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Le Rhum, l'argent du Rhum, et les deux petits culs des Crémières..

Drelnas

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Révélation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ephéria...

 

 

 

 

 

 

 

J'suis dans la merde. Bon je l'ai souvent dit, souvent été, mais là je patauge dedans. A priori je devrais pas crever demain d'une dague dans le bide, mais j'aimerais presque autant. Depuis le désert je ressasse et je cogite, chose que je faisais pas avant. Avant dès que le cigare commençait à s'emballer, je le noyais à grandes lampées de rhum ou entre les cuisses d'une femme reconnaissante. Comme ça mon esprit cessait de travailler et était plongé dans un coma réparateur. Le réveil par contre des fois c'était moche, tant au niveau de la gueule de bois que de la culbute de la nuit passée. Au petit matin, sobre, des fois y a des surprises et tu te dis "nonnnn j'ai pas fait ça.."  Putain que si je l'ai fait, et pas qu'une...

 

Tu l'as choisi ducon...

 

La nouveauté, c'est ça.. Depuis que j'ai arrêté de fuir mes responsabilités et d'essayer d'être un poil meilleur, j'l'entends sans arrêt c'te maudite voix. Je me suis même demandé si les sorcières de Tarif m'avaient maudit. Mais ça encore, si j'avais pas ouvert les vannes, ça serait le cadet d'mes soucis. Sauf que je me suis vraiment foutu dans la merde. J'en dors plus, j'en mange quasi plus. C'est à la fois une angoisse et une délivrance que d'lui avoir tout dit. Même si je comprends pas pourquoi j'lui ai tout déballé. Et maintenant j'fais quoi ?

 

Et si tu commençais pas te comporter en homme..?

 

Putain mais jamais elle la ferme sa gueule c'te voix..? Quand je suis rentré au port, crevé, éreinté et chamboulé par tout ce que j'ai cru voir dans la poussière et la chaleur étouffante... J'suis tombé sur ma forgeronne. C'était la rencontre à pas faire, le piège, l'embuscade. Cette femme, depuis le début elle me retourne et me touche sans que je sache comment. La revoir là, bien réelle après l'avoir si longtemps cherchée dans le désert parmi mes hallucinations c'était comme un cadeau. J'en aurais presque eu des larmes sur le moment tellement ça m'avait secoué les boyaux. Elle était comme dans mes souvenirs, et encore mes souvenirs lui rendaient pas hommage. Elle dégageait toujours cette espèce de grâce impassible qui m'apaise rien qu'en la voyant.

 

Dis lui, tête de con..

 

Je me suis approché, on a causé. Dans sa spontanéité elle me dit que je lui ai manqué, il paraîtrait qu 'Ephéria est plus calme sans moi. Putain ça m'a fait emballer la mécanique, j'ai pas compris. Pourquoi quand je parle à cette femme j'ai l'impression d'être nu ? Elle est ni sorcière ni magicienne, et pourtant face à elle je suis aussi désarmé qu'un chiard juste sorti des entrailles de sa mère. C'est humiliant. On pourrait parler de vêtements, du temps, de bouffe, de n'importe quoi ça serait pareil. C'est pas que je l'écoute pas, c'est que je suis hypnotisé et que j'ai l'impression que le temps me file des doigts comme si tentais en vain de retenir de l'eau..

 

Moi je dis que t'es dans une belle merde. Alors, tu fuis ou tu te lances burne de phoque?

 

Je t'emmerde. Je sais pas qui t'es mais je t'emmerde. Mais putain t'as pas tort. J'hésite, je sais plus quoi dire et le silence commence à m'angoisser. J'fais quoi ? J'fais une sortie à la Aithe en disant que j'vais pisser et j'disparais ? C'est tentant mais après ? Je vais pas faire ça toute ma chienne de vie merde à la fin. Je la regarde, je tremble. J'inspire, je me retiens de me chier dessus et puis ben contre toute attente, je me lance. C'est pathétique. Pitoyable et pathétique. Pourtant j'en ai embobiné des gens par le passé mais là je bafouille je trouve pas mes mots. On dirait un puceau qui parle à sa première fille. J'me serais donné des claques dans la gueule tellement c'était grotesque. Elle a tout entendu, tout encaissé et .. ben elle m'a laissé une chance.

 

Oui, mais tu l'as fait en fin de compte, tête de con...

