La Vie au Domaine.

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À propos de ce blog

Les récits seront des sortes de "nouvelles" littéraires retraçant la vie au quotidien des employés ou des gérants du Domaine Mirabela, de leurs trouvailles, de leurs aventures ou encore de leur banal quotidien.

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Ceresayaria

Hiver 288.

Pied-Boueux, gobelin au service du Haras Mirabela est chargé de nettoyer les stalles et aide à l'entretien des infrastructures, il fut pendant longtemps, au service de Monsieur Severro Loggia, son ancien employeur, qui a précédé la propriété de la ferme.

Il fait un froid de canard dehors, le temps se gâte et seuls les plus courageux sont de sorties pour aider dans les vignes. Pied-Boueux n'y connaît rien à la vigne mais d'après les Humains connaisseurs, ça se prépare tout au long de l'année pour que le fruit délivre le meilleur de ses nectars. Le problème c'est le temps. Il faut qu'il fasse soleil. Et ça,  ça arrange le gobelin aux oreilles de chauve-souris quand il fait soleil, il n'a pas à frotter sans arrêt ses pieds dégoutants de boue. Mais l'hiver...il pleut, il neige...et voilà qu'il est tout crotté.

Et aujourd'hui, pour compléter ce froid glacial, il a neigé durant toute la nuit, laissant une couche monstrueuse devant la porte que lorsqu'il l'a ouverte, le monticule de neige l'a enseveli sur le perron. A noté que le malheureux gobelin ne mesure qu'un mètre vingt. Seule sa tête dépassait du manteau blanc envahissant.

Lio qui a eut la riche idée de se confectionner des grands chaussons à l'aide de filet de pêche et de planches de bois marchait en canard dans la cour couverte de neige. Il avait l'air ridicule...mais avec classe. Lui ne s'enfonçait pas bêtement dans la poudreuse malgré sa petite taille de loutre.

"T'as besoin d'aide ?" s'écria Lio depuis le puits.

"Non....", ronchonnait le gobelin.

"Couic ! Je vais aider Bertrand et Sarah à déblayer la cour, c'est fou ce qui est tombé cette nuit !"

Pied-Boueux ne répondit pas, il en avait marre de l'hiver. La saison la plus dégoutante de l'année. Il détestait la neige, la pluie... le crottin...tout ce qui pouvait le rendre sale. A force notre gobelin développait une forme hypocondrie de la saleté.

 

Un peu plus tard dans l'après-midi, quand la cour était enfin débarrassée de la neige, les employés pouvaient enfin circuler sans difficulté, surtout Lio...qui pouvait ranger son équipement ridicule mais pratique.

Mais ce que craignait Pied-Boueux arriva. A l'instar que la neige avait enfin disparu, elle laissa derrière elle un souvenir inoubliable d'horreur pour le gobelin. La cour était un marécage. Des flaques d'eau grises et noires ici et là ! Les trois poils de cheveux qui lui restaient sur la tête s'hérissèrent lorsque le gobelin tira sur ses oreilles de chauve-souris vers le bas, dépité. Une promesse d'un nettoyage très....long.

Plusieurs heures passèrent, la cour devenait enfin impeccable. Tout est relatif entre les yeux d'un gobelin atteint d'hypocondrie de l'hygiène et un humain ...normal. Pied-Boueux put passer à l'infrastructure principale du Domaine. Là où la nouvelle employée Mademoiselle Aquilla vendait le vin, secondée de Crâne-Bleu. Ce sobriquet lui allait comme un gant selon Pied-Boueux. Il n'a jamais vu d'humain avec des cheveux bleus.

La porte s'ouvrit sur la petite stature du gobelin, transportant serpillère et seau. Profitant de l'absence de Mlle Aquilla, le gobelin entreprit de nettoyer le sol carrelé poussant la serpillère devant lui, lui marchant derrière...de ses pieds crottés. Au bout de plusieurs minutes, il essuya la sueur sur son front et admira son travail avant de jurer et pester ! Cet idiot avait oublié de se laver les pieds et surtout, il aurait du nettoyer en reculant afin de nettoyer ses empreintes de pieds dégoutantes, laissée un peu partout dans le magasin. Il reprit sa serpillère, la trempa dans le seau pour l'esserer et recommença. Cette fois...il pouvait enfin rentrer. Son travail était terminé. Il sourit. Le patron pourra être content.

