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À propos de ce blog

C'est la première fois que je crée un carnet... je pense que j'y ajouterai au fil du temps les BGs de mes personnages ainsi que d'autres éléments comme l'enseigne du Haras des Trois Grâces, la boutique de fleurs "A fleur de pot".  En espérant que cela puisse intéresser un ou plusieurs curieux.

[Constamment mis à jour]

Billets dans ce blog

Ceresayaria

Les prochains billets parleront de Lucile Desmont, la nouvelle servante employée au service d'Arialyss qui racontera ses aventures dans ce monde qu'elle ne connaît pas, aussi bien ses pensés couchées sur du papier. Nous y ferons d'ailleurs la connaissance d'un autre personnage qui entrera bien plus tard au service d'Isaac Salviati, surnommé le "Sauveur".

            Lucile portrait                                                                                                                                                                                                   Lucile interprétée en jeuLucile Desmont2.png

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Petit rappel sur le profil du personnage :

Prénom : Lucile

Nom : Desmont

Age : La vingtaine

Sexe : Femme

Rang social : Petit peuple

Métier : Gouvernante au service d'Arialyss Arkxane

Particularités : Partie du visage gauche scarifiée (joue, lèvre inférieure et sourcil)

Histoire : Dans le temps, Lucile Desmont fut promise à un homme aussi vilain que mauvais. Accusée d'avoir vendue sa virginité avant d'avoir sceller les liens du mariage, elle fut traînée devant un tribunal aussi implacable qu'exemplaire afin de recevoir son châtiment. Cependant, les méandres du destin jouèrent en sa faveur lorsque son récit fut démenti devant les yeux du coupable futur mari qui l'avait sévèrement et brutalement violentée. Libérée et sauvée par Arialyss, elle servit dès lors la famille Arkxane tandis que son futur époux fut exécuter sur place.

Son visage encore aujourd'hui trahit les vilaines blessures qui lui firent commises.

Traits sociaux : loyale et fidèle, confidente et bonne travailleuse mais également curieuse, naïve et anxieuse. Elle se méfie des hommes vantards et mal entretenus.

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Ceresayaria

 

journal-de-cuir-vintage-retro-carnet-de-Un livre est posé sur le pupitre. Il s'agit plutôt d'un journal de bord. Plusieurs pages volantes ont été rajoutés, notamment au début du journal.

Afin que ces pages ne soient pas perdues, un rabat en cuir a été ajouté plus tard, cousu sur le verso de la quatrième couverture, maintenant ainsi les liasses de feuilles écrites, intemporelles. Protection renforcée par des lanières de cuir, pour cet ouvrage, usé par le temps.

12cc2304.gifLorsqu'on ouvre le journal, mis à part les multitudes de pages volantes numérotées et écrites, plusieurs pages ont été laissé volontairement blanches. On en compte environ une trentaine.

 

 

 

 

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Voici sa première page volante, glissée au tout début.

Page 1 - Avant-Propos.jpg

Révélation

" Ô Lecteur, si tu lis ce journal, c'est que tu es un proche

de mon entourage, la raison qui te pousse à le lire est

certainement la curiosité ou le besoin de savoir :

A qui appartient ce journal ? Qui l'a écrit ?

Quel est l'état d'esprit du propriétaire ?

 

Je ne souhaite pas te décevoir, ô Lecteur.

 

La main qui l'a écrite n'appartient qu'à une simple femme,

dignitaire et héritière de la Noblesse conservatrice,

puriste et traditionaliste en ces temps.

 

Ces pages manuscrites en ta possession... la cause

est sans doute l'amitié qui nous (a) uni, l'amour ou encore...la mort.

Etranger ou intime, qui que tu sois, n'attend pas de ce recueil

de révélations importantes. Je ne suis qu'une humaine ayant foulé ces terres,

expatriée des siennes. Cependant, j'ai une histoire. Elle n'aura que

d'intérêt si ton esprit est aiguisé, ouvert et sentimental."

 

 

Ceresayaria

 

La neige tombe une énième fois en ce mois du bouclier sur Calpheon. Allongée sous un banc alors que Garvera joue les clientes dans une boutique de vêtements... Qu'ont donc ces bipèdes à changer sans arrêt de vêtements ? Est-ce qu'on me voit changer de pelage tous les jours ? La tête sur les pattes, j'observe les environs. Affublée d'un harnais autour du poitrail et d'un collier, je ressemble à l'un de mes vulgaires cousins... ces chiens.

Ma journée aurait pu être plus glorieuse et moins honteuse si une fillette blonde et bouclée, portant des vêtements trop grands et riches pour une enfant de son âge faisant de sa démarche, une marche chancelante et ridicule. Une poupée. Voilà à quoi ressemblait cette chose pimpante de couleurs criardes et sentant le parfum à des kilomètres à la ronde.

Un éternuement. Puis un second. Pfffouaaah ! Infecte ! Les humains ne se lavent-ils pas pour se couvrir de cette eau de toilette qui vous prend à la gorge, irritant vos sens.

- "Maman ! Regarde le chien ! Il est beau !"

Un chien ? Ou cela un chien ?

- "Kamilla, reste ici. Je t'ai dit cent fois qu'on ne touche pas les animaux des inconnus.", rappela sa mère.

- "Mais maman, il est beau... je veux le caresser..." répliqua la fillette.

Mais de quel chien cette poupée parle-t-elle ? Je tourne la tête...lentement, à droite...puis à gauche. Personne. Mais... c'est moi le "chien" ! Le chien ! Voilà qu'on me traite de clébard. Voici comment un lupus devient aux yeux d'une ignare un vulgaire chien de salon. C'en est trop...

L'animal au pelage noir et blanc marbré, se lève de sous le banc et dans une allure noble, relevant la tête fièrement et d'une démarche marquée, s'en va..

Non mais... Je ne vais pas me laisser insulter de la sorte. La gamine me regarde, éberluée, ne se doutant pas qu'une fois allongée je puisse être si haute sur pattes. Elle se met donc à pleurer. La mère écarquille les yeux en hurlant, criant au loup.

"UN LOUP ! UN LOUP ICI ! MAIS QUE FAIT LA GARDE !"

Garvera sortit de la boutique en interpellant  vainement : "MAYA ! MAYA ! REVIENS ICI !" C'est dans un soupir et plusieurs jurons que la noble demoiselle laissa ses emplettes dans les bras de la couturière, offusquée par un tel comportement alors que la grande rousse repartait à cheval, suivie de près par sa garde personnelle pour rattraper l'animal en fuite dans les rues de Calpheon...

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Que de longs jours interminables...que d'attente...sans ma maîtresse. Que peut-elle faire ? Elle ne s'est jamais aussi longtemps absentée. Bien que sa sœur soit là...ce n'est pas pareil. Elle me laisse vivre mais c'est pratiquement comme si je n'existais pas. Je suis une corvée...depuis qu'elle tient ses obligations par substitution. Je la trouvais bien plus...compatissante à mon égard lorsque nous vivions au château. Les bipèdes sont ennuyants et difficiles à comprendre.

Mais toi Maîtresse... tu as toujours été là... et moi je l'ai été pour toi. Nous avons fait face toutes les deux à toutes les situations...depuis que tu m'as recueillis parmi les tiens. Ton frère voulait m'achever et tous ceux de ma portée par ce grand hiver mais toi...tu as refusé. Tu m'as accueillis chez toi, fais de moi, ta sœur...d'arme et de coeur et nous nous sommes alliées. Je doute que tu m'ais abandonné car même si on peut te juger froide et sèche...distante, tu as tes faiblesses...je sais que j'en fait partie du haut de mes quatre-vingt-cinq centimètre au garrot, mon pelage noir et blanc marbré, mon poitrail blanc, mes yeux bleus acier...ainsi que de mes quenottes acérées.

Mais que fais-tu Maîtresse ? Pour certains humains, certains diront que je développe une maladie. La maladie d'ennui. Je ne chasse pratiquement plus, restant dans le périmètre de la maison, espérant voir ma maîtresse revenir, à dos de son cheval. Dès qu'un cavalier approche ou qu'une voiture accoste le domaine, mes oreilles pivotent, ma tête se dresse ainsi que le reste de mon corps. Je feins la patience...après tout, ne suis-je pas l'un des animaux les plus nobles et pures de la forêt ? Même les Humains gravent mon emblème sur leurs étendards, y trouvant sans doute un semblant de puissance. Mais je ne le suis pas...patiente. Mes membres trépignent sur place...et me voilà bientôt en train d'agiter la queue comme mes propres cousins de salon. Pfffouah... Je vaux mieux que cela.

Même les chevaux du domaine me confondent pratiquement avec une statuette de marbre au vue de ma passivité maladive. Même le fennec de la demie-elfe vient jouer avec moi. Je l'observe avec une indifférence sans borne mais à force de rester dans mon coin...le petit renard du désert s'approche de plus en plus de moi...je le vois grelotant dans ce froid hivernal. Son pelage n'est pas du tout adapté à la rudesse de ce pays. Si l'on pouvait m'entendre soupirer, je l'aurai fait. Me dressant sur mes quatre pattes, je m'approche du fennec qui alors recule par crainte puis je courbe l'échine pour me montrer moins imposante que lui, lui prouvant que je ne souhaite pas être agressive. Nos museaux s'approchent lentement, nous reniflant calmement, sondant notre humeur, nos hormones, statufiant notre santé...et après un long examen minutieux, nos truffes daignent s'effleurer. Je m'avance alors, tournant lentement la tête comme pour inviter mon cousin à me suivre. Il s'avance petit à petit...je m'installe alors dans un coin à l'abri du vent, celui-ci me rejoint enfin, se calant contre mon flanc gauche afin de profiter de mon pelage épais.

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Si je pouvais être femme...si je pouvais être humaine... je serais aux côtés de ma maîtresse. Nous aurions combattus aussi farouchement l'une que l'autre...nos expériences travaillant en harmonie. Sans doute aurais-je été une belle femme..des cheveux châtains-noirs, de grands yeux bleus acier comme les miens ? Je serai élancée et forte...comme Maîtresse. Un coeur généreux renfermé dans un écrin de pierre...une fière carapace parant toutes les menaces extérieures. Je serai alors la seule à savoir. L'unique personne à la connaître comme jamais... ma maîtresse n'est pas comme elle veut le montrer... elle est bien plus que cela. J'espère que ces amis bipèdes qui vont et viennent au Domaine l'auront compris.

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Un autre jour alors que le soleil était haut mais l'air toujours aussi glaciale, je me chauffais sous ses rayons, au pied du muret de pierre, parallèle à la route. Garvera, assise sur celui-ci, lisant un livre en croquant une pomme. Sa dernière recrue en date, le géant Agilma guettait les environs, végétatif. Trop occupée à m'ignorer une fois encore, Garvera était plongée dans sa lecture de je ne sais quelle mondanité de Calpheon. Ses goûts laissaient à désirer. Elle qui soit disant...est admirative de sa sœur aînée. Tsss. C'est alors la truffe sous la légère brise que le bruit de la route me tira de cette courte rêverie. Une femme arrêta sa monture très nerveuse à ma vue, à hauteur de Garvera. Il ne s'agissait pas là d'une noble femme mais certainement d'une paysanne. Elle sentait les œufs frais et le poulet coupé au billot. Je me lèche alors les babines. L'équidé hennit, peu rassuré.

- "Excusez-moi Mademoiselle, pourriez-vous m'indiquer la route de..."

Elle s'arrête en pleine phrase voyant que Garvera ne daigne pas même la regarder du coin de l’œil, ni même abaisser son livre afin d'interrompre sa lecture. Bien au contraire, elle relève le livre afin qu'il soit un obstacle visuel sur la paysanne. Certains jugeront ce comportement déplacé...mais il était monnaie courante au sein des Arkxane. Comme toujours, si nul n'égalait les Arkxane en terme de puissance ou de richesse alors les autres étaient des sous-fifres, de simples bibelots bons à jeter une fois leur tâche accomplie.

Arialyss n'aurait pas agit ainsi... mais elle n'était pas là et pendant ce temps là, Garvera ne menait pas large. Elle restait cordiale et commerciale concernant le Haras mais sans plus, sans chercher à engager la conversation plus que nécessaire. Elle remplissait uniquement son rôle d'intendante vacataire. Ni plus ni moins.

Sur cette ignorance volontaire, la femme repartit sur la route en insultant la demoiselle rousse qui ne daigna toujours point relever la tête. Pour elle, personne n'était passé. Si le vent porta quelques paroles, ce n'était que de légers mugissements...rien d'autre...

J'aurai bien volontiers fait comprendre ma protestation mais je ne suis qu'une louve. Je n'aboie pas. Je hurle. Je n'agite pas la queue. Je grogne et je mords. Mes expressions positives ou négatives sont uniquement à décoder dans le comportement physionomique de mon corps ou bien sur l'expression de ma tête et ma gueule. Faut-il encore savoir le décoder. Tout le monde n'a pas le manuel d'apprentissage "Loup à apprivoiser".

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Ceresayaria

L'enfant de Shakatu

 

 

Il doit être dans les 16h...et l'air est à nouveau respirable. Nous sommes bien situés à Shakatu. La topographie du terrain permet aux résidents d'avoir une grande majorité d'ombre grâce à l'enclavement de l'oasis au creux de ses gorges.

Quartier libre pour tout le monde...il est temps pour moi de retirer toute cette poussière et crasse accumulée durant le périple et surtout...rien ne vaut une belle baignade après cette journée sur ces terres infernales. Tout le monde est occupé chacun de son côté et je profite de cette interlude pour m'esquiver hors du camp pas totalement discrètement puisque nous sommes, depuis notre arrivée, la nouvelle attraction phare des autochtones....une fillette, fille de nomade me suit à la dérobée alors que je parcours la route vers le port.

A l'écart des regards que je crois indiscret, je m'établis dans une petite crique, ôtant rapidement mes vêtements pour plonger dans le bleu de l'océan.

Leïla Aïcha.pngLa petite se rapproche alors tout doucement pendant que je nage, se dissimulant derrière un rocher.

Et je savoure ce moment...la fraîcheur de l'eau sur ma peau...si exaltante encore en cette heure chaude. Lorsque je réapparais à la surface, je remarque l'enfant, lui souriant timidement. Elle me répond d'un franc sourire et s'approche de moi et commence à me parler dans leur dialecte que je ne comprends pas.

