Cendrelune

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À propos de Cendrelune

  • Rang
    Vieille conne aigrie
  • Date de naissance 10 juin

Informations RP

  • Personnage principal
    Fhalaine
  • Personnage secondaire
    Llianne

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  1. Bienvenue.
  2. Hier soir, deux hommes d'origine valencienne ont été retrouvés morts dans une des petites ruelles proches de la sortie nord est d'Altinova. Le premier avait un bras coupé net et la tête réduite en une boullie sanglante. Des impacts tout autour de lui semblent indiquer une explosion d'origine mystique. Le deuxième avait la main tranchée, de multiples lacérations, les poumons perforés. Un véritable carnage et les rumeurs vont bon train. On parle de guerriers aux armures sombres, d'un homme maniant un sabre hasoite, d'une petite fille à la couleur de cheveux improbables en train de faire des prises martiales ainsi que d'une petite silhouette encapuchonnée ayant fui à toute vitesse le lieu du méfait. La garde d'Altinova est sur les dents et toute aide apportée sera généreusement récompensée, information ou autre.
  3. Ca sent le troll.
  4. Une bande hétéroclite hier soir semble avoir mis l'ambiance jusque tard dans la nuit en terrasse de la taverne locale, le volume sonore de leurs conversations augmentant avec la quantité d'alcool qu'ils ingurgitaient! Ils ont bien sûr pris deux chambres à ladite auberge, histoire de faire tourner le commerce touristique local... Mais ça...Tout le monde s'en fout...
  5. 14/ Iron

    Deep in the ocean, dead and cast away Where innocence’s burn in flames A million mile from home, I’m walking ahead I’m frozen to the bones, I am A soldier on my own, I don’t know the way I’m riding up the heights of shame I’m waiting for the call, the hand on the chest I’m ready for the fight, and fate The sound of iron shocks is stuck in my head, The thunder of the drums dictates The rhythm of the falls, the number of deads The rising of the horns, ahead From the dawn of time to the end of days I will have to run, away I want to feel the pain and the bitter taste Of the blood on my lips, again This deadly burst of snow is burning my hands, I’m frozen to the bones, I am A million mile from home, I’m walking away I can’t remind your eyes, your face Sans surprise, je ne trouve pas le sommeil. La discussion qui vient de se dérouler et la colère qu’elle a engendrée me laissent un goût amer, un sentiment d’impuissance et surtout, celui de ne pas être comprise. Je suis fatiguée qu’on attende toujours des choses de moi. Je ne suis pas un vulgaire pantin qui rit ou pleure sur commande. Je suis un être avec ses vagues à l’âme lui aussi, ses émois, ses peurs. Sans arrêt, je m’efforce de contenir mes émotions afin qu’elles ne me débordent pas et me portent encore une fois à commettre l’irréparable. Je vis sans arrêt avec cette soif qui me dévore, cette envie d’absorber encore et encore de l’énergie, de la sentir couler tel un feu dans mes veines... C’est notre grandeur et notre malédiction, notre force et notre déchéance. J’effleure mon Vediant, le sentant pulser sourdement et les battements affolés de mon coeur se calment. Je ne dormirais pas cette nuit alors je lève les yeux vers la lune et je commence à courir. Les ronces déchirent mes bas fragiles les réduisant en charpie. Les branches accrochent le tissu léger de ma robe, le déchirant en des dizaines d’accrocs. Le vent siffle à mes oreilles tandis que j’abandonne les fragiles chaussures détrempées par l’eau et la boue, continuant ma course pieds nus. Je cours, non pas pour fuir mais justement