• billets
    6
  • commentaire
    0
  • vues
    253

À propos de ce blog

Un simple carnet où Zel prend ses notes et raconte son voyage

Billets dans ce blog

Kyra

Centième jour

Déjà cent jours... Trouver un capitaine pour embarquer sur un navire est bien plus compliqué que je ne l'aurais cru. J'ai entendu dire de la part du cuistot de la taverne que les marins aiment pas trop avoir des femmes sur un bateau, que ça porte malheur. Difficile à dire cependant si c'est encore une de ses crises de misogynie ou s'il y a un fond de vérité dans ses propos. Je me demande si tous les valenciens sont comme ce Abdoulaye ou si c'est un cas particulier. Peut être est-ce juste sa façon d'extérioriser ses propres tourments, vu qu'il travaille pour des femmes, un moyen de soigner son ego meurtri. Peu m'importe en vérité, ce qui m'intéresse dans l'immédiat c'est de trouver un bateau. Je passe des heures à fixer cet horizon bleuté à perte de vue en me demandant ce qui se cache par delà. Que de choses nouvelles à découvrir, j'ai l'impression de revoir mes jeunes années. Enfin je les reverrai sans doute si mes vieux os ne me rappelaient pas continuellement qu'elles sont loin derrière moi.

Les humains ont un proverbe qui dit que ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Rien n'est plus faux. Chaque entrainement, chaque blessure reçue au combat et chaque erreur m'a toujours laissée un peu plus faible physiquement. Même si j'en ai tiré de la sagesse, je doute d'en avoir tiré un jour de la force. Quelle tristesse d'avoir dû attendre tout ce temps avant de finalement accomplir ce dont j'ai à peine osé rêver toutes ces années. Mes connaissances et mes techniques sont désormais mes nouvelles armes pour m'améliorer au combat, même si je doute de pouvoir retourner un jour à l'adresse que j'avais à la belle époque, je ne me morfonds plus. Je me suis souvent demandé comment faisaient ces humains, eux qui savent que leur corps n'a de cesse de se flétrir et de les trahir à une vitesse ahurissante, pour ne pas perdre espoir. Peut être est-ce là la réponse que je cherchais.

 

Cent deuxième jour

Je me suis faite attaquée, en fin d'après midi. Je passais tranquillement à côté de la ruine d'un fort plus au nord, pour faire du repérage le long de la côte, quand j'ai entendu siffler un carreau non loin de ma tête. J'ai à peine eu le temps de dégainer pour dévier le second tir d'un revers de ma lame. J'ai sauté de monture pour repérer d'où venaient les tirs avant de voir les embusqués dans des fourrées non loin de la route. Trop de terrain à découvert, c'était pas sérieux, la moindre erreur et je me serais retrouvée avec un carreau planté, loin de toute habitation et sans matériel médical vu que ma monture, apeurée par mes brusques mouvement, était partie avec barda d'aventurier.

Je me suis mise à couvert et j'ai attendu. S'ils s'étaient rapprochés, j'aurais pu engager le combat au corps à corps. Mais ils ont préféré rester à distance, ces petits cons. J'ai du ronger mon frein pendant plusieurs heures jusqu'à ce que la nuit tombée me donne de nouvelles opportunités. Mais je me suis un peu laissée emporter, j'ai pas pu m'empêcher d'en embrocher un pour me passer les nerfs d'être restée aussi longtemps à ne rien faire. Pas de chance, la surprise et la douleur ne lui ont pas ôté la voix. J'ai du me débarrasser des autres avant même d'avoir pu savoir ce qu'ils me voulaient.

 

Cent quatrième jour

J'ai finalement renoncé pour un temps à trouver un navire directement sur la côte. Je suis donc retourné à Heidel pour essayer de récupérer des informations. Un nom de contact serait parfait. Cela dit, c'est sur quelque chose de différent que je suis tombée aujourd'hui : un géant. Je n'en ai pas vu beaucoup jusqu'à présent, mais j'aurais tendance à dire que celui ci est un géant parmi les géants, le pauvre doit se cogner la tête souvent en entrant dans les bâtisses. Sans parler du mobilier : chaise, lustres, rien n'y échappe. J'ai discuté brièvement avec lui, ça semble être un aventurier lui aussi. Par contre, niveau provisions ça doit être bien plus compliqué pour lui d'en vivre, si je me fie à la quantité de nourriture et de boisson qu'il engloutit.

 

Cent sixième jour

J'ai à nouveau croisé le géant à Vélia, par le plus grand des hasards. Fidèle à ses habitudes, il a engloutit une bonne partie de la cuisine, et refait la décoration de l'auberge. Si au moins il avait fait quelque chose pour cette tapisserie rose vif, ça aurait justifié la chose, mais bon. Là, ce sont les escaliers, le lustre et les tableaux qui ont pris. Il faut dire que dévaler des marches d'escalier avec des pieds de cette taille, ça doit pas être évident.