C'est alors que j'essaye de lui faire comprendre que je ne saisis pas un seul mot.

"Je ne comprends pas." Peut-être quand lui parlant dans ma langue, elle comprendra...

Puis je place mes doigts sur mes lèvres et mime un non.

 

Alors c'est là que commence une gestuelle des mains et l'expression de son regard. Elle tente de formuler des mots ou d'apporter un sens. Et je comprends alors ce qu'elle tente d'exprimer.

"Leïla Aïcha" dit la fillette.

"Arialyss" répondis-je.

L'enfant sourit très franchement. Et moi qui ne suis pas du tout à l'aise avec les enfants...

Puis elle me montre du doigt les cheveux. Je l'interroge d'un haussement de sourcils. Elle me fait signe d'approcher. Ce que je fis. Elle prend alors délicatement mes cheveux et me fait comprendre en les frottant entre eux avec délicatesse qu'elle souhaite me les laver.

J'exprime de la surprise. Mais elle continue de me sourire. Puis elle indique ses cinq doigts et son index droit, promptement. Je la regarde avec stupeur mais l'enfant a déjà tourné les talons courant à vive allure par le chemin que j'ai emprunté.

Je reste là un instant...cinq bonnes minutes...peut-être même dix..je ne sais plus trop mais je continue à savourer cet instant alors que les ombres des roches plongent sur la petite crique. Je remarque longtemps après que l'enfant revient accompagnée d'une femme voilée. Je m'approche du bord, posant ma main sur la roche, immergée, regardant les deux personnes. La femme s'agenouille et sort d'un panier plusieurs fioles et un peigne et une brosse confectionnée en bois de sureau et crin de dromadaire. La petite fille ouvre chacune des fioles et me les fait sentir. Que d'odeurs douces, sucrées...parfumées aux épices de la région et l'aspect huileux m'indiquent qu'il s'agit sûrement de lotions qu'ils appliquent sur le corps et les cheveux.

L'enfant me fait signe de pivoter, ce que je fis...prenant délicatement mes longs cheveux auburn. Curieuse, je tourne lentement la tête pour les regarder faire. Leïla Aïcha frictionne ses petites mains d'huile aux odeurs d'anis, de jasmins et de bois de santal. C'est fort à l'odeur mais cela change et pourquoi ne pas s'imprégner des couleurs et des odeurs locales. Ses mains caressent mes cheveux...de la racine jusqu'à la pointe, d'une gestuelle précise et délicate. L'enfant semble habituer de ce rite, un soin que doivent sûrement les femmes du pays apporter à leurs corps et leurs cheveux. La fillette doit avoir entre huit et onze ans à vue d’œil. J'entends la femme adulte s'exprimer au travers de ses voiles, parlant très faiblement, donnant sans doute des directives à l'enfant, assidue.

Je penche légèrement ma tête en arrière, laissant faire l'enfant, tandis que je ferme les yeux, me délectant de cet instant. Aussi loin que remonte ma mémoire, cela fait bien longtemps que personne ne s'était occupé de moi ainsi...lorsque l'on quitte le confort d'un château et que l'on vit seule en se débrouillant, rien n'est plus pareil.

J'entends doucement une voix féminine me bercer. L'enfant se met à chanter une douce litanie, un chant local dont je ne comprends pas un traître mot mais dont la mélodie est fort agréable.

La femme à côté semble confectionner un bijou avec des métaux achetés ou bien troqué mais non sans dextérité. Elle semble faire cela depuis longtemps. Un bandeau d'or ouvragé sur deux cerceaux reliés entre eux prend peu à peu forme. Je soupçonne ce bijou tout d'abord porté au tour du cou mais il n'en ait rien lorsque je vois la femme l'essayer sur son port de tête. Elle peaufine son ouvrage en suspendant une chaînette sur le côté.

L'enfant ensuite plonge mes cheveux dans l'eau salée de la mer pour me les rincer et puis à l'aide d'une brosse, me les démêle, continuant de chanter.

Au bout de plusieurs minutes, elle relâche mes cheveux démêlés, continuant de chanter mais s'écartant en s'asseyant sur un rocher. Je me retourne pour la regarder. Elle me sourit, un sourire radieux, angélique, heureuse. On dirait que le simple fait de m'avoir baigner les cheveux la rendue heureuse. Je fais quelques brasses et je saisis mes vêtements pour sortir de l'eau mais l'enfant accourt vers moi en portant un drapé qu'elle me tend. Point gênée par ma nudité, bien au contraire, je la sens me déshabillée du regard. Me voici bien plus gênée et embarrassée que l'enfant...saisissant le drapé qui se déplie au bout de mes doigts. Je le glisse autour de mon corps dont la transparence du tissu dessine les courbes de ma silhouette... le nouant vers l'intérieur d'un pli. L'enfant prend alors ma main et me guide vers un rocher sur lequel je m'assieds.

C'est alors que c'est la femme voilée qui se met à chanter un autre chant alors que la fillette me brosse une seconde fois les cheveux et les éclabousse d'une autre lotion au même parfum que l'huile essentielle appliquée lors du bain. Une fois peignée, brossée, l'enfant caresse mes cheveux et exprime un mot dont je n'ai pas la connaissance...mais je lis en son regard émerveillé, qu'elle doit parler de moi ou de mes cheveux. Ses petits doigts fins halés fourmillent dans ma chevelure faisant naître une somptueuse natte qui descend le long de mon épaule gauche, dont l'extrémité est sertie d'un anneau en bronze.

L'enfant m'a l'air épanouie et je me sens à l'aise car je ne ressens pas le besoin de parler. Nous nous exprimons au travers de notre regard, l'expression de nos visages respectifs et parfois la gestuelle. Les yeux noisettes de Leïla Aïcha sont émerveillés à chaque tâche effectuée, en proie à une immense gaieté communicative. Même si l'autre femme voilé de la tête à pieds et si son habit ne laisse entre-voir que ses yeux, je devine le sourire dissimulé sous les étoffes.

Au bout de plusieurs minutes que je ne vois pas passée, je suis coiffée soigneusement. Je vis la femme se relever et porter le bijou vers moi et le poser sur ma tête. Les plis naissant au coin de ses yeux trahissent sa satisfaction. Je me relève aussitôt, retirant le bandeau pour le tendre à la femme. L'enfant me regarde avec des yeux horrifiés comme si elle craignait que le bijou ne me plaise pas. Je la regarde et tente de lui dire que ce n'est pas cela, m'apercevant que sans la langue, je ne suis bonne à rien, handicapée. Me mordant la lèvre inférieure...je regarde les deux faces à moi. L'adulte me fait comprendre que c'est un présent, me reprenant le bandeau de bronze des mains pour me le replacer sur la tête. Je souris et joins mes deux mains en m'inclinant bas devant les deux femmes, pour les remercier.

"Aqnek" sortant de mes lèvres.

Les deux femmes sourient. Elles semblent heureuses. Je réfléchis...j'aimerais les remercier. Mais que puis-je leur offrir ?

scorpio.pngJe m'écarte vers mes vêtements et fouille une des sacoches pour saisir une amulette que l'on m'a offerte il y a plusieurs lunes lorsque je remplis une mission à Tarif. Le porte-bonheur offert par Madame Ferasken. Après tout...l'enfant en avait plus besoin que moi..elle et les siens...devaient être sauvés. En espérant que cela l'aide un peu. Je réfléchis en gardant l'amulette un instant au creux de ma main puis je me tourne vers l'enfant, toujours habillée du drapé et lui tend le bijou en or. L'enfant écarquille les yeux, incrédule du présent, mimant un geste qu'elle le refuse.

Alors je mime dans le salut d'Aal, en désignant le ciel que l'objet est censé la protéger. Elle me regarde, toujours incrédule et je lui souris. Je place délicatement l'amulette autour de son cou et lui indique de mon index en pressant légèrement son épaule qu'il lui appartient.

Elle éclate d'une gaieté  débordante et me formule une phrase incompréhensible où je ne retiens que le mot "Aqnek".

Enfin l'adulte me remercie à son tour et s'éloigne en reprenant ses biens. L'enfant me salue et emboîte les pas de l'adulte. Je reste là, sur place...m'asseyant à nouveau sur le rocher en contemplant l'étendue d'eau, un large sourire arborant mes lèvres.

Quelle hospitalité.... les gens sont accueillants...rien de tout ceci n'existe à Calpheon. J'en retiens un bon souvenir.

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Ceresayaria

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Sitôt arrivés sur Calphéon, Eldryk et Velyane, tout en semblant flâner dans la ville, avaient activement chercher à se renseigner sur cette rumeur de disparition. Très vite, ils acquirent la certitude qu'il ne s'agissait pas là de simples commérages mais bien d'une affaire sérieuse, ainsi que l'identité des disparues. Aussi décidèrent-ils de se rendre aux locaux de la Brigade du Crépuscule afin de voir s'il leur était possible de contribuer à l'enquête en cours.

C'est ainsi que le capitaine Lorenzo Acciari verra débarquer à la Brigade deux personnes : d'abord un homme d'une trentaine d'année, de haute et massive stature, en armure de chevalier, le genre de gabarit plutôt imposant contrastant avec un visage avec de grands yeux clairs,  le teint un peu plus halé que la moyenne des gens d'ici et une cicatrice sur le visage probablement due à un mauvais coup de lame. Puis, à ses côtés, celle d'une femme vêtue d'une tunique blanche à la fis sobre et élégante, plus jeune,  plus petite que l'homme mais dont la silhouette et le visage ne manquent d'agréments, de longs cheveux roux venant encadrer les traits gracieux d'un visage clairsemé de quelques tâches de rousseur et notamment deux grands yeux vairons aux pupilles effilées qui ne manquent pas d'attirer l'attention.

 

- Je suis le chevalier De Serres, et cette femme qui m'accompagne est la plus digne de confiance de mes proches. Nous avons entendu les rumeurs au sujet de l'enlèvement de dame Arkxane, l'ancien capitaine, et de la valkyrie qui l'accompagnait. Nous sommes venus offrir nos services pour aider l'enquête et contribuer à ce qu'on les retrouve. Accepterez-vous nos services et que l'on vous pose autant de questions que nécessaires sur tout ce que vous pouvez savoir et qui peut nous aider à les retrouver ?

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(Texte écrit par @Velyane et @LongJimSilver )

Ceresayaria

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Serpents et roses sanglantes.jpgIntroduction

Chapitre I : Prisonnières

Chapitre II : "Courage"

Chapitre III : L'elfe

Partie 1 : Libre

Partie 2 : La traque

Chapitre IV : Sur leurs traces

Partie 1 : La jeune soeur

Partie 2 : Un Echo

Partie 3 : Des ténèbres à la lumière

Partie 4 : Faits étranges

Chapitre V : Zones d'ombres

Partie 1 : Le noir absolu

Partie 2 : La marque noire

Partie 3 : La Trêve

Partie 4 : Vigilance

Partie 5 : Sevrage

Chapitre VI : Péchés et vertus Arkxane

Partie 1 : Regrets & émotions

Partie 2 : Dés-Obéissance

Partie 3 : Jalousie - Envie - Ambition

Partie 4 : Fourberie - Persévérance

Chapitre VII : Le devoir

Chapitre VIII : L'Espion

Chapitre IX : Trahison

Chapitre X : Le déclin d'un espoir

Chapitre XI : L'appel du Sang

1. Sacrifice

Révélation

Quelques musiques seront rajoutées pour finaliser les récits.

Les Chapitres I à IV parlent de Cérès et Arialyss. 

Le principal de l'histoire se déroulant à partir du Chapitre V.

 

Ceresayaria

Autre souvenir.... dont les images peuvent avoir été partiellement ou totalement oubliées. Scène se déroulant deux mois après le précédent souvenir.

 

La demeure était en effervescence. Aujourd’hui était un jour spécial pour les Arkxane, ils recevaient les roturiers, les gentilshommes et les nobles de la région afin de démontrer qu’ils étaient puissant, qu’ils étaient les chefs, exhibant avec opulence la richesse avec laquelle tout était permis.

La présence de Mushin était obligatoire, il avait à charge la surveillance du bal et faire un rapport au gradé dès qu’il noterait quelque chose de suspect. Il s’était vêtu d’une tenue formelle, prêtée par la maison. Une armure en plaque et tissus noir, surmonté de symboles en fil d’argent représentant le blason de la maison. Une tenue élégante et à la fois pratique s’il fallait entrer dans l’action…

Il observa la salle du trône bondée de personnes aux classes sociales différentes. Certes, seuls de riches personnages étaient invités mais parmi eux, on y trouvait des politiciens, des commerçants, quelques rares artisans conviés pour des commandes et dont on avait invité les épouses et les filles afin qu’elle s’amuse un peu. Un gage de respect très formel.

Les enfants de la famille étaient pour la plupart présents, il remarqua l’absence des deux filles. Elles ne tardèrent pas à arriver. Garvera en tête dans une robe à panier très coquette en tissu de velours pourpres et blanc crème. Derrière elle, Arialyss, une belle tenue bordeaux. Une jupe assez courte dut il reconnaître mais les bas noirs de la jeune femme n’en firent pas une tenue indécente. La tenue retombait en arrière en frisottis, rappelant une de ces robes à cerceaux. Le haut de la tenue semblait être un bustier surmonté d’un manteau entrouvert. Élégante et jolie, Arialyss s’était coiffée d’une queue de cheval haute dont les cheveux retombaient en bouclettes dans son dos avec classe. Elle avait soigné sa coiffure en y glissant une fleur de lys blanche.

 

Révélation

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Il ne bougea pas de sa position de toute la soirée, observant les allées et venues des invités, les invitations à danser, les frivolités d’un vin et de quelques pique-assiettes autour du buffet, de l’orchestre symphonique jouant leurs plus belles mélodies sur la terrasse surmontée par de belles colonnes de marbres gris. Rien ne lui échappa, pas même les conversations échangées entre le chef de maison et un commerçant qui s’empressa de flatter l’hôte.

 

  • « Cette fête est divine, Mon Seigneur. Divine ! Que de beau monde ici. Vous avez le sens de la fête. »

  • « Merci…Monsieur Dubois. »

  • « Non, non, non…j’ai été invité chez plusieurs de vos rivaux et ils sont incapables d’organiser une fête. Je vous le dis, votre fête est divine. »

  • « N’est-ce pas un tantinet déplacé de parler des fêtes de nos chers partenaires… ? » s’enquit Elizabeth, assise sur une des chaises prédominantes la grande Salle du Trône. 