pour me libérer. Le froid de la nuit se met à l’unisson avec ce froid si intense à l’intérieur de moi. Je cours pour faire taire cette douleur incessante qui grandit et enfle, je cours pour ne pas penser à l’absence de ma forêt, de mes soeurs, de mes Vénérables. Avec un rire sec, je pense que même Isandir me manque à cet instant avec ses réflexions coupantes et la dureté de son âme. Parfois, je suis la course d’un animal affolé et surpris par ma présence. Parfois je m’arrête sur un cours d’eau pour boire et me passer de l’eau sur le visage. Quelques baies juteuses cueillies un peu plus loin et je reprends ma course, errant sans but dans ce monde que je ne comprends pas. Je ne suis pas une femme, je suis une elfe. Une Vedir. Une Lame Sombre, gardienne des Ténèbres. Une gardienne qui ne peut laisser entrevoir ses propres ténèbres à ceux qu’elle côtoie. Comme la lune, je me dérobe et me cache derrière quelques nuages. Je suis lune noire, ne pouvant rayonner librement et en toute quiétude parmi des humains qui ne voudraient de moi que rires et joie. J’étouffe, je m’asphyxie, je ploie sous le poids des jougs qu’ils cherchent à me poser. Avant je me satisfaisais de leur indifférence. Qu’est ce qui a changé en cours de route? N’ai-je pas cédé si facilement aux sirènes de leurs émotions, me laissant happer à mon tour? Isandir aurait-elle raison en me disant que nous devons nous couper de nos émotions et que tout attachement est une faiblesse? Je ne suis rien cette nuit, juste une elfe qui court dans une forêt inconnue, cherchant sa voie tandis qu’elle erre, perdue sur un terrain dont elle ignore tout. Et l’aube vient me cueillir et me faucher. Tandis que les premiers rayons du soleil transpercent le ciel, je m’abats sur un tapis de mousse échevelée, en haillons, sale. Lentement la lame du Vediant s’enfonce dans le sol pour me régénérer, m’apporter la paix que je cherche parmi les esprits de la Terre. Un sourire franchit mes lèvres et puis un rire. Je me sens vidée, soulagée, nettoyée par cette folle course. Le sous-bois me protège encore de la chaleur et de la lumière de l’astre solaire devenus si douloureux depuis mon Eveil. La tête sur un coude, je pense à Shidean et alors tout se complique de nouveau et la peur m’étreint. Ces sentiments que je sens grandir en moi sont en balance avec l’enseignement d’Isandir. Et pourtant, pour rien au monde, je ne souhaiterai les renier malgré l’appréhension qu’ils m’inspirent. Je dois achever ma transformation et accepter de faire partie des deux mondes que je côtoie. Accepter également le fait que je serai toujours une sorte d’étrangère, d’invitée en leur sein. A faire accepter également aux autres que je ne suis pas une humaine avec des oreilles pointues, mais un être différent, avec un mode de fonctionnement différent. Et que ce sera toujours ainsi car je chéris cette différence. Je m’étire, regardant la course paresseuse d’un insecte au-dessus de moi. Le sommeil alourdit mes paupières tandis que mon esprit, désormais en paix repose enfin. Ici, dans cette forêt inconnue, je m’endors, paisible, fourbue ayant une pensée amusée pour le chasseur ou le cueilleur de champignons qui me trouvera étendue là et à qui je ferai sans doute la peur de sa vie... Le sommeil enfin m’emporte vers ses contrées oniriques. Trouver la paix n’est pas chose aisée en ce moment. Une dernière soirée et nous serons de nouveau happés par les dangers qui rôdent autour de nous et là bas à l’est nous attend le but ultime de notre quête. Ou nous réussirons. Ou nous mourrons. Mais entre les deux, nous essaierons de toutes nos forces de contenir cette menace.