Dans tous les cas, j'ai proposé la prime que j'ai trouvée l'autre jour à Heidel, pour tuer des religieux fanatiques ou je ne sais quoi, dans un camp plus au nord est. Je me sentais pas extrêmement confiante pour aller dans un repaire plein de sorciers religieux fanatiques toute seule, donc j'ai subtilement glissé l'idée d'y aller à plusieurs. Ça semble avoir fonctionné. Enfin il s'est rué vers les cuisines pour faire des provisions, le pauvre Abdoulaye a pas du rire autant que moi en le voyant faire. On prendra la route demain.

 

 

Kyra

Quarante-troisième jour

J'ai finalement obtenu un canasson en guise de paiement pour mon boulot avec le boucher du village. Le type de l'écurie a semblé un peu surpris au début, sur le coup, je m'étais demandé pourquoi. J'ai compris après avoir vu le canasson en question. Il est plus de première jeunesse et un peu décharné sur les bords, ce qui était au final assez logique si le boucher n'a pas jugé digne cette bête de finir à l'abattoir. Enfin, il faudra faire avec, de toute façon, ce n'est pas comme si j'aimais particulièrement utiliser une monture. Je suis plus de toute première jeunesse, ça me brise les reins de chevaucher toute la journée.

Enfin dans tous les cas, il faudra bien voir ce dont il est capable. Le gars de l'écurie m'a dit qu'il s'appelait Rossinante. Aucune idée de ce que ça signifie, mais peu importe de toute façon. Tant qu'il réagit quand on l'appelle sans siffler, je me contrefiche bien de son nom. Demain, je prendrai la route pour Vélia

 

Quarante-sixième jour

J'ai finalement fait un détour par Olvia après un passage par une ferme du coin. Une histoire d'esprit obscur dans les mines, je dois vérifier ça plus en détails. J'espère que ça ne me prendra pas trop longtemps, les habitants ne me font pas confiance. Ils ont l'air assez méfiants avec les étrangers... J'espère que ce n'est pas juste avec moi. Je pense pourtant n'avoir rien fait pour justifier tant de suspicions. Dans tous les cas, c'est assez gênant pour mener l'enquête sur cet histoire d'esprit dans les ruines.

 

Soixante dix-septième jour

Ça va bientôt faire un mois que je reste à proximité de ce village. Les habitants commencent enfin a me faire confiance, ça aura mis du temps. J'en ai appris davantage sur cette histoire d'esprit des ruines. Apparemment, c'est plus une rumeur qu'autre chose qui aurait été colportée par un aventurier de passage qui aurait perdu la tête et avant de partir dans les montagnes. Les versions diffèrent d'un villageois à l'autre : certains prétendent qu'il se serait changé en bête et qu'il aurait tué des villageois, d'autres disent qu'il a simplement trop bu d'alcool à la taverne. J'ai déjà été faire des reconnaissances dans les ruines, mais je n'ai vu ni bête, ni esprit, ni aventurier saoul. Mais depuis son départ, des villageois disparaissent.

 

Quatre-vingt douzième jour

Toujours aucune trace, je pense que c'était une fausse piste. Je sais que les esprits occultes peuvent être pernicieux, mais je doute que les disparitions soient liées à cette histoire. Je doute même fortement que si cet aventurier était bien possédé par un esprit occulte il soit resté dans le coin depuis. Dans tous les cas, je vais reprendre la route dans quelques jours, inutile de s'obstiner. Le temps de rassembler mes affaires, et vendre les bricoles que j'ai accumulées depuis que je suis ici.

 

Quatre-vint seizième jour

Je suis finalement arrivée à Vélia, la ville portuaire de Balenos. Enfin c'est plus un village de pêcheur qu'une grande ville, cela dit. Vu le nombre de navires à quai, je pense que je n'aurais aucun mal à trouver un capitaine pour m'embarquer et voguer sur les étendues d'eau. Je me demande souvent quelle sensation ça fait de se retrouver coupé du reste du monde au milieu d'une étendue d'eau à perte de vue. Ça semble très excitant en tout cas.

Je suis allée dans une auberge pour manger un morceau et commencer à glaner des informations sur un capitaine qui serait prêt à m'embarquer. Mes yeux ont failli saigner en entrant dans l'établissement, j'avais l'impression que la tapisserie rose vif m'agressait littéralement la rétine. Mais j'ai eu de la chance, manifestement il y avait un événement avec un repas gratuit. Bon il a fallu être patient et la cuisine était très épicée, mais bon je vais pas faire la fine bouche sur un repas chaud. J'ai parlé un peu avec la gérante et avec le cuisinier, un valencien qui semble du genre misogyne. Je l'ai titillé un peu pour jusqu'où ce déchet se croit supérieur, je dois dire que j'ai trouvé ça assez amusant pour le coup.