  • « Vous avez raison ma chère. » répondit l’époux, un sourire en coin lorsqu’il glissa un regard affectif à sa femme.

  • « Je..non..je ne les critique pas. Loin de là cette idée Ma Dame. Ce que je voulais dire…c’est que votre fête est très réussie et je la préfère entre toutes. »

  • « Hm… » Marcus s'éclaircit la gorge, très peu convaincu.

 

Marcus était suspicieux et pas né de la dernière pluie. Les flatteries du riche commerçant ne lui étaient pas dédiées gratuitement.

 

  • « Au fait, Mon Seigneur, je dois dire que vos filles sont toute en beauté ce soir. »

  • « C’est vrai qu’elles sont élégantes », répondit la mère.

  • « Hmm…Oui » répondit le père en regardant ses filles près du buffet.

Yann s’était positionné derrière Arialyss, la taquinant que si elle ne cessait de s’empiffrer, elle prendrait quelques kilos sans pouvoir rentrer dans sa tenue. Arialyss regardait son frère, vexée puis elle se mit à rire, mettant un coup de poing amical dans son épaule. Celui-ci se le massait énergiquement, puis il vola l’amuse-gueule de Garvera et s’éloigna, cette dernière furibonde sur ses talons. Arialyss sourit en les voyant partir se chamailler.

 

Les enfants Arkxane avaient l’air presque normaux…ils se comportaient en fratrie, souriants, certains en proie aux bêtises des autres.

 

La belle adolescente resta un moment près du buffet, savourant avec gourmandise chaque mets. Mushin se surprit à penser comment elle pouvait manger autant de plats raffinés et rester si mince… Elle s’était peut-être restreinte volontairement dans la journée afin de satisfaire ses délicates papilles. Pensant à cela, il s’en amusa puis la venue d’un adolescent aux côtés d’Arialyss le sortit de ses pensées. C’était un jeune garçon, banal mais avec un charmant visage. Force était de constater dans sa tenue, qu’il ne provenait pas d’un de ces invités de marque. Il écouta toujours de manière distraite la discussion du paternel.

 

  • « Votre fille…la plus âgée est particulièrement toute en beauté ce soir. Élégante, elle fait très femme adulte.  Quel âge a-t-elle ? »

  • « Elle va bientôt avoir seize années. » répondit Elizabeth.

  • « Aaaah l’âge parfait. »

  • « Parfait pour quoi ? » répliqua Marcus, sur la défensive. Il le voyait venir…

  • « Une union…dîtes-moi mon cher ami…mon fils est venu ce soir à la fête, je pourrai vous le présenter. C’est un très bon travailleur et combattant. Un bon parti je dois dire. »

  • « Hmmmmouais…. »Marcus fronça les sourcils, son regard dévia sur Arialyss qui discutait avec le jeune garçon. Ce dernier avait proposé à Aria de prendre le corridor aux colonnes de marbre afin de sortir dans les jardins.

 

Mushin regarda la scène et remarqua que Marcus fulminait sur son siège…irrité. Il tentait de garder son calme. Son épouse, assise sur sa gauche, posa sa main sur la sienne, cherchant à l’apaiser du mieux qu’elle le put.

Pendant ce temps-là, Arialyss menait le garçon dans le jardin en discutant. Mushin se décala quelques mètres en amont de la salle pour les observer de loin. Ainsi, il pouvait voir tout ce qui se passait autour de lui. Sa présence s’effaçait derrière un groupe de nobles occupés à échanger sur une discussion de comptoir : vêtements.

Les deux adolescents se promenaient, discutaient tout en riant ou souriant lorsque l’échange s’y prêtait. Il vit Garvera les rejoindre. Rien de transcendant, ils ne faisaient que s’amuser, bien qu’il détecta dans le regard du garçon quelques étincelles. Il semblait en admiration devant la belle. Entouré de deux jolies filles, Ivan s’amusait à les écouter. Dès lors que l’aînée discutait, il n’avait d’yeux que pour elle, élégante dans sa tenue et à la fois très femme, sensuelle. Aaaaah ! Si son père pouvait arranger les choses et promettre une union lointaine…il reviendrait en vaillant homme et l’épouserait sur le champ.

 

Il distingua plus loin, Victor qui demeurait impassible, les bras croisés, à scruter le moindre fait ou geste intéressant. Victor allongea ensuite le cou, comme s’il avait perçut quelque chose d’intéressant puis vérifiant que personne ne le remarque, sauf bien entendu Mushin, il longea discrètement les murs de pierre, prenant la direction des jardins, épiant ses sœurs avec l’invité. Le rictus aux lèvres, une idée malsaine germait dans sa tête. Il le vit sortir quelques minutes du couloir, allant trouver son père sur les marches et dès qu’il pu, il lui glissa quelques mots dans son oreille.

 

Le patriarche en eut assez d’écouter l’autre, flatter son ego afin qu’il approuve un quelconque partenariat en promettant un mariage arrangé. Il n’était pas tombé si bas pour accepter un fils de commerçant comme gendre, quelque soit ses qualités. Lorsque l’un de ses fils vint le trouver, son visage se décomposa. Il tourna la tête vers les jardins…

 

Mushin le vit se lever d’un bon de son siège sous le regard interloqué de son invité. Sa femme parût très étonnée elle aussi et l’excusa auprès du riche commerçant. Marcus se rua vers le couloir aux piliers de marbre gris…

 

  • Garvera : « Père vient ! »
  • Arialyss : « Hmm ? »

 

Elle n’avait pas eu le temps de dire quoi que ce soit, qu’elle le vit débouler du fond du passage faiblement éclairé, saisissant maladivement un fouet accroché au mur. Il poussa Garvera de côté, celle-ci trébucha et se cogna le dos contre le mur, hébétée.

Arialyss n’eut pas le temps de le voir venir qu’elle reçut une violente gifle sur son visage. Quant à l’adolescent, estomaqué et planté sur place, il demeurait interdit devant cette scène. Marcus se retourna vers lui et lui annonça d’une voix grave et dans une colère noire :

 

  • « Retourne auprès de ton chien de père et dis lui que tu ne mérites pas ma fille et que jamais…jamais tu ne la reverras !!!  File ! »

     

Le jeune garçon voulut répondre mais Marcus l’en dissuada. Il le tira puis le poussa en lui flanquant un coup de pied dans le derrière. Celui-ci s’enfuit sans demander son reste. Marcus se retourna ensuite vivement vers sa fille aînée. Elle se massait la joue…perdue. Elle ne comprenait pas ce qui se passait. Elle ne faisait que discuter, rien de plus.

  • «  Et toi… »

  • « Père…pourquoi… »

  • « Silence ! »

     

    Elle se tût…joignant ses mains devant elle, la tête baissée.

     

- « Qu’est ce que tu croyais faire hein ! »

- « Je… »

- « Tais-toi ! »

- « Mais..je… »

  • « SILENCE !!! Je te promets à un brillant avenir et toi tu te pavanes avec ce garçon au bras ! »

     

Elle s’efforça malgré la main qui s’abattait une nouvelle fois sur elle : « Je n’ai rien fait ! On s’amusait Garvera, lui et moi. On ne faisait que discuter, rien de plus. »

- « Et tu n’as pas vu la façon dont il te regardait !? Moque toi du monde mais pas de moi, insolente ! »

 

Le fouet claqua l’air, la jeune fille mit ses mains devant son visage pour se protéger.

«  Non…père…s’il vous plaît… »

Elle l’implorait…

  • « Ne me supplie pas ! Qu’est ce que je t’ai dit ! Ne supplie jamais ! Tu dois être forte, tu entends ! »

     

C’était au-dessus de ses forces. Elle ne comprit pas ce qui lui arrivait, elle n’avait rien fait de mal. Et quand bien même de son innocence, on la punissait injustement…

 

Le fouet claqua à nouveau. Les mains meurtries et rougeoyantes, les larmes perlèrent autour de ses yeux. Elle ne devait pas craquer…mais son père continua…

 

- « Arrête de pleurer ! »

- « Père…s’il vous plaît… »

 

Peut-être que Mushin voulut intervenir en voyant la scène…mais l’instructeur lui bloqua le passage.

  • « Non…fiston. Je te le déconseille. Il vaut mieux pour toi de rester en dehors de ça. » le conseilla t-il.

     

Mushin resta alors…sur place comme de marbre. Il vit Victor dans un coin du passage, dans l’ombre d’un pilier, le rictus au coin des lèvres. Il contemplait l’atroce scène qui s’y déroulait, en appréciant chaque seconde, de ses yeux pervers et de son sourire sadique….

 

Arialyss avait cessé de pleurer, ravalant sa peine et ses larmes. Elle serrait les dents, se mordant la lèvre inférieure à sang pour ne pas crier, ne pas céder à la douleur. Elle devait se montrer forte…pour échapper à la colère de son père. Elle finit par relever la tête, regardant son père, les pupilles fixes, le regard vide et inanimé de vie. Son père lui fit relever le menton encore plus haut à l’aide du manche du fouet en cuir et lui caressa ensuite la tête.

 

- « Vois comme tu es forte. Un Arkxane jamais ne plie ni ne supplie. Rentre toi ça dans le crâne ma fille. »

 

Marcus s’en alla dès que la leçon…fut faîte. Dès qu’il s’était rassis, sa femme…le regarda assez froidement.

 

- «  Qu’y a-t-il ma tendre ? »

- « Tu ne crois pas que t’y es allé un peu fort ? »

- « Je ne vois pas de quoi tu parles. »

- « Voyons, Marcus…tu viens de te comporter comme un goujat de première. Notre invité est parti avec son fils car tu lui as manqué de respect et de plus tu te venges sur notre fille qui n’a absolument rien fait. Ils ne faisaient que discuter innocemment. »

- « L’innocence n’existe pas, pas chez les Arkxane. Et puis la leçon n’a pas été inutile. »

- « Que veux-tu dire ? »

- « Elle en ressortira encore plus forte. »

- « Je crois que le moment est mal choisi pour laisser libre cour à ta colère et à tes penchants autoritaires. Nous sommes à un bal, il est tout à fait normal de s’amuser. As-tu oublié à quoi servait un bal ? »

- « Et as-tu oublié dans quel but nous l’avons organisé ? »

- « Je ne vais pas me disputer avec toi mais tu as été trop loin cette fois… »

- « Très bien…je m’excuserai auprès d’Arialyss… »

- « A la bonne heure. Et que fais-tu de Monsieur Dubois ? »

  • « Je lui enverrai une lettre d’excuse… » ronchonna t-il. « Mais c’est juste pour te faire plaisir. N’y vois là aucune bonne volonté de ma part. »

     

Elle soupira. Au moins, les apparences pourraient être sauvées. Pas auprès de tous malheureusement…Mushin avait assisté à tout, de début jusqu’à la fin. Les soldats et serviteurs également mais eux, feignaient de ne rien voir.

 

Arialyss resta plantée un long moment dans le passage… sa sœur Garvera s’était approchée d’elle…et prise d’un élan de compassion, elle vint serrer sa sœur autour de la taille, cherchant à la cajoler. Aucun son n’était sorti de leurs bouches. Une simple accolade suffisait. Arialyss passa sa main dans les cheveux de sa sœur et d’un geste aussi tendre que surprenant, elle les lui caressa et ne s’aperçut qu’à l’instant de ses mains meurtries. Elle sentit en elle l’envie de fondre en larmes à nouveau mais elle ne voulut pas le montrer à sa sœur. Elle se pencha pour lui embrasser le sommet de sa tête et prit congé silencieusement. Garvera resta plantée là regardant sa sœur s’éloigner. Elle repartit ensuite rejoindre Yann de son air maussade. A sa tête, celui-ci comprit quelque chose n’allait pas. Pour eux, l’heure n’était plus à la fête.

 

 

***

[Point de vue de Mushin lors de la scène. Ecrit par @Eldersys.]

 

A la vu du spectacle, Mushin bouillonnait de colère. Il n'avait qu'une envie, aller voir ce père et lui dire sa façon de penser. Il savait que cette solution lui vaudrait énormément de problèmes. C'est pourquoi, il ravala sa colère envers le patriarche de cette famille.

Pour lui, cet homme ne méritait pas d'avoir ce qu'il avait. Mais à quoi bon se faire renvoyer ou pire, tué ? Il continua un moment son service. Puis, profita d'un moment d'inattention de ses collègues et de son supérieur pour s’éclipser.

Il cherchait dans les couloirs la jeune Arialyss. L'envie de crier son nom était tentante, mais aurait sans doute des répercussions se disait-il.

Impossible de la trouver ! Et ce n'était pas faute de recherche. Il allait se résoudre à abandonner et la voir le lendemain quand la tenancière des réserves lui fit signe.

 

  • « Je te vois courir un peu partout depuis tout à l'heure. Tu as encore faim ? »
  •  « Non, merci madame ! En fait, je cherche l'ainée, tu sais, Arr.. Aurri...  »
  •  « Arialyss espèce d'idiot ! Je l'ai vu monter sur le balcon. »

 

A peine avait il entendu ça que le jeune homme se hâta pour rejoindre Arialyss. Une fois en haut, elle était là. Elle semblait perdu et triste, comme si ses larmes allaient couler mais qu'elle les retenait. Mushin s'avança vers elle, et se mît à côté. Abhorrant un large sourire, il essaya d'engager la conversation.

 

  • « Alors, la vue est belle ? »
  • « ... »
  • « Je t'ai connu plus bavarde que ça.. »
  • « ... »
  • « Bon, tant pis, je m'en vais. »
  • « N-non attendez ... Pourquoi êtes vous monté ? Est ce mon père qui vous envoie pour vérifier que je ne batifole pas avec un autre fils de marchand ? »
  • « Ahahaha, ton père ? Sache le, jeune demoiselle, ton père et personne d'autre ne peux me donner des ordres ! Je suis le puissant Mushin, personne ne peut me vaincre ! »

A ses mots, Arialyss esquissa un léger sourire. Mushin quant à lui, voyant que sa méthode fonctionnait, continua a se vanter de ses exploits. Il n'arrêta pas de parler pendant au moins cinq bonnes minutes. Le visage d'Arialyss semblait retrouver un peu de son éclat, loin de la triste expression morbide qu'elle avait avant.

