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Parcours initiatique et tranches de vie d'un enfoiré cherchant son héritage..

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Drelnas

Mer de Ross...

 

 

 

 

 

 

Je sais bien que j'ai tendance à légèrement me foutre dans la merde mais tu admettras que je m'adapte pas mal. Des fois je me demande si j'serais pas sujet à faire de la déprime si j'ai pas un certain quota d'emmerdes minimum dans ma vie. Mais bon, comme ça c'est jamais produit hin.. Bref avec mes histoires à la con me voilà à devoir emmerder les routes marchandes qui relient Calphéon pour le compte de cet immonde gros porc qui crèche à Mediah. J'te jure il est si gros que s'il posait son cul à Dreighan il t’aplanirait les montagnes cet enculé. Bref pour me sortir de cette impasse avec l'obèse à qui je dois un paquet de pognon en échange de ma liberté, j'ai eu la "bonne" idée d'aller demander un coup de main à ce vieil aigri de Montagues. Évidemment, l'amiral déchu étant un mec pragmatique et surtout ne pouvant pas blairer ma gueule depuis qu'on est frittés en mer, il fera rien gratuitement. Me voilà donc à faire les courses pour ce vieux Montagues afin qu'il fasse à ma place le boulot qui m'enchaîne et me prive de ma liberté. Sauf qu'en attendant de lui trouver, ou plutôt de lui faire fabriquer son bordel à ce vieux con faut que je fasse tourner la boutique. Parce que si l'autre gros con à Mediah apprend que je lambine j'suis mal barré...

 

 

Donc retour aux affaires après avoir enclenché la machine qui j'espère me libérera de tout ce merdier. Et en quoi ça consiste ? Ah ben écoute, assieds toi et apprend. Tu vas voir c'est assez simple sur la théorie. En pratique.. Mhhh en pratique je dirai que faut savoir doser les palabres et la poudre. J'te donne un cas concret. Mettons que par hasard je croise un navire marchand qui fait route vers Ephéria pour vendre sur les marchés calphéoniens sa camelote. On part du principe que c'est un truc simple donc un navire moyen avec des cales remplies, pas très rapide et pas non plus armé à outrance. Pas comme quand ça transporte de l'or ou des huiles.

T'as deux cas de figure à partir du moment ou tu veux faire du bateau-stop pour aller leur taper leur matos. Déjà toujours ouvrir les débats par un ou deux boulet de canon bien ajustés. Tout de suite ça pose le décorum et les mecs en face comprennent très vite que t'es pas là pour vendre des calendriers. Attention quand même où ça tombe, parce que déblayer une cargaison sur un navire qui a une voie d'eau, ça met tes marins sous pression et ça peut être très vite bordélique. Ce que je fais aussi personnellement, c'est ma méthode c'est qu'une fois que les canons ont gueulé et qu'il s'installe un léger silence malaisant, je prends la parole et je leur sors un truc bien fort : "Rendez vous ou j'vous encule vos cadavres". Et là comme j'ai la chance de bosser avec des mecs très pros, en général j'ai toujours un gars à moi qui sort sa bite avec un bon regard torve.. Souvent ça suffit à aider à la pacification. D'ailleurs en y repensant j'comprends mieux certains incidents à bord, mais bref. Une fois que t'as fait tes politesses et présentations d'usage là tu entres dans la partie négociation de ce joli commerce.

 

 

1°) La Négo' ou l'art de faire sien le butin du voisin (non non c'est pas de la piraterie.. c'est du marchandage agressif)

 

 

Premier cas, les mecs sont futés et ils ont évalué que leur vie valait plus que la solde qu'on leur verse ou que la marchandise qu'ils transportent. Ou bien ils savent compter et du moins le calcul est en ta faveur, c'est à dire que tu alignes plus de fusils ou de canons qu'eux. Forcément, si ça bourre ça risque de chier pour eux. Donc ils te la livrent sans trop de difficultés leur putain de cargaison. Mais bon on est jamais à l'abri d'un connard idéaliste qui vient foutre la merde. Des fois ils se battent pas mais tentent de fuir. Le problème c'est que ça a tendance à exciter mes marins et quand on les choppe des fois c'est sale..

 

Second cas de figure, vas comprendre pourquoi mais les mecs en face ont envie de se battre et pas du tout envie de te donner leur marchandise. Soit t'as des types bien payés et sûrs d'eux, soit des idéalistes. Ceux là c'est les pires. Autant un mercenaire bien payé et bien nourri ça peut être chiant. Mais ça reste un pro, il fait son boulot ni plus ni moins. Tu peux toujours surenchérir sur leurs gages mais bon tu sais...moi, un sous est un sous. Donc là quoiqu'il se passe ça commence déjà à chier dès les premières "politesses". Surtout avec les idéalistes. Moi franchement les mecs prêt à crever pour une cause, une idée ou des valeurs... Ça m'angoisse. Ça m'angoisse parce que je comprends pas ce raisonnement. Ça sert à quoi de tomber au combat pour... une douzaine de caisses de soieries par exemple..? Sincèrement... Ils croient que dans tous les ports du monde connu on va chanter la bravoure de Bobby qui s'est courageusement sacrifié.. pour du hareng séché et des soieries  pour bourges calphéoniens dans la lointaine mer d'Al Halam? Pour un client ou un patron qui n'en a strictement rien à battre de sa trogne à Bobby ?

Y a rien de plus dangereux que les idéalistes. Par sacrifice au nom de je-ne-sais-quoi ou de je-ne-sais-qui, ils sont prêts à tout et ça peut être le bordel pour tout le monde. Si encore on les menaçait de les saigner eux et leurs familles s'ils se font braquer la cargaison je comprendrais qu'ils fassent un peu de zèle. Je peux comprendre ça. Mais le reste... j'ai beau chercher j'ai jamais compris cette attitude.

 

Pour gérer les empêcheurs de commercer en rond, t'as plusieurs écoles. T'as la première qui consiste à éradiquer le problème à la source ; à grand coup de fauchon dans la gueule ou de canons. Ou les deux. C'est pragmatique. Mais je trouve que ça manque de vision, je t'explique. Mettons que ton navire marchand soit peuplé de beaucoup d'emmerdeurs et d'idéalistes qui préfèrent crever que se rendre et surtout filer le butin. On va pas se leurrer, dans ce genre de commerce on aime pas trop non plus trainer trop longtemps à la même place, surtout quand ça canonne, ça peut attirer des emmerdes. Donc là avec la pression le plus simple c'est effectivement de leur ouvrir la gueule en deux et de prendre ton dû avant de te tirer de là. Sauf que déjà sur le moment quand tu éradiques le soucis c'est que tu risques dans la foulée de latter le navire adverse, voir de le latter un peu trop. Comme je te disais, vider des cales avec un navire qui prend l'eau et en zigzaguant entre les cadavres d'idéalistes (même morts ils continuent de faire chier t'as vu?) y a mieux.

Mais surtout c'est que si tu éclates tous les marins, tous les marchands et tous les navires que tu veux rançonner... Et bien à terme t'auras plus rien à braquer pour faire ton travail. Tu vois ce que je veux dire ? Si tu épuises et détruits les ressources qui te font vivre tu scies la branches sur laquelle t'es assis. En terme de commerce durable c'est catastrophique. Bon je dis pas que les mecs que tu viens de braquer tu leurs files une soupe pour régler le trauma de l'abordage non plus hin attention. Mais si tu as un minimum de vision à long terme tu optes pour un développement plus durable de tes activités. Parce que le jour où t'as plus personne qui croise par la mer pour faire du commerce le tiens sombre avec.

 

Donc pour faire que Margoria demeure encore longtemps super pour tout le monde, moi j'opte si possible pour une méthode alternative. Tu prends un idéaliste parmi le panier de crabes et tu en fais un exemple. Mais un bel exemple tu vois. Bien crade et explicite, histoire qu'il efface direct toutes les idées à la con d'idéalistes à la con. Comme ça le prochain candidat à l'héroïsme de mes couilles il sait d'office où ça va le mener. C'est vachement important de cadrer les rapports sociaux, avec des limites et des conséquences bien claires et établies. Pour cette partie je laisse ça à mes gars ; ils sont très doués dans ce domaine. Le dernier exemple en date a fini les couilles attachées à un boulet de canon. Le boulet est parti, les couilles avec.. ainsi que quelques boyaux je crois. La contestation est morte avant même qu 'on ait entendu un lointain "plouf" tandis que le mec se vidait sur le pont. Le leur, pas le miens. Faut pas déconner, je l'aime mon navire je vais pas le saloper avec des entrailles d'idéalistes..

 

 

2°) La revente ou l'art de rentabiliser sa prise sans se faire gauler :

 

 

A présent que tu as raflé ta mise sans trop de pertes tu as une cargaison qui a donc changé de propriétaire, pour la plus grande joie et le bien être de... ben toi. Et c'est déjà pas mal. Mais le boulot est pas fini, non non non. Maintenant faut l'écouler cette marchandise pour en tirer un profit, et le faire vite avant que tes gars commencent à se mettre à réfléchir et penser qu'ils reçoivent pas assez vite le butin pour lequel ils ont bossé. Et ça on le sous-estime un peu trop dans le milieu c'est la spontanéité innée des marins crasseux à faire de la merde rapidement. Des fois même je pense qu'ils en font avant d'y avoir pensé. Faut aussi arriver à en tirer profit avant qu'un concurrent agressif décide de la piquer sur ta carcasse ou l'épave de ton navire encore fumante. Donc pour en revenir a la marchandise. Mettons que tu as braqué une livraison de tissus à destination d'Ephéria. Évidemment l'erreur de jeune trou du cul néophyte c'est d'aller la vendre à Ephéria ou aux alentours. C'est couillu quelque part, je le reconnais, mais débile. Parce que quand la cargaison qui est annoncée perdue va se retrouver en circulation, les gars de Trina par exemple s'ils se sortent les pouces du cul vont pas tarder à remonter la piste jusqu'au receleur que tu as livré. Et bien entendu ton gus il va te lourder et tu seras identifié et pisté. Donc potentiellement dans plus d'emmerdes.

 

Pour éviter ça donc, les "joyeux-auto-entrepreneurs-maritimes-libres-de-la-Mer" ont établi un schéma commercial très complexe mais pourtant archi con dans sa simplicité. En fait c'était juste logique. Concrètement les gars ont établi des petits points relais où les membres des joyeux-auto-entrepreneurs-maritimes-libres peuvent venir y échanger leur marchandises récemment conquises par des négociations coercitives. Une fois là bas il faut convaincre le mec en place de t'échanger d'autres marchandises contre celles qu'il a en possession. Et là on entre dans de la négociation plus conventionnelle. En effet si tu vas voir un type trop près de là ou tu as précédemment "négocié" tu t'exposes à marchander à perte. C'est logique. A ton avis où vont chercher les gus qui ont eu les nerfs de s'être fait braquer? Ils vont commencer à fureter au plus près bien entendu. Cette logique géographique contribue à un semblant de cours économiques qui vont impacter le taux d'échange entre une marchandise A et une marchandise B. Par exemple si j'ai récupéré 10 caisses de tissu vers Epheria si je veux les troquer  aux abord des iles de Kult j'aurais peut-être un taux d'échange de 2 caisses pour 1 si la marchandise que je souhaite obtenir est convoitée, ou vient de loin etc. Parce que si là bas il y a des produits qui viennent de loin genre des mers de Mediah voir plus loin, ça ça peut se revendre à bon prix en pièces.

