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Petits récits. Histoires de personnages. Textes en vrac...

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Gloubi

( Deux petits textes RP ça fait longtemps, sur deux rôleplays différents dont l'un des deux est plus ou moins sérieux.)

 

- « C'est pas moi. » -

Les regards impitoyables des gardes d'Heidel se posèrent sur ce cavalier qui s'apprêtait à sortir de ville. Ils les suspectaient d'être Martigan, sans en être certains. Jamais aucun avis de recherche n'avait été apposé sur le moindre mur, sur le moindre arbre. Jamais aucune plainte n'avait été recensée contre lui ; Uniquement des bruits. Uniquement des rumeurs. Des suppositions. On laissait faire ses actes dans la plus grande des indignations sans jamais espérer un sursaut de justice. L'on imaginait que ce « mage » sénile qui l'accompagnait effaçait les mémoires de ses victimes. Il était libre comme l'air et l'on dit qu'il avait dérobé tant de bourses qu'on se demandait à quoi lui servirait tout cet argent.
 
Il chevauchait un gigantesque destrier nacré dont le poil était aussi doux que le plumage d'un oiseau, tant racé que l'on supposait une lignée ancienne que seul les grands seigneurs et les bourses bien remplies pouvaient se permettre d'acquérir. Et ce malandrin piètre cavalier était hissé là-dessus, sur cet être pur, et le faisait participer aux pires infamies.
L'on dit que cette apparition céleste était devenue aussi malfaisante qu'un vautour en compagnie de ce vagabond, et que c'est parfois lui qui prenait l'initiative.

« J'arrête la narration. Je suis l'être pur et c'est ce canasson qui me pervertit. »  s'offensa le maroufle tandis que l'animal tentait de le désarçonner.

Il s'agrippa à l'encolure comme un singe après une branche et ronchonna.

« Martigan par-ci, Martigan par-là.  Je n'ai rien demandé moi, je suis aussi blanc et pur que l'agneau qui vient de naître. Aussi blanc que la colombe qui... Bon vous savez quoi ? J'arrête tout. »

Oui, il parlait seul.

« Je vais redistribuer l'argent que j'ai volé, et je vais aider mon prochain. L'autre jour j'ai rêvé de la rousse là, Farnese, et elle causait d'Elion et compagnie. C'est pas bien d'embêter les innocents. Moi si j'étais innocent j'aimerais pas ça. Même que là je suis innocent par exemple et, par exemple et bien j'aimerais pas qu'on m'embête. »

Alors qu'il faisait cette incroyable déclaration au beau milieu de la route, un honnête marchand passant par là dépassait le destrier dans un petit trot tressautant.

« Kerold NON ! » se scandalisa Martigan.

Au passage du marchand sur sa bête de somme, le destrier ouvrit une large bouche et se jeta entièrement sur lui. Il attrapa le pauvre homme hurlant son effroi par l'épaule et le jeta à terre. Son poitrail et toute sa masse déséquilibrèrent le cheval du marchand. L'homme et la pauvre bête chutèrent.

L'on entendit avec peine, entre deux insultes du commerçant, Martigan se confondre en justifications :

« Vous voyez c'est ce cheval qui est complètement dérangé ! C'est un malentendu ! C'est... »

A d'autres !

 

 

- Les spectres du passé -

 

Mirella traînait les pieds en direction de la demeure familiale, espérant y disparaître entre deux tapisseries, souhaitant trouver refuge auprès d'une minuscule araignée qui la guérirait de son ennui, et que l'Intendant -l'un des derniers employés de la Maison- aurait oublié là. Il y régnait toujours cette ambiance funèbre liée aux multiples disparitions et drames ayant ravagé la famille Cambiaso. Ils étaient moins nombreux que les doigts d'une main, et leur Nom ne reposait plus que sur un bâtard qui avait été adopté peut-être un an plus tôt, et qui avait déjà disparu dans la nature.
C'était une famille à l'agonie qui avait finit par attirer la pitié des autres nobles, laissant leur matriarche, veuve et endettée par d’innombrables dons à l'église à son gâtisme et à sa sénilité. Ils passaient l'éponge, mais tout le monde savait qu'à son décès, Cambiaso ferait parti du passé, et que leurs biens seraient vendus aux enchères. Quant à la fille cadette Mirella, allez savoir ce qu'elle deviendrait ; au mieux on lui souhaitait d'épouser un marchand qui pourrait l'entretenir car la pauvrette ne savait rien faire de ses dix doigts. Elle restait jolie et l'on préférait éviter d'imaginer le pire au sujet de son avenir.