 

  • « Qu'il est plaisant de voir une jeune demoiselle retrouver des couleurs ! »
  • « Essaieriez vous de me séduire, môsieur le puissant Mushin ? »
  • « Loin de moi cette idée ! Ahahahahahaha, je ne voudrais pas me faire chasser par ton père. »
  • « Mon père .... »

La voyant commencer à se perdre dans ses pensées à nouveau, il décida d'aborder les choses plus sérieusement.

 

  • « A t'il toujours été comme ça ? »
  • « Excusez moi, Mushin .. Mais je pense que cela ne vous regarde pas. »
  • « Ahahaha ... Je comprends ... Mais laisse moi te donner un petit conseil jeune fille. Ne te laisse pas marcher sur les pieds. Et n'écoute pas ce qu'il te dit. Être fort ne signifie pas forcément cacher ses sentiments ! Tu as le droit de pleurer, et d'être triste. Ne pas reconnaitre ses faiblesses, c'est réellement être faible. »

A ses mots, il lui lança un large sourire sincère et celle ci fondit en larme dans ses bras. Il lui tapota le haut de la tête en essayant de la réconforter du mieux qu'il pouvait. La pauvre pleurait à chaudes larmes, mais faisait en sorte de ne pas être entendu.

Après l'avoir réconforté, il conseilla à Aria de retourner au bal avec ses frère et sœur. Il lui promit également qu'il garderai un œil sur elle, et qu'elle pouvait venir le voir en cas de besoin.

Le reste de la soirée était plutôt calme, et les invités semblaient passer un délicieux moment. Tous avaient oublié l'incident du marchand. Les festivités se poursuivirent pratiquement toute la nuit. Aux premières lueurs de l'aube, les invités commençaient petit à petit à dégager les lieux.

La rectitude, discutable, de la famille, exigeait que le personnel malgré la nuit de travail, ne manque pas à leur devoir. Donc, les gardes prenaient leur tours, les bonnes nettoyaient et les soldats s'entrainaient.

Pour Mushin, cette soirée avait été haute en couleur. Il ne pensait pas un père agir de la sorte. Et pour lui, cette petite avait bien du courage. Dorénavant quand elle le suivrait, il s'était promit de lui donner le sourire, pour alléger quelque peu la dur vie qu'elle semblait avoir.

Mais pour combien de temps encore pourrait il supporter cette vie. Cet homme. Mais surtout l'injustice faite aux proches de cet homme ? Mushin savait qu'il ne résisterai pas bien longtemps avant d'exploser. Mais voulait retarder au maximum son départ, car, il savait qu'il s'était fait une amie.

Et qu'il devait être précieux pour elle.

 

Ceresayaria

En l'an 272, treize années avant notre époque...

 

Penchée sur le rebord de la fenêtre ouverte, l’adolescente de quinze ans observait avec attention le jeune homme, recruté plusieurs mois auparavant, auprès de la Maison Arkxane et plus précisément pour servir « Noirs Desseins ». Celui-ci avait entraînement avec l’instructeur car leur père était très pointilleux et même si l’homme possédait une certaine expérience acquise au combat, il devait faire ses preuves en passant devant l’entraîneur à l’âge avancé, dont les stigmates se profilaient sur le front et les contours du nez. Le jeune homme devait avoir approximativement dans les vingt années. Malgré l’humeur taciturne de l’instructeur sur l’exécution des mouvements inutiles ou volontairement exagérés, la recrue était bien bâtit malgré sa petite taille et son corps ruisselait de gouttelettes de sueur. Ses traits fins, ses cheveux mi-longs et noirs, tirés en arrière par une queue de cheval trahissaient son origine asiatique.

 

Immobile, son épaule droite légèrement adossée à la fenêtre, Arialyss observait longuement l’entraînement qui durait environ une heure. La jeune fille aux cheveux auburn était habillée dans une robe très élégante qui cintrait sa taille menue et dévoilait les contours de ses formes féminines en croissance. Il s’agissait d’une longue robe à panier qui lui tombait en bas des chevilles, de couleur noire avec quelques motifs de lys argenté sur les plis de tissu en velours. Le bustier était bordeaux, une des couleurs favorite de la jeune fille, assez échancré. La chevelure de la jeune fille était ré-haussée en une queue de cheval montante. Rares étaient ses tenues élégantes que portait Arialyss, reflétant la richesse de la famille. Elle les appréciait uniquement lors d’un bal ou d’une cérémonie importante, une occasion pour se montrer coquette et jolie.

 

Son regard intensément turquoise se perdit un instant dans le ciel bleu gris flottant au-delà de la chaîne de montagnes situées au nord de la demeure. Elle inspira un bon coup lorsqu’elle revint à la réalité. En contrebas, dans la cour intérieure de la demeure, les deux silhouettes avaient terminés leur entraînement. Mushin salua formellement l’entraîneur qui s’était retourné vers les grandes arches massives supplantant les longs corridors adjacents à la cour. Sa silhouette disparût dans l’ombre de l’une d’elle. Quant à Mushin, il disparût également de son champ de vision. Il s’apprêtait très certainement à emprunter le grand escalier de marbre gris, habillé de tapis noir brodés en bordure de filigrane d’argent et du blason de la maison.

 

Elle entendit le bruit de ses pas lourds ainsi que le cliquetis de son armure, rythmé par sa démarche nonchalante. Elle se retourna à demi dans la direction de l’embouchure de l’escalier, reconnaissant sa silhouette. Elle entrevue la garde de sa longue lame de soixante centimètre à un seul tranchant, dépassant de son épaule. Celle-ci était portée toujours dans son dos. Il s’arrêta un instant lorsqu’il aperçut la jeune fille richement vêtu. Un demi-sourire amusé naquit à la commissure de ses lèvres, puis il continua son chemin. Lorsqu’il arriva à hauteur de la jeune fille qui le toisait de son regard turquoise intense, elle n’en démordait pas. Son regard était à la fois insistant, fier et contrarié.

Ce petit bout de femme l’amusait…ou l’inquiétait ? Il ne savait pas trop quoi en penser. Depuis quelques temps, elle s’était mise à observer chacun de ses gestes, jusqu’à l’épier d’un angle de couloir ou encore le suivre de loin. Au-début, il ne s’en était pas aperçu jusqu’à ce que ce manège incessant ne le laisse indifférent. Le détestait-elle ? Ou au contraire, était-ce une admiration ? Ou encore un amour caché ? Il n’en savait rien. Il ne la comprenait pas. Son incertitude vint à pencher pour de la méprise. Ce regard glacial et dédaigneux qu’elle lui lançait ne pouvait en témoigner autrement. Il resta sur cette idée. Mais au lieu de l’ignorer ou bien de l’envoyer paître et pensant qu’il s’agissait au-début d’une enfant pourrie gâtée comme on en voit très couramment dans la noblesse, il était force de constaté que ce n’était absolument pas son cas. Bien au contraire, il arrivait parfois à entrevoir dans les rares émotions qu’elle démontrait, un sourire doux, un rire sincère, une discussion informelle. Des qualités cachées, volontairement dissimulées afin de ne pas souffrir. Une carapace qui s’était involontairement mais naturellement construite depuis toute petite, derrière laquelle elle se protégeait. Au sein des Arkxane, il ne faisait pas bon ton de montrer ses sentiments positifs. Il n’y avait que la satisfaction de soi et des actions entreprises qui comptaient, la gloire, la richesse…et l’étendu du territoire. Il y avait très peu de place pour les sujets futiles, sans aucune once d’importance aux yeux du chef de famille. C’est pour cela que la plupart des sujets de famille, à table, officiellement ou officieusement, traitaient uniquement des affaires. Les seuls moments de vie d’une jeune fille classique se trouvaient dans les appartements de la mère. Mushin était tombé sur une scène importune. La mère et ses filles assises dans la bibliothèque au mur rouge, les grandes étagères portant de volumineux ouvrages. La ravissante épouse aux cheveux roux tressés brodait un napperon tandis qu’Aria était assise dans la peau de bête à fourrure blanche, aux pieds de sa mère. Sa plus jeune sœur était confortablement installée dans un fauteuil en bois massif sculpté dont le siège et le dossier sont garnis de tissu de velours et les bras sont courbés vers le bas. La mère portait une de ses robes à panier noire et blanche. Il se souvenait qu’elles avaient ri ce jour-là, racontant quelques anecdotes locales. Un des rares souvenirs joyeux qui reflétait un aspect positif de la famille. Le reste ne semblait qu’ombre, tristesse et monotonie aux tâches quotidiennes, exécutées en temps et en heure. La Maison Arkxane était notamment très sévère sur l’assiduité et la ponctualité, en plus des autres principes de conduite et états d’esprit.

 

Sortant de ses pensées, il ne sût dire combien de temps son esprit s’était égaré dans ces réflexions. Il observa la jeune fille, un sourire en coin naissant aux coins des lèvres, résolu à ne pas l’ignorer et bien au contraire…la taquiner.

 

  • « Tu comptes me brûler sur place avec ce regard de braise ? »

  • « Pfff….  ! » se contenta t’elle de répondre, relevant le menton, le regard déviant légèrement droit devant elle. 

  • « Quoi ? Tu me regardes de travers et c’est toi qui me boude ? C’est le monde à l’envers. »

  • « Tu ferais mieux d’aller te laver…tu sues comme un bœuf. »

  • « C’est pour ça que tu me regardes de cette façon ? T’as jamais vu un homme sué ou quoi. » Il se mit à rire, un brin moqueur.

  • « Non…je ne comprends tout simplement pas comment tu peux suer autant alors que tu as passé tout l’exercice à agiter ta lame comme un enfant qui découvre son épée de bois. »

  • « Ah… Attends…tu me regardes depuis une heure… ? »

  • « Oui. »

  • « Tu t’embêtes à ce point là ? »

  • « Il faut croire que oui… C’était assez intéressant. Mon père sera particulièrement ravi de constater que tu fais perdre un temps précieux à un de ses meilleurs instructeurs. » annonça t’elle ironiquement.

  • « Quoi… Tu vas aller lui dire ? »

  • « Non. »

  • « Pourquoi ? »

 

Elle se contenta d’hausser les épaules.

 

  • « C’est rare de te voir vêtue ainsi. J’ai loupé un truc particulier ? »

  • « Non. »

Arialyss se contentait de répondre par des phrases courtes lorsqu’il lui posait des questions. Restreignait-elle volontairement ses réponses afin qu’on ne puisse lire en elle ? Cela avait tendance à amuser Mushin… Ce qui l’amusait davantage étaient les répliques parfois piquantes…cherchant à ce qu’on surenchérisse au-dessus, devenant un tir croisé verbal. Il avait surtout remarqué cela avec ses frères mais c’était plus un jeu. Ils se cherchaient, faisant naître une complicité sans limite, surtout entre les jumeaux. Certains auraient jugés cette complicité comme inexistante. Une simple relation frère et sœur, basée sur le conflit fraternel. Mais lorsqu’on était observateur, attentif à la gestuel et aux traits du visage, on parvenait à comprendre le langage caché. Les jumeaux avaient-ils dévoilés un langage propre à eux afin que personne d’autre ne les comprennent ? Au détriment des principes et de l’éducation stricte des Arkxane. Mushin pensait peut-être tomber sur une famille noble quoi de plus banale. Sur les fondements de la noblesse, elle n’avait rien d’exceptionnelle, certes, mais sur son fonctionnement et sur le jeu de l’observation, chaque jour, il découvrait de nouvelles choses. Cependant, cette famille possédait une part d’ombre dissimulée soigneusement. Il en ignorait la cause. Parfois, il souhaita chercher et parfois il se ravisa. Après tout, pourquoi s’en mêler ?

 

  • « Tu comptes me suivre jusqu’à ma chambre… ? »

  • « Pourquoi pas. »

  • « Je ne pense pas que t’es vu encore d’homme nu…alors il vaudrait mieux éviter de choquer cette frimousse. »

  • « Po…pourquoi nu ? »

 

Elle s’était mise à balbutier. Encore une nouvelle surprise. La jeune fille aux grands airs de demoiselle semblait ignorer bien des choses. Il eut envie d’en rire.

 

  • « Je vais me laver…logique. »

 

Elle s’empourpra. Une nouvelle expression qu’il n’avait encore vue sur son visage. Les rouges rosies lui allaient à merveille. Elle évita soigneusement son regard et se contenta de répliquer.

 

  • « Ce que tu peux être imbécile… »

 

Elle l’entendit rire tout en poursuivant son chemin vers un autre couloir faiblement éclairé. Elle croisa les bras…et s’empressa de lui emboîter le pas. La situation était assez cocasse. Il avait l’impression d’être mère poule guidant le chemin à son poussin.

 

Perdu dans ses pensés, il ne s’aperçut pas qu’une silhouette vint sortir du croisement et lui rentra dedans par mégarde. Bien que plus jeune qu’Arialyss, Victor avait deux têtes de plus qu’elle et déjà à son allure, il avait la morphologie d’un adulte, ce qui trompait énormément ses interlocuteurs, oubliant ce détail, offrant l’opportunité de le remettre à sa place. Mais Mushin devait faire ses preuves alors il préféra se ranger dans les rangs…et ne pas mécontenter le minois de ce garçon. Il était très certainement le garçon le plus taciturne et triste de la famille. Triste ? Pourquoi triste puisqu’il passait son temps à bouder tout ce qui se disait ou se faisait ? Triste par le simple fait que lorsqu’il était dans le périmètre, il n’y avait jamais opportunité à rire et son attitude désolait Mushin. Il pensa un moment que cet enfant souffrait. Reclus sur lui-même, Victor n’aimait pas les activités collective et encore moins voir Mushin. Et ça…Mushin ne le comprit pas et surtout, il ne s’en aperçut pas au début.

 

A l’intersection des deux couloirs, Victor toisait Mushin de son regard glacial. Il critiquait le regard d’Arialyss…mais lui, avait de quoi vous glacer le sang sur place. A côté, sa sœur aînée était un agneau… et lui le loup. A ce jeune âge, Victor n’était pas encore aussi bâtit qu’il le devint présentement, il était surtout grand, mince et malgré son air sombre, il était charismatique. Un beau ténébreux qui ferait sans doute quelques ravages en âge adulte.

 

En s’arrêtant aussi brutalement, Arialyss qui emboîta le pas de Mushin, n’eut pas le temps de crier gare et lui rentra dedans.