 

Donc tu l'auras compris l'idée est de savoir quoi fourguer à quel endroit en échange du produit le plus rentable ou à même de rentabiliser l'aventure. Pour ça il faut pas hésiter à faire plusieurs voyages car d'une part ça empêche de remonter la piste et d'autre part ça te permet parfois de toucher niveau commerce des produits lointains. Très caricaturalement si tu négocies ou échanges des produits qui viennent des mers d'Haso ou de Valencia pour les fourguer vers les marchés Calphéoniens, là tu te sucres pas mal. C'est très basique parce que ça résume un peu le concept de demandes et de rareté. Après bien entendu faut pas être fini à la pisse : de la merde d'Haso même revendue à Calphéon, ça reste de la merde, soyons clairs . Mais bon après si t'es doué rien t'empêche d'en faire un petit bénéfice mais ilà faut être doué en négo. Généralement on fait ça plus pour se foutre de la gueule des gens voir régler un compte..

 

Alors tu m'as pas posé la question pourtant évidente : pourquoi ne pas aller taper dans les petits relais intermédiaires où on échange nos rapines ? Très bonne question, logique même. Parce que là encore c'est très con : on en a besoin. Y a bien eu un ou deux gus qui ont tenté le coup. Mais vois-tu il existe une sorte de solidarité tacite entre les joyeux-auto-entrepreneurs-maritimes-libres-de-la-Mer". Donc les petits malins qui nous ont retourné un ou deux points relais, et ben ils se sont fait chopper.... Et se sont fait retourner eux aussi si tu vois ce que je veux dire, histoire de faire un bel exemple qui fera plus tard jurisprudence. On a beau dire et les traiter de sans foi ni lois, mais ces gens là ont en fait plein de petits codes sociaux voir déontologiques pas tous dégueux.

 

 

3°) La pérennité financière (où comment s'assurer de faire des petits et voir venir)

 

 

Faire du commerce, amasser du pognon c'est bien. Bon c'est même très bien, je serais un putain d'hypocrite de dire le contraire. Moi le pognon j'adore ça on va pas se mentir. Mais moi, contrairement aux autres couillons de pirates, je réfléchis. Si si j'te jure. Et j't'emmerde. Tu vois les pirates ils dégottent un butin et tout de suite ils le claquent en rhum, en femmes, au jeu.. Ils consument leur pognon et sa durée de vie est aussi longue qu'un pet. Non moi je le planque, je le garde au chaud et quand je rentre dans les ports "civilisés" je le place en sureté. Tu te souviens du vieux Riton à Ephéria ? Oui ce même mec, ce vieux Richard  qui à mes débuts m'avait fait confiance en finançant mon ancien navire. Ben depuis toujours je place mes bénefs chez lui. Depuis la D.T.C. et jusqu'à la K.F.C. et à présent. Surtout que ça serait pas très malin que j'ai un magot dans un endroit aussi merdique qu'un trou dans une île. Tu serais surpris du nombre de connards qui s'amusent à farfouiller et retourner le sol dans les îles de chaque mer. Ils ont que ça à foutre franchement..?

 

Donc entre la loyauté fluctuante de mes marins dont la boussole n'indique pas le nord mais le fric, et la potentielle malchance qu'un enculé déterre mon argent, je préfère l'investir chez le vieux Riton. Et pour une fois, j'ai fait un choix judicieux. Car les profits que j'ai pu sauver de mes derniers déboires, à la mort de la D.T.C. ont fait des petits. Oh certes Xian et les autres enculés se sont fait un devoir de mettre en pièce mes avoirs et ma trésorerie. Mais pas ce qui était planqué chez Riton. J'y avais veillé. Et sur le chantier naval d'Ephéria mon dernier investissement attend d'être achevé, et bientôt il ne lui manquera plus que ses dents, une fois qu'Uther aura terminé son oeuvre. Et là, si le sort est clément je serai libre, avec un putain de navire bien armé. Et là ça va chier...

Et c'est grand temps que le vent tourne bordel.

 

 

 

 

 

 

Drelnas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la fange de la lie des mers...

 

 

 

 

 

Après une entrée somme toute normale, et je dirai même distinguée, j'ai poursuivi mon plan initial. Débusquer le type que je cherche dans ce nid à merdes. Pour ça c'est facile, le chemin est balisé quasiment. Suffit de suivre la piste de musique en évitant de glisser sur une merde ou une flaque de vomis, ou un type qui voudrait sait-on jamais tenter de me faire les poches. Auquel cas il faudra à nouveau employer la diplomatie locale et lui caler gentiment une balle dans le cul. J'aime bien la diplomatie ici. J'ai d'ailleurs remarqué que les messages passaient plus clairement dès lors qu'on tentait d'introduire quelque chose dans le cul de quelqu'un. Bizarrement... les gens comprennent un peu plus rapidement que d'habitude. Mais bref.

Donc je remonte le courant musical pour en dénicher la source et je trouve un bouge comme je les aime. Crade, animé, où tu sens que chaque planche qui le compose a vécu. Ça boit, ça bouffe, ça triche au carte en pariant, ça cause et ça chante fort et faux. Quelques donzelles dévoilent quelques bouts de cuissots pour que les gars aient un peu plus chaud et consomment plus. Vraiment l'établissement même s'il paie pas de mine a l'air bien tenu. J'imagine que les employé(e)s ont des pétoires planquées un peu partout quand ça dérape, ce qui doit pas être rare.

 

 

Quand j'entre je balaye la salle du regard et je trouve direct mon gars, assis et calé au fond. Il a pas l'air jouasse, comme d'habitude et m'est avis que quand il va me voir ici après le rapide passage de la surprise il va la tirer d'avantage sa putain de gueule. Là j'aurais pas beaucoup de temps plus l'amener vers où je veux avant qu'il me fasse payer la note pour avoir buté son second.. et fait de sa frégate mon navire amiral. Après c'est de bonne guerre il a essayé de me tuer avant, son larbin là.

Ni une ni d'eux je m'assois à sa table sans aucune forme d'invitation tant que l'effet de surprise ou l'incompréhension le saisit encore. Quand il lève les yeux sur ma trogne je peux y lire un soupçon de curiosité mais surtout une furieuse envie de me coller un pruneau dans le buffet. J'peux pas lui en vouloir, j'ai foutu en l'air ses projets jadis, niqué sa flotte pour la confisquer (même si je l'ai légué à Arthégos mais bref) et j'ai dégommé son officier en second. A sa place j'aurais peut-être eu une réaction moins courtoise même. Sûrement en fait...

 

 

Mais Montagues était un fidèle soldat de Calphéon, avant. C'était un mec droit et respecté. Trop surement, et c'est pour ça qu'il est parti en couille. Et comme tous les idéalistes déchus devant l'implacable et insoutenable réalité de la merde que ce monde est devenu, il a voulu changer les choses. En rajoutant à son tour une pierre de plus à cette pyramide de merde. C'est triste de finir pirate et ennemi intime de la République quand tu la servais jadis comme officier. Enfin c'est un mec qui se vantait de faire que du commerce honnête qui se retrouve au même endroit qui dit ça. Mais justement. Je compte bien attiser sa haine à l'autre et l'utiliser à mes fins. Comme ça il peut faire à ma place ce pourquoi on menace de me tuer, tout en faisant ce pour quoi il se bat depuis sa désertion. Et moi, ben je serai libre...

Parce que je compte pas rouler pour ces loulous de Mediah et leurs commanditaires encore des piges, j'escompte bien sauver ma couenne et vivre libre et peinard. Et pour ça Montagues est l'homme de la providence. S'il accepte. Et vu nos antécédents c'est pas gagné. Donc je m'installe en face de lui dans un putain de silence de mort. J'en déduis que l'endroit grouille de mec à lui. Putain, j'ai pas ouvert le bec que déjà ça pue.

 

 

Alors je me lance et j'lui dis un truc du genre "Salut Amiral, comment vas-tu depuis tout ce temps?"  Forcément en guise de réponse j'ai droit qu'à un long silence dégueulasse qui rajoute une couche de malaise dans les parages. Comme si y en avait besoin. Entre les gars de Montagues qui sont prêts à me sauter à la gueule soit sur ordre soit parce que j'ai tué des camarades à eux par le passé et la faune locale qui commence à se rameuter attirée par l'odeur du sang à venir.. une étincelle et on crève tous.

Pragmatique le vieil Amiral me toise et me demande ce que je veux et surtout ce que je fous là. Et il a pas tort. Alors je lui explique ; au niveau d'emmerdes dans lequel je suis j'ai rien à perdre à utiliser un truc qu'on pense jamais d'habitude à brandir alors que parfois ça marche du tonnerre : la vérité. Ouais je sais ça paraît con mais on l'oublie des fois. La vérité a ça pour elle que quand tu l'utilises y a pas besoin du reste. Oublie le blabla, le bluff, l'éloquence. Elle fait tout le boulot. Ou elle te pète à la gueule. J'ai toujours été joueur alors c'est peut-être pour ça que j'ai fait un tapis en misant tout dessus. Je peux pas embobiner Montagues. Déjà parce qu'on la lui fait pas au vieux, et ensuite y a une sorte de respect mutuel. Même si on s'est battus, même si on a perdu tous les deux plein de gars à nous durant ce qu'on a appelé la bataille des amiraux, ce mec mérite de savoir.

 

 

Il a trop rien dit, se contentant de questions parfois plus ou moins pertinentes. Je sais qu'il brûle d'envie d'emmerder Kalis et la République d'enculés qui se tartine le cul d'opulence à Calphéon et j'espère que mon idée lui plaira. Mais j'ai peur au fond qu'il soit tellement fumasse qu'il n'écoute pas et reste sur son idée de tout cramer. Là ce que je lui propose c'est d'affaiblir ses cibles par l'économie en niquant les routes commerciales maritimes. Chose qu'il faisait déjà comme il me le fait remarquer, et là sans le savoir il m'a montré son flanc, alors je l'éperonne, comme à la manœuvre. Son navire amiral est puissant et rapide. Mais c'est un bâtiment édenté. Il lui manque une ou plusieurs rangées de canons. La dernière fois qu'il a essayé de s'en procurer c'est là que nos emmerdes ont commencées. Bah oui.. C'étaient Mes canons !

Mais moi contrairement à lui j'suis pas cloué en mer, si on peut dire ainsi. Et son problème de canons, j'suis surement la personne la mieux placée pour le lui résoudre. Donc comme dit l'adage "donnant donnant" j'amène à pas feutrés une proposition mutuellement avantageuse. C'est un truc que j'ai appris avec le temps dans la résolution de conflits. Soit tu pètes la gueule à l'autre, et du coup conflit fini. Soit tu amènes une proposition mutuellement gagnante pour les différentes parties. C'est ce que je lui ai placé en douceur. Il l'a pas vu venir et gentiment j'lui ai glissé un petit doigt dans le cul. Même qu'il en redemandera. Les canons c'est tout ce dont il a besoin pour mener à bien ses projets. Projets qui coïncident vachement avec ce pourquoi on m'a laissé la vie sauve. Tu la vois la sortie heureuse et gagnante - gagnante là maintenant ? Et pour être sur que la sauce prenne bien faut amener les choses pour que l'idée vienne de lui.

 

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Étrangement ou pas, au faire et à mesure que je l'emmène un peu où je veux l’atmosphère se détend. Ça reprend les parties de cartes et ça se reconcentre sur le cul des serveuses mais on sent bien que y a une ou deux oreilles qui traînent ça et là. Le contraire aurait été inquiétant. Mais même si j'ai l'impression que ça se déroule pas trop mal et que pour une fois j'ai le vent avec moi j'ai un mauvais pressentiment. C'est trop facile. Ce vieux renard d'Amiral a encore des atouts dans sa main. Et il attend que la mienne soit vide pour les sortir. Et ça loupe pas.