 

Révélation

En soit ça ne devrait pas figurer dans cette entrée, mais comme j'ai encore pas mal de retard à rattraper voila les quelques entrées récentes de son journal, en particulier sur la soirée d'hier ;p

Deux cents douzième jour

J'ai finalement réussi à trouver la dénommée Narasen. Manifestement, je l'avais déjà croisée sans le savoir. Un homme d'Haso m'a aidé à la chercher, visiblement il voulait lui parler lui aussi et il n'avait pas l'air d'avoir grand chose de mieux à faire, assis devant la taverne en tailleur.

De ce que j'ai pu apprendre, l'homme en question a perdu sa sœur et Narasen a un lien avec les rites funéraires qu'ils veulent faire. Dans tous les cas, j'en ai appris davantage sur la fameuse DTC, j'ai l'impression qu'il s'agit plus de mercenariat que d'une réelle compagnie d'aventuriers, cela dit. Je ne sais pas vraiment quoi en penser pour l'instant. Je dois rencontrer le second groupe que la rousse à la cicatrice à la lèvre m'a indiqué à Calphéon, les Chimères.

De là, je verrai bien quoi choisir.

 

Deux cents quinzième jour

Longue soirée passée à l'auberge. J'ai vu la dénommée Narasen avec qui j'ai discuté il y a quelques jours. Elle ne semblait pas très en forme. Apparemment, elle s'est battu avec un mage adepte de l'utilisation de reliques qui serait le frère de la valkyrie de l'autre soir. L'homme d'Haso de l'autre soir est également venu plus tard, toujours aussi taciturne. Mais il a une philosophie que j'aime bien, j'aimerais beaucoup voir ce dont il est capable l'arme à la main, sous ses airs distants se cache peut être l'âme d'un loup. Je lui ai proposé de m'accompagner quand j'aurai trouvé un boulot d'aventurier intéressant pour le jauger.

J'ai fait la rencontre d'une demi-elfe, aussi. Je l'avais prise par mégarde pour véritable Védir, mais son emportement et son inaptitude à gérer ses émotions ont bien prouvé que ce n'était pas le cas. Et dire que mon emportement est ma plus grande faiblesse, le mien fait pâle figure à côté. Certes, je comprends sa frustration, le fardeau qu'elle porte serait trop lourd pour n'importe qui. Elle ne comprend sans doute pas toute l'étendue de la cruauté de sa mère en la mettant en monde, elle qui sera constamment tiraillée entre deux mondes sans jamais avoir sa place dans aucun des deux. J'imagine qu'il est normal de vouloir idolâtrer sa mère après tout, ses seules attaches avec nos traditions ancestrales n'existent qu'à travers ce lien, qui doivent être sacrés à ses yeux. Et pourtant, je doute qu'elle sache toute la vérité. Qu'une Védir soit exilée depuis suffisamment longtemps pour avoir le temps de pondre un bâtard ne peut signifier qu'une seule chose, et je doute que ce soit le genre de chose que l'on veut léguer à ses enfants comme image.

Au fond, j'ai plus de pitié que de mépris, ce n'est pas juste pour elle de payer pour les erreurs de sa mère. Dans tous les cas, ça m'a permis de me rendre compte qu'assez curieusement, les humains semblent très ... ouverts sur les rapports inter-espèces... Bien plus que je ne pensais si on prend l'histoire de la chèvre. Quelle horreur. J'imagine que devrais sans doute faire attention à l'avenir en mentionnant ces engeances interraciales comme des aberrations de la nature. Mais c'est difficile de rester calme, surtout avec l'autre déchet qui a encore fait une fixette sur mes oreilles. Ils ont quoi, bon sang, comme problème avec les oreilles pointues ?

Toujours est-il que j'aurais pensé les humains beaucoup plus soucieux de leur hégémonie raciale, eux qui voient déjà d'un très mauvais oeil le mariage entre deux personnes d'un même sexe ou d'un milieu social différent, voire même de certaines tribus. C'est... Troublant. Illogique. Mais j'imagine que les humains sont faits de contradictions...  Ou alors peut être n'était-ce pas le reflet de leur culture, mais juste l'affirmation de leur sympathie envers la batarde, n'oublions pas qu'ils aiment beaucoup l'imagine de protecteur des faibles. J'ai été trop confiante sur ma capacité à les avoir cerné, je dois absolument être plus vigilante quand je parle de sujets inconnus avec eux. Mon voyage risque de tourner rapidement court si je me mets à dos les humains.