  6. Revenus du désert, les aventuriers ont pu faire la jonction avec le clan Kelevra afin de décider de la meilleure stratégie à adopter. Retrouver les reliques de la Gardienne semble aujourd'hui vital: en effet, sans ses chaînes spirituelles, il sera impossible de la remettre dans sa prison. Mustafa, EunSun, Shidean et Maelwenn se chargeront de trouver des informations à leur sujet et les feront ensuite passer à Sadie Kelevra afin qu'elle puisse se servir de ses talents pour investiguer dans les bas fondes de Calphéon. De son côté, Maelwenn amènera Galathea dans la Tombe de la Gardienne afin qu'elle puisse y utiliser ses dons de clairvoyance. Le groupe décide de rendre une petite visite au Chevalier sur ses terres afin de déterminer ce qu'il sait exactement, redoutant qu'il ne soit un des cerveaux de l'affaire, celui par qui tout serait arrivé. L'entrevue se termine par un combat durant lequel Shidean et Maelwenn tombent, dans un état critique. Mustafa sauve la mise in extremis en dessinant une fausse carte pour Ehrad sur la localisation du clan Ral Shari dans le désert. Amené au dispensaire d'Heidel, l'Hasoite récupère lentement de ses terribles blessures. Mais l'elfe, aux prises avec une énergie qui semble la dévorer sombre bientôt dans un coma profond et une douloureuse agonie. Elle est amenée au Temple de Kamasylve par les docteurs Cambioso et Otsana afin que son peuple tente quelque chose pour la sauver. Pour l'heure, la morosité et le parfum amer de l'échec semblent régner en maître. Est ce que tout est perdu? Pris entre deux feux -l'un à l'Ouest et l'autre à l'Ouest, le groupe semble dépassé, à terre. Mais dans le chaos ambiant et les ténèbres qui se rassemblent, l'espoir pourrait prendre une forme inattendue...
  7. Bienvenue.
  8. 13/ The Dark Knight rises

    Isandir regardait approcher l'elfe, le visage comme à son habitude impénétrable. Les changements physiques qui s'étaient opérés en elle étaient saisissants, la magie avait provoqué des bouleversements inattendus mais compréhensibles. Ne disait-on pas par exemple que les Ahibs elles-même finissaient par ne plus ressembler à des elfes tandis qu'elle absorbait toujours plus d'énergie occulte? A côté d'elles mes modifications qu'elle observait chez Maelwenn étaient mineures. Son corps amaigri, les profondes cernes qui creusaient ses yeux et son teint livide indiquaient combien le corps physique avait souffert. Les multiples fractures et ecchymoses avaient été réduites par des potions et soins magiques afin de pouvoir faciliter les mutations essentielles, notamment celles du Vediant. Restait à savoir comment la psyché elle avait évolué et comment l'entraînement à venir façonnerait le tout... Le bruit de l'eau était omniprésent. Maelwenn leva la tête vers l'elfe au cheveux d'argent. Au loin trois petites silhouettes semblaient méditer. Isandir fit un geste vague de la main. "Ce sont des apprentis sorciers. Ils viennent souvent ici pour s'entraîner. C'est par eux que j'ai découvert cet endroit. Il paraît qu'en haut de la falaise, il y a un bassin d'eaux curatrices. Aujourd'hui, nous allons vérifier cette allégation. - Vous voulez que je grimpe là haut?" demandais-je et ma voix à la tonalité grave et faible me surprit. Depuis que je m'étais éveillée dans la forêt, je m'étais peu exprimée. j'avais besoin de cette chape de silence qui s'était abattu tant sur mon corps que sur mon esprit , de me recroqueviller un peu sur moi-même pour découvrir peu à peu tout les changements que je sentais à l'oeuvre. Pour l'heure, je regardais la paroi calcaire qui ne présentait pas assez d'aspérités pour pouvoir être escaladée dans de bonnes conditions tandis que la chute s'érigeait, tel un mur d'eau implacable. Je regardais mon mentor, réfléchissant à sa demande, essayant de trouver quel sens caché il pouvait y avoir dans ses paroles. Percevant mon trouble sans doute, elle reprit après un long moment. "Je vois là deux manières de procéder. Je vais te les montrer." Sans prévenir, elle s'élança, courant à petites foulées légères et gracieuses. Je lui emboîtais le pas, soucieuse de me coller à son allure malgré la fatigue