La proposition lui paraît intéressante et pertinente voir alléchante qu'il dit après. Mais ! Et oui parce que y a toujours un putain de "mais" ça vient de moi. Et me laisser dans la merde dans laquelle je suis lui pose un sérieux dilemme. Parce que tout vieux et rusé qu'il soit le bougre, ça reste un homme comme les autres. Lui il aimerait pouvoir se venger de Calphéon ET me voir crever comme un chien. Il a pas envie de choisir l'un ou l'autre en fait et je vois bien que ça le démange. Mais ça reste un mec pragmatique. C'est bien pour ça que j'ai misé sur lui. Ce type a su exploiter la force et le talent des pirates et autres connards des mers pour y ajouter un soupçon de discipline et d'organisation propre à son passé dans Trina. Et en fait c'est tout ce qui leur manque à ces cons là. Parce que il faut l'avouer tu trouveras jamais de meilleurs marins qu'ici parmi toute cette faune de rats et d'enculés. Mais ils sont chiants, indisciplinés, lâches et cupides. Ouais c'est moi qui dit ça... C'est pour te dire le niveau. Mais en fait les mecs sont très lucides. S'ils estiment que les risques encourus valent pas le tas d'or promis, ils te butent ou se tirent dans le meilleur des cas. Du coup beaucoup de navires ont eu la vie sauve en cas d'attaque quand ils ont réussi à juste créer un doute pendant la baston pour que les types deviennent fébriles et qu'ils perdent leur avantage. On sous estime souvent l'impact psychologique dans une mêlée ou une baston. Mais Montagues lui il connaît ça. Et il arrive à tenir ses gars en dosant savamment la rigueur de son passé militaire et la liberté voir le chaos inhérents à la nature des pirates.

 

 

Mais malgré tour ce savoir et ce charisme. Il ne peut pas réaliser ses projets. Pour ça il a besoin de moi et ça l'emmerde profondément. J'lui pique même pas de pognon ni de gloire en échange. Non, s'il accepte je serai libre. Donc il tient ma liberté entre ses mains et ça ça doit être jouissif pour lui. Mais moi j'ai son objectif entre les miennes. Le problème c'est qu'on est tous les deux têtus et fiers. Donc on peut rester là un moment à se tenir mutuellement chacun par les couilles. Et comme d'habitude c'est là que le destin pioche une carte et la joue sur la table.

Y a un type qui s'avance. Il pue le rhum et le poisson à plusieurs mètres. Une barbe dégueux décorée de coquillages dedans. Quelques plumes sur un chapeau dont le cuir a morflé à cause du sel, un sabre qui pend sur sa hanche et quatre pétoires sur sa bandoulière. On a en face de nous un capitaine. Le gus a tout entendu et commence à vouloir faire comprendre qu'il veut mes canons, contre rien en échange bien sur. Merci ô Destin de me mettre tous les jours un peu plus dans la tête dans la merde dès que j'essaye d'en sortir. L'ambiance redevient électrique dans la salle. Les gars du capitaine commencent à montrer les dents et ceux de Montagues sont prêts à défourailler au premier signe de leur Amiral. Et mes gars à moi..? Ben ils sont partis picoler et baiser ailleurs en me laissant en plan. Je sais même pas si y en a qui ont pensé à rester sur le navire pour pas qu'on se le fasse tirer... Histoire -qu'en plus- on reste coincés là comme des cons. Tu te souviens sur ce que je disais à propos de la discipline chez les marins d'ici hin? Ça te parle maintenant. Bref je me retrouve entre deux équipages bien teigneux, prêts à s'éventrer. Et je suis tout seul au milieu de ça. J'adore ma vie des fois...

 

Mais alors qu'on est trois capitaines à se toiser sur notre table et que les marins sont tous prêt à s’entretuer, j 'entends un coup de feu sorti de nul part. Je sursaute malgré moi. Puis je me palpe un peu partout voir si je pisse du sang. J'ai rien, j'ai surtout insisté sur mes couilles, va savoir pourquoi. Une intuition peut-être parce que notre cher capitaine malpoli s 'écroule à se moment là en se tenant l'entrejambe. Montagues sort une pétoire de dessous la table tandis que le pauvre capitaine se vide de son sang par la bite. On pourrait appeler ça grandeur et déchéance. Le type était au sommet juste avant et là il se tortille comme un ver sur un hameçon en essayant de tenir dans ses mains ce qui reste de son service trois pièces. Devant ses gars. S'il crève pas de hémorragie il finira égorgé par eux. Comment veux-tu que de tels enculés suivent un type sans couilles ni bite sérieusement ? Je regarde le pauvre gars qui pour moi n'est déjà plus capitaine et je vois dans ses yeux qu'il le sait. Il est déjà mort..

Montagues pose son pétard encore fumant sur la table. J'lui suggère de le baptiser l'écouilleur ce qui fait marrer une partie de l'assemblée. Mais visiblement l'idée de se voir passer sous le nez mes canons l'a aidé à tranché son choix. Il accepte. Non sans serrer les dents, mais j'en aurais fait tout autant. Donc on a un accord, et moi du boulot. Car le vieux attendra pas ses canons une éternité maintenant qu'il a une issue. Le pire scénario serait qu'il s 'en procure par ses propres moyens et que je me retrouve au point de départ. Là ça serait chiant. Mais on va faire en sorte que ça se goupille bien.

 

Je tire ma révérence non sans saluer mon ancien adversaire d'amiral et ses gars et je retourne à mon navire. On a assez trainé. Sauf qu'en chemin un type m'aborde prudemment. Il a lui aussi entendu ma discussion et me parle de la "dure condition pirate par les temps actuels" et je te passe les détails mais en ce moment les types en chient pour se réapprovisionner en poudre. Du coup ils auraient besoin d'une interface ou d'un intermédiaire pour pouvoir se réapprovisionner car au delà des coûts bruts c'est la concurrence entre navires qui devient gênante. Y a pas assez de stock pour tout le monde et là des fois ça chie. Les mecs défouraillent alors qu'ils ont même pas levé l'encre et la lèveront pas toute façon sans munitions. Et un navire de pirate sans de quoi faire cracher la poudre c'est comme ce futur capitaine mort sans sa bite. Ça sert à rien.

Bien sur la voie de la raison me dicte de décliner, j'ai assez d'emmerdes comme ça surtout que j'ai peut-être enfin l'espoir d'en perdre une partie. Mais d'un autre côté... Ça serait un crime en tant que commerçant de refuser des clients qui seraient tellement dans la merde qu'ils pourraient pas et d'une essayer de m'entuber, et de deux essayer de me buter. Je deviendrais leur poumon en quelque sorte. Presque un dieu. On m’appellerait "Tonton Canons" ou "Papa Poudre". Bon là je divague un peu là mais y a un truc juteux. Surtout que pas loin du premier gus j'en vois un autre qui a l'air dans les mêmes dispositions. Putain ils sont vraiment en chien les gars..

 

 

Et tu me connais, moi quand je peux rendre service hin....

 

 

 

 

 

Drelnas

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette île n'est pas répertoriée sur les cartes marchandes...




















Quand tu navigues un certain temps, que tu traînes dans les ports, les bouges et autres cloaques de ce joli petit monde tu deviens une sorte d'initié. Souvent une sorte de gros connard aussi, mais là c'est pas l'histoire. Et quand tu es accepté tacitement dans la joyeuse et grande confrérie des fils de la mer - déjà que par la naissance j'fais partie de celle des fils de pute - t'es pas à l'abri, si t'as l'oreille qui traîne où il faut, d'apprendre deux ou trois trucs que seuls ceux qui savent, savent. Ça paraît pompeux tout ça pour dire que tu te fais des potes et des contacts parmi les marins crasseux on est bien d'accord mais je pense que chaque métier a son propre corporatisme et ses codes. Malgré tout y a quand même une forme de reconnaissance et d'accomplissement quand tu accèdes à l'étage supérieur, tout crasseux que tu étais et que tu restes au final.


Bref quand j'avais commencé à faire des affaires en mer on m'avait proposé des trucs un peu subversifs si tu vois ce que je veux dire par là. On m'a fait le vieux coup du pognon facile, des règles qui sont là que pour faire chier les honnêtes contrebandiers tout ça. Attends y a pas une couille dans l'expression "honnête contrebandier" ? Donc à l'époque, tout con que j'étais déjà j'ai malgré tout flairé que ça sentait l'enculade à plein nez cette affaire. Parce que ouais admettons que ça rapporte un peu, mais si tu te foires, t'es mort. Aucune marchandise vaut ça sérieusement. Si encore c'était sur terre. Je veux dire sur terre t'as pas de vents, de courants, de marées ou de bestioles marines plus grosses qu'un voilier. Limite à côté de la navigation, c'est facile...








Et donc à l'époque où on me fait ce coup fumant du chant des sirènes et de l'appel de l'or facile, on me rencarde sur un endroit que tu trouveras jamais sur une putain de carte commerciale officielle. Là on parle du Saint des Saints, de la terre d'asile de tous les enculés de rats des mer du monde. Même qu'une légende raconte qu'ils seraient originaires de là-bas. Bon ça c'est les conneries qu'on se raconte entre marins.. T'imagines bien que si les connards avaient une patrie, ça ferait longtemps que tout le monde aurait fermé ses frontières pour limiter la propagation. Sinon on serait pas encerclés par cette engeance hin..


Bref cette fameuse île qui n'en est pas une d'ailleurs passe pour être le repaire de toutes les petites et grosses merdes que l'océan a bien voulu démouler. Pourquoi c'est pas une île à part entière ? Bah là encore c'est culturel. Enfin nos histoires. Certains racontent que y a très longtemps y avait un trésor là bas et que deux navires se sont rués pour le chopper. Ils seraient allés si vite qu'ils se seraient éperonnés. Et l'île a poussé sur les cadavres de leurs navires. D'autres disent que c'est un banc de sable où des parias ont établi un comptoir et qu'au fil du temps les navires de ceux qui y sont passés y ont laissé une partie d'eux symbolique afin de bâtir cet édifice de bois pourri et puant que c'est devenu désormais.








Y a surement autant voir plus de faux que de vrai dans ces histoires. Toujours est-il que y a au moins une chose de vraie. Cet endroit ne figure nul part et pour y aller il faut vraiment savoir qu'il y a quelque chose au milieu de nul part et donc connaître son existence. Du coup j'pense qu'effectivement au départ c'était pas une île en fait. Je le verrai d'ailleurs p'tet bientôt on s'en approche. Mes marins crasseux sont tout excités d'y aller mais je les sens nerveux. Moi c'est la première fois que j'y foutrai les pieds. Connaître ce lieu et son emplacement sont une chose. Y survivre en est une autre. Alors je les vois, tout fébriles, essayer de me donner des tuyaux pour pas faire de gaffes là-bas. Ils me rencardent sur certains noms, pour éviter de se foutre direct dans la merde. Mais bon un peu plus ou un peu moins dedans tu me diras au point ou j'en suis...


Pour faire court l'idée serait que j'y fasse une impression pas dégueux mais modérée. Ouais, on est d'accords ça veut strictement rien dire. Limite si pour seuls conseils ils ont que ça à me chier, autant fermer sa gueule non ? Sarcasmes à part, j'ai compris je crois le principe. Faut que je leur montre que y a un nouveau coq en ville mais pas que je froisse ou envoie comme message que je veux niquer les vieux coqs déjà en place. En gros passer pour un dur, mais pas convoiter tout de suite la place des vieux tonton connards qui piratent depuis la 3e génération. Si je brille trop et que je fais de l'ombre aux méchants j'suis mort. Si j'en fais pas assez, j'finirai sans bateau le cul béant après que tout l'île s'y soit vidée.








J'ai jamais été très doué pour écouter les conseils en fait. Donc on a accosté à ce qui leur sert de quais, dans un silence de mort. Chaque enculé à portée a pris soigneusement et méticuleusement le temps de nous dévisager un à un pour bien nous signifier qu'on était de la viande fraîche. Logique. J'avais décrété qu'on irait se foutre à un endroit précis. Stratégiquement ça me paraissait pas mal. Une place pas trop éloignée pour pas envoyer un message comme quoi on a peur. Mais trop proche non plus pour pas faire genre qu'on va monter en l'air tous ceux qu'on croise. Et là bien sur, tu te commençais à te dire j'suis sur "tiens, ça fait longtemps que le destin a pas essayé de t'enculer". Et bah devine quoi, il a retenté sa chance...