 

 

Kyra

Trentième jour

Ca fait quelques jours déjà que je suis sur les routes en bourlinguant de droite à gauche. Mes provisions sont épuisées et j'ai donc dû trouver un village où faire halte. Un petit village boueux au sommet d'une colline qui s'appelle Glish. Il pleut tout le temps par là, j'ai l'impression. J'ai un peu d'argent de côté que j'ai récupéré pour avoir débarassé la route de bestioles mi-poisson mi-grenouilles pour un convoi de marchands. Ca m'a permis de prendre une nuit à l'auberge. Un lit et un bon bain chaud, ça me fera le plus grand bien. Je vais rester quelques jours ici, en profiter pour nettoyer mon équipement. Parce que mes vêtements non plus ne sentent pas la rose après six jours à crapahuter sur les chemins.

 

Trente-et-unième jour

J'ai croisé un marchand de Heidel ce matin. J'en ai profité pour me tenir un peu au fait de la situation géopolitique locale. Manifestement, Serendia a perdu une guerre face à Calphéon et a été plus ou moins annexé par cette dernière, ce qui déplait fortement à ses habitants. Des tensions sont palpables entre les deux communautés, donc il faudra faire attention à éviter certains sujets de conversation, inutile de s'attirer des ennuis. Je vais tâcher de quitter Serendia pour rejoindre Balenos, et plus précisément la ville de Vélia. Il y a un port là bas, je devrais pouvoir trouver là bas un capitaine qui voudra bien me prendre pour explorer les iles. Je me demande à quoi ressemble la mer.


Trente-quatrième jour

Je suis arrivée à Heidel dans la soirée. J'y ai fait halte pour la nuit, j'ai laissé mon cheval gambader à l'extérieur de la ville, il l'a bien mérité, et j'ai été dans un relais pour prendre un repas chaud. Un certain Ernest qui tient le comptoir. J'ai discuté un peu avec ce que je pense être des habitués des lieux, un guerrier en armure, un bourgeois qui décochait pas un mot, et des humaines. Quand les humaines sont parties j'ai continué a discuter un peu avec le soldat qui a tenté de me faire de l'humour militaire au sujet d'une femme et d'un trou dans lequel on tient qu'à trois. Humour basé sur le sexe, comme presque à chaque fois dans une auberge. La lubricité de ces déchets ne cesse de m'étonner, mais ça expliquerait bien des choses sur le fait que les humaines dominent une large partie du monde malgré les guerres et les épidémies. Je commence à saisir un peu leurs façons de penser, manier cet humour me permettra de moins attirer l'attention. Je reprendrai la route au petit matin.

 

Trente-cinquième jour

J'ai retrouvé la dépouille de mon cheval ce matin dans la clairière non loin de l'endroit où je l'avait laissée. Quelques charognards avaient déjà commencé à le dévorer, mais manifestement la bestiole qui l'a tué ne m'a pas l'air d'être si sauvage que ça. Ou alors elle sait utiliser une lame si j'en juge la blessure qui lui a été fatale. Encore ces foutus déchets sans doute. N'ont ils rien de mieux à faire de leur existance éphémère et pitoyable que de pourir celle des autres ? Je dois rester calme et agir de manière réfléchie.

D'abord, je dois retrouvrer l'ordure qui a fait ça. Non pas que ce soit particulièrement utile, mais ça soulagera mes nerfs. Deuxièmement il va me falloir une autre monture pour voyager. Ce qui m'amène au troisièmement, il me faut de l'argent. Je vais devoir tâcher de trouver du boulot dans le coin pour avoir de quoi m'acheter une monture. Ca aurait sans doute été simple si la ville était comme je me la représentait... Mais trouver un groupe d'aventuriers qui rapporte des butins et autres, il faut croire que ça n'existe que dans les livres. Ici, on ne trouve que des mercenaires et des marchands, j'ai l'impression...

 

Trente-septième jour

J'ai continué ma petite enquête. On m'a rencardé sur le boucher du village qui semble-t-il apprécie la viande de cheval. Ca ne me parait pas très plausible, puisque ce sont surtout les charognards qui ont fait leur repas, je doute qu'un boucher aurait tué un cheval sans en prendre pour le cuisiner. Cela dit, après le passage des charognards, c'était quand même difficile d'affirmer avec certitude que rien n'a été dépecé. Je vais quand même tâcher de le rencontrer.