Elle enfouit son visage dans un oreiller quand la voix de sa mère retentit dans les murs.

« Mon petit poussin ! C'est mon petit poussin ! »

La jeune femme resta immobile sur son lit, s'imaginant que la vieille se réjouissait d'un courrier qu'aurait pu lui envoyer Jack, dont on n'avait aucune nouvelles depuis plusieurs mois.

La vieille arriva en trombe et pour la première fois, fit fi des manières et ouvrit en grand la porte de la chambre. Elle tenait entre ses doigts osseux une lettre qu'elle agitait aussi rapidement que les ailes d'un papillon prêt à prendre son envol.

« Mère... Qu'il y a-t'il... ? Vous avez une nouvelle de Jack ? » demanda, perplexe, la jeune femme.

« Mirella, c'est une lettre de Luca ! » bégayait la vieille vacillante au bord de l'apoplexie.

« Luca... ? Mais... Il est mort. » articulait lentement la brunette sans trop comprendre.

Une usurpation ? Ça ne pouvait être que ça. Pourtant... C'était sa signature. Comment lui répondre ? Il n'y avait aucune adresse. Pourquoi Drieghan ?

 

 

 

Gloubi

fantôme contre fantôme

Il avançait dans les rues du quartier noble avec la prudence d'un serpent. Avec la discrétion d'un loup dans les taillis. Il avait ce don de se faire oublier avant même qu'on ne se rende compte de sa présence. Il était inexistant. Une ombre à l'angle d'un mur. Un songe hallucinatoire. Un « détail », rien de notable même pour les gardes présents, alors qu'en tant qu'étranger, sa présence aurait sans doutes été contestée.

Il ne faisait rien de particulier. Aucun larcin, aucune agression, aucun regard. Il avait sans doutes quelques raisons d'être ici, mais la furtivité employée pouvait peut-être laisser imaginer quelques diableries.

L'hasoïte se figea. En alerte. Comme le serait un animal sauvage sur le point d'être débusqué. « On » l'avait repéré. Il le sentait. Il le savait au plus profond de lui. Seuls ses yeux bougèrent pour remonter la façade d'un immeuble à la recherche d'une fenêtre.

« On » l'observait. Et il ignorait depuis quand.

Un regard d'azur maritime caché entre deux rideaux était braqué sur lui. Lui qui devait avoir l'air plus que suspect ici à jouer de ses aspects fantomatiques. Mais voilà qu'un spectre d'une toute autre catégorie l'avait remarqué. Une jeune femme qui plus est.

« Ne prends aucun risque. » lui avait-on répété.

L'espace d'un instant il fut prit par un violent doute et une fâcheuse question l'assiégea ; « Que faire ? »

Pour l'heure, il avait conscience que la demoiselle pensait ne pas avoir été aperçue durant sa surveillance. Même si la situation lui avait échappé, il avait retrouvé son « coup » d'avance face à cette Apparition. Un adversaire potentiel ? Quelqu'un qui appellerait la garde ? Dirait-on le lendemain dans les rues lorsqu'il reviendrait par ici « Méfiez-vous, il rôde un individu louche. » ?
 

Gloubi

Au fond d'un manoir

Au fond d'un manoir.

Les choses ne devaient pas être si terribles. La vie ne doit pas être si fragile. L'impromptu, la spontanéité, les élans passionnés, ce n'est peut-être si nécessaire que cela ?

Sommes bien loin des immensités azurées. Et peu importe le nombre de fenêtres, il semble y faire toujours sombre à cause de la promiscuité des bâtiments qui se cachent le Soleil. Pas d'air iodé ici, seulement l'odeur du linge et quelques courants d'airs chargés de poussières.

La nuit on n'entend presque plus rien dans ce quartier, si ce n'est le rire des soldats quelques rues plus loin, le martellement de leurs bottes sur les pavés lorsqu'ils sont en patrouille et le bruit des derniers volets qui se referment. La journée, c'est cet incessant brouhaha de ville vivante qui harcèle ses oreilles. De quoi devenir folle, mais... De quoi oublier ce trou béant qui lui faisait office de cœur. Au fond de l'âme de cette noble-là, les vagues vertes qui ondulaient dans les prairies du passé lui offraient toujours cette infime lumière ; Celle-là même au loin qui lui murmure « tout ira bien. ».