J't'explique : on est à la manœuvre tout va bien. Limite j'ai juste l'impression que je passe mon permis bateau vu que tout le monde nous reluque. Et là tu me croiras pas si je te dis qu'un mec avec son rafiot dégueulasse nous fume la place devant notre nez, et à la vue de tout le monde ? Et là on était dans la merde. Parce que y en avait pas un qui guettait pas comment on allait gérer cet affront et ça allait être surement déterminent sur la suite de l'aventure, qui pour le coup aurait pu être courte d'un coup.








Fort heureusement, tu sais bien, moi les relations sociales ça me connaît bien. J'veux dire, j'ai beau avoir des défauts par dizaines mais avec mon bagou et ma grande gueule j'peux désamorcer pas mal de situations merdiques en général. Donc le mec là avec son bateau de bâtard, j'lui ai envoyé une salve de boulets dans le bide. Genre "salut Jon, tu veux un café??" Ça a ouvert une petite voie d'eau mais rien de méchant. Bon on a du charcler un marin qui roupillait dans la cave parce que ça gueulait dans le fond. Il avait qu'à pas dormir l'enculé. Ça a mis les types un peu colère alors y en a un qui a voulu monter sur notre pont pour s'expliquer sabre au clair. Là je dois reconnaître que mes gars ont été très pros. Ils l'ont accueilli à coup de mousquet. Lui ont fait les poches et dépouillé avec une rigueur qui force le respect. Et comme les connards restants du navire malpolis nous gueulaient dessus parce que 1°) on leur avait tiré dessus 2°) l'un des leurs avait dégusté pendant le tir 3°) l'un d'eux était passé de vivant très très en colère à mort très très pauvre... mes gars ont mis des bouts du mec fraichement tué et dépouillé dans le canon et leur ont renvoyé les morceaux avec un boulet ou deux.


Je savais pas que ça pouvait repeindre un pont un truc comme ça. Si c'était pas dégueux à filer la gerbe j'aurais trouvé ça artistique. Y avait quelque chose de très soigné et raffiné dans la recherche et l'art de faire chier autrui d'une manière à la fois sadique et créative. Non là sans déconner les gars avaient bien mérité leur gages, voir p'tet une tournée ou deux. En tout cas eux ils se marraient bien visiblement de voir le pont des connards tapissé de sang et de boyaux éclatés avec les restes de leur pote. En plus ça a rouvert une voie d'eau. Non franchement, ils sont biens mes gars.








Par contre niveau entrée discrète.. on repassera l'an prochain. Là on s'est bien affichés et personne en a loupé une miette. Évidemment plutôt que rectifier le tir, je reste fidèle à moi même. J’aboie sur mes marins et je pose pied à terre, toute plumes et atours dehors. Malgré tout la vie reprend son train train. Ça joue aux dés, ça picole, ça baise, ça rit et ça chante. J'me sens encore observé mais je pense qu'on a envoyé un message pas crade à tous ces enculés. On est pas venus là pour se branler en attendant que le vent tourne. A présent mes canailles, faudra nous compter dans la danse et croyez bien que j'ai une folle envie de gigue..

 

Drelnas

Margoria....

 

 

 

 

C'est bon. Je l'ai dit souvent, mais putain là c'est vraiment bon. Autant j'aime beaucoup le temps passé à Duvencrune, les montagnes tout ça.. Faut avouer que ça a un charme certain, rassurant même... la montagne elle était là avant toi, elle le sera après. Elle en a rien à foutre de ta gueule en somme. Et cette indifférence majestueuse te rassure l'esprit quand il fait froid et que tu t'endors. Tu sais que demain quand tu te lèveras, les montagnes seront là. Bon y risque d'y avoir aussi cet enculé de dragon qui sera là... Comme quoi les montagnes et la mort sont deux certitudes certaines..

Mais tout ça, face à l'océan c'est de la merde collante. Je veux dire, ça faisait longtemps que j'avais pas foutu le pied sur un pont et à ma grande honte j'avais oublié le panard que c'est. Putain.. Quel connard je fais, de m'être privé si longtemps ce cette jouissance. Franchement ça fait partie des trois choses que j'aime le plus avec baiser et le rhum. Une fois j'ai essayé de mêler les trois avec Aithe mais on a failli se prendre un récif. Qu'est-ce que tu veux ? Aithe tenait la barre mais pas la bonne, bref.

 

 

Quelle sensation bordel ! De te retrouver à nouveau face à l'océan, humble et misérable fétu qu'on est à oser vouloir le dompter, le connaître ou l'explorer. Cette sensation intime où tu as l'impression d'enfreindre un territoire interdit où c'est pas toi qui fait la loi. Je sais pas comment expliciter, c'est un peu comme si tu sautais la femme de ton patron... Tu sais que tu joues gros si tu te foires.. Mais quand t'es dedans t'as pas envie d'en sortir. Ça m'avait tellement manqué. Et puis décrasser mon navire resté à quais tout ce temps, ça aurait été maltraitant de le laisser pourrir à Ephéria l'engin.

Alors j'ai raclé les tavernes et les bouges d'Epheria et de la côte Terrmian pour recruter des bons gros marins crasseux avec pour seuls prérequis de connaître leur métier et d'en avoir une grosse paire. Parce que le programme est chargé et qu'on aura pas le temps de ricaner. Et ma foi j'ai pas trop mal réussi mon coup. Quand on s'est pointés aux quais, on était tellement burnés qu'ont aurait dit qu'on était plus poilus que nos montures tu vois. Les mecs sont pas là pour la détente, ils veulent que le boulot paye, et paye vite. Donc on s'y est mis rapido. J'ai pas envie de me bouffer une mutinerie et d'me réveiller avec un abreuvoir à mouches au niveau de la gorge.

 

 

L'idée est simple. Sillonner les mers et foutre la merde. Les deux choses pour lesquelles j'ai un don naturel. Bon faut l'organiser cette merde aussi et pas faire n'importe quoi sinon à part se prendre des boulets et des coups de sabre de tout bord on fera pas long feu. Et quit à me répéter et passer pour un gros lâche, mais rien à foutre, moi j'veux pas crever. Non l'idée c'est d'aller emmerder les navires de commerce ou de frets pour perturber les routes commerciales reliées à Calphéon. Putain ouais l'ironie tu me diras. J'ai sacrifié ma flotte jadis et de bons marins pour aller niquer la gueule à Montagues et ses pirates qui faisaient... exactement la même chose. Comme quoi on dira ce qu'on veut, mais la fatalité adore m'enculer.

J'ai toujours chié spirituellement sur les pirates et autres connards des mers, et c'est pas faute de les avoir farci de boulets ou de plomb par le passé. Mais depuis que j'ai été obligé de chausser leurs bottes et de patauger dans cette merde, j'essaie d'y trouver quelques points positifs. La vie devient intense. Elle l'a toujours été mais quand tu commences à jouer international dans la catégorie emmerdeur professionnel, la sanction c'est plus quelques baffes dans la gueule mais direct un coup d'épée en travers du bide, dans le meilleur des cas. J'aurais aimé me mettre à leur place à ces enculés en me persuadant que vivre par la poudre et le vent est une forme de liberté. Mais non en fait. Si j'en suis là c'est parce que ça a sévèrement chié pour mon matricule et que c'était ma seule porte de sortie. Ça ou la mort en fait, donc c'était pas un choix. Ceux qui disent ça c'est des conneries. Quel crétin irait préférer crever plutôt que vivre même s'il doit pour cela faire des choses merdiques ? Sans rire ce genre d'abrutis ça doit exister que dans les livres, et c'est déjà trop.

 

Ça pourrait être pire... J'pourrais faire ça sur la terre ferme. J'essaye de voir le godet à moitié plein mais c'est pas évident. Si j'devais philosopher j'dirais que c'est parce que j'ai tendance à boire au goulot plutôt qu'au godet. Mais là j'vois que ça t'oblige à réfléchir, si si je le vois bien ; tu fronces les sourcils et tu cogites, d'ailleurs t'es laid quand tu cogites, plus que quand tu coïtes.. et donc tu vas commencer à te faire chier. Bref je suis - encore - dans la merde et j'essaye de faire avec. Je serai pas le type le plus courageux et droit que ce monde ait chié c'est certain. Mais avec le temps j'ai appris à atténuer ma lâcheté et faire avec ou du moins faire ce qu'il faut. Même si ça inclue faire plus de merde encore. Bien sur que je pense à Aithe et je m'en veux putain. Ça me scie en deux de l'avoir entraînée dans ce maelstrom de merde.

Mais là où je me dis que j'ai une chance que je mérite p'tet pas malgré tout ce que la vie me dégueule dessus comme tuiles et embûches, c'est qu'elle demeure toujours à mes côtés. Mon Aithe, mon Amirale du Vice. Le feu de mes reins. Ma Femme. La seule que j'ai aimée correctement. Et pourtant j'ai pas toujours été simple. Ni fait les choix les plus judicieux. Et pourtant elle est restée là, toujours.

 

Des fois je me réveille la nuit en sueurs, tout pas bien. Je sors de mes songes comme si je tombais du haut d'un phare et la réalité me percute aussi brutalement que le sol après une telle chute. Comme si Feu Tonton Rob était vivant et m'avait mis un putain de coup de son tabouret magique dans ma gueule, histoire de me remettre dans le bon axe. J'me mets à penser que je devrais l'éloigner de moi, pour sa survie. Pour son bien, pour son salut. Si je l'aime, je dois faire ce qui est bien pour elle, la faire passer avant moi. Mais j'y arrive pas. Je suis pas assez fort pour ça. Ou trop lâche. Ou les deux...

C'est pas qu'une histoire de cul, bien sur que j'en suis dépendant à son petit cul rond d'elfe perverse. Mais je m'imagine pas sans elle.  Non en fait j'ai peur de m'imaginer sans elle. Je devrais la laisser partir et quitter cette spirale merdique dans laquelle je m'enfonce. Mais je ne peux pas. Je n'y arrive pas. Alors je panique et je suis victime de terribles chiasses nocturnes parce que je sais pas gérer ça autrement qu'en allant crépir les latrines de merde en jet. Comme si j'essayais de renvoyer  symboliquement  toute la merde que je reçois depuis des années au monde. Mais ça sert à queue dalle on est bien d'accord. Et puis si je commence à faire de la philosophie sur mes diarrhées anxieuses là tu vas plus te faire chier - tu m'excuseras le jeu de mot camarade - mais tu vas vraiment me prendre pour un taré...

 

 

 

 

 

Drelnas

Altinova..

 

 

 

 

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Il règne un silence de mort dans cette putain de salle. Et le mort à tous les coups, ça va être ma gueule. Logique dans un sens. J'ai joué un jeu dangereux, pour des mecs encore plus dangereux et là il est temps de passer à la caisse. Mais ça m'emmerde un peu, surtout le décorum tu vois. Parce que quand tu dois de l'oseille à des mecs méchants, l'usage veut - s'ils te choppent bien sur - que tu dérouilles un moment, voir que tu finisses la gueule éclatée sur le pavé en te vidant de ton sang ou avec un morceau de toi en moins selon les mecs en question. Mais ça c'est le cas de figure "simple". Donc pas le miens, évidemment hin sinon depuis le temps tu le saurais. Non là j'ai affaire à du gros, du très gros même, au symbolique comme au figuré.

Je te dresse le tableau. J 'ai en face de moi le type qui m'a prêté plein de pognon pour aller foutre la merde entre Calphéon et Valencia. J'ai utilisé son pognon à bon escient et j'ai tenté de semer une belle merde. C'est ce que lui voulait aussi, pour d'autres raisons je pense. A mon avis le gros lard en face de moi a des intérêts dans l'armement et la pierre noire. Sauf que le plan a pas marché malgré les graines semées. Et du coup le puissant obèse en face de moi est pas content. Mais vraiment pas. Ben oui sinon il aurait pas rallongé du blé pour que des mecs me traquent et me ramènent chez lui par la peau du cou, vivant.