 

Outch… Elle releva la tête et regarda Mushin. Les traits de son visage avaient perdu la gaieté du moment, laissant place à des traits graves. Elle pencha la tête sur le côté pour voir ce qui se passait et aperçut son jeune frère dont leurs regards se croisèrent.

 

Victor lança de façon cinglante : « Tu peux pas faire attention devant toi quand tu marches… »

 

  • « Excuse-moi. »

  • « Pas de familiarité entre nous, t’es prié de me vouvoyer…je ne suis pas ton ami, tu dois le respect à tous les membres de la famille. »

 

Cela parût bizarre à Mushin de vouvoyer un adolescent plus jeune que lui.

 

  • « Toutes mes excuses, Vôtre Altesse. » Il insista sur les deux derniers mots, se raillant de lui.

  • « Victor, tu ne manques pas de toupet. Tu es sorti de nulle part toi aussi. Tu aurais pu faire attention où tu allais. »

  • « De quoi je me mêle. Depuis quand tu le défends ? »

  • « Je ne défends personne ! Tu es injuste et incapable de te remettre en question. »

 

Les deux étaient partis pour se disputer.

 

  • « Du calme, vous deux. »

  • « Toi je t’ai pas sonné ! »

  • « Mais Victor…pourquoi es-tu aussi agressif ? »

  • « Ta gueule. »

  • « Tu parles d’une réponse. »

  • « Je ne l’aime pas, je ne l’aime pas.... »

  • « Tu n’aimes pas grand monde, c’est cela ton problème. »

 

Mushin resta entre les deux, s’entendants comme chien et chat. Leurs disputes étaient courantes mais il arrivait à voir parfois de très bonnes ententes, assez discutables d’ailleurs puisqu’il n’arrivait pas à comprendre les humeurs de Victor.

 

  • « Dîtes, ne vous disputez pas à cause de moi. Je m’excuse de cet incident et je retourne à ma chambre. »

  • « Oui, va le larbin. »

 

Mushin fronça les sourcils. Le gosse avait dépassé les limites mais il garda son sang froid. Hors de question de se faire remarquer maintenant. Cependant il entendit un claquement qui retentit. Il se retourna vers eux et vit Arialyss la main abaissée. Le visage de Victor était tourné sur le côté, il ne put le voir. Elle venait de le gifler.

 

Mushin était à nouveau surpris, elle venait de le corriger. L’avait-elle fait pour lui ? Ou uniquement parce qu’elle n’aimait pas son frère ? Quoi que fut la raison, elle semblait être justifiée par son action.

 

Victor baissa la tête, quelques mèches de cheveux retombant sur ses yeux. Arialyss fit signe à Mushin de s’en aller, prenant les choses en main. Celui-ci ne se fit pas prier et la remercia d’un signe de tête avant de prendre congé.

 

Lorsqu’ils furent seuls, la sœur et le frère restèrent dans le couloir.

  • « J’attends. » dit-elle patiemment.

  • « Quoi… », les dents serrés. Il bouillonnait de rage.

  • « Excuse-toi. »

  • « Pardon… » marmonna t-il.

 

Il releva la tête, les yeux étincelants de haine.

 

  • « Sache que ce que tu viens de me faire là, je te le rendrai en dix fois pire… »

 

Sur ces mots, il s’en alla. Arialyss resta un moment dans le couloir sujette à réflexion, sans s’inquiéter particulièrement des menaces de son frère.

Ceresayaria

< Dernier texte >

 ♫ Introduction ♫

 

Les tambours résonnèrent, l'heure approchait. Il était bientôt temps à Arialyss de se poster sur le front. Depuis peu, un des alliés du clan « Noirs Desseins » dont la famille Arkxane en chapeautait la structure s'était retourné contre eux, tentant une révolution. Les deux armées allaient s'affronter de l'autre côté de la rive, à quelques kilomètres de la forteresse.

Le clan « Croc de Fer » avait fini par rompre ses accords. Marcus devait étouffer le problème dans l’œuf, avant que d'autres alliés ne se rebellent, déclenchant un véritable soulèvement. Mais les Arxkane régnaient ici depuis plusieurs décennies et jamais ils n'avaient perdu de guerre.


Arialyss se trouvait à l'écurie, emballant ses affaires. La louve assise sur son arrière-train humait l'air orageux. Les nuages étaient bas, chargés de pluie, qui s’abattraient sous peu sur le vallon.

Le cheval blanc et noir était lourdement harnachés de deux coffres de part et d'autre ainsi qu'une grande besace en cuir sur laquelle elle avait accroché quelques ustensiles en laiton (casserole, godet). Un nécessaire de camping (tapis de sol roulé sur lui-même et les pans en tissus pliés d'une tente venaient trôner la croupe de l'animal. Une fois cela fait, elle guida la monture jusqu'à un bosquet, en dehors des limites des combats qui auraient lieux sous peu. Après avoir attaché la monture à un arbre, elle revint à l'écurie pour équiper sa monture, un cheval de jais avec une selle faite d'acier et de cuir de bovin. Elle lui mit l'armure quand Maya se mit à grogner. Quelqu'un approchait. Arialyss se retourna. Victor venait d'entrer dans l'écurie.

 

  • « Dis à ton sale cabot de fermer sa gueule. » ordonna Victor, sèchement.

  • « Ce n'est pas de ma faute s'il ne t'aime pas. » répondit-elle simplement.

     

Maya ne cessait de grogner...si sa maîtresse n'avait pas été là, elle lui aurait sans aucun doute sauter à la gorge.

 

  • « Maya, file. » ordonna t'elle.

     

La louve obéit non sans mal, la queue baissée entre ses pattes, les oreilles en arrière, les babines retroussées.

 

  • « Je peux savoir pourquoi tu es ici. Ton cheval n'est pas à l'écurie.. » fit remarquer la jeune femme.

  • « Je sais...j'avais envie de venir donc occupe-toi de tes affaires. »

  • « Très bien, très bien. » dit elle en soupirant.

  • « Mon petit doigt me dit que tu ne prendras pas part à la bataille... », supposa-t'il.

  • « Qu'il s'occupe de ses affaires... », répliqua t'elle.

  • « Alors j'ai raison ?... »

  • « Non... tu vois bien que je selle mon cheval pour la bataille, pas pour une randonnée champêtre... », répondit-elle, agacée.

     

Il s'approcha d'elle lentement en catimini tandis qu'elle sanglait l'armure.

 

Il vint susurrer à son oreille : « Je sais que tu n'es pas d'accord pour faire cette guerre. Et que tu cherches à l'éviter coûte que coûte... »

Elle frissonna. Le savoir à quelques centimètres d'elle l'affolait. Elle ne souhaita pas le regarder, tentant vainement de l'ignorer.

  • « Tu es lâche... » finit-il par lancer, cherchant à la faire sortir de ses gonds.

  • « Lâche ? » répéta-t'elle, ayant peur d'avoir mal entendu.

  • « Je sais ce qui te trotte en tête...la dernière discussion avec notre père...t'a mise hors de toi...et hors de lui. Il est prêt à te pardonner tu sais... »

  • « Mais qu'est ce que tu me racontes ! Je ne suis pas en train de partir, je m'équipe et je vais dans les rangs. Crois-tu que je vais déserter à un moment pareil ? Si je dois partir, ce sera après la bataille alors n'insiste pas ! Et si tu t'inquiètes des décisions sur les cessions de notre patrimoine familial, ne t'inquiète pas, je ne souhaite rien. »

  • « Tiens tiens...Arialyss Arxkane...marquise déchue. Ça sonne bien.. » railla-t'il.

  • « Va en enfer. » Elle se retourna vers Victor, le regard assassin. « Je sais ce que tu veux Victor. Va auprès de notre père, tu l'obtiendras mais pour ce qui est de moi, tu n'obtiendras rien, jamais. »

Victor ne sût rester tranquille une minute de plus, voir ce regard incandescent de sa propre sœur le mit dans une cruauté et bestialité sans limite. Il l' attrapa brutalement par la gorge et la plaqua contre le mur de l'écurie. Elle lut en lui sa soif de violence. Était-ce sa dernière heure ? Tuée par la main de son propre frère ?

Il s'approcha suffisamment d'elle pour humer sa chevelure auburn : « Je sens ta peur...ma très chère sœur. »

  • « Si tu ne me tues pas...lâche-moi... », la voix tremblante.

  • « Te tuer ? C'est vrai que c'est tentant et je rêve très souvent de t'étriper mais pour l'heure... »

Il posa ses lèvres sur le cou de sa sœur et à travers sa peau, il sentit son pouls battre à cent à l'heure.

  • « Tu es nerveuse... »

Bien sûr qu'elle était nerveuse et horrifiée.

  • « Lâche moi... !!! Tu es cinglé ! »

  • « Oh oui... fou...fou de toi. »

  • « Quoi...comment ? Qu'est ce que tu dis... »

  • « Pourtant il me semble avoir essayé de le démontrer depuis ces quelques dernières années. Tu n'as pas vu les signaux que je te faisais... ? »

  • « Je sais suffisamment que tu es cinglé depuis que je suis tombée sur cette pièce... »

  • « C'est à cause de toi tu sais... »

  • « Comment cela...à cause de moi ? »

  • « Cela ne cessera que si tu m'appartiens. »

Elle le vit sortir une dague dont il mit la lame sur sa nuque. Elle sentit le métal froid, de plus en plus horrifiée. Ce n'était pas la lame qui lui faisait peur...mais son frère, collé à elle dans une position malsaine. Il dessina de la lame un symbole sur le cou de la jeune femme, de minces filets de sang coulèrent le long de sa peau. Il plongea la tête vers elle et vint le lui lécher. N'en pouvant plus, elle finit par lui mettre son genou dans les côtes, puis d'un violent coup de pied le bouscula.

Énervée et désormais avec une jolie cicatrice sur son cou, elle regardait avec dégoût son frère cadet.

  •  « Bientôt tu seras à moi, de grès ou de force », lui lança t'il, le rictus aux lèvres et s'éloignant.

 

Hors d'elle, elle s'essuya machinalement le cou afin d'enlever la salive et le sang. Elle se sentait souillée... D'une main tremblante, elle enfourcha son cheval et retourna à la forteresse.

 

Arrivée au château, elle entra dans la grande salle puis monta vers les étages supérieurs quand soudain elle entendit un vacarme en bas et un homme hurlé :

« ON NOUS ATTAQUE !! »

Le vacarme de chandeliers tombant au sol retentirent depuis le second étage. Des bruits de pas, ceux des gardes qui protégeaient la forteresse allaient et venaient dans une cacophonie régulière. Les domestiques coururent le long des corridors, affolés. Arialyss courut à son tour et rameuta les gardes de l'étage : « ON NOUS ATTAQUE ! EN POSITION DE DEFENSE !!! ALLEZ !! ALLEZ !! »

 

  •  « Ma Dame », appela la gouvernante qui s'occupait des quartiers d'Arialyss.
  •  « Courez mettre nos grands-parents à l'abri, ainsi que ma mère. »
  • « Bien Ma Dame »
  •  

Tout à coup, la porte qui reliait les deux couloirs s'ouvrit dans un fracas. Un homme bâtit comme une armoire...s'interposa.

 

  •  « Vous... », dit Arialyss étonnée.
  •  « Oui...moi... »
  •  « Traître...vous êtes alliés au « Croc de Fer »... »
  •  « Non...Mais l'occasion est trop bonne pour attaquer. Les autres font diversion pour nous...et le plus gros de vos troupes sont sur la rive. Aucune chance... Vous perdrez votre forteresse et à nous l'or des mines... »
  • « Ça, ça reste encore à voir. Le signal a été donné... »

 

Aussitôt, on entendit le bruit d'une corne. Le son résonna dans tout le vallon, accessible jusqu'à la rive. L'armée était avertie.

 

L'homme patibulaire se renfrogna puis brandit sa masse en plongeant sur son adversaire. Arialyss esquiva le coup porté avec facilité. Elle était beaucoup plus fine et élancée que le sbire, aucune difficulté à éviter les coups...mais pour ce qui était de la force, il l'emportait.

Il ne cessa d'agiter la masse s'abattant lourdement sur le sol, prête à écraser Aria qui dansait sur place pour l'éviter. Il en eut marre et d'un coup de poing, il cogna la jeune femme. Titubante et chancelante, elle perdit l'équilibre sentant le mur en pierre froid dans son dos. L'homme fonça sur elle, les images dansantes, elle saisit la torche murale et la lui jeta dans la figure. Il hurla d'agonie, la flamme brûlait ses yeux, elle en profita pour planter sa dague dans son ventre. Regardant fixement devant elle, la lèvre enflée, un mince filet de sang en coulait. La corpulence massive s'écroula sur le sol, agonisante. Elle se pencha pour ramasser sa dague et alla à la fenêtre. En contre-bas, dans la cour, elle vit les gardes défendre la forteresse face aux assaillants. Au loin, un cortège de soldats à cheval arrivait au grand galop. Les renforts arrivaient. Elle se retourna et changea de couloir, pressant les domestiques à évacuer lorsque soudain un carreau lui transperça la cuisse. Elle gémit de douleur et se retourna. Un homme rechargeait son arbalète. Elle se retourna et courut à toute allure vers lui. Il visa et tira. Elle esquiva en effectuant une pirouette puis s'élança vers le lustre, l'agrippa et par la force de ses jambes qu'elle joignit, prit un grand élan pour bousculer l'arbalétrier ainsi que ses acolytes. Ceux-ci tombèrent un à un comme des dominos. L'un d'eux se releva et elle lui asséna un direct du droit, s'écroulant lamentablement sur le sol. Elle regarda sa jambe dégoulinante de sang. Elle n'était plus très loin de sa chambre. Elle y entra, prit un morceau de drap qu'elle déchira et se fit un garrot au-dessus du carreau après avoir en avoir cassé un bout. Elle s'apprêtait à ressortir de la chambre quand elle s'arrêta nette. L'étincelle dans son regard fit germer une idée. Culottée...oui mais tellement opportune. Elle pivota pour faire demi-tour...entra dans sa chambre et du bout de son index, fit tomber la chandelle enflammée sur la table. Celle-ci roula et tomba à terre, mettant le feu aux rideaux aussitôt. Il n'était plus que question de temps, les flammes léchèrent et dévorèrent tous les combustibles.