 

Trente-huitième jour

J'ai finalement rencontré ce fameux boucher, un certain Charles. Comme je le pensais, il ne m'avait pas l'air d'être concerné, il a surtout été indigné d'avoir laissé la viande pourir sur place. Ca se tient, il possède son propre abattoir, la faire disparaitre aurait sans doute été plus simple pour lui. Dans tous les cas, je n'ai pas perdu mon temps, puisqu'il semble avoir besoin d'un travail. Du genre mercenaire. Pas vraiment le truc qui m'intéresse habituellement, mais bon, là j'ai besoin d'argent, je vais pas faire la fine bouche. En tout cas, il y a quand même du louche avec ce type, je suis pas sûre que toute son activité soit bien légale. J'imagine que ce sera une belle occasion pour négocier davantage. D'un autre côté, je dois éviter de lui faire confiance.

 

Trente-neuvième jour

J'ai été avec Charles récupérer certaines marchandises qui lui "appartiendraient" selon lui dans un entrepôt. J'avais au début tenté la discrétion et en évitant de tuer les gardes, mais quand j'en ai soumis un la lame sous la gorge, et que j'ai commencé à l'interroger, voilà que ce boucher se met à jouer du couteau et l'égorge comme un pourceau. D'ordinaire, voir un de ces déchets se vider de son sang ne me gêne pas spécialement. Le problème, c'est que je tenais le gars en question et qu'il m'en a foutu partout en se vidant, jusque dans les cheveux. Il perd rien pour attendre ce boucher...

Enfin, par la suite ça s'est un peu gâté dans l'entrepôt, et j'ai du y aller un peu plus franchement. Et ma lame n'est pas vraiment adaptée aux milieux étriqués, donc j'ai du faire avec. Après en avoir éliminé quelques uns, le dernier a tenté de prendre la fuite. J'ai du m'en occuper avec un sort de magie noire. Je déteste devoir brûler la magie de la nature pour ces misérables déchets, pourtant. Mais bon j'imagine qu'il valait mieux éviter qu'il puisse parler et transmettre mon signalement, je risque de devoir rester dans le coin encore quelques jours. J'ai été ensuite aider Charles à transporter ses marchandises jusqu'à sa planque. Je ne lui fait toujours pas confiance, je vais rester avec les marchandises jusqu'à avoir mon paiement. La nuit promet d'être longue...

Kyra

Dix-septième jour

Les géants sont plus faibles que je pensais. Malgré leur force et leur grande résistance, leurs coups sont prévisibles et grossiers. Je ne suis pas sûre que j'apprendrai beaucoup en les combattant, je vais me contenter de remplir la prime, et de continuer vers Keplan. Cela dit, si un géant fait montre d'un réel talent pour les armes, leur force et leurs résistance leur permettrait d'opter pour un style extrêmement agressif qu'il serait difficile de contenir. Peut être existe-t-il des tribus plus fortes que celle-ci...

 

Vingtième jour

Je suis arrivée à Keplan, une cité minière. Je n'aime pas du tout cette architecture, trop de montagnes et d’échafaudages grossiers. J'ai rencontré un prêtre à la taverne, appartenant au culte d'Elion. Apparemment, Elion est la divinité principale des humains, et si j'en crois le type, la divinité de tout le monde. Sauf que c'est une divinité dont on ne sait ni d'à quoi il ressemble, ni de ce qu'il fait. Il n'intervient jamais directement dans le monde, mais tout  tout dans le monde serait pourtant sa volonté. Pas étonnant que ces déchets aient une divinité aussi inutile qu'eux. Mais je n'allais pas laisser passer l'occasion d'en apprendre davantage sur les coutumes humaines. J'ai passé une partie de la nuit à discuter avec cet homme tout de rouge vêtu, qui semblait manifestement ravi que quelqu'un daigne s'intéresser à lui et son dieu. Tu m'étonnes...

En tout cas, j'ai appris qu'il existait un ordre de guerrières liées à leur dieu et qu'elles avaient un collège à Calphéon, la capitale d'une des grandes nations humaines. Ce sont des guerrières particulièrement talentueuses d'après lui et j'avoue que l'envie d'en affronter une en combat me fait frémir d'envie. S'il dit vrai, les humains sont peut être moins pathétiques que je ne le pensais. Enfin vu sa façon d'être dans la surenchère, j'imagine qu'il ne faut pas le "prendre pour argent comptant". Je m'améliore avec les expressions, j'arrive de plus en plus facilement à les utiliser dans une conversation.

 

Vingt-deuxième jour

Je commence à en avoir assez de ces railleries incessantes de ces minables déchets. C'est leurs oreilles rondes qui sont anormales et repoussantes, pas les miennes. Dans la nature, la plupart des animaux ont les oreilles pointues. En tout cas, après en avoir cloué un sur le mur avec ma fourchette dans le tissu de sa veste, ça a vite remis ces cloportes à la place qui est la leur. Mais il faut que je sois plus calme. Même si je n'ai pas porté atteinte a son intégrité physique -et pourtant, c'est pas l'envie qui m'en manquait- je n'aime pas attirer l'attention de la sorte.