 

 

J'ai donc un immonde tas de graisse couvert de soies et de bijoux en face de moi. Le mec est vautré à table depuis plus d'une heure et a commencé à débiter la deuxième carcasse de cerf sans dire un putain de mot depuis le début de son orgie alimentaire. Et encore je m'estime heureux vu la réputation du bestiaux car pour le moment là c'est juste un casse dalle. J'ai beau connaître à peu près mon interlocuteur qui interlocute surtout son cerf farci aux truffes depuis des plombes, ça impressionne. On raconte que quand il a les glandes, il fait venir les types qui lui ont cassé les couilles pour les inviter à manger. Vu ce que ce mec pèse à tout niveau déjà c'est louche. Il convoque donc ceux qu'il a dans le collimateur à sa table pour leur en mettre plein la gueule. Et putain ça marche.

J'ai pas ouvert ma putain de grande gueule depuis le début et je sais que si jamais je l'ouvre j'risque de finir en accompagnement du cerf. Donc j'suis là devant mon assiette que j'ai à peine touchée avec un mec qui me fixe froidement pendant qu'il m'explique de manière non verbale comment lui il voit les choses. Ce type est dans la démonstration de force. Et il s' en branle, car il l'a le pouvoir l'enculé. La salle à manger est immense, richement décorée, voir à outrance tellement c'est tape à l’œil. Si j raclais les dorures que y a un peu partout sur les murs j'suis sur de me racheter un bateau pour te donner un ordre d'idée. Les domestiques sont mieux habillés que les godiches qu'on voit à Calphéon dans leurs belles robes et y a même une estrade remplie de musiciens tout aussi tape à l’œil mais qui jouent pas. Non tout le monde ferme bien sa gueule à commencer par moi et on a pour seule musique les bruits de mastications, les rots et les pets du mec qui se torpille une famille de cerfs par casse croûte.

 

 

Ça devient vite plus oppressant que chiant. Y a probablement une trentaine de grouillots à tout casser autour de nous sans compter les gardes du corps du mec. En même temps vu comment il est gros le fumier il fait bien de prévoir du nombre pour son gros corps. Après le second cerf, pour digérer, on fait passer des salaisons qui viennent de Duvencrune. Là je comprends que l'obèse essaie de me faire percuter qu'il peut se procurer ce qu'il veut pour son propre plaisir d'où que ça vienne. Tout dans la démonstration encore. Là il étale sa puissance et son opulence sans retenue juste pour me montrer qui c'est le patron. Et encore je me demande s'il s'en bat par un peu les couilles de cramer pour son goûter la même somme que claque Calphéon pour son armée sur l'année.

L'obèse me fixe froidement et je détourne pas le regard. J'ai pas envie de finir comme ce connard de cerf juste avant. Je sais qu'il essaye de me violer mentalement en continuant d'instaurer ce malaise. Franchement il en est pas loin, on raconte que ceux qui sont sortis vivant de sa table sont retournés chez eux la queue entre les jambes bouffer de la salade et du potage pendant trois semaines... J'suis un joueur. J'adore le jeu, trop. Alors j'prends un bout de salaison et j'croque dedans toujours en fixant le gros porc en face de moi. J'sais que je l'enculerai pas sur la quantité, c'est un marathonien d'la graille. Mais j'ai une carte à jouer, c'est ça ou finir en position fœtale voir pire.

 

 

Je bouffe, en faisant moi aussi un maximum de bruits. Et puis je balance par la pièce les morceaux à peine croqués alors que y en a qui crèvent de faim. J'me dis que rien que la collation qu'il s'est enfilé aurait pu nourrir les crèves la faim d'Altinova plusieurs jours mais je m'en branle. Au pire si je finis à la marmite autant profiter du temps qu'il me reste putain. Et avec du bol un de mes p'tits os lui restera coincé dans la gorge à cet enculé. Ça me fera pas sentir mieux ni revivre mais toujours ça que veux-tu.. Au bout d'un p'tit moment j'décide de tenter le tout pour le tout et d'lui causer. J'lui dit alors que c'est un con et qu'il aurait du miser sur une autre voie pour ses projets. Et puis je ferme ma gueule et je tabasse les salaisons à grand coup de pinard.

J'vois le gros qui allume alors une lueur dans son regard, y a le jaune de ses yeux qui s'éveille. Mais j'me tais et j'bouffe aussi salement que j'peux. J'l'ai ferré. Mais si j'me foire pour sur que j'finis à la casserole  et le cul farci de terrine. On continue de bouffer dans le silence de nos mastications respectives. J'arrive même à lâcher une caisse ou deux qui me permettent d'évaluer l’acoustique de la salle. On arrive à torpiller le plat de salaisons et j'ai déjà les dents du fond qui baignent. J'suis à deux doigts de rendre le tout sur la tablée. Mais là surprise il lève son gros doigt et les grouillots ramènent pas tout de suite le plat suivant.

 

 

Alors j'me mets à table, si on peut dire après l'orgie de bouffe qu'on a dilapidée. J'lui parle de l'océan, de territoires à conquérir et des opportunités. Il m'écoute en se léchant les doigts ce gros porc et j'me demande s'il est pas en train d'imaginer comment me faire mijoter avec des ptits légumes. Malgré le pinard que j'ai sifflé et la nausée j'essaie de garder ma concentration pour pas me vautrer. Le mec écoute, me fixe toujours sans rien dire. Et puis quand j'ai fini, il se réinstalle dans sa chaise et fait apporter la suite. Mais là on me dégage sans ménagement de sa vue, p'tet que je lui coupais l’appétit au monstre putain?

Une fois dehors je m'attends à me prendre une lame dans le bide mais on me temps des papiers. Et pas n'importe quels papiers putain. Des gages, des quittances. Vivres, matériels, hommes.. navires. Putain de merde.. Je comprends que j'ai pas intérêt à merder si j'veux pas être à nouveau convoqué à manger sous peu. J'me tire sans demander mon reste et quand j'suis assez loin j'dégueule l'équivalent d'une année de solde pour un soldat dans une ruelle. Jamais les rats auront aussi bien bouffé crois moi..

 

 

Mais j'crois que je suis encore bien dans la merde....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Drelnas

Au comptoir des trous du cul errants..

 

 

 

 

Putain j'ai fait un rêve affreux j'te jure. Les boules. Faut que j'te le raconte. J'me suis vu un matin au réveil avec Aithe... jusque là tout va bien... Mais Aithe elle avait changé tu vois. Un je-ne-sais-quoi de petit coup de vieux dans les dents. Les traits tirés.. la mine fatiguée. Et ses nichons putain.. Ils regardaient plus vers le ciel comme d'hab'. Non non non ils avaient perdu de leur superbe, ils avaient plus ce galbe que j'aime tant. Et crois moi que si y a bien un truc que je connais et que j'inspecte souvent c'est les nichons de ma femme. Non là ils avaient un petit côté flasque, un côté inconnu. Du coup j'me suis dit "putain c'est pas ma femme en fait j'ai du trop picoler et finir avec une gueuse, j'vais me faire later la gueule en rentrant". Mais  c'était bien Aithe. Mais j 'ai vérifié j'ai inspecté plus bas, tu vois..

Nom de dieu de merde. Son bide tout plat et joli était lui aussi devenu aussi mou qu'une bite de vieux. Et le reste plus bas... Oh putain le reste... Si j'osais mon pauvre vieux, mais je te traumatiserai j'suis sur. Comment te dire ça sans que tu recraches ton déjeuner bordel..? Eh bah j'me suis senti cambriolé, ouais c'est ça le terme. Alors oui tu vas me dire que je pousse un peu pasque là je te parle de la chatte à ma femme, t'as pas tort. Mais merde quoi c'est un peu mon territoire à moi, mon terrain de jeu.. Et..et là on dirait que des voyous se sont invités et m'ont tout salopé à l'intérieur. Et en fermant mal la porte en plus.. J'te jure on me l'a mutilé ma petite femme chérie. J'ai pas compris... Mais j'avais les boules, au lieu d'avoir la gaule en tout cas..

 

Et pis d'un coup un bruit s'est mis à retentir dans la maison. Mais un truc aigu et flippant. J'ai cru qu'on égorgeait un cochon à l'étage. Et je me suis demandé sur le moment quel connard d'invité se permettait d'égorger un cochon de lait si tôt chez moi. Sur le moment cette déduction me paraissait normal. Et là mon Aithe toute mutilée me dit "c'est ton tour d'y aller". Putain de merde mais où ça donc ? Donc j'y vais hin, mais j'sais pas où... Dans la foulée je choppe un canif, sait-on jamais des fois qu'il faille égorger soit-même la bête... Ouais ouais tu te moques bien sur, mais vas te faire réveiller par un boucan pareil. Y a de quoi laisser une trace de freins au fond de tes braies. Donc j'remonte vers l'origine du bruit et plus je me rapproche plus c'est fort. Mais un son... désagréable si tu savais. D'une rareté rare dans le désagréable même. Là sur le moment je me suis dit que si on me fournit pas une bonne excuse pour tout ce merdier, ça va chier. Et pendant tout ce temps, angoissant faut dire, j'ai qu'une chose en tête : qu'est ce qui a bousillé le cul et les seins d'ma femme bordel..?

Un chiard.

Y avait un putain de chiard dans un putain de lit dans la putain de chambre du bas. Mais quel est l'enculé qui a pris ma maison pour une pouponnière putain ? Faut être inconscient. Ben si, quand tu me connais un minimum, franchement j'suis sur que tu me confierais même pas ta frangine, à moins que tu l'aimes pas, là y aurait débat encore mais bref. Et là Aithe débaroule, me fout un coup de hanche avec son nouveau gros cul et prend le moutard dans ses bras. Et qu'est-ce qu'il fait le petit enculé devine??? Eh bah ouais, tranquille pépère, il lui choppe le téton et il graille. Peinard l'enfoiré. Non mais j'reste calme hin, d'abord j'retrouve ma femme pas en l'état dans lequel j'l'avais laissée, ensuite j'suis réveillé en fanfare par un bordel qui me scie les tympans et pour couronner le tout je découvre qu'on a mis un gosse chez moi, et qu'il dégomme les nichons à Aithe, devant mes yeux. Et Aithe elle me fusille du regard en plus..  Là, j'avoue, avec un couteau dans les mains et la mauvaise humeur qui commençait à monter, faut vraiment être un homme de paix et de bien comme moi pour pas l'égorger direct et proprement ce ptit connard. J'y ai pensé. Je l'avoue. Et même que j'ai trouvé ça tentant. Mais avant que mes rêves deviennent réalité, Aithe m'en renvoie une et m'incendie comme quoi j'avais l'air con avec mon couteau à regarder de travers mon fils. Attend... mon QUOI...?????

 

Là j'me suis réveillé. En sueur. En panique. Aithe roupillait à côté. Alors j'ai vérifié. Les seins étaient parfaits. Son cul avait pas bougé. Et en bas ça avait l'air correct. J'ai vérifié avec un doigt tout était comme ça devrait toujours être. Ensuite j 'me suis levé, j'suis allé pissé. Pis j'ai chialé comme une merde. Nan mais fous toi de moi c'est facile mais l'angoisse putain, l'angoisse... Un demi-moi t'imagine ? D'ailleurs ça en ferait un demi connard tu crois ? Mais bref c'pas la question. Non le truc c'est que je m'imagine mais carrément pas avec ça dans les pattes... Déjà la vision de Aithe toute déformée non merci... Y a pas que le cul dans la vie qu'on dit, mais ça c'est ceux qui baisent pas comme ils voudraient qui le disent moi j'te dis. C'comme un cul de jatte qui dirait " rien ne sert de courir..."   j'lui répondrai moi : "vas t'acheter des jambes connard et on en reparle". Non dans mon cauchemar Aithe était devenue tout sauf bandante putain.