Elle sortit précipitamment de sa chambre, traversant les longs couloirs et se rendit à l'étage du dessous où régnait la discorde. Elle vit des corps sur le sol, ceux des gardes et soldats de son père, l'ennemi portant les couleur noir et doré. Les corps des domestiques jonchaient le sol, recouverts de sang et d'armures cabossées par les combats incessants.

 

  • « Ma Dame ! Partez ! » avait crié un domestique.

  • « Non ! Courez vous mettre à l'abri ! Mon père ne va pas tarder ! Où sont ma mère et les grands-parents ? »

  • « Ils empruntent le tunnel Ma Dame ! »

  • « Alors rejoignez-les ! Vite ! »

Le domestique ne se fit pas prier. La jeune femme n'eut pas le temps de crier gare qu'une femme lui barra la route, une bretteuse accompagnée de ses sbires, prêts à engager le combat. Les quelques gardes de la maison se joignirent aux côtés d'Arialyss pour un duel serré.

Le domestique fila par la porte basse, jetant un dernier coup d’œil derrière lui. Il vit la jeune femme en train de repousser les assaillants puis il fila vers le fond du tunnel, menant à l'extérieur des murs de la forteresse.

Les gardes et les sbires tombèrent un à un, certains s'en sortirent avec des blessures graves ou plus légères. Aria, blessée, regardait la femme blonde portant les armoiries dorées et noires de la Maison du Lys, étendue sur le sol, haletante.

Essoufflée, Aria s'assit à califourchon sur la femme, pointant sa dague sur son cou, menaçante.

  •  « Parle...es-tu sous les ordres des Croc de Fer. »
  •  « Keuf... »

Elle cracha une gerbe de sang, s'étouffant presque dans le liquide vitale et chaud.

  •  « Parle ! »
  •  « Non... »
  •  « Ne me mens pas ! Votre attaque était pratiquement coordonnée avec celle des Croc de Fer. A quelques minutes près le château était perdu. »
  • « Non...nous n'avions...que...objectif...château. Les autres... »

Elle ne comprit plus rien. La femme rendit l'âme. Arialyss se releva et se précipita vers une fenêtre. Dans la cour, les renforts avaient mis pied à terre. Elle reconnut la silhouette de son frère et celle de son père. Il avait laissé les autres sur le front afin qu'il puisse récupérer lui-même son domaine. Il fallait faire vite. Elle entendit déjà crier qu'il y avait le feu, que le château brûlait. Par sa faute. Elle n'avait pas le choix. Tout allait se jouer maintenant. Elle saisit une corde avec un grappin et fit le tour du donjon, ouvrit une fenêtre, sortit son corps et du long de la corniche, elle tenta d'accéder au toit inférieur. Le moindre faux pas lui coûterait la vie. La toiture était un peu plus bas que prévu...elle se laissa glisser le long du mur puis se laissa tomber. Sauf qu'au moment, une tuile se détacha, en entraînant une autre, Aria glissa et dévala la toiture dans un fracas d'ardoises brisées. Elle hurla lorsqu'elle aperçut le bord. Roulant sur elle-même, elle chuta et s'accrocha de justesse à la gargouille. Quelle idée de passer par là... Mais bon...cela valait le coup. Désormais on pensait que la Maison du Lys était originaire de l'incendie tout en voulant investir le château. Les domestiques l'avaient vu défendre les siens, preuve qu'elle était restée jusqu'au bout, juste qu'au moment où son frère ne fasse son apparition. Ils pouvaient penser n'importe quoi désormais, elle aurait un peu de répit, le temps qu'ils découvrent la vérité. Seul son frère se doutait qu'elle puisse être partie mais les domestiques démontreraient le contraire, l'ayant vu. Sa disparition pourrait laisser supposer plusieurs raisons : un enlèvement comme prise de guerre en cas d'échange, sa mort...ou qu'elle ait pris la fuite.

Pendant qu'elle jouait les funambules sur les toitures du château, dans la grande salle du trône le paternel avait finit par chasser les envahisseurs. La plupart étant morts, quant aux autres, ils prirent la fuite.

 

Victor quant à lui égorgea tous les survivants, massacrant tel un boucher même les cadavres de ceux qui étaient morts depuis un moment, sous le regard apeuré de quelques domestiques présents et des quelques gardes qui le regardèrent de travers... Lorsque Victor rencontra leur regard de l'un deux, il lança :

  • « T'as un problème ? »
  • « Non..non mon Seigneur... », le regard fuyant. Sanguinaire et au tempérament orageux...Victor n'éprouvait aucune difficulté ou remord à devoir tuer un garde de la maison.

 

Les deux Arxkane étaient en colère. Marcus donna l'ordre d'éteindre l'incendie en mobilisant ses troupes et ordonna à des éclaireurs de prendre position à la sortie du tunnel, afin de savoir si parmi les rescapés, sa femme et sa fille s'y trouvaient.

 

Les allées et venues à la demeure familiale donnèrent du temps à Aria pour filer. Elle avait rejoint le plancher des vaches, non sans difficulté à cause de sa jambe blessée. Elle contourna l'écurie de la demeure et prit son cheval. Tous deux disparurent dans la forêt. La louve les avait rattrapé, rejoignant ainsi le cheval qui patientait à la lisière, de l'autre côté du domaine.

 

  • «  Des nouvelles d'Arialyss ? »
  • « Non mon Seigneur. Mais nous avons retrouvés que votre épouse ainsi que la plupart des domestiques. Les grand-parents sont également sains et saufs. »
  • « Où peut-elle bien être !? »
  • « Elle est peut-être partie... », lança Victor.
  • « Euh...sauf votre respect mon Seigneur, nous avons vu votre fille combattre ici jusqu'au bout...la dernière fois que je l'ai vu, elle était au premier étage, encerclée. »
  • « J'espère qu'elle s'en est sortie... Où sont les fuyards ? »
  • « Ils sont en direction du poste-frontière. »
  • « Victor, prends nos troupes et je veux que tu les captures. Vivants ! »
  • « Très bien Père... », dit-il avec un sourire en coin. Il en tortura certainement quelques uns avant de les ramener au château.

Plus tard dans la soirée, Marcus reçut de mauvaises nouvelles du front. Ils avaient perdu la bataille. Cela ne leur était jamais arrivé...jamais...quelle honte pour eux ! Mais Marcus se vengerait...

Ses enfants rentrèrent tous blessés et meurtris par les combats mais saufs, il fut même furieux et les engueula d'avoir perdu, les traitant d'incapables. Son épouse tenta de le calmer mais il s'égosillait, honteux de l'image que la Maison Arxkane importerait au-delà des murs. Mais cette infamie ne restera pas impunie et bientôt on saura comment les traîtres sont traités en ces terres.

L'incendie finit par s'éteindre. L'étage était détruit dans sa plus grande totalité, les charpentes et la toiture de plusieurs appartements étaient à refaire entièrement. Ceux-ci prendraient plusieurs mois.

Au loin, du haut de la colline, Arialyss regarda sa demeure natale, la larme à l’œil.  Une fumée noire s'éleva depuis les étages supérieurs vers le ciel dont les obscurs nuages chargés de pluie se mirent à gronder dangereusement au-dessus de sa tête. Une pluie finie s'abattit sur la contrée, étouffant petit à petit l'incendie qu'elle avait déclenché. Sa famille, ses terres allaient lui manquer. Son cœur se serra dans sa poitrine, oubliant la douleur lancinante de sa cuisse. Aujourd'hui, elle avait tout perdu, ce sacrifice étant nécessaire...mais devant elle s'étendait tout un monde à explorer par-delà ces montagnes, jusqu'alors jamais franchies.

Saisissant la bride du cheval portant ses effets personnels, elle prit la longue route du nord accompagnée de sa louve.

Un nouveau mode de vie l'attendait, une nouvelle vie qu'elle s'apprêtait à croquer à pleine dents, loin des principes moraux de sa famille, qui tôt ou tard, la rattraperait...

 

♫ Fin ♫

 

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Ceresayaria

< Troisième texte >

♪ Thème d'ambiance ♫

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An 283

Le soleil descendait progressivement vers l'horizon. Il s'agissait d'une fin d'après-midi ensoleillée, sans nuage. Il restait environ une heure ou deux avant que l'astre rencontre l'étendue terrestre. Sur la colline, un cheval blanc moucheté de noir, paissait dans le pré, savourant l'herbe haute. La famille Arxkane chérissaient ces quelques rares pâturages, exclusivement utilisés pour l'accroissement et le rendement équin.

Non loin de là, une forme allongée à l'ombre d'un arbre faisant une sieste. Une femme dans une armure de mailles et de cuir très saillante, mordillait un brin d'herbe, son chapeau à plume abaissé sur ses yeux, un bras à demi replié sous sa tête afin de la surélever un peu. Elle parvenait à distinguer à la lisière de son couvre-chef, son compagnon à quatre pattes en train de brouter.

Un bruit dans les buissons , derrière elle, attira son attention mais elle ne cilla pas d'un pouce. Elle reconnût l'halètement de son chien. La monture n'était pas du tout inquiète, preuve que l'animal tapis dans le buisson, lui était familier. Un chien en sortit, au pelage long et soyeux, plus précisément une louve aux couleurs noire et blanche. La louve vint s'asseoir près de sa maîtresse, la langue pendante sur le côté de sa gueule. Elle finit par allonger la tête et glissa sa truffe humide sous la coiffure de sa dame pour lui lécher le nez. Arialyss ne pût contenir un rire et sa main libre se perdit dans la fourrure épaisse de la louve, lui grattant le garrot. La louve, d'humeur taquine se leva et d'un bond, lui chipa le couvre-chef, découvrant la chevelure attachée en une haute queue de cheval. Arialyss se leva et interpella l'animal : « Maya ! Reviens ici tout de suite ! »

Elle se mit à la pourchasser, la louve grogna, la narguant, décrivant de larges cercles, allant et venant sans cesse dès que la jeune femme tentait de lui barrer la route. Ennuyée, Arialyss plongea sur le canidé, l’aplatissant au sol. Maya glapit. Dans cet entremêlement, les deux finirent par glisser dans un rouler-boulet dangereux le long de la pente. Le cheval savourant les gerbes d'herbes les observa...les oreilles pivotant vers l'arrière..il ne comprenait décidément pas les humains.

Lors de la descente, Arialyss distingua tout en bas des troncs et branches mortes ainsi quelques caillasses... La chute allait être brutale. Elle attrapa fermement sa chienne par la peau du cou puis sortit sa dague de son autre main, la plantant d'un geste sûr et sec dans le sol, ralentissant la progression des deux êtres. L'armure ne recouvrant que partiellement le dos d'Arialyss, ne put la protéger des cailloux et autres brindilles venant lui lacérer le dos. Toutes deux, tombèrent sur le sol, une douleur lancinante dans le dos de l'humaine. La louve étendue sur le ventre de sa dame ne resta pas longtemps tranquille et s'en alla aussitôt que le dos protecteur d'Arialyss avait touché durablement le sol. L'humaine soupira...son dos avait souffert. Elle ne se releva pas, préférant soulager son dos un instant.

Ce moment de répit lui permit de se plonger à nouveau dans ses pensés troublées... Des souvenirs refirent surface : une jeune fille éplorée aux cheveux longs et brun avec de légers reflets roux, penchée sur un corps mutilé, décapité... un homme aux traits fins, des cheveux poivre et sel tenant une lame de bourreau, le regard animé, assoiffé par la souffrance des autres...une conversation qu'elle eut surprise entre deux membres de sa famille...sa jeune sœur changeante du tout au tout... Les souvenirs se bousculaient dans sa tête entrecroisant le sang, la souffrance, l'annihilation, le pouvoir, l'or, l’obsession, la famille, l'étiquette, le devoi et l'honneur. Sa tête était sur le point d'exploser. Elle se pinça le coin des yeux ruisselant de larmes. Elle ne put contenir une seconde de plus ses émotions, trop longtemps enfouies en elle. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ceux-ci se retrouvaient collés à cause des larmes qui ont coulées, c'était l'aube. Sa louve était allongée près d'elle, le museau posé sur ses pattes avant entrecroisées. Elle avait veillé toute la nuit sur sa maîtresse. L'humaine se releva, la douleur avait disparût peu à peu. Elle caressa tendrement la tête du canidé puis elle remonta la pente en prenant soin de ramasser son chapeau prit dans un buisson, l'époussetant. La nuit lui avait permit de mettre de l'ordre dans ses idées et il était temps...de prendre quelques distances avec sa famille.

 

 

Ceresayaria

< Second texte >

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An 281, deux mois plus tard …

 

Dans la grande salle du trône, au rez-de-chaussée...

 

Marcus assis confortablement sur le siège patriarcal de la Maison Arkxane, recevait un après les autres les bannerets de son duché.

Arialyss entra discrètement et longea le mur droit pour se rendre sur un des sièges dominant la salle, en haut des marches, aux côtés de ses frères et sœur.

Elizabeth l'observa et lui dit presqu'en chuchotant : « Ton retard est remarqué. »

  • « Pardon Mère. J'ai eu un petit contre temps. »

  • « Un souci ? » demanda la belle femme aux cheveux roux, avec une pointe d'inquiétude.

Elle scruta sa fille aînée et remarqua une plaie sanguinolente sur son avant-bras gauche.

  • « Tu es blessée... ! Cours vite soigner cela ! »

Yann l'avait remarqué également, serra les dents : « Tu aurais pu faire l'effort d'être bien séante avant d'arriver ici toute dégoûtante. »

  • « Ce n'est qu'un peu de sang...depuis quand es-tu aussi douillé Yann ? » répliqua t'elle avec un sourire en coin, le fusillant du regard.

  • « Un peu... » répéta t'il, sarcastique.. « et certainement moins douillé que toi. »

  • « Cela mérite un petit duel...que je te rabatte ton caquet. », chuchota t'elle.

Il ne répondit pas, un simple sourire amusé arborait ses lèvres.

  • « Arrêtez de vous chamailler...et faîtes preuve de respect envers votre père et nos alliés... » ordonna leur mère.

  • « ASSEZ !!!! » avait crié Marcus. 