et l'épuisement que je ressentais encore. A mon grand étonnement, elle s'éloigna rapidement de la cascade. Il nous fallut courir longtemps et je m'apercevais alors que nous avions fait une large boucle pour attaquer l'amas rocher sous un autre angle où la pente, beaucoup plus douce, permettait une ascension plus aisée. Je luttais tout du long contre la douleur qui vrillait encore ma rotule à chaque vibration. Il me faudrait du temps sans doute et pas mal d'exercice physique régulier pour récupérer mon plein potentiel physique mais j'appréciais déjà de pouvoir accomplir cela. Parvenues en haut, elle me désigna négligemment un large bassin qui devait être ce fameux réservoir d'eaux curatives. "Tu es trop concentrée, trop tendue sur ton objectif. Il te faut savoir le perdre de vue pour mieux l'atteindre parfois. C'est dans la retenue que tu nourris la réflexion. L'excès ne te mène qu'à la médiocrité immédiate. Vois plus loin que ce que l'on te montre, Maelwenn. Elargis tes points de vue." Ses mots, au fur et à mesure qu'ils prenaient sens, résonnaient douloureusement en moi. Je repoussais la douleur pour l'instant. Je ne voulais penser à rien d'autre qu'à cet enseignement qui m'était prodigué. C'était une chance formidable qui m'était offerte et j'en prenais la juste mesure. Je ne dis rien, recevant la leçon, plus tard je lui donnerai corps. "Cette première façon de faire est à la portée de tous. C'est le chemin le plus long, le plus facile. - Pourtant en général, on dit que le sentier le plus long est celui qui mène à la sagesse..." Un pli méprisant barra les lèvres d'Isandir. "Garde tes boniments humains pour toi, petite. Tu es une Vedir. Nous choisissons la voie la plus rapide et la plus efficace. Parce que nous sommes capables de le faire. Quelle est cette voie pour atteindre le bassin?" Les yeux de mon mentor s'étrécirent, me contemplant sans aménité. Je soupirai. "J'imagine que c'est l'escalade de la falaise. C'est la voie la plus directe. Donc la plus rapide. Mais il n'y a aucune prise, j'ai déjà vérifié. - Les opportunités se crééent Maelwenn. Comment? - Parce qu'on les provoque?", répondais-je du tact au tact, un peu perdue néanmoins par le tour que prenait cet interrogatoire. Une lueur amusée dans les yeux d'Isandir me fit hausser un sourcil perplexe. "Certes, certes" me répondit-elle an agitant négligemment la main devant elle. "Mais surtout parce que nous savons comment les créer. Cette existence est semblable à ce raisonnement. Créé tes propres opportunités, n'attends pas qu'on te trace la route que tu dois emprunter. Ote toi même les herbes folles, sors les pierres qui écorchent tes pieds, saute par dessus les vides, escalade les falaises. Aies toujours une action d'avance, agis là où on ne t'attend pas, n'agis pas quand on prévoit ton action. Sois imprévisible, sois instable, sois changeante. Mais surtout sois forte. En permanence. Sinon tu rejoindras la voie des Ahibs et tu seras définitivement perdue dans les ténèbres que tu dois garder." Je baissais la tête, repensant au combat contre le Chevalier. Une main froide me releva le menton tandis qu'elle martelait de nouveau ses mots. "Sois forte. En permanence. - Je n'y parviendrais pas, il y aura toujours ces moments où... La main se resserra sur le bas de mon visage. " Apprends de tes échecs. Apprends surtout de toi même. Quand on se connaît, les autres ne parviennent plus à nous faire douter de nous. Sois dans la dominance, pas la domination. Ce que tu as fait avec les esprits et les énergies qui t'ont submergée, c'est la recherche de la puissance pour la puissance sans avoir nourri au préalable de réflexion. Tu apprendras de tes ennemis, remercie les pour cela et sois impitoyable à leur égard. Du respect, aucune hésitation. C'est ainsi qu'on devient quelque chose qui se positionne naturellement au dessus des autres, des choses. La plupart des Hommes pensent que c'est par la force simple et brute. Nous pensons que c'est au-delà de cela, que c'est notre propre rayonnement qui s'impose de manière naturelle aux autres. " Je comprenais soudain que j'avais accompli exactement le contraire et que je