Et pis au delà de ça, t'as vu notre vie ? Rien que la bibine déjà - même si j'ai bien diminué - comme veux tu qu'il tourne pas mal ? Moi j'ai grandi dans un bordel et t'as vu le résultat.. Alors là imagine putain, imagine.. Et puis quel modèle de père j'serai sans déconner ? Qu'est-ce que j'ai à apprendre à un gosse moi ? J'en ai jamais eu moi de paternel alors bon niveau transmission et modèle j'sais pas bien quoi lui apporter. Comment siffler une bière ? Tricher aux cartes ? Reconnaître un rhum les yeux bandés ? Comment entuber quelqu'un en négo ?  Ah le tableau promet d'être reluisant tiens. Et Aithe, quelle mère elle ferait ? Elle est moins sortable que moi j'te jure..

 

Sans déconner si c'est faire des gosses pour en faire des tocars, des épaves ou de futurs gros connards, des fois j'me dis que certains devraient tirer à blanc tu vois. Limite pas faire de chiard pour moi c'est un acte civique et altruiste. Probablement l'un des rares actes de ce genre de ma vie tiens. C'est pas rendre service à ce monde que d'y faire pousser de la mauvaise herbe. Et en admettant que mon gosse soit pas un enculé - déjà ça sera pas un fils de pute, lui - vu comment il tourne en ce moment ce monde de merde, autant lui éviter d'être malheureux. Bref c'est décidé, mardi c'est sodomie..

 

 

 

 

 

 

Drelnas

Heidel..

 

 

 

 

 

Putain mais qu'est-ce que je fous là bordel ? Heidel est pas vraiment la destination la plus bandante que je connaisse, alors pourquoi j'y ai atterri..? J'aurais pu aller à Duvencrune, ça aurait été le choix logique. Mais non. En même temps Duvencrune c'est pas très loin des terres Elfiques, et leurs frontières aux elfes ça pullule d'Ahibs. C'est p'tet pour ça alors... Mais quel lâche je fais putain. J'me foutrais la gerbe si j'croisais mon reflet j'suis sûr. Sans déconner des fois je me dis que j'suis condamné à me comporter comme un connard. J'ai beau faire des efforts et luter contre ça, c'est comme pisser contre le vent. J'aurais tellement honte, si j'avais pas les jetons surtout.

Honte parce que ces gens là ont tout risqué pour la plupart quand j'étais parti en sucette il y a des mois. Absolument tout. Et là, quand ils sont - encore - dans la merde, ben je me tire à l'autre bout du monde. Logique. J'aimerais bien leur venir en aide, mais leurs conneries au sujet des Ahibs ça m'a refroidi tu vois. Et quand on a soumis l'idée que ces putes pouvaient probablement ressentir l'Ancien à distance là ça m'a achevé. J'ai pas envie de me faire pincer par ces connasses et leurs ronces. Ni moi, ni Drelnas. D 'ailleurs depuis cet épisode il ferme bien sa gueule l'enfoiré. Pour une fois.

 

J'suis persuadé qu'il se chie dessus autant que moi. D'accord j'avoue que j'ai toujours eu un sacré instinct de conservation, mais là... Enfin p'tet qu'à un moment faut se dire qu'il est plus sage de raccrocher et prendre de la distance, non ? La vie d'aventures et de voyages c'est sympas.. au début. Mais bon j'ai déjà vu ma frangine crever sous mes yeux dans ces péripéties.. Le prochain ou la prochaine ça sera qui ? Moi ? Aithe..? Franchement, merci mais non merci. J'veux bien croire que j'ai un don pour me foutre dans la merde ou l'attirer, mais aller les chercher ça va 5 minutes quoi.

Du coup j'ai mis les voiles. J'essaye de me rassurer en disant que je protège Aithe, mais au final j'le fais aussi pas mal pour moi. J'ai pas envie de me faire gauler par ces saletés. J'ai pas envie de crever salement loin de tout dans l'ignorance complète. Qu'est-ce que j'y gagnerais à aller me faire charcuter là-bas hein..? Ben pas grand chose alors bon.

 

Mais j'me dis que si j'y gagne rien, j'vais p'tet y perdre en fin de compte. Parce que les gugus qui sont venus risquer leur couenne pour sauver la mienne j'me doute qu 'ils seront pas jouasses s'ils apprennent que j'suis planqué à Heidel peinard alors qu'ils dérouillent au sud. C'est ingrat et lâche j'en conviens. Et j'le paierai cher. Ça me fout en l'air, parce que je les apprécie, certains je les aime comme une famille. Mais merde aussi, j'aime aussi ma propre putain de vie avant tout. C'est pourtant logique voir sain. Alors pourquoi ça me bousille le sommeil ? J'en dors quasi plus, j'me fais un sang d'encre...

J'pourrais aller les rejoindre bien entendu. Mais j'en ai la putain de trouille bordel. Je veux pas crever ! Bien sur ça serait tellement noble et charitable de faire ça. Altruiste même. Putain que je déteste ce mot d'ailleurs. Mais j'suis désolé la noblesse et la grandeur d'âme, à part faire tout plein de morts jeunes, ça sert pas à grand chose. J'préfère être un couard vivant qu'un preux idéaliste mort. C'est pareil, la beauté intérieure ça c'est le summum de la connerie, avec l'Elionnisme. C'est à coup sur un truc de moches pour se rassurer par rapport à leur physique ingrat et se dire qu'ils ont peut-être éventuellement une chance de niquer une fois ou deux avant de mourir. Parce que c'est bien connu, les gentils même s'ils sont moches, petits, cons ou avec une petite bite, ils "gagnent à la fin" parce que leur cœur il est pur et leur âme noble... Mes couilles ouais.

 

Mais ça résout pas mon soucis, alors du coup j'ai pris une décision intelligente et mature, et tant pis pour la suite. J'l'ai joué à pile ou face. Pile je reste planqué, c'est le destin qui l'a voulu. Face je vais les aider ventre à terre.

J'ai lancé, c'était face.

J'ai relancé pour être sûr, c'était face...

Des fois j'ai l'impression que le Destin veut m'enculer....

 

 

 

Drelnas

[*]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Calphéon...

 

 

 

 

 

 

C'est marrant quand on y pense, y a des villes qui te procurent chacune un petit effet quand t'y fous les pieds. Pour avoir pas mal voyagé j'en ai traversé pas mal et chacune a son petit cachet je dirai. A part Keplan. Keplan c'est moche, c'est triste. De la pierre, de la pierre des mineurs qui puent; bref.. Olvia c'est mignon, paisible. Donc on s'y emmerde vite par exemple. Vélia j'aime bien, c'est un port donc c'est animé ça sent la mer, la liberté. Tarif je m'étalerai pas dessus, mais Duvencrune ou Valencia dégagent un truc spécial par contre. Et Heidel.. ben ça sent la pisse et le cul, au propre comme au figuré. Et Calphéon... Ah ben Calphéon dès que j'y fous les pieds j'ai mal au cul. Surement les réminiscences de mon enfance tumultueuse dans un bordel. Ouhla attends vas pas t'imaginer que j'ai subi des trucs salaces ou qu'on m'a abusé hein. Enfin une "Tata" m"a défloré à 8 ans, mais c'est la moyenne non ..? Non ce qui me fait mal au cul c'est de me souvenir que m'a mère, ma chère Mère m'avait revendu à un trou du cul qui m'avait ensuite fourgué à l'armée. Monnayant finance bien entendu. Un visionnaire ce mec. Un enculé. Mais visionnaire, l'enculé en question..

Donc bref à peine que je rentre en ville les odeurs, les rues me rappellent des souvenirs et surtout m'envoient un message jusque dans les vieux os. J'aime pas être là. Drelnas non plus est pas jouasse mais il comprend les enjeux. En même temps c'est -encore- un peu de sa faute. Je pige pas tout à ses conneries au sujet des Anciens, d'un "Grand Dessein" ou des trucs du genre et il s'étale pas non plus sur le sujet. Sans doute parce que j'y suis peu réceptif ou bien que mon éveil à la magie et se enjeux n'en est qu'à ses balbutiements. Mais bon j'ai du boulot ici et des histoires de familles à régler.

 

D'abord je veux mettre les points sur les "i" à M'man. Lui dire que c'est indigne même pour une Pute (avec une majuscule pasque ma Daronne c'est quand même la taulière maintenant..) de fourguer son gosse à un connard qui le jette à l'armée. Que de foutre un putain d'esprit occulte dans son gosse ça aussi c'est sale. Ils me font sacrément chier les Kelevra n'empêche avec leur esprit de famille à la con, à commencer par la Daronne. Ensuite j'irai voir ma "soeur" Illyadora pour clarifier aussi notre situation et lui dire que de me foutre la Sainte Académie des connasses en plumes & froufrous sur le cul c'était pas sympas.

Et ensuite, une fois les histoires de famille aplanies, partir à la chasse au gros. Putain j'ai vendu des armes Serendiennes à Dreighan, et j'ai trouvé le moyen de me faire financer par des fonds Valenciens (ça je l'ai pas dit à Uther il aurait p'tet eu la puce à l'oreille..). Et ça bouge pas une oreille. J'm'attendais à des menaces, de l'intimidation. Voir de la surenchère. J'aurais adoré la surenchère. Déjà parce que c'est stimulant et puis au final ça profite à Dreighan. Donc à moi. Mais là rien. C'est bien trop calme et contradictoire avec les propos que les touristes calphéoniens avaient sorti à Duvencrune. J'sais que y a quelques loups qui se terrent en ville. Et c'est eux que je suis venu débusquer. J'en ai rien à foutre du menu fretin et des pions, et encore d 'avantage des moutons. Non ce qui m’intéresse ce sont les pièces maîtresses, et quand je les aurai trouvées, alors la partie pourra commencer...

 

 

 

 

 

 

Drelnas

 

 

 

 

Duvencrune..

 

 

 

 

Enfin de retour à la "maison". Enfin celle du moment on va dire. Après des semaines en mer entre Valencia et Balenos à charger et convoyer tout le bordel à Uther je suis enfin rentré au bercail. L'ami forgeron a à présent de quoi faire mumuse, j'ai donc rempli ma partie. Il ne me restera plus qu'à livrer la marchandise à destination et laisser faire le reste. Peut-être que c'est trop gros, peut-être que je devrais renoncer plutôt que semer cette graine. Qui sait quelles seront les retombées après tout ? Mais je pense que ça peut valoir le coup au fond de moi. Drelnas est d 'accord mais je doute qu'il ait déjà cerné les enjeux politiques qui pourraient en découler. Mais passons...

Pendant mon absence il semblerait que Narasen ait elle aussi succombé aux charmes Dreighanais, elle compte ouvrir un petit truc dans le coin. Douée pour le commerce comme elle est je me fais pas de bile. Et comme Arthy a hérité de l'ancienne flottille de la D.T.C. je pense que niveau finances ils sont à l'abri. A moins qu'ils se mettent au jeu et aux dépenses folles mais j'pense pas. D'ailleurs elle m'a fait passer un mot la brune, me tenir prêt car mes leçons commencent bientôt.

 

J'suis bien curieux de voir ce qu'elle m'a préparé parce que pour le moment niveau magie c'est zéro pointé. Drel' a beau tenter de m' expliquer des trucs soit disant simples j'y pige rien. J'pense pas manquer de volonté, mais selon Narasen c'est la concentration et la discipline qui manqueraient. Mouais... déjà je les aime pas ces mots, donc ça doit pas être totalement faux. J'espère pas me fader des conneries spirituelles à rester des heures assis sur des cailloux jusqu'à ce que je sente leur énergie sous mon cul ou ce genre de pièges à crédules. On le saurait si les caillasses sous notre cul ça respirait depuis le temps ! Si elle compte me faire méditer des plombes, rien à foutre moi je tanke une sieste vite fait bien fait ni vu ni connu elle y verra qu'dalle.