Tous tournèrent la tête vers lui, fou de rage et rouge de colère qu'il était. Leur discussion l'avait-il dérangé et rendu furieux ? Apparemment, la cause de cette amertume avait été causé par leurs alliés. Il les congédia ne souhaitant en entendre d'avantage. Le banneret portant les couleurs de l'aigle blanc sur fond bleu devenait de plus en plus belliqueux ces derniers temps mais ce n'était que temporaire. Marcus Arkxane avait plus d'une corde à son arc pour taire les révoltes...celles-ci se terminaient inéluctablement dans un bain de sang, spectacle qui réjouissait leur frère cadet.

 

Le chef de famille se retourna vers Aria, elle ressentit sa mauvaise humeur.

  • « Je peux savoir pourquoi tu es en retard ? », la questionna t'il durement.

  • « Une embuscade sur le chemin du retour » répondit-elle simplement.

  • « Qui donc ? »

  • « Ils n'avaient pas de couleur...ni de blason, peut-être des bandits. »

  • « Et tu es blessée ? »

  • « Oui. »

  • « Parfait, tu restes ici ! » ordonna t'il violemment.

  • «  Mais.. » Elle ne comprenait pas quelle mouche le piquait.

  • « Sa plaie risque de s'infecter... », s'enquit sa sœur.

  • « Je m'en moque ! Cela signifie qu'elle n'est pas capable de venir à bout de quelques malandrins ! », l'enfonça t'il.

  • « ... »

Tous restèrent sans voix bien qu'ils étaient habitués, excepté Victor qui s'en foutait royalement. Au contraire, la querelle le divertissait.

  • «  Mais père on ne sait même pas combien ils étaient ! Tu ne peux pas... », s'opposa Garvera.

  • « Bien sûr que je peux ! », vociféra t'il. « J'en ai le pouvoir et vous me devez le respect ! ! »

 

Aria posa son index sur ses lèvres tout en regardant sa sœur. Tout bas : « Ce n'est pas grave, laisse. »

Leur père continua l'interrogatoire. Tout était bon pour se défouler et l'occasion était trop belle.

  • « Combien étaient-ils ? »

  • « Une dizaine je dirai...ils visaient l'or de notre transaction. »

  • « L'ont-ils volés ? »

  • « Non... il est en lieu sûr, ici. Les intendants et ton trésorier s'en sont occupés. »

  • « Des pertes ? »

  • « Deux de nos meilleurs hommes. »

Elle soupira silencieusement, attendant calmement la prochaine salve...

  • « C'est qu'ils ne devaient pas l'être. » Gagné...

  • « Victor était censé m'accompagner. Or il était totalement absent lors du retour. Ses prouesses en combat auraient changé la donne...et il n'a pas à s'absenter de son poste. Deux officiers auraient certainement décourager les bandits, nous n'aurions rien perdu. » se défendit-elle.

Un silence s'installa un court instant.

  • « Quoi ?!? Ca va...t'es pas foutu de tuer quelques pauvres types... Ah oui..c'est vrai que je suis tellement incroyable et indispensable... mais ma présence était inutile là-bas.. la paperasse ce n'est pas pour moi. » lança t'il, en proie au narcissisme. 

Arialyss serra les dents : « La fille du meunier n'est pas du même avis... »

Victor : « Il faut savoir se faire plaisir de temps en temps », le rictus aux lèvres. « Et puis serais-tu jalouse ? », il fit danser ses sourcils de haut en bas de manière répétée.

Arialyss : «  Ce que tu peux être puéril. »

  Elle leva les yeux au ciel, c'était un cas désespéré.

Victor ricana : « Héhéhé... »

 

Elizabeth en profita pour changer de sujet... : « Pour en revenir à nos moutons, la rumeur est fondée, celle concernant les viols ? »

  • « Apparemment... » répondit Marcus, un peu plus apaisé et se renfonçant dans le fond de son siège. Il semblait ennuyé.

  • « Il serait judicieux de mettre un terme à ces crimes. Nous ne pouvons laisser passer cela, les alliés seront encore plus belliqueux si nous ne sommes pas capables de protéger les filles et épouses de la contrée. », conseilla l'épouse.

  • « J'ai demandé à ce qu'on enquête. »

  • « Vous avez remarqué que les viols n'ont lieu en majeur partie que chez les alliés récemment assujettis ? D'ailleurs notre dernier visiteur en a été victime aussi. C'est ce qu'on raconte en tout cas. C'est sans doute pour ça qu'il est colérique. », observa Garvera.

  • « On va dire que ça ne renforce pas nos alliances. » répondit Yann. « Tu penses qu'il s'agirait d'une manœuvre politique ? »

Sa propre question lui parût vraiment stupide...quelle idée pour penser cela.. il avait lancé cela comme ça. La réponse de Garvera le conforta : « Une idée bien tordue... »

Yann : «  Je ne te le fais pas dire... »

Hartz soupira, il était totalement effacé au dialogue, il s'ennuyait à mourir lorsqu'il entendait le prêchi-prêcha procédural, les enquêtes, les rumeurs...et blablabla...interminable. Il n'avait qu'une hâte, retrouver son ami pour continuer les duels en s'introduisant dans la peau d'un personnage, lui chevalier et l'autre bandit...jusqu'à se déguiser et semer la pagaille dans la cour.

Victor s'affala sur sa chaise, il se grattait la joue à l'aide de son ongle en regardant sa sœur aînée qui ne faisait qu'écouter avec concentration les échanges.

Un sourire mauvais naquît sur ses lèvres lorsqu'une lueur apparût dans ses yeux cendres. Il saisit le bras gauche de sa sœur, l'empoignant fortement. Cette dernière serra les dents, laissant échapper un gémissement de douleur. Une larme perla au coin de l’œil. Il sourit de satisfaction lorsqu'il la vit souffrir.

  • « Arrête, tu me fais mal Victor. »

  • « Pardon, je ne le voulais pas... », mentit-il.

Il se pencha vers elle, lui tirant le bras afin qu'il puisse lui murmurer quelque chose dans le creux de l'oreille. Aussitôt, elle se figea, son visage blêmit. Elle n'osa le regarder. Il sourit d'un air ravit tout en lui relâchant le bras.

Yann tourna la tête vers eux, remarquant le visage de sa jumelle et pensant qu'elle ne se sentait pas bien à cause de la récente blessure, il proposa à leur père d'écourter la séance et d'y revenir plus tard dans la soirée.

 

Marcus : «  Avant de partir, je souhaiterais vous dire une chose importante. »

Tout le monde le regarda attentivement, prêts à l'écoute, sauf Arialyss, encore troublée.

Marcus : « J'ai validé la requête il y a quelques temps de votre sœur concernant le « Don d'Honneur ». Pour y revenir, j'ai également ajouté à cela une touche plus ou moins personnelle. Pour mieux unifier nos rapports avec les bannerets, nous évitant les possibles soulèvements, je pense surtout au seigneur de la Maison « Serre d'Aigle » en évoquant cela. Par conséquent, je vous promettrai chacun, chacune à des seigneurs, fils ou filles de seigneurs. »

Hartz maugréa : «  Super... »

Elizabeth lui intima de faire silence.

Garvera : «  Un mariage arrangé...je me disais bien que les mariages d'amour n'existaient pas chez nous. »

Elizabeth, outrée : « Garvera ! »

La cadette se tût,  trop soumise pour défier sa mère en qui elle démontrait une admiration et un respect sans limite.

Marcus : « Ne me regardez pas comme ça... cette décision a été prise entre votre mère et moi.  Et sachez que la Comtesse Hélène a accepté de se remarier pour donner l'exemple avec le seigneur Delvalet. Et puisque Garvera ne peut s'empêcher de me regarder de travers, elle sera la première à marier ! »

Garvera bondit de son siège : « Quoi !!! »

Yann se leva et plaça son main droite contre son buste en faisant une révérence très solennelle : « Père, si cela ne vous gêne pas, je peux être le premier. »

Victor pouffa de rire  : « »Voyez ça...le petit premier de la classe a besoin de se faire remarquer. »

Yann : « Pour l'instant c'est toi qui te fait remarquer... »

Victor, fièrement: « Que veux-tu, c'est un talent naturel chez moi ».

Marcus : «  Non Yann, j'ai d'autres projets pour toi. »

Victor soupira : « Bah tiens...comme ça ne m'étonne pas... »

Marcus : « Il suffit ! C'est décidé et maintenant … ROMPEZ !! »

 

Marcus accompagna sa dulcinée vers la porte se trouvant derrière eux à droite, accédant ainsi aux escaliers. Garvera s'empressa de la rejoindre, encore révoltée par la décision autoritaire. On entendait la mère réconforter la jeune fille. Hartz fut le premier dehors afin d'y retrouver son ami.

Tous avaient quitté la pièce. Seule, Arialyss, demeura assise sur sa chaise, emmurée dans un silence profond. Elle prit sa jambe droite contre elle, posant ainsi le talon sur le barreau, elle posa son front contre son genou, quelques mèches auburn tombèrent de chaque côté de son visage. Elle resta ainsi pendant un moment, prisonnière des derniers mots de Victor.

Le soleil déclinait petit à petit, les rayons traversèrent les grandes vitres, colorant les dalles de pierre d'un rouge orangé éclatant. Le sang de sa plaie avait fini par sécher, laissant place à une vilaine croûte. Lasse, elle finit par se lever en soupirant et glissa ses pouces à l'intérieur de sa ceinture, effectuant une légère pression et d'une démarche chaloupée, elle s'éloigna vers les grandes portes afin de prendre un bol d'air. Elle fixa sa monture et s'en alla vers elle, prit son chapeau à plume couleur lilas enfoncé sur le pommeau de sa selle et s'en coiffa, elle glissa un pied dans l'étrier, enfourchant ainsi sa monture. S'aérer l'esprit et chasser ses sombres pensées, tel était désormais sa priorité.

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***

 

 

Ceresayaria

 ♪ Thème d'ambiance ♫

 

Récits antérieurs :

 

 

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< Premier texte > 

 

En l'an 281, quelque part, bien au Sud de la région de Calpheon, après la chaîne de montagnes.

 

La grande Salle plongée à moitié dans la pénombre, seuls quelques chandeliers étaient allumés, éclairant l'imposante table circulaire en chêne.

Sept fauteuils massifs, sculptés dans le même bois, encerclant la table sur laquelle pendait une nappe carrée et en son centre, l'on pouvait trouver une carafe de vin local, une corbeille de fruits, un panier en osier contenant des miches de pains ainsi que du pâté de chevreuil. Sur un coin de table, un parchemin était déroulé dévoilant la topographie de la région. Une croix, un cercle, quelques flèches ici et là...de près ou de loin, cette carte représentait un plan...commercial, militaire ou bien encore politique.

Quelques autres chaises, richement sculptées mais plus sobres que les premières étaient alignées le long des trois murs de pierre de la salle carrée.

Des rideaux de couleur bordeaux et argentés surplombaient le quatrième mur en lambris de bois sombre où se trouvaient un trône massif supplanté d'un second plus petit.

 

La porte s'ouvrit dans un grincement pénible...des bruits de sabot retentirent... Un domestique entra, apportant quelques godets et ustensiles supplémentaires.

Il alluma ensuite quelques torches murales, laissant le mur aux trônes volontairement plongé dans la pénombre.

 

Une voix féminine s'éleva depuis le couloir au moment où le domestique s'apprêtait à sortir de la pièce.

 

  • « Paul, à quelle heure mon père souhaite t'il s'entretenir avec nous ? »

  • « Dans une heure Ma Dame. »

  • « Bien. Je te remercie. »

 

Le domestique répondant au nom de Paul disparut dans le corridor. L'ombre de la personne s'allongea à la lueur des torches jusqu'à ce que la silhouette d'une femme apparût dans l'embrasure de la porte. Arialyss entra dans la pièce, ses talons de ses bottes claquèrent à chaque pas sur le sol dallé, ajouté à cela le tintement de ses éperons.

 

Une autre voix féminine s'éleva, l'interpellant depuis le passage. Arialyss se retourna de moitié dans la direction de sa jeune sœur Garvera.

 

  • «Hé ! Mère risque d'être furieuse si elle te voit avec tes éperons dans la demeure. Tu devrais les retirer. »

  • « Je ne reste pas longtemps et puis mère n'assistera pas à la réunion. Grand-Mère est alitée, elle doit veiller sur elle. »

  • « Tu ne participes pas à la réunion... ? »

  • « Le cœur n'y est pas. »

  • « Et le devoir ?? Père sera furieux. De plus que tu es ambassadrice. Nous aurons besoin de toi. »

  • « A quoi bon ? Il n'y a jamais de terrain d'entente possible. Depuis que je suis à ce poste, cela va faire six ans, nous n'avons pu signé quelques traités de paix qu'après avoir annihilé les armées de seigneurs et barons voisins et dès lors quelques bannerets ont rejoint les nôtres. »

  • « Ne vois pas cela comme un échec. Au contraire ! Nous gagnons à chaque coup. »

  • « Il est peut-être temps alors que nous prenions une raclée. »

  • « Quoi ? Comment ?  Mais ça ne va pas !  Tu souhaites qu'on perde tout ? »

  • « Je ne dis pas de tout perdre..mais nous sommes bien trop confiants et fiers. Nuance. »

  • « Je ne vois pas d'inconvénients dans ce que tu dis.  Nous avons des valeurs...et un honneur à défendre. »

  • « Là n'est pas la question mais tu ne participes à aucune négociation, tu ne pars pas en territoire hostile pour rédiger un traiter de paix et conclure d'un commun accord. Il s'agit uniquement de volontés imposées, d'ultimatum avec quelques serments de protection. Les familles nous rallient, certes mais ces traités bafouent l'honneur de ces familles et nous sommes méprisés. »

 

Une voix grave retentit derrière elles, sèche, masculine. Un grand homme bien bâtit entra, faisant virevolter sa longue cape rouge. Il vint s'asseoir sur le trône massif.

  • « Qui nous méprise ? Allons, parle.  Donne-moi des noms. »

Un vent glacial s'insinua dans la pièce. Un frisson parcourut l'échine des deux femmes.

  • « Je n'ai pas de nom qui me vient en tête. », répondit Arialyss.

Un rire retentit depuis le palier de la porte. Victor venait d'entrer. Un bel homme ténébreux, bien proportionné, les cheveux poivre et sel hirsutes, le rictus installé comme à son habitude à la commissure de ses lèvres.

  • « Notre grande sœur adorée protégerait-elle des traîtres ? » nargua t'il.

  • « C'est un peu fort... » répliqua Garvera, souhaitant protéger sa sœur.