Enfin... J'en ai appris un peu plus sur les problèmes locaux. Une sorte de maladie transforme les mineurs en monstres de pierre. On m'a donc payé pour pacifier un peu la zone. Cela dit, je ne ferai pas ça tous les jours, si le truc qui les transforme me touche aussi, ça pourrait être problématique. Sans compter que ma lame s'ébèche à force de frapper des trucs en pierre. Les contremaitres protègent les mineurs de la maladie avec des amulettes à l'effigie de leur dieu. Vu que leur dieu n'intervient pas, je comprends pas pourquoi ces mineurs pensent que ces amulettes feraient quelque chose de plus que lui. Dans tous les cas, ça ne semble pas particulièrement efficace.

On m'a parlé d'un nain tout à l'heure qui saurait sans doute me réparer ma lame. J'aime bien les nains, ils ne sont pas comme ces déchets d'humains. Ils ont une véritable affinité avec l'art de couler le métal, comme s'ils avaient un véritable lien empathique avec le minerai, comme s'ils le ressentaient à la manière d'un environnement vivant. Et ils sont terriblement doués de leurs mains : adresse, précision, patience... Et leurs barbes... Bref, je m'égare. Je tâcherai de le rencontrer demain.

 

Vingt-quatrième jour

J'ai mal au crâne. Avant hier, j'ai été à la rencontre du forgeron nain. Il a fait un excellent travail pour me la remettre d'état, elle est comme neuve. Voire mieux que quand elle était neuve. Pour le coup, la réputation des nains n'était pas usurpée. Et sur leur amour de l'or non plus si j'en juge le tarif. Enfin, j'ai passé la journée à flâner un peu en ville et récupérer des informations, pendant qu'il travaillait sur ma lame. Mais le soir, quand je suis allée à l'auberge, j'ai goûté à une sorte de liqueur de cerise que m'a payé le nain pour sceller notre transaction. Peut être une sorte de coutume visant à acheter de l'alcool avec l'argent qu'on vient de récupérer de son client.

La fin de la soirée est un peu floue. Je me souviens que le nain m'a expliqué le sens de l'expression "planche à pain", vu que le type que j'ai planté l'autre soir contre le mur avec une fourchette s'était soudainement trouvé du courage au fond de sa bière. En même temps avec la paire que se trimballent la plupart des humaines, c'est à se demander comment elles font pour ne pas se casser le dos au moindre mouvement brusque. Les gosses des humains doivent être de sacrés bestiaux pour avoir besoin d'autant de réserves de la part de leur mère. Surtout qu'elles n'en ont en général qu'un seul à la fois.

Toujours est-il que j'ai cassé deux doigts à ce type. Et accessoirement on m'a jetée de l'auberge, j'ai du dormir quelque part, mais je serais bien incapable de me souvenir où précisément. Par contre, je me souviens de ce mal de crâne et cette sensation désagréable qu'on appelle apparemment "la gueule en bois" et qui est associée avec le fait de boire trop d'alcool. En tout cas, je vais éviter l'alcool, désormais. Vu que je ne suis plus admise à l'auberge, je vais reprendre la route. J'aimerais bien voir la mer : une étendue d'eau à perte de vue, ça doit être quelque chose. Mais pour l'heure il faudrait déjà faire taire cette migraine...

Kyra

Entre bien et mal

Neuvième jour

Ça va bientôt faire une semaine que je suis dans ce petit village. J'ai escorté un marchand avant hier soir qui m'a donné une jolie somme. Cela dit, c'est assez inhabituel de vouloir conclure des affaires en pleine nuit comme ça, encapuchonné comme un voleur. Et cette aura qu'il avait, ce côté prédateur. Je dois dire que c'est quelque chose qui m'a tout de suite plu lorsqu'il est venu me trouver pour me proposer ce boulot, ce n'était pas petit agneau apeuré qui voulait qu'on le protège, non. C'était un loup qui voulait s'assurer que tout se passe comme il voulait que ça se passe. Je n'ai toujours pas très bien saisi les valeurs morales des sociétés humaines, mais je pense que cet homme ne les suivait pas.