Si je veux atteindre la sérénité et la plénitude y a beaucoup plus drôle et festif pour y parvenir. Un peu d'alcool, un cigare, un bonne pipe par exemple. Et quelque soit l'ordre, ou au mieux tout en même temps. Tiens en y repensant l'idée devient séduisante. J'irai bien me "séréniser" un coup ou deux là auprès de mon Aithe. Pour bien faire, pour avoir les idées claires tu me suis ..? Faudrait pas que je passe pour un cancre direct, ça se fait pas hin..

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Drelnas

 

 

 

 

 

 

Heidel..

 

 

 

 

 

 

 

Je n'irai pas dire que cette ville me manquait, mais je pense que c'est comme avec certaines personnes. Faut plus les voir un moment pour réapprendre à les apprécier.. un peu. Mais l'heure est pas au sentimentalisme, car j'ai du boulot et du pain sur la planche. Contrairement à pas mal d'étrangers arrivés à Duvencrune récemment, moi j'compte pas m'intégrer en restant le cul posé sur une chaise de bar vois-tu. Faut pas déconner non plus. Bon, peut-être que j'ai un soupçon - léger - de rancœur parce que la taverne de la vieille Bamam me fait du mal économiquement. C'était prévisible, elle est installée depuis longtemps, et puis sa terrasse... putain la terrasse quoi. Mais bon je me dis que quand ça va peler sévère les gens iront peut-être se la coller au coin d'un bon feu et là on démarrera p'tet sérieusement l'Ours Bleu. En attendant j'suis retourné en Serendia pour les affaires et pas que..

Tu vois, j 'aime bien Dreighan et Duvencrune. Les quelques nomades que j'ai croisés aussi. J'aime beaucoup leur style de vie, peut-être parce qu'il ressemble finalement à celui qu'on a depuis quelques années maintenant avec Aithe. Toujours sur les routes ou sur les flots, toujours à bouger d'un point à un autre. Récemment j'avais eu envie de me fixer, de me poser. D'avoir un foyer, et une famille. Mais putain j'ai déchanté rapido j'te garantis. Déjà parce que d'être sans famille ou pas finalement c'est pareil quand on voit la mienne. Du coup l'envie de se trouver des racines pour y planter un foyer en prend un coup aussi. De ce fait, Dreighan propose quelque chose d'autre, de nouveau. Y a tout à y construire, aussi bien sur le boulot que le reste. Mais cette promesse a été entachée par certains dernièrement.

 

 

L'ouverture de ces contrées a attiré pas mal de gens c'est vrai. J'en fais partie, en tant que rare "prince marchand" je me devais d'y sonder les possibilités. Oui Prince Marchand je me suis auto-proclamé ainsi, vu que j'ai plus de flotte je suis plus Amiral, me faut bien un titre qui sonne bien. Et puis les gens qui ont le sens des affaires ça devient aussi rare qu'une journée sans Rhum pour Aithe. J'te jure, des fois on s'emmerderait presque tellement le monde des affaires devient ridiculement petit et fade. Bref parmi tout le flux d'étrangers qui se sont pointés à Duvencrune et ailleurs y en a certains qui jouaient les touristes, mais je pense qu'on aurait tort de les prendre pour des cons ceux là. Bon y en a p'tet une poignée dans le lot hin, mais pas tous. Parce que vois-tu certains avaient des questions vachement pertinentes et pointues. Et pas des questions sur la gastronomie ou les mœurs hin, mais sur l'économie, les ressources....les secrets voir les trésors. J'en ai entendu de belles en ville, mais j'en étais sur le cul tellement ça paraissait incroyable. Soit les gens font plus gaffe - ils étaient ptet bourrés ? - soit ils prennent les locaux pour des abrutis finis ou des attardés mentaux j'te jure. Entre ceux qui parlent à demi mot d'annexer le pays à la République de mes couilles en rouge si tu vois de qui j'parle, ceux qui commencent à poser des questions sur la pierre noire et la Mine vers les terres sacrées des Drieghanais..

Les pauvres ont déjà fort à faire avec ce putain de Dragon qui terrorise les contrées - et moi même. Parce que faut pas se le cacher hin, j'ai pas spécialement envie de me retrouver nez à nez avec un engin qui dégueule du feu et qui possède je sais pas combien de rangées de dents acérées. Mais faut aussi avouer que d'un côté il m'emmerde prodigieusement ce con ; c'est jamais bon pour les affaires un truc pareil. Alors si t'as des enculés qui te diront que ça dope le commerce un truc pareil : les mercenaires, l'armement, la construction. Ouais.. mais tout ça c'est sur du court terme au final, moi j' suis un visionnaire j'aime voir à long terme, tranquille quoi sans avoir sans arrêt l'impression que demain j'vais crever..

 

 

Du coup, j'investis. J'ai contacté mon copain Uther, je sais qu'à l'époque où on avait des emmerdes avec les Pirates il m'avait proposé des joujoux bien dégueulasses. Dans le genre armes de mort bien cradingues, et donc efficaces. Et je suis persuadé que bricoler un truc pour dézinguer une bête pareille ça va exciter ce vieux Serendien. Et puis ça continuera de renforcer l'amitié entre Dreighan et Serendia peut-être, et c'est pas plus mal. Les Serendiens eux, pour le moment, ont pas encore parlé d 'aller leur piquer leurs pierres dans leur mine à ces pauvres gens. Donc ça fera la bite aux "Coccinelles". Mais bon je m'interdis pas de prendre des clients Calphéoniens non plus. J'suis pas raciste ou sectaire niveau pognon. L'argent c'est l'argent, quel que soit le pays ou les mains d'où il provient. Si y a bien un truc qu'un fils de putain intègre tôt dans sa vie, c'est bien ça. Non parce que à 5 ans, quand t'as froid, quand t'as faim... Ben il arrive un moment - quand tu piges certaines choses de la vie tu me suis? - où une partie de toi est bien contente que ta maman se fasse besogner par un gros connard. Parce que ça veut dire que y aura de la soupe chaude dans ta gamelle bientôt, un bon feu... Alors oui on peut en avoir honte, se triturer la tête. Ou on peut être lucide et honnête avec soi même. Encore une fois, quant tu crèves de froid et de faim les choix qui s'offrent à toi tu les vois d'un tout autre angle que quand t'as le ventre bien rempli et bonne conscience. Sauf que jusqu'à présent, la bonne conscience ça a jamais rempli la panse des orphelins, des putes ou  des miséreux que je sache...

Et puis y a un autre gars dont j'ai entendu parler. Un artificier. Un fou furieux de la poudre qui fait tout péter. Je sens que je vais l'aimer cet artiste là. Et avec tout ça, voir p'tet d'autres rencontres bienheureuses, si je me fais pas sauter le cul en chemin en transportant ces jouets de mort, y a moyen que ça leur plaise là-bas à Drieghan. Ça déplaira sûrement à d'autres, mais on s'en branle. Il n'y a rien d'illégal là dedans après tout. Les retombées par contre... On verra bien par la suite. Si je voulais je pourrais créer un sacré merdier mine de rien si les propos entendus étaient rapportées aux bonnes personnes. Mais bon j'y perdrai probablement des plumes aussi.

En même temps plus l'idée fait son chemin...

 

 

 

 

Drelnas

Dreighan...

 

 

 

Si on m'avait dit que mes péripéties m'amèneraient si loin de la Mer, je l'aurais pas cru. Voir même j'aurais craché à la gueule du premier ahuri qui m'aurait sorti cette connerie. Et pourtant... quand je contemple ces montagnes je me dis qu'il est loin l'océan et la vie de marin qui va avec. Sérieusement des fois quand je regarde en arrière je me demande ce que j'ai branlé pour en arriver là. Après j'ai toujours été faible en ce qui concerne l 'appel de l'aventure... et du vice aussi remarque. Et de l'alcool. Et des femmes. Et du jeu, surtout le jeu putain ! Enfin bref on va pas refaire la liste de toutes mes nombreuses et chastes qualités on y serait demain encore... Je me rappelle qu'on était partis avec Aithe peu après qu'on ait assisté à la vente de la flottille de l'ancienne Delmeth Transport & Commerces. C'est mieux ainsi, mais quand on repense à tous les morts, tout ce qu'on en avait chié pour piquer à ces enculés de pirates leurs navires sans y laisser notre couenne.. ça fait mal au cul. Mais c'est mieux ainsi, enfin c'est ce que je me répète en boucle quand j'ai la sensation d 'avoir le cul qui saigne tu vois?

Bref même si on en a trop rien dit, voir ça avec Aithe ça nous a retourné le bide. Du coup on a fait ce qu'on fait toujours dans ce cas là quand les choses deviennent compliquées et insoutenables : on picole on baise et surtout on taille la route. Du coup on est partis plein sud, à vide en plus comme des cons. Mais pour une fois, la chance nous a souri au lieu de nous montrer sa raie.

 

En fait, en descendant on est passés par Trent, parce qu'à un moment sur le voyage j'ai eu envie, par caprice, d'une cabane dans les bois. Me demande pas pourquoi, ça m'a pris comme une envie de chier et c 'est passé tout aussi vite. Et tu vois j'ai beau être une enflure, n'empêche que j'ai du pif pour les bonnes affaires. Je sais reconnaître et renifler un coup juteux quand j'en croise un et cette fois-ci j'ai eu raison de me fier à mon instinct. Bon je me la pète un peu j'ai p'tet simplement eu un super méga gros coup de cul, mais on s'en branle on va pas chipoter merde... Bref à Trent en causant et picolant sur notre escale avec les gars du coin on a senti avec ma Pupuce que le moral était pas jouasse. Forcément tu nous connais , on a creusé. Toute façon on avait rien à glander de plus palpitant que faire les commères. D'ailleurs à ce propos tous ceux et celles qui te parlent de l'éloquence, de l’écoute tout ça... C'est des grosses conneries. De la merde en barre même. Quand tu veux que les gens se confient à toi, t'as besoin que d'un truc, un seul : de la picole. Fais picoler ton gus ou ta nénette et une fois qu'il ou elle est bien à point tu sauras tout. Bon tu remarqueras ça marche aussi pour baiser entre autre. Et là t'auras plein de gens biens qui vont retrousser le nez en disant "boooh c'est pas bien de faire boire une personne pour en profiter". Ça, pareil, c'est des hypocrites. Moi j'pense aux moches, si y avait pas l'alcool ils baiseraient jamais, les pauvres...

 

Bref au bout de quelques pichets de la piquette locale, les gars commencent à débiter leurs états d'âme. Bon y en avait autant à jeter qu'utile mais dans le lot on a appris deux ou trois petits trucs utiles. Y avait quantité de bois en ville qui commençait à s'amonceler en provenance de l'est. En fait les gars avaient commencé à bosser pour fournir Dreighan en matière première mais se sont fait couillonner commercialement parlant. Du coup ils avaient un surplus de stock et d'invendus. Du coup, et grâce à la picole et aux nichons d'Aithe je me suis dit que très généreusement, j'allais le leur racheter leur bois invendu. Et puis même que dans la foulée, j'avais dans l'idée de le fourguer à Dreighan. Comme ça on gaspille pas, non parce que le gaspillage moi ça me scie les burnes sincèrement. Du coup je pouvais pas rester inactif face à un tel gaspillage hin. Ca aurait été criminel sans déconner. Et puis sur le principe, j'encule Calphéon deux fois. Et ça, ça n'a pas de prix...

 

Et puis fondamentalement, on m'a toujours appris un truc. Jamais se pointer chez les gens les mains vides. Surtout si tu connais pas ou vice versa. Parce que se pointer à Dreighan comme marchands sans rien à fourguer c'est comme une pute encore vierge. Ça n'a aucune crédibilité ni aucun intérêt vois-tu. Et là j'ai eu le nez fin parce que ça nous a pas mal aidé de se pointer les mains pleines... Mais je te raconterai ça demain, là j'suis crevé...