Lorsqu'il reprit son seau et son balai enroulé d'un torchon (serpillère), il put se diriger vers la sortie. Le comble du sort...lorsqu'il saisit la poignée pour se rendre dehors...une pluie fine venait de tomber, se métamorphosant en un gros déluge... Les oreilles du gobelin chavirèrent d'une profonde tristesse...

Demain...serait un jour très très long.

 

 

Ceresayaria

Le 24 Marteau 287...lors de l'heure de la sieste après manger...

Clarisse l'alchimiste accourt au domaine avec des nouvelles fraîches obtenues de quelques commerçants itinérants après avoir fait une halte en ville.

- "Gaston ! Gaston !"

Le vieil homme assit sur un banc dans la petite cour du domaine, son galurin sur la tête à demi-enfoncé sommeille paisiblement alors que la voix de Clarisse retentit au loin, le tirant de cette sieste qu'il n'aime ne louper pour rien au monde, même après un repas frugal.

Ronchonnant dans sa barbe, l'homme redresse son couvre-chef et regarde vers l'entrée de la cour.

- "Gaston ! ....", essoufflée la jeune fille ne tarde plus à se pencher en avant, les mains sur les cuisses pour reprendre son souffle.

- "C'est ti-pas bientôt fini de brailler comme ça à tout bout d'champ ? Reprends ton souffle, ma fille."

- "Pas le temps, j'ai une nouvelle idée pour développer nos pousses pour les souches* !"

- "Qu'est c'que tu vas encore me baragouiner cette fois, hmm ?"

- "Je discutais avec des Médiens de passage en ville, on parlait de produits en vogue par chez eux. Moi qui utilise toutes les matières minérales, végétales et animales pour faire des engrais, j'ai pensé au café !"

- "Oui...", un peu sceptique le Gaston pour le coup. "Et bien...quoi le café ?"

- "Et bien le marc de café peut être utiliser comme engrais ! Au lieu de le jeter partout comme ça, on l'entasse sous les pieds de vignes ! Les Mediens pratiquent déjà cette technique."

- "Et t'crois qu'avec ton marc de café, ça va pousser plus vite pour les prochaines récoltes de 288, hm... ?"

- "Ça...c'est encore une autre affaire. Mais voilà... le café..."

- "Clarisse, ton idée est bonne mais quoi, on va devoir consommer des litrons de café pour pouvoir ensuite récupérer l'engrais, mais téti pas un peu folle parbleu ?"

- "C'est juste.", pensive, Clarisse se voit un peu embêtée.

- "Allez....va.", la chasse gentiment d'un geste de main Gaston.

- "On peut toujours récupérer le marc de café des gens qui en boivent...contre quelques piécettes...ou gratuitement s'ils veulent bien."

- "Tu peux...toujours demander mais fais-toi à l'esprit qu'ton idée même si elle est bonne, est difficilement réalisable."

- "J'aime les défis... pour ça que j'ai pris le métier d'alchimiste."

Gaston s'adosse à nouveau au mur de pierre de la masure, son corps tout frêle et décharné emmitouflé dans quelques vêtements délavés et usés tandis qu'il reprend sa sieste.

- "Va pas attraper froid... grand-père.", dit-elle avec un sourire alliant bienveillance et malice.

Un sourire apparaît dans cette barbe grisonnante frisotante bien fournie alors qu'il croise ses bras qu'il ramène contre son torse, maintenant un peu de chaleur contre lui tandis que ses paupières se closent. Clarisse disparaît à nouveau...en quête de mare de café pour ses nouvelles expériences et confectionner un nouvel engrais.

 


*souche : pied de vigne