De ce que j'ai pu comprendre, les humains ont une opposition très manichéenne entre un concept de "bien" et de "mal", mais ces deux notions restent extrêmement floues. Par exemple une de leurs valeurs pour illustrer le concept de Bien est que le fort doit protéger le faible. En revanche, il est noble de dominer les plus humbles. Par exemple, il y a un homme qui a été fouetté parce qu'il avait mal étiqueté quelque chose appartenant à un puissant. Je ne pensais pas qu'ils étaient aussi stricts pour une histoire d'étiquette. Dans tous les cas, je ferai bien de rester discrète.

 

Onzième jour

Ma lame commence à s'ébrécher à force de trancher les créatures aux abords du village. Il va me falloir trouver un forgeron, celui du village semblait un peu hésitant sur le fait de pouvoir la réparer. Et ça risque au final de me coûter plus cher que ce que je gagne en l'utilisant. J'ai donc commencé à chercher d'autres pistes.

Manifestement j'avais commis un impair sur cette histoire de noblesse. Il ne s'agit en réalité par d'un qualificatif pour leurs actes, mais la façon dont ils désignent les plus prestigieux de leur société. Cependant, ce prestige ne semble aucunement lié aux actes qu'ils ont réalisé, mais à leur hérédité. Donc on peut dire qu'il existe une double division dans leur société au niveau de la richesse qu'ils possèdent, et du prestige de leurs ancêtres. Ceux qui n'ont ni richesse ni prestige sont des gueux, ceux qui ont la richesse et pas de prestige sont des bourgeois, et ceux qui ont la richesse et le prestige sont des nobles. Ceux qui ont le prestige et pas de richesse, en revanche, je ne sais pas quel est leur nom.

 

Treizième jour

J'ai finalement trouvé un moyen de gagner l'argent qui me fait défaut pour me procurer un cheval. L'homme de l'autre soir attend a eu un litige avec un de ses concurrents et souhaite que je le tue. Tuer un homme ailleurs qu'à la guerre ou lors d'un duel est un crime chez les humains, l'acte doit donc ne pas être remarqué. Un des villageois a mis une prime sur un ours géant qui aurait sa tanière pas très loin du village, je pense en profiter pour faire d'une pierre deux coups.

 

Quinzième jour

Tout s'est bien passé. J'ai assommé l'homme avant de le laisser inconscient sur le territoire de l'ours. J'ai quand même pris soin de lui briser la cheville, et de rester prête à intervenir au cas où, mais tout s'est bien passé. Les gémissements plaintifs de l'homme à son réveil ont attiré l'ours qui a réglé le problème. Après quoi, j'ai réglé le compte de l'ours avant d'avertir les villageois qui m'ont témoigné bien plus de gratitude que les a semaine passée. Dans tous les cas, j'ai maintenant de quoi m'acheter un cheval. Je partirai à l'aube, je ne veux pas rester ici plus longtemps que nécessaire, surtout vu que certains villageois commencent à se poser des questions. Même si ce ne sont pas les aventuriers qui manquent dans le coin, et qu'il y a de nombreuses autres Védirs qui sont également sur les chemins ces derniers temps, je préfère quand même rester prudente.

J'irai plus à l'est pour commencer, il y a une petite cité minière apparemment pas très loin et un camp de géant qui me donnera l'occasion d'affiner mes compétences de combat. Enfin ne nous emportons pas, les géants semblent ne pas être une mince affaire à combattre, donc une fois de plus, je ne dois pas agir sans réfléchir.

Kyra

Lé départ

La première entrée du journal semble être datée d'environ 6 à 8 mois par rapport à la date où j'écris ce billet. Je ne suis pas hostile à l'idée qu'on puisse lire ce qui va suivre en RP à condition que vous ayez eu l'occasion de lui piquer son journal en jeu. C'est un bon moyen de se rendre compte de son hypocrisie :P

 

Enfin... Après toutes ces années, j'ai enfin l'occasion rêvée pour partir explorer le monde. Je ne compte pas la laisser passer. Mes mains tremblent en tenant la plume, je ne pensais pas un jour me retrouver à nouveau dans un état de nervosité si prononcé. J'ai vérifié trois fois déjà mes provisions et la nuit est sombre. Je sais que je devrais prendre du repos avant mon départ demain, mais je n'arrive pas à dormir. J'ai pris ce journal pour coucher sur le papier mes pensées au coin du feu en espérant que cela m'apaiserait pour aller me reposer avant mon départ, mais il faut reconnaitre que cela n'est pas très efficace.

A quoi ressemble le monde extérieur ? Bien sûr, je sais à quoi m'attendre, mais savoir et connaitre sont deux choses différentes. Il me faut expérimenter. Demain je prendrai la route vers Behr, un petit village qui sera l'endroit parfait pour me réapprovisionner. Apparemment, les humains dominent une grande partie du monde. C'est à se demander par quel miracle de la Nature ces misérables déchets y sont parvenus. Je devrai faire avec, dans tous les cas. Il me faudra apprendre leurs coutumes et comprendre leurs façons de penser ou sinon cette aventure tournera court très vite.