 

 

 

 

 

 

 

 

Drelnas

 

 

 

 

 

 

 

Tarif..

 

 

 

 

 

J'en ai marre. Mais vraiment ras le cul. D'accord je suis pas patient mais plus les jours passent plus j'ai l'impression d'être un poisson rouge qui tourne en rond dans son bocal. Je déteste cette impression. Moi j'aspire à la liberté, aux grands espaces, je déteste me sentir entravé ou prisonnier. Et par dessus tout, l'océan me manque putain. J'avais espéré trouver des réponses, une nouvelle voie et une famille. J'ai rien trouvé de tout cela quasiment. J'ai peut-être été naïf, encore. Les sorcières sont des personnages aimant garder leurs secrets. On m'a bien fait comprendre aussi que j'étais "trop vieux". Bref je partais pas vraiment avec un avantage à vouloir m'intégrer à la faune locale. Quand à ma "famille"... ben quand c'est une tierce personne - ma très chère rouquine - qui te narre en gros l'histoire de ton propre clan, ça fait pas riche.

Au final après bien des jours à errer en ville je n'ai trouvé personne qui puisse m'enseigner à comment utiliser le pouvoir dont j'ai hérité, ni la famille ou les liens que j'espérais tisser. C'est un échec, et il est douloureux. Même Aithe commence à dépérir à force de rester trop longtemps au même endroit. On vit de petits boulots, de petites missions sans importances. C'est chiant et mal payé. Mais ça me défoule un peu d'aller de temps en temps cogner sur des bandits ou des Manes. Mais ça me fait pas avancer pour autant. J'ai strictement rien appris concernant la magie. Absolument rien. Drelnas refuse de m'éclairer, il dit que ça doit venir de moi. Super l'aide, merci vraiment..

 

Narasen s'était proposée l'autre jour. Je pense que je vais reconsidérer sa proposition avec plus d'intérêt. Ma chère cousine est déjà bien occupée à façonner ses recrues et plus les jours passent plus je me sens comme un étranger. Elle a ses problèmes et ses missions à gérer, moi je suis un boulet qu'on a mis entre ses pattes. Du coup rester à Tarif n'est plus vital. C'est autant une libération qu'une frustration. J'ai besoin.. on a besoin de prendre l'air avec Aithe. Besoin de se retrouver, de profiter un peu de ce calme avant la prochaine tempête. Car elle viendra tôt ou tard c'est certain. La seule et unique fois que je suis allé accompagner les sorcières à propos d'une enquête sur des loups, on est tombés sur des loups ouais... mais plus hauts que moi et bâtis comme des cyclopes. Ils ont une de ces forces ces gars là... Et devine d'où ils venaient ? Du sud bien sûr, de contrées inexplorées et interdites.

Dreighan ils appellent cet endroit. Et là bas aussi ça sent le merdier. L'un des hommes loups tentait de secourir un bébé humain, pourchassé par ses congénères qui voulaient le buter. L'homme loup, Karu qu'il s'appelle, nous a même parlé une fois qu'on l'a eût aidé d'un Dragon immense qui terrorise son peuple. Du coup y a du boulot pour les apprentis héros qui voudraient libérer un peuple opprimé du joug d'un méchant dragon. Qu'ils aillent donc se faire enculer. J'ai libéré des prisonniers de leurs chaines une fois ou deux, j'vais pas aller me faire rôtir la couenne pour des étrangers, sans déconner. Mais qui dit nouveau territoire dit aussi nouvelles richesses..

 

Et là ? Ça commence pas à sentir les emmerdes tu crois ? Entre les histoires de dragon, de territoires inexplorés, d'aventures.. J'ai le sang qui bouillonne, la curiosité qui me travaille. J'ai envie de tailler la route et d'explorer, cartographier ce territoire sauvage et dangereux. L'appel de la route se fait sentir et plus les jours passent plus il est fort. J'ai beau me dire que ça pue, que ça sent les emmerdes à plein nez j'y peux rien, j'suis comme une mouche qu'aurait trouvé une belle grosse bouse bien fraîche..

 

 

 

 

 

Drelnas

Tarif...

 

 

 

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C'est marrant. C'est dans ce coin que la plupart des grands tournants de ma vie se sont produits. Et c'était p'tet pas pour rien, appelons ça le coup du sort. La première fois que j'étais venu je me lançais à mon compte dans le transport, j'y ai rencontré celle que j'avais baptisé à l'époque "Ma Sorcière mal baisée" ou Sadie. La garce m'avait envoyé crever de chaud dans les terres pour une livraison à la con et la chaleur m'avait tellement fait délirer qu 'au retour j'étais plus le même. C'est là que je me suis rendu compte que je tenais à Aithe, et ça a littéralement changé ma vie.

La fois suivante, je suivais le groupe de Fhalaine. On pourchassait une maléficienne et des reliques de merde. C'est là que j'ai approché pour la première fois l'occulte et les secrets qui se cachent derrière notre joli petit monde plein de certitudes rassurantes. J'ai jamais dormi pareil depuis. J'ai aussi appris à connaître un peu ces femmes qu'on appelle "Sorcières" dont certaines sont mal vues. J'ai compris un peu quel était leur rôle, leur mission et le prix que ça coûte. Depuis je ne les crains plus, je les respecte. Bon, y en aura toujours des antipathiques, comme ma chère sorcière mal baisée préférée, mais aussi des plus sympas, comme la rousse. Ah la "Lionne", si j'avais pas été marié... typiquement le genre de bonne femme qui me faisait vibrer jadis ; belle et dangereuse. Et tu verrais cette énorme "paire-sonalité" héhéhé..

 

 

J'y suis retourné d'autres fois bien sur, souvent pour le boulot ou bien en étape sur un plus long trajet. Jamais j'aurais cru y trouver une famille de sang. Enfin.. là encore reprenons depuis le début car c'est un bordel. Ma chère mère était, enfin est toujours une sorcière. Mais pas qu'au figuré. Une vraie. Et pour saupoudrer le tout d'un soupçon de "le destin s'obstine à déféquer sur ma tronche" il s'avère qu'elle appartient aux Kelevra. Alors que fout une Kelevra si loin du désert et de Tarif...? Que veux tu que j'y réponde, je savais même pas son vrai nom à la Daronne y a encore quelques jours. La faute à Drelnas. Drelnas c'est... C'est comme avoir une chanson à la con dans la tête sans t'en dépêtrer. Sauf que lui c'est tout le temps. Il cause sans arrêt. Putain même un caillou il me raconte son histoire, j'te jure c'est épuisant.

Remarque, je le préfère ainsi que quand il était sous la forme de  la Mer du Chaos... Mais si rappelle toi j't'en ai causé jadis. Bref Drelnas est vieux, très vieux. Et différent. Et maman me l'a collé dans le giron sans rien demander. Ce qui fait que je comprends à présent pourquoi j'ai jamais eu le sommeil tranquille, ou que trop sobre j'entendais des voix.

 

 

Sauf que l'enfoiré m'a manipulé durant de longues années, me faisant même croire qu'il y avait plusieurs entités en moi. Alors qu'en fait ça avait toujours été lui. J'te l'ai dit il est vieux et malin l'enculé. Et patient. Et le jour où l'occasion s'est présentée il m'a baisé. J'étais d'accord tu me diras après coup, mais au final il m'a baisé. J'ai vu quelqu'un de proche mourir sous mes yeux, impuissant. J'ai vu son corps être brisé comme du verre et jeté comme une merde sur le champ de bataille. Et j'ai pas pu le supporter. J'étais prêt à tout pour changer ça..à tout. Et devine qui attendait et m'a proposé une "fin heureuse"..? Alors oui, c'était la plus grosse connerie de ma vie mais j'ai pactisé. Je lui ai laissé prendre peu à peu le contrôle en échange du pacte. Il a tenu parole. Mais en parallèle il a mis en pièce ma volonté, mon esprit, mes espoirs.

J'ai fini fragmenté ou plutôt écartelé dans une poignée de bijoux que j'ai juste eu le temps de confier à quelques personnes de confiance sans qu'il s'y oppose. C'est les derniers trucs que j'ai fait avant de perdre le contrôle. Par chance j'ai une femme et quelques amis qui ont ratissé les limbes pour me ramener, et ensembles on a été causer du pays à Drelnas...

 

 

Et depuis, ça va mieux. Beaucoup mieux mis à part que... ben mon entreprise s'est littéralement cassée la gueule. La famille Lauren m'a dans le pif sur Heidel. A Mediah je suis pas certain d'avoir bonne presse non plus.. Rien d'insurmontable, mais ça fait chier quand même un peu disons le clairement. Ma chère Mère... est retournée à Calphéon sans un mot, et surtout sans une explication. Formidable... Et pour couronner le tout, le seul membre de ma famille de sang le plus proche n'est ni plus ni moins que ma chère sorcière mal baisée. P'tet que je devrais l'appeler "Cousine" ? Qu'est ce que je risque, de la faire rire..? Parce qu'elle peut pas faire plus la gueule soyons francs. Je l'aime bien au fond, mais niveau chaleur humaine..

Tu t'es déjà collé la bite sur une stalagmite ? Ben Sadie c 'est pareil. Elle est tellement glaciale de contact avec les gens que ça te saisit et te paralyse, avec la petite envie de foutre le camp quand le malaise s'installe. Et crois moi elle est douée pour l'instaurer. La rousse par contre rien à voir. Elle c'est comme un doux vent qui te chatouille les bourses. Elle sent le souffre et le danger. Putain heureusement que j'suis marié...

 

 

Donc j'suis allé causer à ma "cousine". Elle était déjà au courant de notre parenté récente mais je voulais voir un peu si y avait des règles, des protocoles ou des usages. Oh j'en aurais fait qu'à ma tête toute façon mais au moins baliser le terrain pour pas me rajouter - encore - des emmerdes. J'ai mon quota. Bon l'esprit de famille chez les Kelevra ça a pas l'air d'être ça. Limite les vacheries de ma daronne, c'est presque culturel. Et ben y doivent sacrément se marrer ces gens là aux réunions de famille tiens. J'imagine la gueule d'un mariage ; "venez si vous l'osez, amenez votre propre couteau pour le planter dans la gorge de votre tata ou tonton préféré." Non sans rire je sais pas si je dois rire ou pleurer. Autant je suis conscient et lucide sur le fait que je sois pas un modèle d'éducation et que mon parcours est pas banal... Mais j'ai l'impression que dans ce clan en fait on est des handicapés de la joie. Genre on doit te bassiner tout petiot : "attention si t'es heureux un esprit occulte va te bouffer la gueule" histoire de formater les jeunes génération à tirer la gueule comme Sadie...

Sans déconner ces gens sont un mystère et le fait d'être du clan j'ai l'impression m'a plus fermé des portes dans la gueule que ça m'en a ouvert. Déjà que c'était pas rose avant. En prime dans les jupons de Sadie y a une jeunette. Une apprentie visiblement. Ah elle a un bon modèle la Gab' : une phrase, une pique, une morsure de venin. J'sens que mon front va rencontrer son nez d'ici peu.

 

 

Limite celle qui s'en sort le mieux, c'est Aithe... Bon d'accord Gab' et Falkynn pensent qu'à essayer de la baiser. Mais au moins personne la fait chier. Je sais pas où cette histoire va me mener encore j'appréhende un peu. Au moins j'ai Aithe, et en plus Narasen s'est installé pas loin. J 'me sentirai un peu moins paumé dans cet univers que je ne connais pas et qui je le sais me loupera pas au premier faux pas. La patronne du village a été claire là dessus. J'ai vraiment pas intérêt à merder. Mais bon hin, c'est pas comme si j'avais un aimant  à emmerdes dans l'cul...

Ouais bon ça pue j'avoue...