté parmi les merveilles ! Une flamme bénie, qui jamais ne s’éteint ni ne se ternie

Croyez-vous qu’un roi, s’accaparant chaque bien de ce monde, allait se contenter d’un simple échantillon ? Que neni, le roi ne voulait pas la plume, il voulait, exigeait les plumes ! L’oiseau entier pour garnir sa collection d’homme bien né !

Point trop n’en faut, l’oiseau, agacé par ce seigneur complaisant, arrogant, fier et riant, prit alors la décision que chaque homme de ce peuple aurait dû prendre à l’unisson ! Les flammes du juste s’abattirent sur le roi scélérat, son corps se consuma et des cendres, même cela, il ne resta pas !

Ainsi, le peuple vit s’élever un nouveau roi, juste et éclairé par la lueur d’un feu divin qui enveloppait chaque être de sa chaleur salvatrice.

L’oiseau put se nourrir à l’arbre qui, de ce fait, lui fut offert en cadeau et le jeune prince, devenu grand roi pu régné en paix sur un royaume désormais immortel ! "

 

S : <A son dernier appel, l'Oiseau de Feu, pour vous plaire, émerveille. Robe de flammes chavire et coulisse, fureur divine dont elle se fait calice. Sautant, s'envolant, toujours arceau sur ses pas, la danseuse au sourire se fends d'une polka. Les flammes s'agitent au cœur de la nuit naissante, berçant les paroles du conteur qui enchante.>

[Mains dans les mains, les deux protagoniste, autrefois ennemis, danserons au rythme des flammes gisant au sein des divers brasiers alignés derrière eux. Le rythme de la phonation musicale se fait soudainement plus lente pour finalement s'éteindre et ne laisser derrière elles que de vagues bribes. Le silence reprend ses doigts alors que les brasiers s'éteignent sur cette dernière image, le prince et l'oiseau enfin réunis.]

 


HRP : Ceci a été posté une seconde fois pour que nous puissions garder une trace de nos représentations au même endroit. Que ça soit plus lisible et facile d'accès. Cette scène a d'ailleurs été jouée lors de la soirée de Marinella, au fier corbeau situé à Calpheon.

Révélation

Petite légende :

Le narrateur : Lennart qui a si habillement retravaillé le conte russe "L'oiseau de feu" pour nous offrir une narration  inspirée, mais personnelle.
Le prince : Caracole (C)
L'oiseau de feu : Séléné (S)
Le responsable des flambeaux : Nyels (N)

En espérant que ça vous plaira ou que ça vous ait plu,
La Fanfaronnade.