Ce souffle de liberté qui étreint mon cœur, j'en avais rêvé depuis plus de trente ans déjà. Je ne compte pas tout mettre en l'air. Je dois affûter mon esprit autant que ma lame et rester aux aguets. Et pour ça je dois dormir.

 

 

Premier jour

J'ai finalement quitté les terres désolées après quelques heures de marche. Je voyage léger, les ressources semblent nettement plus abondantes dans ces zones verdoyantes. J'ai fait un piège à nœud coulissant avant d'aller chercher du bois pour le feu, et à mon retour, j'ai retrouvé un lapin qui s'était pris dedans.

Le voyage est calme, je n'ai pas croisé grand monde jusqu'à présent. J'hésite encore sur le fait de rejoindre une route, d'un côté, ce serait un moyen fiable de trouver ce fameux village, mais de l'autre, les routes peuvent être dangereuses, il y a trop d'inconnus pour que je prenne ce risque. Je ne sais absolument quel genre de danger peuvent représenter les autres races ? On dit que les géants sont d'une force titanesque et que les humains utilisent des armes à poudre dont les projectiles sont si rapides qu'on ne peut les dévier d'un revers de lame. Je devrais d'abord me tenir à l'écart en attendant d'avoir davantage d'informations.

Pour l'heure, je suis à l’abri de ce rocher, j'ai un feu, et de quoi manger pour ce soir. Je vais éviter de voyager de nuit, c'est plus prudent.

 

 

Quatrième jour

J'ai finalement atteint le village de Behr cet après-midi. J'en ai profité un peu pour glaner quelques informations en toute discrétion sur le prix des marchandises. Visiblement, c'est beaucoup plus cher que je ne l'aurais cru, le poids de la quantité de pièces nécessaires pour régler les transactions courantes risque d'être un problème à long terme. A plus court terme, il va déjà falloir commencer par gagner de l'argent. J'ai commencé à me renseigner, apparemment, les habitants ont des problèmes avec les bestioles du coin. Ça ne m'étonne pas, ces déchets d'humains sont incapables de comprendre le monde qui les entoure. Ils sont incapables de rester là où est leur place et préfèrent plier le reste du monde à leur volonté. Comment est-ce que la Nature a pu les laisser perdurer et prospérer de la sorte jusque là reste pour moi une véritable énigme. Pourtant si la Nature l'a fait ainsi, c'est qu'il y a certainement une sagesse invisible derrière ce fait. Une sagesse que je me dois de respecter à défaut de l'appréhender.

Enfin, dans tous les cas, j'imagine que les aider avec leurs problèmes me vaudra quelque rétribution. Ils élèvent des chevaux et les vendent dans ce village. Même si ce procédé me dégoûte au plus profond de mon être, me procurer une monture serait un atout non négligeable pour voyager et transporter des provisions. Et puis d'une certaine façon, je redonnerai à cette pauvre bête un semblant de liberté dont elle a été privée. J'ai bien songé à trancher le palefrenier en deux, mais je dois éviter d'attirer l'attention davantage que je ne l'ai déjà fait. J'aurais sans doute dû éviter de m'emporter quand ce type m'a prise pour une rôdeuse, tout ce qui a de longues oreilles pour eux, ça se ressemble. En tout cas, ça m'a permis de voir que sans leurs armes à poudre, les humains ne sont pas très courageux.

En parlant d'arme à poudre, je n'en ai remarquée encore aucune dans ce village. Je ne sais pas vraiment à quoi elles sont sensées ressembler, cela dit, elles sont peut être sous mon nez sans que je le sache.

 

Cinquième jour

J'ai débarrassé le village des bestioles qui causaient du tracas aux habitants. Cela dit si on considère la récompense que j'ai reçue et le prix d'un cheval, j'en suis encore très loin. Il faut que je réfléchisse à une autre stratégie. Par ailleurs, il semble que mon nom soit trop complexe à retenir. Je vais donc devoir faire un surnom plus simple à retenir pour eux. Il faut donc quelque chose de plus court que Zelnoria E'lara Nyl'Amaxia. Zelnyxia ? Trois syllabes, ça me parait bien. "C'est pas la marre à boire" comme ils diraient.

Ah, les expressions. C'est une manière de parler chez les humains qui utilisent un ensemble de mots pour leur donner une sorte de sens caché. Certaines expressions ont des sens compréhensible, comme celle ci. Mais d'autres ont des sens beaucoup plus étranges. Je devrais peut être tâcher de les apprendre et de les utiliser si je veux moins attirer l'attention.