m'étais fourvoyée en prenant les choses dans le mauvais sens. La main d'Isandir se referma sur mon Vediant. "Il t'aidera. Il sera là pour t'assister dans toutes les tâches et tous les combats qui t'attendent. Tu as en toi désormais une arme redoutable, Maelwenn. Il n'appartient qu'à toi de la manier avec discernement et réflexion. Puise la puissance en toi puisqu'elle y réside et cesse de la chercher dehors. Tu possèdes déjà tout ce qu'il te faut. Tu n'as besoin de personne, de rien, pas même de temps. Ca fera la nique à tous ces abrutis de vieux sages." Mes lèvres s'étirèrent brièvement à ce trait d'humour plutôt surprenant chez mon mentor. Elle me jeta un dernier regard. "Je rentre, mais ne t'avise pas de revenir avec ta gourde vide. Et de la bonne manière cette fois-ci. Même si ça doit te prendre des jours..." L'instant d'après, elle n'était plus là et je me retrouvais seule, face à la paroi. Combien de temps suis-je restée là à attendre, je l'ignore. Je goûtais au silence et à l'air frais de la nuit, les rayons de la lune éclairant la roche. Et puis, je me mis brusquement en mouvement. Nulle pensée ne traversait plus mon esprit tandis que je faisais corps avec cette falaise. Nulle peur, juste un étrange calme, une paisible tranquilité. Par mon intermédiaire, le Vediant donnait l'impulse aux esprits des montagnes et mes doigts trouvaient naturellement des prises. Quand cela ne suffisait pas, les esprits des vents me soulevait juste assez pour me faire gagner la distance nécessaire jusqu'à la prochaine aspérité. Les esprits de l'eau présents dans la chute semblaient rendre l'eau moins percutante ou peut-être était ce moi qui était moins gênée? En quelques minutes, à peine, j'étais en haut, essoufflée, épuisée par l'effort fourni mais surtout transfigurée par ce qui venait de se produire. L'exaltation me faisait vibrer, je levais alors mon visage vers la lune en riant, tendant mes bras vers elle comme je le faisais habituellement. Et je me mis à danser, à moitié immergée dans l'eau, jouant avec elle pour créer des effets dans mes gestes. Cette nuit était la nuit de mon initiation, de ma transformation, j'entamais un nouveau cycle.
  9. 12/ Chaos

    Maelwenn reposait dans la clairière, le souffle ténu, les lèvres bleutées, la peau livide. Isandir regarda les Trois Soeurs et celles-ci, dans un ensemble parfait, acquiescèrent en une autorisation silencieuse. L'elfe aux cheveux d'argent se tourna vers ses comparses leur faisant signe d'amener la mourante. Parvenue dans la grotte, elle la regarda longuement, le visage ne trahissant absolument aucune émotion. Sur un rocher, le gantelet aux reflets sombres et glacés reposait, attirant à lui toutes les énergies présentes, leur donnant forme et substance. La Vedir alluma deux braseros qui reposaient chacun de chaque côté du corps étendu. Les herbes qui se trouvaient sur une grille se mirent à grésiller, nimbant la cavité rocheuse d'une fumée aux parfums douceâtres. Sa main gantée commença à faire quelques passes au-dessus de la peau nue, sans jamais le toucher néanmoins et, par moment, la poitrine de la jeune elfe rousse se soulevait comme pour suivre le mouvement. A son flanc gauche, reposait l'espadon dont les reflets noirâtres semblait faire écho à l'étrange gantelet de métal posé plus loin. Le processus dura un long moment. Des minutes, des heures, des jours, il était difficile de le dire et à vrai dire, le passage du temps n'avait que peu d'importance pour ce qui se déroulait ici ou même pour l'officiante. Pourtant, peu à peu, une convergence énergétique, un long tissage spirituel s'assemblait en une trame complexe et Isandir en était la tisserande sacrée, lançant quelques fils, en coupant certains, en rallongeant d'autres, en un ballet vertigineux et incessant. Quand elle fut certaine que la trame créée rassemblait et Maelwenn, et Gyda'r hwyr, alors elle recula, contemplant quelques instants son oeuvre, puis sortit, goûtant avec une forme de soulagement visible, l'air frais de la nuit. Une acolyte la regarda d'un air interrogateur. "Il faut attendre" lâcha t-elle simplement. "Nous verrons si le Vediant remplit son