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AnnelsySerosa

Je regarde ce chien depuis des heures maintenant, si petit et déjà orphelin. Il tourne en rond toute la journée, après avoir fait des siestes qui durent des heures... comment il fait pour dormir autant ? Je ne sais pas. Il a réussi à attraper sa queue, il me regarde avec ses crocs refermés dessus. Il est mignon... mais je ne dois pas me laisser attendrir. Il m'avait promis de ne pas me laisser seule, au final j'en suis au point que je n'attends plus son retour. C'est triste d'en venir là, mais j'ai besoin de sa présence et il le sait, je l'avais prévenu. Il a une place importante dans mon cœur, jusqu'à ce qu'il soit brisé. Ce chien me regarde encore, je tends la main vers lui et le voilà qui saute sur mes genoux pour se coucher contre moi. 

Levant les poignets à auteur de mes yeux je regarde ce bracelet qu'Aedan m'avait offert, il est beau... en argent et avec des pierres vertes et bleues. Des beryls. Et ce collier immense autour de mon cou, je n'en reviens pas. C'est l'opinion qu'il se fait de moi ? Un beau bijou et on oublie tout ? D'où je viens on n'avait pas besoin de bijoux pour apporter attention à l'autre. Mes doigts se serrent autour de cette parure d'argent et de rubis, je ne veux pas être apprêtée comme un chien qu'on tient en laisse. Mon cœur est nomade, et mon cœur ne se laisserai pas enchaîner. L'attache se rompt sous la pression que j'exerce, laissant tomber cette chose au sol, je réserve le même sort à ce bracelet. Il n'arrivera pas à me faire taire ainsi, et encore moins à me rendre heureuse. Je ne veux pas être complice d'une guerre entre couillons des bas fonds.

Après mon entrevue avec le Capitaine de Fierempart, j'ai obtenu le droit de rester vivre à Calphéon... et je n'ai même pas fait cette démarche pour lui. Je pose le chien au sol et je descends dans la chambre pour sortir mon sac vide de l'armoire, ainsi que mes quelques affaires. C'est périlleux de ranger ces robes dans un si petit contenant, mais j'y parviens. Je remonte alors avec ce sac et je m'attable afin d'écrire quelques mots. Ce chien me regarde toujours, il est insupportable ! Vas t-en ! Oust ! 

Je tiens longuement la plume au dessus du parchemin, il y a une minute mes idées étaient claires mais maintenant, tout devient difficile. Les larmes n'arrangent rien, brouillant ma vue et trempant la feuille de papier je repense à ces derniers jours. Je ne l'ai vu que deux fois en deux semaines, voire plus, comment fait-il pour se montrer invisible ? Il travaille, certes, mais j'ai connus des rois qui gardaient du temps pour leur femme. Je me redresse et calme enfin mes pleurs. Les yeux clos, je pense un instant à autre chose. Et ma main commence vaguement à écrire.

Révélation

Aedan,

Je ne peux continuer à te regarder nous détruire pour une simple vengeance.

Tu as souffert, je le sais bien. Mais cette vengeance ne t'apportera rien de plus que ce que tu es en train de perdre.

Peut-être que je t'ai menti, je ne dois pas t'aimer suffisamment pour prendre pareille décision aussi vite.

Tu m'en voudras je le sais, mais je ne suis pas la femme que tu crois.

Ces bijoux, non. Offres les donc à une femme vénale qui n'attend rien de plus de toi. 

Mon choix va te sembler égoïste, mais même Dieu permet aux gens de faire des choix égoïstes pour la santé de tout le monde.

Tu m'avais fait des promesses, que tu oublies, je ne t'attendrais plus à la maison comme la femme au foyer parfaite.

Mon cœur est nomade, je ne suis pas comme ce petit chien qui sera obligé de supporter ton absence.

Tendrement,

Beryl.

 

PS: Ce chien ne fait pas la cuisine. Ni le ménage, ni la lessive. Ce n'est pas faute d'avoir essayé de lui apprendre.

 

Une fois ceci fait, je prends mon sac et me dirige vers la porte. Après avoir jeté un coup d’œil à ce chien, il me parait bien plus triste qu'Aedan ne le sera jamais. Tant pis, je le prends avec moi. Aucune autre femme de remplacement ne pourra le toucher. Je ne m'étonnerai pas de voir à nouveau des tournantes se faire à l'heure dans son lit. Les promesses, elles sont faciles à faire, mais encore faudrait-il les tenir. Ce petit chien vagabonde autour de moi, ma jument me suit et mon sac sur l'épaule, je me balade dans les rues de Calphéon. Chassant de ma mémoire ces pensées horribles qui pourraient me raviver toutes ces douleurs. Un peu de marche avec un sourire de surface, et voilà, je fini même par croire moi-même à mon bonheur. 

AnnelsySerosa

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Elle se sentait intruse. Sa peau noire ne lui facilitant pas les choses elle avançait timidement dans l'allée du marché. Curieuse, elle voulait découvrir cette façon de commercer qu'on retrouvait partout dans le monde. Les gens criaient, ses yeux suivaient tantôt des bourses voler, tantôt des sacs remplis de provisions. Ce qui la fit sourire quand elle aperçu une jeune femme avec un tout jeune enfant. 

Une vieille Dame la regardait sévèrement. Les yeux couleur émeraude de la petite noire se posèrent sur ses propres pieds. Sa façon de s'habiller, de se mouvoir comme si que tout son corps dansait, à n'en pas douter, c'est une Valencienne. Valencienne que la grand-mère regardait avec dédain. 

Beryl ne voulait pas être rejetée, faisant tout pour tenter de s'intégrer elle observait dans son coin en priant pour que les gens arrêtent d'avoir peur d'elle ou qu'ils cessent de la prendre pour une voleuse. 

Une jolie mélodie parvint à son oreille, s'approchant alors elle découvrit une petite troupe de musiciens. Ils étaient drôlement vêtus. Cette musique... Elle n'avait rien à voir avec celle qu'elle connaissait dans l'Est. Elle se surprit tout de même à sourire et faire quelques pas de danses en essayant de suivre les gestes des acrobates. 

Il était ensuite temps de rentrer, regagnant une maison dans le quartier du marché, tout près.