  • « Si les bannières que nous avons ralliés nous méprisent, il y aura des coalition et donc traîtrise sous serment. » répondit Victor, sûr de lui.

  • « Holà, holà, holà... Restons tranquille. Je n'ai fait que supposer. Si les termes de nos accords restent désavantageux pour nos adversaires et futurs alliés, ils seront tout bonnement caduques. », calma Arialyss.

  • « Cher sœur...ça s'appelle un régner avec autorité...et tyrannie. » répliqua à nouveau Victor, amusé. « Des mots que j'adore. »

Le patriarche s'accouda, prenant son menton entre son index et son pouce, en proie à la réflexion. Il devint soucieux.

Victor grinça des dents : « On se fout des autres. Un regard de travers et on les fout au trou...ou mieux encore..on leur coupe la tête. Ils serviront d'exemple à ceux qui seraient tentés de nous trahir. D'une pierre de coup, problème réglé. »

  • « Tsss, toujours dans l'extrême...  C'est n'importe quoi, si nous tuons nos alliés, bravo pour la crédibilité. » soupira Garvera.

Les deux plus jeunes finirent par se chamailler.

Marcus invita l'aînée à le rejoindre, Arialyss vint s'asseoir sur les marches à côté de son paternel.

  • « Que proposerais-tu pour consolider nos accords ? »

  • « Accorde un petit pourcentage sur nos ressources minières... ? »

  • « Non. L'argent octroie le pouvoir et l'or de la guerre ne doit financer que notre armée. »

  • « Accorde leur donc une parcelle de notre territoire. »

  • « Notre territoire n'est déjà pas bien grand. »

  • « Nos chevaux ? »

  • « Voyons...Aria... »

  • « Nos seules richesses locales dépendent des ressources abondantes du sol..nous avons quelques mines qui alimentent nos forges. Notre armement, première ressource destinée à guerroyer. Ensuite, nous avons quelques champs servant à nos ranchs d'élevages. »

  • « Où-tu veux en venir... ? »

  • « L'argent nous sert à acheter les produits que nous n'avons pas...pourquoi ne fais-tu pas un accord commercial..quelques têtes contre quel-qu’autre marchandise. »

  • « Qu'est-ce que cela change pour eux ? Tu crois qu'ils seront plus heureux ni j'échange trois têtes contre une caisse de champignons ? » Il rit.

  • « Demandez-leur ce dont ils ont besoin et voyez si vous pouvez le leur accorder. »

  • « Une sorte de faveur en somme ? »

  • « Si vous voulez. »

  • « Je dois y réfléchir... »

  • « Si vous acceptiez, je pourrai me proposer pour aller à leur rencontre. »

  • « Très bien..de toute façon, cela concordera avec le projet que j'ai mis en place à la frontière. »

  • « Comment cela ? »

  • « La forteresse du Seigneur nécessite un poste frontalier, j'aimerai que tu t'y installes un temps avec une garnison, afin de voir s'ils se plient à nos accords. »

  • « En d'autres termes, vous me demandez de les surveiller. »

  • « Hmmoui...et tu feras en sorte de leur accorder une faveur honorable. »

  • « Vous acceptez donc ma requête ? »

  • « Oui..cela correspond à notre assujettissement. »

  • « Combien de temps devrais-je y rester ? »

  • « Un mois ou deux, selon leur docilité, ensuite tu me rendras des rapports espacés dans le temps. Nous verrons cela en temps voulu. »

  • « Très bien, selon vos désirs, Père. »

 

Victor écoutait l'échange entre son père et sa sœur aînée sans en perdre une miette. Il toisa du regard son aînée. Elle le remarqua et lui demanda : « Qu'y a-t'il ? »

  • « Rien. », répondit-il sèchement.

Elle haussa les sourcils un court instant. Quel caractère...

Gavera finit par s'asseoir sur une des chaises face à la table, lassée de sa précédente querelle avec son frère.

 

Yann fit son entrée à son tour dans la salle de conférences. C'est un homme assez grand, dans les un mètre quatre vingt cinq. Des traits fins comme sa jumelle, une musculature entretenue, bel homme également et possédant un charisme fou.

Victor ne put s'empêcher de faire une remarque : « T'as failli être en retard... »

  • «  Je suis en avance... », répondit-il dans le calme.

Victor s'empara d'un couteau posé sur la table et se mit à tailler un petit morceau de bois qu'il sortit de sa poche. Il coupa sèchement les lamelles, détachant un à un les copeaux dans de gestes furieux. Arialyss se leva afin de s'installer à son tour à table. Victor l'imita et s'assit sur sa droite, face à Garvera. Yann fit de même, en face d'Aria.

  • « Aïe... ».

Victor finit par se couper s'entaillant l'index. Arialyss le regarda..levant les yeux vers le plafond. Elle prit la serviette en tissu sur son assiette puis saisit la main de son frère sous son regard surpris, elle effectua une pression sur son index afin que le sang s'arrête de couler. Victor épiait sa sœur du coin de l'oeil, au bout d'un instant il ne restait sur son doigt quelques perles de sang. Elle attrapa le nœud en soie qui retenait ses cheveux, les laissant tomber en cascade dans son dos et avec une douceur extrême elle lui fit un pansement de fortune. Victor ne détacha pas son regard d'elle.. Une fois fini, elle lui esquissa un petit sourire affectueux, il réussit à lui glisser un merci, timide certes mais reconnaissant malgré le ton boudeur.

Les moments de complicité entre ces deux-là étaient rares. Bien qu'avec Yann, elle partage une relation plutôt fusionnelle.

 

Marcus : « Et si nous commencions ? »

Yann : « Il manque d'Hartz. »

Garvera : « Encore en retard. »

Arialyss se leva et alla à la fenêtre. Plus bas, dans la cour s'entraînait Hartz.

Elle glissa son pouce et son index entre ses livres et le siffla. Il leva la tête.

Arialyss : « C'est l'heure ! »

Hartz : « Quoi ? Déjà ?! »

Arialyss : « Oui et tu es en retard ! »

Hartz : « Ah merde !  J'ai pas vu le temps passé ! »

Il rit, insouciant et candide, traits naturels et encore insoumis à l'autorité familiale. Dès lors, la réunion put commencer lorsque tout le monde, sauf l'épouse de Marcus, était présent, accompagnée par une collation frugale.

 

****

Ceresayaria

 

Identité

  • Nom : Arkxane
  • Prénom : Arialyss
  • Sexe : Femme
  • Race : Humaine
  • Lieu de naissance : Sud de Calpheon (contrée non dévoilée)
  • Origine : Sud de la région de Calpheon, en-dessous de la chaîne de montagne. Typologie du terrain rocailleux et montagneux.
  • Situation familiale : Célibataire
  • Surnom : Ariane, Aria.
  • Âge : 28 ans en l'an 285
  • ConstellationÉléphant
  • Milieu social : Noble. Elle appartient à une prestigieuse famille, spécialisée dans l'armement et des pure-sang destinés uniquement à la guerre.
  • Profession : Anciennement militaire chevronnée. Actuellement mercenaire. 
  • Guilde : "Les Dissidents"
  • Allégeance : Sa famille dans le temps. Aucune à l'heure actuelle. Elle défendra les causes les plus justes à son égard. Allégeance évolutive. 
  • Religion : Athée. 
  • Classe : Archère d'infanterie, bretteuse expérimentée.
  • Points forts : Vitesse et agilité
  • Points faibles : Force et magie

 

Présentation physique

[Voir le screen au-dessus]

Arialyss est une femme aux cheveux violets colorés. A la racine de sa chevelure, on peut déterminer facilement que ses cheveux s'orientent plutôt vers le roux aux reflets vifs. La pointe de ses cheveux est naturellement blanche. Arialyss, de son diminutif Aria, est une femme approchant la trentaine d'années. Il s'agit d'une belle femme aux courbes voluptueuses malgré son regard un peu glacial lorsqu'elle vous observe. Vous la jugerez même sans doute snobb ou arrogante, comportement involontaire de sa part. Sa force de caractère sont la droiture et la discipline, liées fortement à son entraînement militaire ardue et intensif.

Ses cheveux se présenteront toujours comme ci-dessus, attachés en une queue de cheval haute. Ses longs cheveux tombant jusqu'à mi-dos. Ses yeux sont d'un bleu turquoise intense.

Elle possède également un tatouage sur la totalité de son corps (il s'agit plutôt de symbole, d'écritures ici et là), dissimulée sous sa tenue de voyage, ainsi qu'une petite pierre améthyste dans le creux de son nombril. Son corps possède quelques cicatrices de combat, trahissant sa longue expérience en terrain hostile. 

Elle prend soin de ses affaires et porte des vêtements de qualité bien qu'elle ne le montre que très rarement à cause de sa situation actuelle...peut-être un jour, pourra-t'elle revêtir les vêtements élégants et bien séant d'une noble Dame, bien qu'elle préfère les tenues de combat mettant en valeur ses formes avec parcimonie, sans être indécente .. Vous la verrez certainement et plus couramment dans des habits de voyage simplistes, sombres, cherchant à passer plus ou moins inaperçue.

En résumé 

  • Taille : 1,70 m
  • Poids : ~ 55 kg
  • Morphologie : Élancée, mince.
  • Musculature : Athlétique
  • Signes distinctifs : Ses yeux intensément turquoises, regard perçant. Ses cheveux couleur prune. Elle porte une petite pierre de la même couleur que ses yeux autour de son front sertie dans un filigrane en or blanc. Une louve l'accompagne, au pelage noir et blanc. Si vous voyez la louve seule, c'est que sa maîtresse n'est jamais loin.
  • Alignement : Loyal Neutre (LN)
  • Qualités : Loyale, droite, experte à l'armement, agile et très rapide. Fine stratège militaire. Bonne alliée en combat. Sens de l'étique et du devoir. Très impliquée professionnellement.
  • Défauts : Fière (tant bien dans son allure que dans ses paroles malgré elle). Sa fierté n'est pas non plus horripilante, ça dépendra de son interlocuteur/trice. Obtus. Nomade, sa situation actuelle ne lui permet pas de rester trop longtemps au même endroit, créant beaucoup de désagrément à son entourage. Renfermée, glaciale, parfois trop hostile en matière de confiance. Franchise sans limite et piquante (passe-temps favori qui la divertie au point de lui créer quelques problèmes qu'elle assume sans broncher).
  • Ce que vous pourrez percevoir : extérieurement, vous la trouverez glaciale, un poil arrogante, sûre d'elle, désintéressée par les problèmes d'autrui, d'un tempérament calme et associable. Et cependant, plus vous la connaîtrez, plus vous verrez en elle, une femme douce, loyale, confiante, fidèle, chaleureuse et sociable.
  • Moyen de locomotion : Un cheval cuirassé portant des armoiries inconnues délibérément abîmées (sauf pour ceux connaissant la région natale d'Arialyss).
  • Equipement : Bourse, tenue en cuir cuirassée de mailles, grand arc métallique avec grand carquois comportant un arsenal de flèches diverses (classiques, empoisonnées, inflammables, explosives). Une grande épée fine ressemblant plutôt à une rapière et une dague complètent son armement. Tenue plus commode pour les voyages faîte de cuir et de tissus de la première qualité, étole bleu turquoise autour de son cou probablement utilisée pour les tempêtes et par temps froid. Elle porte à sa ceinture une corde solide ainsi qu'une longue chaîne faisant office de ceinture. Elle porte également sur son dos une besace de cuir renfermant quelques autres outils, ustensiles et équipement de survie.
  • Façon de combattre : Arialyss aime le combat au corps à corps, plus à l'aise avec des armes blanches, elle pratique un art de combattre surnommé près de chez elle "Danse-lames", acrobaties demandant une souplesse et une agilité travaillées et un mélange d'escrime et d'un style libre. Grande escrimeuse de surcroît, elle reste cependant bonne archère et est très douée dans l'art du camouflage et dans l'infiltration. Elle n'a pas une grande force physique malgré son corps athlétique. Ses atouts sont la souplesse, l'agilité et surtout la rapidité.
  • Main manuscrite : Droite
  • Famille : Fille et sœur d'une grande famille qui vit en autarcie.  (nombreux frères et sœurs).
  • Passe-temps : L'entraînement physique, la danse, être haut perchée, jouer de l’harmonica (si toutefois cet instrument existe).
  • Elle aime : le rouge et le noir, l'entraînement, les balades...
  • Elle n'aime pas : son frère Victor, l'oppression, la violence gratuite.

 

Relations

  • Ami d'enfance : Mushin
  • Connaissances : 3
  1.  Sobrall
  2. Shaddam Corrino
  3.  Kyllian Arktinen

 

Famille

 

Armoiries des Arkxane

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Composition de la famille Arkxane :

  • Marcus Arkxane : Père vivant, patriarche de la famille, plus haut grade de l'armée, bien qu'il puisse être sous les ordres d'un autre seigneur. Dur et autoritaire...il ne laisse aucune émotion transparaître devant ses enfants et ses soldats. 
  • Elizabeth Arxkane : Mère vivante, descendante d'une longue lignée de nobles. Douce, aimable et compatissante, elle a éduqué ses enfants dans la droiture, l'étiquette de la noblesse. C'est un joli contraste avec son époux.
  • Yann Arxkane : frère jumeau d'Aria, eux deux sont les aînés de la famille. Droit, taciturne cependant c'est un bon ami. Il s'évertue à ressembler à Père...donnant ainsi le bon exemple à ses frères et soeurs. Beaucoup de responsabilités pèsent sur ses épaules, comme aime le faire rappeler son père.
  • Victor Arxkane, surnommé également "Le Machiavélique - Machiavel" : frère cadet, menteur, manipulateur, mégalomane, égocentrique, vicieux, obstiné, borné, fourbe et psychopathe.  On dit également qu'il est fou... c'est un dangereux adversaire (il occupe une place très importante dans le background d'Aria).
  • Garvera Arkxane : sœur cadette, tempérament introverti, elle ressemble à Aria, elle marche sur ses traces au sens propre comme au figuré.
  • Hartz Arxkane : benjamin de la famille, le petit chiot. Il est encore un peu naïf, il voue une profonde admiration à son frère et sa sœur aînés.
  • Arcanalointaine cousine à Aria, bonne magicienne, on sait peu de choses sur elle.

 

[Arbre généalogique à venir.]