 

Le tête de con c'était obligé là ? Ouais je l'ai fait. C'était dur au début et puis après c'est tout sorti. P'tet trop, ou pas assez. J'lui ai dit ce que je ressentais. Ce que je voulais, ce que je voudrais, et surtout ce que je devrais être pour la mériter. Parce que le constat de chiotte il est là. J'suis un enculé, un coureur et un menteur. Un lâche même des fois ouais. Bref j'suis pas un type bien, et surtout pas assez bien pour elle. Et je lui dis. Parce que c'est vrai et qu'elle mérite la vérité. Elle mérite.. qu'on change pour elle, qu'on devienne meilleur si c'est possible. Pour la première fois depuis des années, j'ose regarder en arrière et assumer mes actes. C'est très douloureux, violent même. Mais faut en passer par là. Parce qu'au bout y a elle. Mais le problème, le pire du pire, c'est que non, y a pas qu'elle...

 

Putain tu cherches vraiment les emmerdes..

 

Non. Elles me tombent dessus c'est tout. Oui je suis complètement subjugué par ma Forgeronne d'Haso c'est sur. Mais dans le désert, entre la folie la chaleur et le désespoir j'en voyais une autre dans la brume . Aithe. Ça fait un petit moment qu'on se côtoie et qu'on voyage elle et moi. C'est totalement différent, mais en son absence je ressens aussi un manque. Et c'est pas qu'au niveau du cul. Ça serait si simple autrement. C'est surement bancal et cassé, mais y a un lien entre elle et moi. C'est beaucoup moins romancé que pour Kae mais c'est tout aussi fort, tout aussi important à mes yeux. Aithe c'est aussi une sorte de phare pour moi dans la nuit. Et putain à présent que j'ai aperçu la lumière, je ne veux plus retourner errer dans les ténèbres. Plus jamais

 

Oui mais non là. Eh ho faut choisir à un moment !

 

Et pourquoi ? Pourquoi on peut pas aimer deux personnes ? Parce que c'est douloureux ? Bien sur que c'est douloureux d'aimer connard, même une seule personne, même soi même c'est compliqué de s'aimer. Pourquoi en aimer deux ça serait pire au final ..? Ca reste de l'amour. J'ai tout avoué à Aithe. Et elle m'a surpris par sa réaction. Elle était prête à s'effacer, à partir pour que je sois heureux. Mais pour l'être j'ai besoin d'elle. Je lui ai dit que je m'étais attaché à elle, qu'elle était aussi mon phare à présent et à quel point j'étais terrorisé à l'idée de retourner dans les ténèbres. Elle a eu un peu de mal à encaisser ça, parce que jamais on lui avait parlé ainsi je crois. Pour la première fois on a parlé sincèrement de cœur à cœur, en ôtant nos habits de menteurs, connards et d’effrontés. C'était chouette comme moment. Je l'ai redécouverte, comme mise à nu, d'abord symboliquement et après..

 

Soit, y en a une qui est plus ou moins d'accord, mais l'autre..?

 

J'ai la trouille. J 'ai réussi à ouvrir une porte aussi bien de mon côté que du sien. Je sais qu'elle a déployé des efforts colossaux pour me montrer un peu d'affection. Je sais que c'est pas dans sa culture, et ça me touche qu'elle se laisse aller avec moi. Mais je tremble à l'idée de tout gâcher encore et tout foutre en l'air. Je veux pas la perdre elle non plus. J'ai besoin d'elle, mais l'idée de lui faire du mal me déchiquette les couilles. J'ai l'impression d'être un mioche capricieux. J'ai jamais rien connu à ces choses là. Et là, la première fois que ça me tombe dessus je pisse sur les règles établies et je fais mon caprice ; "non je veux pas choisir, je repars avec les deux !"  Putain pourtant qu'est ce que j'aimerais que ça se passe ainsi, car choisir serait aussi simple et irrémédiable que de me couper en deux, et ça c'est pas encore possible...

 

Je suis fière de toi.

 

Hein ? Tu te fous de ma gueule là ? Tu m'incendies, tu m'as tourmenté des années et là tu me sors cette phrase qui tombe comme une merde sur une planche ! Fière de quoi ? De m'enliser dans des problèmes sentimentaux, de pleurnicher sur mon nombril ?

 

Tu as été au bout de tes sentiments, tu leur as fais face et les as assumé. A présent avance...

 

Ah ben me v'là beau tiens.. Des fois je me demande si je perds pas un peu la boule quand même..

 

 

 

 

 

 

 

 


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1 Commentaire


[Et quand tu regardes le miroir, le miroir te pourrit la gueule..]

 

 

 

 

 

 

Ephéria...

 

 

 

 

 

 

 

J'suis vraiment qu'une pauvre merde.

Jusque là rien de très nouveau hin...

Rha putain mais tu vas pas me lâcher toi..?

Je te signale que je SUIS toi, enfin ta meilleure partie je dirai.

Et elle veut pas taire sa gueule cette "bonne partie..? Hum?

Non, tu m'as trop longtemps muselé. Et puis même si là c'est douloureux, c'est peut-être un mal pour un bien. Tu vois enfin la vérité en face, mais t'avances.