office." *** Le bras gauche de Maelwenn reposait désormais enveloppé par le Vediant qui avait lentement absorbé et transformé Gyda'r hwyr, fusionnant avec l'essence de l'espadon. La lame pulsait lentement, fantômatique, passant d'un spectre de couleurs allant du rouge au bleu. Une acolyte regarnit les deux braseros, faisant naître de nouveau une fumée blanche et entêtante. Alors qu'elle allait se porter au chevet de sa soeur, Isandir l'arrêta d'un geste sec. "Non. Ne fais rien. Ce combat ne nous appartient pas. C'est à elle de le mener. Nous n'interviendrons pas." L'acolyte sortit alors en silence, tandis que la Vedir s'assit dans un coin en tailleur, semblant se mettre en position d'attente, le souffle ténu, la posture détendue. Dans le corps de Maelwenn, le Feu et la Glace, parvenus à leurs extrêmes, s'affrontaient en un combat impitoyable dont l'enjeu était tout simplement la survie d'abord et puis sans doute la vie. La jeune elfe était parvenue à un carrefour déterminant mais il lui appartenait désormais de faire ses propres choix, de résoudre ses propres dilemmes et paradoxes. C'est dans le chaos de la lutte que se résoudrait la propre énigme de son existence car les Vedirs le savaient mieux que quiconque: du chaos émergeait la création, en son sein résidait le pouvoir de donner forme et sens à ce que l'ont voulait. Il était désormais temps pour Maelwenn de passer par cette étape et de trouver sa véritable et unique essence. Peu importait qui remportait le combat, l'important était qu'il ne reste plus qu'un seul éléments en son sein car de par sa nature, elle n'était pas créature d'équilibre mais de pouvoir. Sa Foi en la Déesse et en Kamasylve la guideraient désormais. Armée du Védiant, elle saurait manier le pouvoir des esprits avec discernement, s'imposant à eux, comme l'alpha s'impose à sa meute, de manière naturelle et concertée. Isandir n'interviendrait que pour lui montrer l'étendue de sa puissance et la mettre en garde contre les sirènes du contrôle et du pouvoir. Foi. Dominance. Modération. Le reste ne serait que temps et entraînement. Connaissance et savoir. Construction et détermination. Seul le credo et la voie des Gardiennes des Ténèbres avaient de l'importance désormais.
  10. 11/ Song of Ice and Fire

    Sur ma petite natte au sol dans la grande chambre vide, je ne trouvais pas le sommeil. Il y avait bien trop de choses qui avaient décidé de tourner dans ma tête cette nuit. L'absence d'EunSun et sa prise de position insensée me déchirait le coeur et en même temps faisait monter une sourde colère en moi. Faudrait-il aller jusqu'à l'affrontement pour que nous puissions enfin mettre l'Oracle Ral Shari en lieu sûr auprès de ses semblables à Tarif? L'acier des lames allait-il briser notre amitié et affection si difficilement acquises? Le poing de ma main droite se serra de manière convulsive tandis que je sentais l'énergie sombre en moi affluer et refluer au rythme de la tempête émotionnelle qui menaçait de me balayer. Etais-je prête dans cette quête à devoir affronter même ceux que j'aimais. La vision des Trois s'imposa à moi et je savais déjà que défendre et protéger Llianne était au-delà de ma propre personne, de mes propres sentiments, de mes propres choix. Défendre et protéger Kamasylve. Je restais également sous le choc de l'action improbable et brutale de Mustafa. Il m'avait arrachée à la douce torpeur dans laquelle je baignais, certes de manière lâche mais nécessaire pour me jeter aux pieds de Shidean, exposée et vulnérable. Tout en moi avait hurlé alors que ce n'était pas le moment, que je ne voulais pas entendre ce qui allait suivre. Fhalaine m'avait jeté au visage un legs de ressentis violents, passionnés, bruts. Et je ne savais pas quoi en faire. J'étais debout, je tentais de le rester tout au moins tandis qu'autour de moi le monde explosait, se dissolvait en un maelström dont j'étais le coeur. Il en allait de même pour Shidean. Nous étions deux étrangers perdus sur une terre inconnue dont nous percevions difficilement les rouages et aux prises avec une force intérieure qui menaçait de nous engloutir. cela avait bien sûr créé un lien