Cela faisait depuis son arrivée qu'elle ne sortait pas pour seulement murmurer à son Intendant inquiet « ça ira mieux demain. ». Avec un peu d'imagination, un lit pouvait devenir un navire, et cette chambre qu'elle ne quittait pas, « un petit océan ». Elle était à l'image d'une rescapée de tempête, se laissant dériver sur une eau douce dans une barque prête à sombrer tout instant. Combien de temps cela pouvait-il durer ? Quelques jours, ou une éternité.

 

Gloubi

"Bonjour c'est moi."

Parfois, il suffit d'une seule feuille pour comprendre que l'Automne est là.

 

"Ma chère sœur.

Pour commencer je ne te remercie pas de m'avoir complètement oublié dans tes projets, au point de te focaliser uniquement sur Luca, qui a prit ses jambes à son cou sans oser venir me voir. A quoi bon redouter ma parole lorsqu'elle est pleine de bon sens car issue de bonté divine ?

Madame notre mère m'a parlé de cette histoire d'entichement hasoïte. Écoute, je n'ai rien contre Haso mais tu sais, ils ne sont pas de chez-nous. Je ne dis pas par là qu'il faut être de chez-nous pour être respectable, je constate seulement avec tristesse que tu étais prête à lier notre famille avec des païens. Oui je sais ; Les païens peuvent être de gentils individus et le métissage est quelque chose de tout à fait charmant. Oui ils sont emplis d'honneur et non ils ne sont pas comme tout le monde. Alors tu me permets d'annuler toute cette folie, et Elion me garde de tout pari, mais il suffira d'un claquement de doigts pour que tu ne le revoies plus. Elion apprend à ses filles à être lucides et clairvoyantes. D'ailleurs ça fait une éternité que tu n'as pas mis les pieds dans une église non ?

Je te fais envoyer avec ce courrier, Madreperla. C'est une excellente jument. En fait c'est mon ancien cheval d'école. Vu que tu ratais tous les cours d'équitation lorsque tu étais petite, dans un élan de bonté je t'envoie cette merveilleuse créature bénie par la volonté de notre Dieu, et elle te conduira jusqu'à la Lumière ; C'est à dire la plus belle ville du monde : Calphéon.

Et ne te morfonds pas trop, de toutes façons les problèmes auraient commencé lorsqu'il aurait fallu choisir le traiteur. J'espère que tu n'as pas commencé à apprendre à cuisiner les pâtes avec de la farine de riz.

Allez, je t'attends et nous discuterons de ton avenir.

Gabrielle Cambiaso"

Gloubi

Le géant des mers



"Le vieillard tend un index osseux en direction du sud. Les vents septentrionaux se lèvent et hurlent. Ses cheveux blancs entament une danse désordonnée dans le ciel nébuleux. Les galions se perdent dans la houle. Les déferlantes passent au dessus des ponts. Les marins tiennent bon. Aucun mât ne se rompt. Les voiles claquent au point de se déchirer. Et pendant ce temps, au plus profond des abysses, le Candidum dort. Porté par courants et contre-courants des ondes océaniques de Margoria et plongé dans un sommeil profond. Qu’importe le froncement de sourcils des Esprits et des Dieux, il reste Maître du Chaos et des abîmes. Et lorsque l'Aquilon se dissipe les matelots réparent les dégâts, espérant ne plus faire face au vieillard des vents, le Candidum reste imprévisible. Quand les matelots le verront, ils essaieront de l'attaquer pour récupérer ses chairs rares et prisées même si indigestes. Les alchimistes y trouveront quelques vertus, dit-on.
Pourtant le Candidum pouvait mettre à mal le galion des matelots lorsque la tempête faisait rage et ne l'a pas fait. Son sommeil était-il si imperturbable ?

« Il est dangereux, et aurait pu couler n'importe quel navire marchand. » aurait déclaré le capitaine.

Qui sait ce qu'il se serait passé ? Comme les animaux chassés dans la nature, ce géant des mers ne se contente-t'il pas de transmettre à sa progéniture la crainte de l'Homme ? Est-ce qu'il communique avec les autres ? Ce monstre-là a-t'il pu transmettre son appel emplit d'affliction avant que son ventre ne se tourne vers les cieux ?

Que se passera-t'il pour les prochains navires lorsque le vieillard reviendra guider les vents, Mirella ?" questionna un vieil homme, un livre usé et corné posé sur ses genoux.