 

Mouais mouais.. La vérité c'est que j'ai été un beau connard toute ma vie et là quand je pensais faire à peu près un peu mieux, en fait j'ai continué. J'ai voulu changer, m'améliorer. En partie pour une femme, alors qu'en même temps je succombais à une autre. Moi qui ai jamais aimé, parce qu'on m'a jamais appris, parce que dans mon monde c'est des conneries qu'on raconte aux neuneus et aux jouvencelles pour les trousser, moi qui ne voulais pas aimer, ben pour le coup j'en aimais deux.

Deux beautés totalement différentes et opposées. L'une est ce qui se rapproche le plus de mon égale. On s'entend bien, on passe notre temps à rire, chanter et baiser quand on bosse pas ensembles. Et le pire c'est que quand on bosse on est terribles. Mais quand le boulot est fini c'est à nouveau la fête, et la vie semble plus belle et plus colorée. Aithe m'apporte énormément au quotidien et les derniers jours qu'on a passé pour notre mission jusqu'en Valencia n'ont fait que nous rapprocher. J'ai découvert de nouvelles choses chez elle et plus je découvre plus j'aime la personne qu'elle est. Elle me fait souffrir quand elle part s'amuser, mais je sais que lui ai fait du mal aussi quand je lui ai parlé de Kaé. Et malgré tout, elle a accepté. Elle a une partie plus réservée et vulnérable et ça me touche. Je me surprends à être protecteur et tendre avec elle, je savais pas que j'étais capable de ça. Je lui ai même offert un dîner romantique à l'orée du désert noir. T'aurais vu ça : sous la tente ; le feu, la bouffe, le vin, la vue sur la mer de sable.. Et elle. Elle s’était apprêtée.. Pouha !

 

Oui... j'étais là je te rappelle que je suis une partie de toi..

Ah, donc t'as tou...

Si on pouvait éviter de dévier du sujet. Et l'autre ?

 

Ah Kaé. Kaé ça a toujours été une étoile. Elle est un repère, elle me guide. Elle remplit le ciel quand celui-ci n'est que nuages et ténèbres. Mais elle demeure inaccessible. C'est ce qui me donne tellement envie de changer et de devenir un homme digne d'elle. Mais j'avais tellement peur de tout gâcher avant que quoique ce soit ne naisse. Mais il faut lui dire, lui avouer que j'aime aussi Aithe. Et je l'ai fait. Et j'ai dérouillé.

 

En même temps..

 

Oui je sais. Mais bon je te jure que j'étais pas animé de mauvaises intentions. J'étais persuadé de pouvoir les rendre heureuses toutes les deux, qu'on serait bien, à vivre d'amour et d'aventures. Sauf que Kaé m'a montré une chose essentielle. C'était mon avis, ma vision de la chose. A aucun moment je n'ai songé que ça pouvait non seulement leur faire du mal mais surtout que ça les reléguait au rang d'objets ou de trophées. Et là, quand elle m'a ouvert les yeux je me suis senti con, mais tellement con. J'aurais même sauté en marche de la carriole, de préférence au moment où on franchissait un pont tellement je me débectais, j'aurais voulu en crever tellement que j'avais honte.

J'ai eu mal comme rarement. Bordel que ça fait mal. Pas parce que mon petit caprice d'avoir les deux à moi ne pouvait plus être réalisable. Non ça c'était douloureux mais c'était rien. Non la douleur venait du fait que je les avais blessées, et ça c'était intolérable. J'avais des putains d’œillères devant les yeux et je pensais qu'à ma petite gueule. Mais quelle sous merde !

 

Gros connard j'aurais dit moi..

 

Super, tu m'aides vachement. En tout cas ça a eu le mérite de statuer avec Kaé. Cela ne restera qu'un songe, une étoile. Et c'est peut-être mieux ainsi. Je suis pas l'homme qui lui faut, je lui aurais fait du mal. Et ça je ne le veux pas. Je dis pas que ça sera simple avec Aithe et surtout pas que c'est par dépit. Mais Kaé ne voulait pas d'une telle relation à trois. Et ça c'est quelque chose que je ne peux ni ne veux lui imposer. J'espère qu'un jour, elle me pardonnera...

 

Et du coup là ? Tu fais quoi ?

 

Je tente de continuer sur cette voie douloureuse où tu m'emmerdes chaque jour. J'aime Aithe, je lui ai avoué. Je lui ai tout dit. On est bien, et on s'aime à notre façon. On a des projets, des rêves. Je suis triste par rapport à tout ce qu'il y a eu avec Kaé, mais je me sens égoïstement mieux. Comme libéré et soulagé. Je porterai le fardeau de l'avoir blessée avec tous les autres remords qui me hantent. Et je l'accepte à présent. Je vais de l'avant, et je t'emmerde.

 

 

 

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