fort entre nous, c'était indiscutable mais étions-nous vraiment prêts pour donner vie à ce lien de manière concrète? L'avenir le dirait sans doute... Jusque là, seul Shidean percevait ce que je traversais en portant en moi ce fragment d'essence de la gardienne. J'avais une force terrible qui s'éveillait, brûlante et froide à la fois. J'étais une terre stérile pulsant sourdement tandis qu'en dessous d'elle la lave en fusion creusait lentement des galeries, attendant le moment pour jaillir et répandre le feu du volcan sur la glace. De cette union improbable entre la Glace et le Feu, qu'émergerait-il? Dans quelle mesure ne serait-je pas détruite dans le processus? Mais ce qu'ils ignoraient c'est que mon initiation passait par là. Depuis le début. Soit je me montrais digne de l'enseignement reçu et je me transfigurais, soit je me laissais consumer. Mais dès le départ, il n'avait jamais été question de rendre à la Gardienne ce que je lui avais pris. J'espère que le moment venu, ils comprendraient. La confrontation avec le Chevalier approchait et j'angoissais à l'idée de le revoir. J'avais encore le souvenir de la brutalité de sa main sur ma peau et le désir sauvage que j'avais vu naître au fond de ses yeux ce jour là, tandis que la malédiction de la Gardienne me faisait endurer mille douleurs. Cette fois-ci, je ne commettrai pas l'erreur d'être seule et mon instinct tout entier me hurlait qu'il possédait bien plus de réponses qu'il ne voulait bien le dire. Et qu'il faudrait qu'il les donne, d'une manière ou d'une autre. J'avais besoin de certitudes, de repères. J'avais besoin d'avancer tant dans mon être intérieur qu'aux côtés de ceux que j'avais choisi et que j'aimais. Et cela nécessitait d'agir ici et maintenant. Nous avions réussi la jonction improbable entre nos intérêts et ceux du clan Kelevra et un possible compromis avait été trouvé. Nous devions prendre le risque de leur faire confiance, après tout, elles avaient aussi tout à perdre dans cette histoire. Je me remis sur mes pieds, le temps du repos était passé. Il nous fallait désormais repartir sur les routes et aller à la rencontre des épreuves. En espérant qu'elles se transforment en succès.
  11. Bienvenue.
  12. Partis escorter des pèlerins d'Aal dans le désert, les aventuriers ont mis à profit leurs compétences pour mener l'enquête sur cet étrange clan Ral Shari. Grâce à Mustafa Ral Shari, ils purent atteindre le premier campement des nomades dans la vaste étendue de sable. Pour malheureusement le trouver vide, quelques tâches de sang et un désordre apparent indiquant que le clan avait déserté en toute hâte ce lieu. Une tête de chacal empalée sur une pique à l'entrée des tentes trônait comme un sinistre avertissement. Ce fut dans l'oasis d'Ibellab que tout se joua. Le nom des Kelevra semblant connu des Ral Shari, Sadie suivi du reste de l'équipe put être reçue par les sahirs, les femmes mystiques du clan. Au milieu d'elle se trouvait celle qui fut Llianne, aujourd'hui habitée par une entité qui se présenta comme la "Gardienne ", une mémoire impie et ancienne échappée de sa prison pour libérer son maître, "le Dieu Sombre". Une longue discussion s'engagea, difficile, hors du temps, l'entité ne se révélant pas de nature mauvaise, seulement inhumaine et souhaitant poursuivre ses propres objectifs: relever ses guerriers morts et libérer le Dieu Sombre. Au terme de cette négociation, la malédiction de Fhalaine fut levée. En échange, les aventuriers s'engageaient à déférer devant la Gardienne, l'Oracle Ral Shari, détenteur de tous les secrets et connaissances du clan et soustrait in extremis aux yeux de la Gardienne par les sahirs avant que celle ci ne basculent sous son charme dominateur. Des forces se rassemblent pour oeuvrer. Certaines, levées par le vent du désert, sont aussi anciennes sans doute que l'Humanité elle-même. En haut d'une falaise, Trois Vedirs exhortent une jeune apprentie d'acccomplir sa mission. Un groupe d'inconnus se regroupe pour le meilleur et surtout pour le pire afin d'essayer d'endiguer le renouveau d'un culte dévoué à la destruction. Bientôt ces forces convergeront et ce sera le chaos.